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Réveil Communiste

Rester au PCF, revenir au PCF, ou tenter autre chose? débat.

2 Février 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Correspondance au PCF

 

DEBAT AVEC
DES REVOLUTIONNAIRES DU PCF

 

    « Suite à notre discussion commencée sur le premier article à propos du Linkspartei, c'est vrai tu ne parles pas de "ramassis" à propos de la Ligue...dont acte! 
    Je respecte (mais ne partage plus) la position de "reconquérir de l'intérieur le parti" que j'ai pratiquée pour ma part pas loin de trente ans, dès 1970, à Paris 18 puis Paris 15 au parti et à la JC....
Alliance de combat possible ou  non entre révolutionnaires du PCF et de la Ligue? Je te renvoie à mon tour à cet intéressant article qui présente un cas concret et réel. L'as tu lu? »

JM Edwin (Prométhée, Dieppe)

    « Je n'ai rien contre les contacts avec des camarades (communistes ou non d'ailleurs) hors PCF. Mais ma position n'est pas vraiment "reconquérir le parti de l'intérieur". C'est plutôt le pari que les conditions objectives vont renforcer la sensibilité "OM" dans le PCF et affaiblir la sensibilité "PSG". L'appareil pèse de toute ses forces dans le deuxième sens, mais il a ses contradictions, et s'il nous pose tant de problèmes, c'est qu'il est indispensable à maintenir un lien organique avec les classes populaires,  et qu'il le sait. Je ne crois pas a un processus darwinien ou un petit groupe pur et dur va réussir à conquérir l'hégémonie au depens de tous les autres, ni a une fusion de groupuscules. Pour que la marge gauche du mouvement ouvrier en devienne le centre hégémonique, il faut de grands événements, au moins comme la révolution russe! De nombreuses orga ont tenté le coup en vain, depuis 80 ans. Pourquoi ça marcherait maintenant? »

Gilles Questiaux (PCF, Paris 20)

 

    Cet échange, sous forme de commentaires sur le blog Le Réveil Communiste, est parti d'un débat lancé par ce dernier à propos du Linkspartei, et surtout du projet d'un Parti Socialiste de Gauche (PSG) que d'aucuns présentent comme un futur « Linkspartei » à la française...sans tenir compte des spécificités allemande et française. Entreprise que GQ dénonce, à juste titre, comme à visée liquidatrice.

    Les lecteurs voudront bien se reporter aux articles et échanges de commentaires sur le Réveil Communiste, mais pour tenter de résumer très synthétiquement la position de Gilles (il rectifiera si je déforme) : pour lui, l'avenir de la gauche OM (ouvrière, marxiste) n'est pas à chercher du côté de la LCR mais plutôt d'un « réveil » du PCF...


Pour une alliance de combat

   
    Quand je renvoie (perfidement) dans mon commentaire « 
à cet intéressant article », il s'agit en fait d'une déclaration parue sur le Réveil Communiste : celle des Communistes (PCF) de Vigneux qui s'allient avec la LCR et d'autres pour les municipales malgré (ou contre?) l'avis de l'appareil de se rallier à la liste PS locale...

    Il ne s'agit pas, en l'occurrence, de simples « contacts avec des camarades (communistes ou non d'ailleurs) hors PCF » comme le suggère Gilles mais bien d'une «  alliance de combat (...) entre révolutionnaires du PCF et de la Ligue » dans un cadre et contexte certes limités, comme je l'affirme.

    Ceci dit le commentaire / réponse de GQ, reproduit en exergue de cet article, fait avancer le débat de façon particulièrement intéressante.

    Si « un petit groupe pur et dur » (né de la fusion de groupuscules) pouvait reprendre le flambeau en rassemblant les masses ouvrières...ça se saurait? D'où cette belle formule de notre camarade : « Pour que la marge gauche du mouvement ouvrier en devienne le centre hégémonique, il faut de grands événements, au moins comme la révolution russe! » Bien que j'approuve en partie cette idée, je ne me priverai pas de cette petite objection (car j'ai quand même fait l'école élémentaire du Parti autrefois...) : « Pour que des événements de l'importance de la Révolution Russe se produisent, les facteurs « objectifs » ne suffisent pas : il faut au moins un parti (facteur subjectif) comme le Parti Bolchévik ». Et 13 ans plus tôt, l'Iskra de Lénine n'était qu'un ...groupuscule « pur et dur » loin d'être hégémonique.

    Mais Gilles a quand même raison sur un point crucial : non, ce n'est pas par l'auto-développement dirigiste et centralisé d'une micro avant-garde auto-proclamée que le parti révolutionnaire se (re)constituera. Oui GQ a raison de refuser la logique sectaire qui reste encore une culture dominante à l'extrème-gauche.... Je pense moi aussi que les conditions objectives de la lutte de classe (ou de la crise du Capital, c'est la même chose vue sous un autre angle) pèseront sur ce qui reste du PCF et créeront les conditions d'un « nouveau congrès de Tour »...à petite échelle, vu la vitesse à laquelle fondent les effectifs. Un jour ou l'autre, les éléments liquidateurs et révolutionnaires se sépareront selon leur nature contradictoire et inconciliable. Mais il faut (hélas) reconnaître que l'appareil des organisations de classe est aujourd'hui massivement gangrené. Y compris le haut appareil syndical : on collabore ou pas aux réformes Sarkozy et à ses « concertations tripartites » pour décider à quelle sauce les retraités, les chômeurs, les assurés sociaux, etc., seront mangés ?


Parti Marxiste ou « tendance Longuet » ?

   
    Finalement -résumé provisoire- ce qu'il faut ce n'est pas un « Parti Socialiste de Gauche », un Linkspartei made in France, mais bien un Parti communiste -un parti marxiste. Pourquoi « marxiste » ? Car Marx et Engels s'opposaient à l'idée d'un «parti- secte » avec un crédo idéologique détaillé opposant les révolutionnaires les uns aux autres ; ils préconisaient au contraire un parti reposant sur
trois principes de base nécessaires et suffisants :

1- l'indépendance de classe
2- la démocratie la plus extrème

3- l'internationalisme

    Seule la fusion effective, sous la pression des conditions matérielles réelles, des révolutionnaires anti-liquidateurs (où qu'ils soient actuellement organisés) et des masses révoltées donnera naissance à ce Parti des Communistes que préconise, par exemple Francis Combes.

    Attention, si un nouveau Congrès de Tour doit avoir lieu, Camarade Gilles, de ne pas rejoindre la « tendance Longuet » : souviens toi de Longuet, petit-fils de Marx, qui prouva cependant le reste de sa vie militante qu'il était un véritable socialiste de gauche honnète et respectable, mais qui à Tour refusa qu'on jette le « bébé » SFIO avec l'eau du bain opportuniste. Il se retrouva, bien malgré lui, dans le dernier carré des social-traîtres accroché aux restes d'un Parti Socialiste qui avait failli. Mais l'histoire ne se répète pas, n'est pas ?

Ma réponse (GQ)

Salut les camarades normands,

Je ne vais pas développer à fond maintenant, mais je crois que le terrain politique pour des communistes en France est naturellement le PCF, même si le vécu de beaucoup de militants les en ont éloignés. Le PCF n'est plus en effet une avant-garde dont on peut attendre un haut degré de conscience,etc, ou une directon stratégique. C'est tout bonnement le milieu humain qui cultive encore, en rapport avec les masses et la société réelle, et non en vase clos, la culture et le projet révolutionnaire, bien qu'en termes vagues. En conséquence, les camarades qui s'estiment communistes, je pense, doivent faire l'effort de venir ou de revenir au parti, en sachant que pour le moment et peut être pour longtemps, ils ne seront pas majoritaires, encore moins. hégémoniques. Ils peuvent maintenant pratiquement adhérer à l'instance locale de leur choix. (ceci au cas où il y a des têtes qu'on ne préfère pas revoir). S'être autodéfinit comme "communiste" n'est pas insignifiant, mais ne suscite guère d'intérêt. les seuls "communistes" que la bourgeoisie a vraiment pris au sérieux en France, se sont les membres du PCF

Autre point, l'autorité et en définitive la légitimité de Lénine (qui n'est pas aussi isolé que tu dis avant 1917) se base sur sa certitude du caractère scientifique du marxisme, et en la justesse de son interprétation. Mais maintenant pour qu'un groupe réduit de nouveau "apporte la conscience du dehors" au prolétariat un considérable travail théorique est nécessaire. et en premier lieu surmonter le discrédit dans lequel ce postulat léniniste, souent mal compris d'ailleurs, est tombé depuis mai 68.

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Gilles Questiaux 03/02/2008 22:22

Ton anecdote est parfaitement représentative du fonctionnement du parti en ce moment : toutes les portes sont ouvertes aux compagnons de routes non encartés ou relevant de groupuscules, car ils se sont d'emblée mis hors des positions qui peuvent menacer les pouvoirs internes. Parce que les "collectifs" antilibéraux étaient composés de tendances contradictoires et ne produisaient au bout de compte que la cacophonie. L'appareil du parti se place au centre de tout ça ( en l'occurence Jean François Gau, notre Mister Bean au collectif national) et espère récupérer les marrons. Mais il s'est brûlé à Saint Ouen, en décembre 2006. Alors ça ne m'étonne pas du tout que les mêmes manœuvres aient lieu ailleurs. De plus Karman étant identifié par beaucoup de camarade à la gauche communiste, c'est à dire à une tendance, il sent le souffre et fait l'objet de diabolisation. Un de nos but ici est de casser ces ostracismes contre les groupes ou les personnalités prétendument "gauchistes" ou "orthodoxes", et de contrecarrer les campagnes de dénigrements orchestrée par les liquidateurs, comme celle contre Gérin l'an dernier. Il va de soi que c'est un jeu où l'on pourrait perdre. Mais au contraire on va les battre. Mais cette victoire sera amère car en fait signée par le ralliement des opportunistes. Rust never rests.

JME 03/02/2008 21:10

Bonne idée de reproduire cette page d'échanges ici ! Cela me permet de répondre « entre nous » à ton commentaire « salut les camarades normands! » en donnant un exemple qu'il n'est pas intéressant (sans plus...) de médiatiser localement surtout en période électorale. C'est un petit fait, un de ces faits tétus et réalistes qui méritent réflexion avant de s'embarquer dans les « grandes idées »... Que penses-tu Gilles du cas d'un militant de province « revenu au PCF » en 1995 et accueilli à bras ouvert car venant d'un petit groupe communiste « indépendant » local apprécié pour son action... Un an plus tard il est au Comité de Section secrétaire d'une cellule d'un grand quartier populaire qui se renforce rapidement... Le débat s'anime dans le parti local. Jean-Jacques Karman (PCF Aubervilliers) et Emile Fabrol (Prométhée) viennent discuter sur invitation avec 40 camarades. A la Conférence de Section suivante c'est le déferlement de haine pour éliminer ce camarade, et cela n'est pas le fait de quelques « bureaucrates et pourris » divers, non, de bons camarades de base ! Vote ! 30 contre sa candidature, 14 pour. Guéguerre et démantellement de l'équipe de la cellule et j'en passe... Après une longue pause hors militantisme, en 2005, 2006 le camarade ne peut plus revenir au parti car...ils n'ont pas reçu assez de cartes de la Fédé et, merde, il n'y a plus de bulletins d'adhésion... (sic) En 2007 à la tête d'un réseau militant qui prend une place sérieuse dans le débat local, le camarade est accueilli à bras ouvert par les mêmes camarades pour son soutien à la liste locale dirigée par le PCF. Et pourtant il affiche son accord avec le projet d'un Nouveau Parti Anticapitaliste et n'a plus l'intention de « revenir » au parti. Conclusion : revenir au Parti pour avoir un vrai contact avec la base et les masses ouvrières authentiques ? Oui, bien sûr, l'exemple que je donne n'est qu'une exception, un petit fait local sans importance...