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Réveil Communiste

La tactique du congrès permanent

7 Avril 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce qui ne peut plus durer au PCF

Publié le 22 janvier 2008, mis à jour le 8 avril

Le PCF est en congrès permanent depuis fin 2005!


et les débats stériles sur son identité sont entretenus depuis  bien plus longtemps que cela. Ceux qui régulièrement remettent en question le nom du parti savent ce qu'ils font: ils provoquent le repli en interne qu'ils prétendent vouloir combattre. Il n'y pas d'autre raison au caractère de plus en plus inaudible du PCF dans le champ politique français.

Depuis le 29 mai 2005, tout a été fait pour canaliser l'énergie des communistes dans des débats entre eux sur eux-mêmes et sur le bien fondé de leur existence même, au lieu d'aller à la rencontre des classes populaires et de se faire l'interprète de leur révolte. D'abord il y a eu les "forums" de le fin de l'année 2005: le forum national de Villepinte (pendant que les bagnoles brûlent), le 23 novembre, qui n'a abouti à strictement rien. Mais qui a coûté cher. Les discussions se sont ensablées dans la dilution gauchiste, l'humanitaire, le sociétal, et la cacophonie de "l'arc en ciel" des compagnons de route et de groupuscules insignifiants (Mars, Alternatifs, etc) qui sont venu se pavaner dans un remake de la campagne du "non" et ont profité de l'invitation du PCF pour cracher dans la soupe à la tribune (Yves Salese s'est distingué dans cet emploi).

Les forums sont la dillution dans le narcissisme des militants qui s'écoutent parler. Parce que c'est faux que ces forums touchent qui que ce soit en dehors de la petite frange d'associatifs politisés qu'on voit dans tous les mouvements de la "gauche de gauche" et dont les priorités ne sont pas du tout celles des classes populaires: chômage, pouvoir d'achat, sécurité sociale, logement, etc.

Ils sont la dillution dans l'informel : discussions sans PV digne de ce nom, rapports à la tribune improvisés (Sara Jane Melor nous a bien fait rire avec son PV "free style"), voire remplacés par un discours sans aucun rapport avec les travaux des commissions (Mouloud Aounit a préféré utiliser la tribune pour enfoncer son clou communautariste).

Ensuite nous avons découvert sans transition la base commune à double fond du 33ème congrès de mars 2006, et cette stratégie due à Michel Laurent, chef-d'œuvre de jésuitisme qui pouvait se lire comme on voulait: une candidature communiste pour plaire aux uns qui s'appelerait MGB, une candidature de rassemblement pour les autres, MGB ou pas selon affinités.

Puis nous nous sommes jetté avec fougue dans les "collectifs antilibéraux" où le départ de la LCR et de la plupart des socialistes du "non" semblait laisser le champ libre à l'appareil. Toujours dans le but de diluer le parti dans une alliance de "sommet" , et de faire désigner le candidat par les collectifs plutôt que par le parti. A moins que ce soit dans le but d'utiliser les collectifs pour qu'il n'y ait pas de candidat communiste? Et sans négliger d'utiliser en même temps les militants du PCF pour éviter que les compagnons de route ne s'imaginent qu'ils sont devenu autre chose que des pions, et choisisent plutôt l'un d'entre eux.  Avec l'alibi du "double consensus",  verrou défectueux pour empêcher qu'un Bové sorte du chapeau. Mais de toute manière d'où vient ce concept de "consensus"? De l'univers de l'Union Européenne, via le PGE, et des méthodes de gouvernance, qui sont enseignées partout dans les Instituts d'études politique du monde entier. Le groupe dirigeant pratique la gouvernance, c'est à dire les petits pas, le "cause toujours" et le "y'a pas d'alternative".

On n'avait que ça à faire de toute façon! Pendant ce temps là la bourgeoisie, effrayée par le "non" (bien à tort, on le voit maintenant, faute de travail de poursuite) s'unissait derrière Sarko l'épouvantail. Mais un PCF en congrès permanent est un PCF hors de combat. qui en France a entendu parler de l'ANE? A part nous?

Fin 2008 il y aura un autre congrès, et en maintenant ouverte l'hypothèse de la disparition du parti et/ou son changement de nom, malgré la volonté manifeste des communistes, le groupe dirigeant entretient la paralysie qui gêne le rebond, la reprise de l'action du parti et de son rayonnement sur la société. C'est en cela que la tactique du congrès permanent participe de la démolition méthodique du PCF. On dirait le MEDEF aux prises avec le code du travail!

Il faut espérer que les camarades partout en France choisissent à l'occasion de ce congrès, qui sans cela serait le dernier, une nouvelle direction sur un critère simple : à la tête du PCF des dirigeants qui veulent le faire vivre et qui continuent à croire à la nécessité d'un parti révolutionnaire de masse dans ce pays, des dirigeants en continuité critique avec l'histoire du parti qui ne renient pas son histoire, le parti de Billancourt et de Longwy qui doit se tourner maintenant vers les prolétaires modernes rejettés des centres, marginalisé, et laissé à l'abandon devant TF1.

Voilà que les élections nous montrent que malgré tout ce travail de sape, le PCF reste potentiellement un grand parti populaire. 1 200 000 voix sur un tiers du territoire: contre 700 000 et 900 000 respectivement pour buffet et Hue. Il est encore temps. Mais à la prochaine échéance, on ne trouvera plus les milliers de candidats nécessaires pour faire vivre le parti si la direction même continue à distiller le doute. Et les Français vont se lasser d'un parti en congrès permanet sur la question de savoir s'il doit continuer à exister ou bien non, s'il doit rester communiste ou demander à une agence de pub de lui trouver un autre nom.

Gilles Questiaux, PCF XXème Paris

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Pierre-Yves GAUTIER 09/04/2008 14:12

Cet article, je l'ai pensé mille fois, et c'est toi qui l'as écrit, bravo !Face à cette direction qui fait de la com' ou de la gouvernance style UE, pourquoi les opposants reconstructeurs (ou orthodoxes pour qu'il n'y ait pas de doute sur mon propos) ne créeraient-ils pas un "shadow parti" unique mais regroupant toutes les sensibilités ? Avec un site portail auquel ils collaboreraient sur la base d'une charte simple ?Ainsi mes témoignages sur l'épisode tragique de la perte du député communiste en Isère en 2007 auraient pris leur place dans la longue liste des tripatouillages liquidateurs.Gerin a bien fait de se poser en candidat en remplacement de M-GB, il faut balayer et ridiculiser les fantoches de la direction nationale, sans oublier les refondateurs donneurs de leçons qu'il faut définitivement démasquer.Pour moi, le débat est plus simple qu'on ne pense :faut-il un Parti Communiste ? Ouifaut-il réorganiser ce Parti en sections, cellules ? Ouifaut-il dresser une feuille de route, un plan de travail pour tous les communistes pour retrouver les fondamentaux républicains, laïques et purger toutes les dérives gauchistes ou socialdémocrates ?faut-il informer de ces objectifs prioritaires les actuels "compagnons de route" rencontrés dans les forums, les comités antilibéraux et tous ceux qui nous ont tourné le dos à cause de ces dérives gauchistes ou socialdémocrates ? OuiIl sera temps ensuite de travailler ensemble sur les modalités du combat anticapitaliste.

olivier imbert 09/04/2008 13:30

gilles tu pêche par infantilisme communiste, aujourd'hui les camrades de la tradition éternellement quatrième internationale sont apparus comme des critiques nécessaires de la troisième internationale et de ses fourvoyements de classe en Europe de l'est et de l'ouest. Besancenot est nécessaire politiquement à la démonstration que les droitiers ont tort et que les électeurs populaires communistes sont contre le réalisme gouvernemental, donc parfois les gauchistes sont plsu précieux qu Dartigoles ou Hollande et pas seulement Bensaïd plus drôle et bon marxiste que Lucien et Isabelle ou Mandel plus correct que Boccarra sur les crises financières et leurs contraintes ou implications systémiques. Rappel Lénine a raison contre Rosa Luxembourg et Hilferding sur la financiérisation et les politiques Economique ou réforme soi disant progressiste de systèmes banquaires d'après la gauchiste Suzanne de Brunhoff.....

gilles questiaux 08/04/2008 15:17

Je ne prétends pas qu'il ne faut pas discuter de manière permanente entre militants du PCF, ce que je remarque c'est que la discussion métaphysique et abstraite (du style du questionnaire de l'été dernier), l'habitude de se réunir pour se poser de grandes questions sans apporter de réponse sur l'identité du parti et du communisme avec la ferme intention d'ailleurs qu'elles restent sans réponse nous éloige de l'action, et de la communication avec les masses et de leurs véritables attentes d'un parti comme le nôtre qui a vocation à les représenter spécifiquement et à les aider dans les luttes. Quant aux gauchistes, autant certains peuvent se révéler des militants syndicaux ou même des théoriciens marxistes excellents, autant leur role politique me paraît dans tous les cas ou nul ou néfaste. 

olivier imbert 08/04/2008 14:04

Là j'aimerai absolument lever une ambiguïté, pendatn queques temps au moins. Tant que nosu ne sommes ni en guerre civile, ni en résistancve armée, la discipline efficace d'un parti dans une démocratie de longue expérience est nécessarement en démocratie ou congrès permanent; tout l'zrt étant de l'articuler à un peu de discipline et beaucoup d'efficacité en action constante et repérable par les militants et l'électorat. Donc notammment pour marchand et dimicoli ou bocarra, doucement sur la critique du bla bla inutile, cela peut donne rune image de discipline léniniste, cela peut aussi conduire à simplement empêcher la mise en cause d'un autorité sans beaucoup de réalité aussi. L'absence de relation avec les gauchiste, ou de relation à égalité dans le débat, a été l'occasion pour Paul Laurent de faire fermer en interne des bouches qui s'ouvraient en externe de toutes façons donc évitons de trop rappeler cela.En revanche, je suis d'accord que si on ajoute, nous vous écoutons nous n'avons rien à dire ou presque nous courrons après toutes les modes à "allons dans les collectifs", "agitons nous comme Autain Clémentine et Braouzec" ce congrès permanent là laisse les militants et les électeurs dans l'indécision et l'imcompréhension et alors ils votent assez facilement Besancenot. j'avoue ne pas beaucoup apprécier l'humour auquel nous avons eu droit après le renversement de Robert Hue sur Hé! bien! toi qui m'a fait le coup de l'allié privilégié de Georges. M et Zarka. P tu vas maintenant te conduire en discipliné disciple; nommément je cite, R. Castro et Mazauric s'adressant l'un au partisans du centralisme démocratique, l'autre à R. Auchédé qui d'ailleurs lui a fini chez Chevènement et avec une double claque électorale dans un canton populaire du pas de calais.. Donc camarade sur ce terrain là j'aimerai ne pas avoir à laisser Dimicoli perrroré!!!au nom de son anti-altermondialisme et gauchisme par exemple... donc à voir... on peut ajuster comme la différence entre éxecutifs et législatifs, en la différence entre action sociale et référendum et élections de différents ordres.Je pense que l'alliance municipale entre marxistes communistes historiques et marxistes communisants gauchistes n'est pas idiote, je pense que le débat permanent et non naïf avec eux au pluriel et pas avec la lcr seule est un bon acquis de nos pratiques passées; le fait qu'ils soient anti-communistes sous le prétexte de l'antistalinisme, les jugera d'eux mêmes si la réalité les déments régulièrement. Je crois, mais n'en fait pas un principe de mon alliance politique possible pour ce congrès ci avec Boccara, Dimicoli et Marchand s'ils le souhaitent (et/ou le peuvent?).

Gilles Questiaux 27/01/2008 09:07

On voit aujourd'hui une autre cons'quence de la tactique du congrès permanent : la paralysie face au nouveau traité européen, qui résulte de notre incapacité à exploiter la victoire du 29 mai. Qu'avons nous fait aprèsle 29 mai? Les forums! Qui se souvinet encore de ce jour historique, la réunion des forums nationnaux à Villepinte, le 23 novembre 2005?  Et pour nous comme pour les autres de la gauche du non, l'Europe a disparu des priorités. Aujourd'hui on croit que l'histoire va resservir les plats, mais entretemps cette "gauche arc en ciel" est morte à la réunion de Saint Ouen, décembre 2006, et ses débrits se sont ridiculisés aux présidentielles. Le seul a tirer son épingle du jeu (pour le moment mais  à mon avis il n'ira pas loin), le facteur, ne s'embarasse pas de discussions et de forums.