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Réveil Communiste

L'histoire des intellectuels marxisants et notre histoire récente...

2 Septembre 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les intellectuels communistes et les enjeux de leurs débats au PCF sans jamais oser le demander, par Olivier Imbert, publié le 2 janvier 2008, avec addition d'un commentaire intégré le16 août.

Il convient de se souvenir qu'en 1978/79 - rupture de l'union de la gauche au bénéfice du PS en France et de la bourgeoisie à l'échelle internationale,  outre l'affrontement international sur la Pologne (en réalité vers 1980/81), le Cambodge avec les boat-peoples et l'humanitaire consensuel mais surtout de gauche intello - ie: c'en est fini des illusions tiers-mondistes, et l'Afghanistan, il y a en Europe un affrontement assez singulier sur la sidérurgie et plus généralement le rédéploiement de la division européenne du travail puisque la métallurgie mais aussi les chantiers navals ceux de Gdansk en Pologne (mais aussi ceux de Toulon ou Marseille dans le Var - dit rouge avec des municipalités en difficulté encore aujourd'hui, où nos camarades sont encore à la tête des comités de chômeurs CGT avec Charles Hoaraux et en colère contre les abandons de leur parti); la France est très touchée.

En même temps, le PCF et le PS se divisent sur l'Europe comme le RPR de Chirac et l'UDF de Giscard. La CGT et la CFDT aussi sur la nécessité de défendre l'emploi industriel ou de "produire français" en regard de l'autogestion de nouvelles luttes et de nouvelles redistibutions, disons la ligne Rocard pour le PS-Caspard et Chèrèque le père de l'actuel d'abord syndicaliste ensuite préfet, pour la CFDT, Rosenvallon pour la philo de la CFDT.

Au PCF la bagarre passe entre Althusser et Ellenstein (historien officiel depuis plusieurs années et grand ordonateur médiatique de l'abandon de la dictature du prolétariat au 22° congrès); mais les althussériens issus presque tous de l'école normale supérieure de la rue d'Ulm et de son UEC devenue en grande partie UJCMLF, ceux qu'on appelait les mao-stal pro-chinois en 1968, et parfois Gauche Prolétarienne ou "la Cause du Peuple" en principe plutôt sartriens, mais avec une tendance plus structurallo-lacannienne pour Rancière et Lienhart ( rappel : Robert Lienhart est le  plus connu des écrivains de la période, en raison de son expérience d'établissement en usine pour créer la lutte révolutionnaire et échapper au réformisme de la CGT, à travers son livre l'établi publié à plusieurs reprises en 100.000 exemplaires et ce livre est en effet remarquable de correction et d'intelligence intellectuelle, comme d'ailleurs son travail de marxisme concret au Brésil sur la rente foncière et les latifunda et son très beau et antérieur: Lénine les paysans et Taylor ; et je crois malgré ce qu'en pense peut-être l'auteur tout à l'honneur du militantisme de classe de la CGT à l'entreprise et l'intelligence de l'internationalisme concret des partis communistes. Comme le note Lecourt dans sa critique de la nouvelle philosophie, [on appella ainsi le travail de rafus médiatique de BHL et GLUKSMANN ou JAMBET ou LARDRAUX ou BENOIT- la collection Figures, chez Grasset. Benoit  essaie, même, de battre Georges Marchais dans sa cirrconscription de Villejuif dans le 94] dans son  ouvrage dissidence et révolution, Lienhart lui ne parle pas d'un immigré rêvé ou phantasmé pour condamner la classe ouvrière française mais des difficultés objectives de l'unité de classe.

Le passage des élèves d'Althusser dans les organisations du maoisme ou du pro-chinois ou du pro-albanais- l'Albanie quoiqu'en Europe est maoiste pure et dure soit surtout Enver Hodjiste du nom de son dirigeant historique issu de la résistance et du Comintern -, se fait contre l'avis d'Althusser et Balibar. Ils sont divisés et laissés en libertés intellectuelles et politiques selon la démarche permanente d'Althusser à l'égard de ses élèves - Pierre Raymond en est un qui avec Xavier Renoux, ces derniers seront profs de prépas, et Renoux ralliera Chevènement avec Dominique Lecourt sur le projet de sciences, de nouvelles encyclopédies et de collège international de philosophie et de places ou unité de recherches au CNRS; Pierre Raymond est lui resté toujours très discret par rapport à ses amis et à leurs fréquentations, son texte de 1979/1980 est la dernière tentative de fidélité au communisme en théorie des althussériens officiels c'est-à-dire universitaires; [ je considère qu'il y a un althussérisme diffus dans le PCF et les militants de la classe ouvrière qui ont senti ce que j'ai senti à l'époque en fonction de mes propres rencontres et déterminations ou motivations de l'époque, le naufrage petit-bourgeois des directions des partis issus de la gauche française post-guerre coloniale et post-cinquième république ou 1968;] qqs autres  normaliens amis de la science créent chez Maspéro une collection (Algorithme) comme Badiou ( celle de diamat version mao-stal du PCMLF financé par la Chine en partie, Badiou participe avec son organisation à une rencontre et des meetings commun UJP (avec le jeune Sarko et son frère?) PCMLF contre le social-sovieto-fascisme) avait créé une collection.

 Or, Noiriel intervient d'abord dans le champ médiatique et politique de la CGT et du PCF en Lorraine pour soutenir les luttes des sidérurgistes à la radio citée dans l'article [ Lorraine cœur d'acier]. En même temps que la CGT est confrontée à ce problème de mondialisation capitaliste et à la CFDT; il y a, de plus, les autonomes et une révolte réelle des jeunes ouvriers et licenciés sidérurgistes, en philo c'est Negri, accueilli et protégé par Mittérand et Normal sup [enfin, "genre" Negri] plus tard qui affrontent violemment la CGT et les CRS; jeune militant de l'UNEF, de l'UEC dirigé alors par Francis Combes, j'ai participé à mes premières manifs ouvrières avec la CGT de la sidérurgie, il y avait ici une masse de manifestants  dont le caractère prolétarien ne faisait pas de doute  et le nombre frisait à chaque fois les 300.000; ll y eut des bagarres assez violentes avec des provocations policières où la CGT attrapait à la fois des provocateurs de la police et des autonomes; Noiriel comme Balibar ont de manière permanente essayé, comme moi en réunion de cellule ou de cercle, mon seul niveau d'intervention, de maintenir une unité de classe autour la lutte à la base sans dénoncer la CGT qui elle était tiraillée par la CFDT et le PS aussi.

Ainsi après 1981, il y eut d'abord un répit de 1982/83 où la CGT avec Krasucki a obtenu de la Citroën et de la Peugeot la fin du monopole du syndicalisme de classe patronal, la CSL des immigrés importés direct du Maroc et  utilisés de manière néo-fasciste et la CGT est devenue majoritaire, en tous cas avec des progressions spectaculaires aux élections  de délégués du personnel ou de comités d'entreprise, mais il y avait aussi des revendications portées par un futur député marocain social-démocrate,  de tapis de prière etc.. bref ; pas facile les potes! Mais il y eut des plans sociaux négociés par Jack Ralite et une certaine ministre des affaires sociales... en acte tempéré de dictature de la bourgeoisie tempérée, puis le tournant lamentable de la rigueur vint avec la soumission complète aux impératifs de Bruxelles et là Georges Marchais, Charles Fiterman et Philippe Herzog ne cédèrent pas;  ce furent les fameux grands écarts de Marchais, souplesse dont je me souviens encore comme le moment où je fus, moi et sans le savoir je ne connaissais même pas le nom de Rémi Auchedé, c'est Mazauric qui d'une manière grossière et plein d'indignité de  mépris de classe me l'a appris lors d'un congrès Huiste et Jospiniste, où il le traitat, avec cuistrerie, d'abruti en citant Bouvard et Pécuchet avec les copains du Pas de Calais ; mais pas ceux de Lorraine qui étaient droitiers!!!- et qui sont revenus, avec excuses et tapis rose, sous jospinisme et huisme, où tout fut perdu surtout la dignité.

Mais les difficultés électorales ont continué, ce qui n'empêche pas d'être pour ce PCF là plutôt que celui de l'autophobie- le moment de mon plein accord (autant que le petit-bourgeois libertaire le peu-) avec la direction du parti; ici, l'attitude de Sève fut double d'abord une attitude correcte d'un point de vue de classe en rapport avec le parti, mais aussi une attitude intellectuelle de moraliste et d'éthicien, là où il avait été nommé et comme il était aussi pédago-humaniste-académicien chrétien d'origine cela lui a collé aux basquettes, comme sa khâgne avec Lacroix le bien nommé chroniqueur du Monde qui lui a transmis l'humanisme chrétien-personnaliste un peu moins collabo que l'humanisme chrétien protestant de Ricoeur. Nous sommes sortis du gouvernement de Mauroy en été 1984, au moment où Fabius devient premier ministre, en URSS c'est le début de Gorbatchev? A l'époque l'opposition connue au PCF est toujours de droite et toujours dans le déni, ainsi les rénovateurs, (ie Fizbin et alii, reprise en main de la Fédé de Paris par Paul Laurent et Malberg avec Krazu en 1978/79 au 23° Congrès), sont critiqués par les reconstructeurs; Hermier de manière déguisée et en opposition électorale apparente malgré l'accord idéologique, à Marseille, Viens à Orly,  Jarry à Le Mans,etc.. Brard et Braouzec étaient déjà dans le grenouillage; et cela avec toujours deux points d'appui principaux, les élus locaux et les enseignants - ou milieux para-éducatifs de l'action sociale municipale ou associative; enfin, les refondateurs cette fois avec Fitermann et Martelli quoiqu'ayant pris la place d'Ellenstein par son Histoire Sincère diffusée dès l'adhésion aux adhérents curieux et Sève qui essaie même d'attirer par des manoeuvres grossières de division du travail intellectuelle et de la flatterie médiocre, la section économique, déjà Boccarra et alii; Il n'existe à cette époque pas d'opposition de gauche, ce n'est qu'en 1990/91 à l'occasion de la chute à l'Est que se lance la Coordination Communiste avec Gastaud et Henri Alleg les autres opposants se lancent lentement; ainsi, JJ Karman à Aubervillier toujours soupçonné des pires accusations, s'est lancé à l'occasion des municipales de 1995 car le maire Jack Ralite voulait une liste de citoyen sans les partis en tant que tels, c'est donc avec la section du parti que Karman et un regard neutre de la fédération, mais méfiant, car Aubervilliers était avec Karman le père un fief de l'opposition à l'abandon de la dictature du prolétariat; a d'abord fait de l'opposition, le groupe gauche communiste se crée lentement à partir de 1997 et n'a jamais dépassé les 1000 noms de fréquentation, mais, a toujours refusé le stalinisme et tenté d'unir les communistes au delà des divisions de l'histoire, du moins les communistes marxisants avec point de vue de classe clair, d'où les bonnes relations de Karman avec Gremetz et Gérin, comme avec certains trotskistes, je trouve personnellement son attachement intellectuel à Rosa Luxembourg et à la critique unilatérale du stalinisme contre-productive, mais je pense sa pratique politique intelligente et en tout cas tout aussi et même beaucoup plus de terrain que la mienne quoiqu'il soit un "fils de" et un apparatchik institutionnel depuis très longtemps.

Pendant tout ce temps la révolution des privatisations et du marché envahit la pensée et Noiriel fait son travail d'universitaire, Althusser se soigne et se meurt, Balibar a l'avantage lorsqu'il ne parle pas des anciens négristes, de l'Europe ou du racisme du PCF de continuer à lire la lettre de Marx avant celle des droits de l'homme contrairement aux fauls-culs Ellensteinniens. SOS Racisme joue double : niquer le MRAP et la présence coco sur ce terrain et condamner l'anti-impérialisme dans le double héritage du républicanisme de Césaire et de l'atlantisme de la SFIO, entièrement maintenu et renforcé par Mittérand, malgré les artistes hypocrites de Jack Lang et Jack Ralite ou du christianisme social d'où la référence à Tocqueville, unifiant la revue "esprit" et les "parpoïllaux" de roc-rocquet l'École Alsacienne etc..

  Rancière lui joue l'esthéte perso et Badiou enterre la veuve Mao en pleurant sur la classe ouvrière plutôt maghrébine de l'université de Vincennes-Saint-Denis etc....


Sans être aussi "piètre-pensée" selon l'expression de Lecourt que celui de Comte- Sponville et Onfray opposé au vrai néo-kantisme de Ferry et Renaut, il [Noiriel] n'en est pas moins guère réjouissant pour la théorie comme le souligne Benjamin Landais dans ses commentaires. Mais, apporter de la connaissance, même dans l'ordre bourgeois, d'aujourd'hui n'est-ce pas déjà beaucoup? Et  je crois que l'Etat cosmopolitique contemporain et l'action de la guerre en télé-action ou ingérence impériale est en effet un nouveau problème et faute de luttes non-phantasmatiques que faire d'autre que de dialoguer, ce qui n'exclut pas de se friter ou de pratiquer la disputatio, mais enfin que faisons-nous de concret comme lutte de classe plus efficace que celle de nos adversaires; evitons la fausse radicalité-faussement violente? La "théorie de la violence" n'a jamais empêché la bourgeoisie de rire de Marx et de ses objections? Lénine et Staline, Li Peng ou Giap, voir Castro ou les FARC l'amusent moins. Ils amusent encore moins les dirigeants de gauche horrifiés d'aujourdhui et extatique devant le martyre de Jaurès, voire des tibétains et de la verte perdue dans la forêt.....


GQ : et retrouvée en pleine forme, et ses admirateurs sont un peu déçus (pélérinages à Lourdes, soutien au narco-gorille Uribe, etc) Voici le commentaire de Benjamin auquel Olivier faisait allusion, posté sous un autre de ses textes (en lien ici) :



Deux mots pour pousuivre sur la position "épistémologique" de Noiriel et son positionnement par rapport aux recherches matérialistes historiques scientifiques.


Loin de ses thèses critiques développées dans "la Crise de l'histoire", son dernier petit livre théorique (Introduction à la socio-histoire, La Découverte, 2006) livre une conception encore plus en retrait sur la recherche historique.
Sur un peu plus d'une centaine de pages, seule une demie page est consacrée à une soi-disant méthode marxiste. L'auteur profite de ces quelques lignes pour la liquider d'un revers de main en rappelant les critiques qui avaient été faites à l'histoire quantitative des années 1960 à 1980. Ce tour est rendu possible par une quasi-assimilation de cette mode de l'histoire sociale avec l'histoire marxiste (et même l'histoire structuraliste !).En revanche, Gabriel Tarde - dont l'apport théorique est moins évident... - a droit à plusieurs pages.

En fin de compte, Noiriel se réfère le plus souvent à Norbert Elias afin de trouver un nouveau fondemant à sa socio-histoire, censée prendre la place d'une histoire sociale et économique en état de mort clinique. Dès lors, la société doit être vue comme un espace immense de jeu interactif entre individus qui se manifestent aux autres par leur action et le sens qu'ils lui donnent. Dans certains passages, on en arrive au point où le conflit entre groupes sociaux ne peut être compris que dans le conflit (interpersonnel) entre les représentants de ces groupes. Idem pour le conflit entre nations !

Pour finir, les quelques pistes de recherche qui sont proposées tournent autour de deux thèmes principaux : l'action à distance (de l'Etat vis-à-vis des groupes sociaux) et la construction des catégories sociales (... par l'Etat moderne dans son dialogue avec la société civile).
Qui a parlé d'ambition intellectuelle ?

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gilles questiaux 06/09/2008 19:44

Il ya quelque chose d'intéressant dans l'Hisoire des Ouvriers en France de Noiriel, malgré sa "dérive de Marx à Norbert Elias", c'est qu'il montre quels ouvirers de la grande industrie n'ont été soustraits au paternalisme patronal et gagnés à la lutte révolutionnaire que peu à peu, et le basculement date de 36, directement de l'apolitisme au PCF. le précariat actuel peut évoluer aussi de cette façon, de l'illusion individualiste à la révolte organisée.

pierre georges dit fredo alias colonel fabien 26/08/2008 21:57

Sur l'Histoire et notamment la relecture qui en est faite par certains politiques, nous vous conseillons la lecture d'un essai politique que le blog http://www.les-dizygotes.com/ publie en intégralité intitulé "Sarkozy Frêche : les dizygotes". A lire avant le Congrès !

pierre georges dit fredo alias colonel Fabien 25/08/2008 21:12

Sur l'Histoire et notamment sa relecture nous vous conseillons la lecture de l'essai que notre blog publie "Sarkozy Frêche : les dizygotes"

Emmanuel Lyasse 16/08/2008 13:05

Cher Olivier,Quand j'entends parler d'UNEF, je sors mon site web. Le connais-tu ? http://www.unef.orgAprès avoir été le site de la lutte contre la prétendue réunification en 2000/01, il a été relancé par un groupe d'anciens, dont je fais partie, comme site historique sur toute la période 1971/2001. Nous cherchons des documents, des témoignages, des adresses…Cet appel s'adresse évidemment à tous les anciens de l'UNEF qui passeraient par là, et à tous ceux à qui ils voudront bien le transmettre. L'expérience nous a montré que notre site intéressait aussi des plus jeunes soucieux de savoir ce qu'était une tentative de construction d'un vrai syndicat vraiment étudiant (qui n'avait jamais eu d'exemple, et n'a pas eu depuis d'imitateur). 

gilles questiaux 16/08/2008 09:32

Noiriel a mal évolué au cours de sa carrière, la défense institutionnelle de l'immigré en tant que tel et figure quasi christique de la victime ayant remplacé l'engagement réel qui était le sien au début au coté des ouvriers en lutte à Longwy (encore que déjà à l'époque, le député PCF du coin, Porcu, ne l'avait pas beaucoup apprécié). Dans son petit livre "les ouvriers en France " (1986), best seller de la formation historiennne, il y a déjà maints symptômes de ce virage à droite caritatif, dansle flottement des principes d'explication.