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Réveil Communiste

Défendre les départements contre Attali, en rapport avec la lutte contre la liquidation du PCF

4 Février 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Ce texte, copié sur le blog de la section du quinzième, indique clairement l'enjeu de la défense du département contre les projets de dillution du territoire français puis de liquidation de la France en tant que nation démocratique. Ce stade de "nation démocratique" n'est bien sûr pas notre idéal politique, mais c'est le cadre qui rend posible pour le moment et pour très longtemps nos luttes syndicales et politiques, et c'est bien pour ça que l'UE et les groupes de pression capitalistes veulent le détruire. Le PCF subit  un processus de même type, lié à son adhésion au PGE, et pas seulement parce qu'il est "communiste" mais aussi parce qu'il est "français", c'est à dire qu'il représente la menace de voir des idées révolutionnaires théoriques abstraites devenir des forces matérielles en étant saisies par le peuple, dont il parle le langage culturel et historique national. Aucune lutte politique réelle n'existe sans cette implantation dans un territoire. Le capitalisme, furieusement postmoderne, gauchiste, foucaldien et deleuzien, prêche quant à lui le nomadisme mondial des cdd pour tous. GQ.

Pourquoi Attali et ceux dont il représente les intérêts veulent abattre le département

 

Les élections cantonales approchent. Sarkozy a dû désavouer une des propositions du rapport Attali. Difficile en effet de faire élire des conseillers généraux UMP aux assemblées départementales tout en se prononçant pour la suppression des départements. Mais tout laisse entendre que ce n’est que partie remise. D’ailleurs Attali a donné dix ans pour une disparition progressive. L’attaque contre l’échelon gouvernemental ne date pas de ce gouvernement. Son prédécesseur avait tenté de s’attaquer à ceux qu’il considérait comme des maillons faibles.

Il a échoué devant la résistance populaire et perdu les référendums visant à supprimer les départements des Antilles et de Corse. Sur un autre plan, avec la complicité de l’Union européenne, le pouvoir s’attaque à un autre symbole fort : la référence au département sur la plaque d’immatriculation qui devrait être abandonnée à compter du 1er janvier 2009. Là encore, l’opposition des Français est manifeste.

 

D’où vient cet acharnement des représentants du capital contre le département ?

 

Les gouvernements ont conféré de façon assez arbitraire depuis la décentralisation de 1982 un certain nombre de compétences aux départements, notamment en matière d’action sanitaire et sociale (RMI, aide aux personnes âgées…), de culture et d’éducation (collèges), de transports et d’aménagement du territoire. Une remise en cause du département permettrait de revenir sur un certain nombre d’acquis sociaux dans ces domaines.

 

Mais les raisons principales sont plus fondamentales. L’attaque contre les départements  s’intègre dans la remise en cause des fondements de l’Etat républicain. Le département, créé en 1790 par l’Assemblée constituante, a rompu avec les particularismes et aberrations territoriaux d’origine féodale. Comme division administrative, bien au-delà des prérogatives des conseils généraux, il porte une conception de l’égalité des territoires et des citoyens devant l’Etat.  

 

L’amélioration des transports et des communications n’a pas modifié ce caractère structurant de l’unité du pays. Elle a davantage fait du département, des préfectures et sous-préfectures, un maillage de proximité des services de l’Etat et des services publics. Sur cet aspect, on voit comment la volonté de supprimer le département s’apparente à celle de supprimer, par exemple, les tribunaux, avec la « réforme » de la carte judiciaire de Rachida Dati.

 

Construit par l’Histoire, l’attachement des citoyens au département correspond à une forme d’adhésion au modèle républicain national.

 

Objectivement celui-ci est devenu un obstacle au capitalisme. La Nation en général, la nation française en particulier avec son héritage révolutionnaire et ses acquis démocratiques, l’égalité républicaine, la conception du citoyen, la laïcité… représentent une résistance au développement de la mondialisation capitaliste.  

 

Pour la combattre sur le plan des territoires, ses serviteurs s’emploient à renforcer deux échelons:

 

- d’une part l’UE, entité lointaine, incohérente, niant la réalité des peuples et donc leur expression démocratique, correspondant naturellement à la domination des multinationales.

 

- d’autre part les régions, voire les « euro-régions », dont ils sont prêts à inventer de toutes pièces des particularismes identitaires. Entités inégales, nouvelles féodalités, les régions sont conçues en opposition, comme contre-pouvoirs à l’Etat-nation démocratique que l’on veut dévitaliser devant l’UE.

 

Les départements français sont trop petits pour constituer des régions de ce type. Leur histoire comme leur réalité d’aujourd’hui les rattachent indissociablement au modèle républicain et à l’Etat-nation.

 

Pour les Attali, Sarkozy, Barroso : il faut détruire les départements !

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