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Réveil Communiste

Christian Monzier prend position sur le Modem

15 Février 2008 , Rédigé par Réveil Communiste

Christian Monzier nous a transmis ceci :

Chers camarades,

les élections municipales du mois prochain revêtent un enjeu considérable dans le contexte politique que nous subissons depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Nous pensons qu'au moment où le brouillage idéologique fait des
ravages, particulièrement à gauche, il est temps de construire une opposition sans faille à l'offensive antisociale sans précédent menée par  le gouvernement. Oui, il vaut mieux une gauche rassemblée pour tenter
d'infliger, partout où c'est possible, une défaite à la droite toute entière dont le MODEM fait clairement partie. Une gauche rassemblée certes, mais de quelle gauche parlons-nous ?
De celle qui renie les 35 heures, qui remet en cause les régimes spéciaux de retraite, qui favorise l'Europe libérale et piétine le vote des Français du 29 mai 2005, qui refuse la régularisation des sans-papiers, qui appauvrit le débat politique en le personnalisant et qui, d'une façon générale, a renoncé à un projet alternatif de transformation profonde de la société en s'adaptant au libéralisme au prétexte de la modernité ?
Ou bien de ces dizaines de milliers de citoyens, de militants qui, dans les mouvements sociaux, les syndicats, les associations antiracistes ou pour le droit au logement et, bien entendu, dans les organisations politiques de
transformation sociale, luttent pour la construction d'un autre monde fondé sur les valeurs de solidarité, de justice, sociale, sur une répartition des richesses et une utilisation de l'argent radicalement différentes.
Nous ne pensions pas qu'il était opportun de s'allier dès le premier tour avec le Parti socialiste lors des élections municipales de Paris. Nous n'avons pas changé d'avis. Comme nous pensons toujours indispensable le  rassemblement le plus large de toutes les sensibilités de gauche qui combattent le libéralisme et le capitalisme. Nous estimons que l'alliance avec le Parti socialiste sous la forme proposée renforce le bipartisme que notre Parti est censé combattre. Nous restons fidèles et attachés à l'orientation de notre dernier congrès national, la seule en vigueur jusqu'au prochain. Après avoir dépensé, en vain, beaucoup d'énergie pour rassembler autour d'une candidature unitaire à la présidentielle, après avoir également échoué lors des législatives, nous n'entendions pas renoncer à notre objectif. Au-delà de la démarche unitaire, c'est d'abord l'urgence de redonner espoir à toutes les victimes du capitalisme et de reconquérir le terrain des idées perdu face à la droite, qui nous motivent. C'est 
pourquoi, nous avons décidé de participer à une liste de rassemblement avec la LCR, des militants du Collectif unitaire antilibéral (CUAL), des militants du Parti socialiste, des militants syndicaux, des militants associatifs et des citoyens du 19ème arrondissement. Nous restons membres et militants du PCF mais continuerons à dénoncer ses choix stratégiques tant que nous les considèrerons contre-productifs et opportunistes.
Fraternellement,

Jean-Louis Geraldes, Odette Gil, Christian Monzier, Emmanuel Navarro, Françoise Riou, Ludovic Tomas

Commentaire : je pense que la lutte contre les choix opportunistes du groupe dirigeant doit plutôt être menée en interne, et qu'une plus forte mobilisation pour la liste autonome malgré les manœuvres dilatoires de la Fédé aurait pu empêcher par avance ces compromissions : même au PCF on ne fait pas la même politique avec une gauche à 30% qu'à 15%!  Mais pour le reste il n'y a pas grand chose à objecter aux remarques de ces camarades. Et qu'on ne vienne pas leur opposer la "discipline" dont les dirigeants liquidateurs se moquent tous les jours. Au vingtième, il a ainsi été impossible d'obtenir la mise au voix d'une simple lettre demandant poliment à Fernanda Marucchielli, membre du CN, de ne pas mentionner son appartenance PCF sur le matériel électoral de la liste des bovétistes. Dans ces conditions, on peut attendre j'espère le même silence radio de la section du XIXème? GQ

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Astrée 15/02/2008 19:43

je ne partage pas du tout la décision de Christian, mais je le comprends. Comment ne pas être écoeuré par ces renoncements de la directions du parti, ces magouilles électorales, ces erreurs stratégiques monumentales? y'a vraiment de quoi être en colère.Par contre, je pense que Christian se trompe d'alliés: ces gens de la mino LCR, des collectifs Bové ets, veulent la peau du parti; faire campagne avec eux, c'est cautionner leur anti-communisme primaire. On en a suffisament bavé comme ça dans les collectifs, on efface pas tout ce merdier qu'il y a eu en 2006 d'un coup de bagette magique.il vaudrait mieux s'allier à l'intérieur du parti, avec les camarades (et ils sont nombreux) qui ne renonçent pas à un PCF utile, démocratique et véritablement communiste.

Jonathan 15/02/2008 13:27

Je n'étais pas d'accord sur le terme "discipline" que tu as utilisé. Ce n'est pas que par "discipline" qu'il faut respecter la décision commune. Je sais bien que la direction joue allègrement du légitimisme permanent à la base pour tout imposer, et que l'invocation de l'unité du Parti, que je fais, peut passer pour un soutien de fait à sa politique. En réalité, s'engager dans un parti politique c'est pratiquer un jeu collectif. Si on se soustrait à chaque décision commune qui ne nous plait pas en rejoignant des lignes adverses, à quoi cela sert-il sinon à brouiller les cartes et le champ politique ? Mais à la relecture de ton commentaire, effectivement, nos positions sont assez proches. Je vais voir ce que je peux faire à la direction de la section pour que les camarades en question n'utilisent pas leur appartenance au PCF.

Gilles Questiaux 15/02/2008 11:22

En quoi tu n'es pas d'accord avec moi? Je pense qu'ils se trompent, et qu'ils cèdent à la provocation. Mais je crois aussi que le clivage Buffet-Bové ne veut plus rien dire. Les résultats de ces deux candidats ont été insignifiants.

Jonathan 15/02/2008 09:54

Je ne suis pas d'accord avec toi, Gilles. Il ne s'agit pas seulement de "discipline", mais de travailler à l'unité du Parti. Certes la direction pousse à l'exaspération des camarades ; mais de là à aller avec les antilibéraux... j'ai fait la réponse ci-dessous : Chers camarades,je suis consterné. Votre décision n'est qu'un nouvel épisode dans le feuilleton "le délitement du PCF". Certes, ce n'est pas moi qui défendrai la direction du Parti Communiste, et si je suis au PCF, ce n'est pas pour elle, loin s'en faut. Lors de la dernière assemblée générale, j'ai mis en garde contre une présence sur une liste avec le MODEM au 2nd tour, qui serait à l'origine d'une fracture dans le parti, en m'appuyant sur le mécontentement de plusieurs camarades lié à l'union avec le PS dès le 1er tour. Que mon pronostic était vrai ! Alors que la survie du PCF est en jeu, alors que les volontés d'effacement du PCF sont bien présentes à la tête de celui-ci, alors que l'électoralisme est le mot d'ordre du Parti à l'occasion de ces municipales (voir la 2e intervention de Marie-George Buffet au dernier CN), je ne pense pas que nous ayions à gagner d'une quelconque et nouvelle division. Certes, je ne vous en rends pas responsables, car la stratégie menée par la direction depuis de nombreuses années a conduit à ne cesser de changer de cap, mais avec toujours une constante : l'effacement du PCF, que ce soit derrière le PS, la "gauche", ou les collectifs antilibéraux. Ceci au détriment d'un contenu vraiment innovant qui nous identifie bien. Aller avec la gauche dite antilibérale : pour quoi faire ? Une ressucée des collectifs antilibéraux ? Décembre 2006 nous a montré combien l'anticommunisme transpirait dans ces réunions, et combien les propositions y était bien gentilles, peu innovantes et réformistes. Ce n'est pas en agissant ainsi que vous contribuerez à augmenter la visibilité du PCF. Certes, l'alliance avec le PS-MRC-PRG ne nous rend guère plus visibles, d'autant que le nombre de nos élus va diminuer. Mais les camarades ont tranché. Je ne dis pas que le vote ni le bulletin n'étaient pas biaisés, mais enfin la décision commune a été prise. Et il faut la respecter. Si on appartient à un parti, il faut accepter la démocratie interne ; se battre pour défendre ses idées, parler en toute franchise, et essayer de convaincre. Mais une fois que la décision est prise, s'y conformer, par respect pour les camarades, et dans l'intérêt du Parti. L'unité de celui-ci est un gage d'efficacité. Mais elle ne prend toute sa dimension que dans l'indépendance vis-à-vis de toute contrainte extérieure ; c'est la raison pour laquelle je me suis prononcé pour des listes indépendantes du social-libéralisme (Delanoé) et des vieilles lunes trotskystes. L'apport autonome du PCF est essentiel, et il ne peut se faire qu'en mobilisant toutes ses forces dans les batailles sociales et électorales. L'actualité nous en donne l'opportunité, avec les conflits sociaux chez Kleber, Arcelor-Mittal, BHV, Charles Jourdan, les supermarchés, etc. sans parler de la crise financière. L'Huma fait un travail formidable sur la question depuis plusieurs semaines. Economie et politique a produit un dossier sur les élections, avec des outils pour les candidats. Je n'ai pas apprécié que des camarades fassent, à l'occasion de l'élection présidentielle, la campagne de Bové (sans parler du contenu détestable proposé par ce dernier). Je réitère cette appréciation à l'occasion des municipales. Enfin, une dernière chose. Le Congrès de décembre va très certainement être décisif pour la pérennisation du Parti, ou la création d'un nouveau parti. Quelle que soit votre opinion sur le sujet, a fortiori si vous estimez que le PCF a de l'avenir, un conseil : ne vous coupez pas ainsi des autres militants, ou vous pourriez constater n'avoir aucune audience lors de cette échéance. A titre personnel, je pense que le PCF a beaucoup d'avenir. Cela ne passe, selon moi, ni par la soumission devant le PS comme en ce moment (et sur ce point nous nous rejoignions), mais pas plus par la dilution dans une nébuleuse antilibérale mal identifiée. Nous ne sommes condamnés ni à l'un, ni à l'autre. Mais il y a quelque chose d'essentiel : ne pas compromettre l'unité ni l'avenir du PCF. Là, les camarades ont choisi d'aller avec le PS ; je n'ai pas changé d'avis, je pense que c'est un mauvais choix, qui compromet notre visibilité et la clarté de notre position. Mais la décision est prise désormais, et il faut, malgré tout, se battre pour que les propositions du Parti soient bien identifiées, appréhendées par les militants et par la population. Je ne vois pas en quoi votre initiative permet cela plus que la mienne. Salutations fraternellesJonathan