Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Sur le révisionnisme dans la "visée communiste" et ailleurs

14 Février 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

Premier février

Jonathan a écrit en commentaire sur le texte de Polex copié sur le blog
reveilcommuniste.over-blog.fr/article-16177842.html
qui critique le communisme postmoderne et invertébré de Lucien Sève :

Il y a une faute de raisonnement dans la définition du communisme proposée au dernier congrès  [comme] "une visée et le chemin qui y mène", qui est aussi peut-être une hypocrisie. Il s'agit de celle consistant à confondre ce que nous cherchons à établir, et la situation telle qu'elle est aujourd'hui. Ainsi, alors que nous souhaiterions voir les travailleurs, les citoyens, les camarades du Parti, éclairés, conscients, rationnels, cette définition conduit à faire l'hypothèse qu'ils le sont déjà ! Ainsi, la direction réfute les critiques concernant les scrutins multiples qu'elle nous soumet par le "Les camarades l'ont voté" ; et lorsqu'on leur dit que le légitimisme est peut-être une des raisons pour lesquelles les militants communistes soutiennent contre vents et marées leur direction, ils se montrent offusqués : "Comment oses-tu insulter ainsi tes camarades ? Comment oses-tu les qualifier ainsi de suivistes ?", etc.

Ce jésuitisme de faux-culs est une véritable plaie, dont la définition actuelle du communisme par le PCF constitue la justification. Il est urgent de la remettre en cause, et de la reformuler selon une construction rationnelle et autorisant, enfin, la démocratie dans le Parti.

Et je complète (GQ)

La ligne de la "visée communiste" est archaïque! Elle remonte à la fin du XIXème sièce, elle est apparue dans le mouvement ouvrier allemand après la mort d'Engels, signal d'une remise en cause théorique du marxisme, considéré par la droite du SPD comme "dépassé" (déjà!). C'est le "révisionnisme" du dirigeant du SPD Bernstein, qui consistait déjà à dire, un peu comme dans la morale bourgeoise d'Emmanuel Kant, que "le but n'est rien, le mouvement est tout".

Le précurseur de ce type de récupération est le philosophe Saint Augustin, qui dans la Cité de Dieu essaye de faire avaller aux chrétiens du Vème siècle que l'Église elle-même est le royaume de Dieu annoncé par les évangiles (observation faite par Debord dans La Société du Spectacle).

Rocard, aujourd'hui, raconte que tous les malheurs du XXème siècle proviennent de la défaite de  la ligne Bernstein, et du triomphe des lignes opposées, révolutionnaires, de Kautsky (alors révolutionnaire centriste) Lénine et Rosa Luxembourg. Bernstein, par ailleurs grand ami de Schumpeter, économiste libéral très surfait, eut cependant la dignité de s'opposer à la guerre de 1914/1918, quand d'autres plus révolutionnaires que lui plongeaient dans la trahison de leurs idéaux, en participant à L'Union sacrée chauvine en France en Russie, en Italie, et en Allemagne.

Le concept de révisionnisme a été repris ensuite par Mao pour critiquer le Khroutchévisme, c'est à dire la déstalinisation par les staliniens (je dois ces lumières sur Bernstein à Serge Senez).

Enfin le terme "révisionniste" qualifie les historiens réactionnaires qui veulent nier l'existence de faits historiques bien établis dans le passé, comme l'existence des chambres à gaz d'Auschwitz, ou l'importance de la Révolution Française (voir la critique des historiens posmodernes dans les textes regroupés dans ce blog dans la catégorie "histoire marxiste"). Pour eux ce n'est pas l'avenir qui n'existe pas, mais le passé, et en réalité, ces postmodernes ultragauchistes "mouvementiste" et ces fascistes sont liés par la haine de la dialectique et du temps historique qu'ils veulent dissoudre dans la répétition indéfinie du même.

Quand on pense que le but n'est rien et que le mouvement est tout, les temps approchent où on justifiera n'importe quoi.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article