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Réveil Communiste

Mandat de l'AG du XIIème Paris

26 Novembre 2007 , Rédigé par Réveil Communiste

I. Première partie : la société d’aujourd’hui.

 

Trois constats partagés :

 

1. Une société fragile et divisée, marquée par les inégalités et la peur.

La société est fragile à cause de la misère, de la baisse du pouvoir d’achat, de la pollution et du recul des droits. La société est divisée au point que l’on peut parler d’une société « en mille morceaux ». Les inégalités sont de plus en plus fortes à tous les niveaux. Enfin, la peur est instrumentalisée et elle gagne du terrain. Elle entraîne une évolution sécuritaire. Cette situation est grave. C’est l’avenir de la planète, les vies humaines menacées par les guerres et même l’avenir de l’humanité qui sont en jeu.

 

2. Une explication économique. Le système capitaliste, le libéralisme et la financiarisation de l’économie sont évoqués pour expliquer cette situation. La logique de rentabilité financière et le pouvoir de l’argent sont dénoncés.

 

3. Une nouveauté très importante : le poids de l’information. Cela a des conséquences économiques et sociales la mondialisation est plus forte et plus rapide et de nouveaux types de précariat se développent comme le précariat intellectuel. Le poids de l’information a aussi des conséquences idéologiques comme la monté de l’individualisme, avec ses bons et ses mauvais côtés. Les problèmes liés à la consommation se renforcent. Enfin, la bataille idéologique qui est menée produit actuellement des reculs à propos de valeurs très importantes comme l’égalité.

 

Des questions sont posées dès cette première partie du débat :

Comment faire émerger un projet qui soit un projet de solidarité ?

Comment faire partager notre analyse de la société ? Comment parler pour être compris ?

Que faire pour lutter contre le fatalisme ? Que faire pour qu’on n’entende plus : « il n’y a plus rien à gauche » ?

 

II. Deuxième et troisième partie : que veut-on faire de cette société et comment y arriver ?

 

Tout le monde est d’accord sur l’idée qu’il faut transformer la société.

 

Une question est largement débattue : faut-il gérer ou transformer ? Ces deux notions sont-elles contradictoires ou complémentaires ? L’idée qui l’emporte est qu’on peut transformer les choses en les gérant mais que dans tous les cas l’essentiel est une affaire de contenu, comme on peut le voir par exemple avec les municipalités gérées par les communistes ou encore avec notre projet de nouveaux critères de gestion dans les entreprises. Nous partageons aussi l’idée qu’il faut faire des transformations, petites ou grandes, partout où c’est possible, et s’en servir comme point d’appui pour aller plus loin.

 

Ce que nous voulons est-il utopique ? Certains rejettent la notion d’utopie au nom du réalisme et de la crédibilité. D’autres au contraire n’opposent pas utopie et réalisme et estiment qu’il est nécessaire d’avoir un projet ambitieux pour mener à bien les transformations nécessaires.

 

Pour qui voulons-nous transformer la société ? Dans l’intérêt de qui nous battons-nous ? Une première idée s’impose : on ne peut plus dire uniquement que nous sommes le parti de la classe ouvrière. Pour travailler à la convergence des intérêts nous devons pouvoir défendre aussi tous ceux qui subissent la logique de rentabilité financière. Mais la discussion nous conduit à revenir aux ouvriers. Leur situation et l’exploitation qu’ils subissent sont largement occultées aujourd’hui : nous ne devons pas attendre les suicides de cadres pour dénoncer les morts au travail. L’aggravation de la situation des ouvriers tire tout le monde vers le bas.

 

Comment rassembler ? Il faut avoir un projet et des thèmes fédérateurs, ce qui ne veut pas dire courir après l’opinion et se rallier au moins-disant. Il faut de la persévérance dans notre action et dans notre discours en partant de ce que les gens ont dans la tête. Il faut redevenir un repère dans le paysage politique. Il faut approfondir les raisons de notre déclin. Par exemple : est-il lié à nos deux participations au gouvernement et aux compromis, voire aux abandons, que nous y avons acceptés ? N’avons-nous pas nous-même concouru à l’idée qu’aucune transformation n’était possible ?

 

Comment agir concrètement ? Certains souhaitent varier le plus possible les actions militantes et agir concrètement au niveau local. D’autres mettent en avant le rôle des luttes qui sont un moment privilégié pour faire avancer l’objectif de transformation. D’autres enfin affirment que notre priorité doit être la bataille politique et idéologique, notamment sur les valeurs dévoyées par la droite. Nos élus doivent être des points d’appui et des moteurs pour toutes ces actions.

Il faut aussi lutter contre la délégation de pouvoirs à tous les niveaux de la société. C’est seulement si chacun participe à la prise de décision et aux luttes que des transformations seront possibles. Cela signifie aussi qu’il faut être très vigilant sur la question du cumul des mandats et de leur prolongement indéfini dans le temps.

 

La mondialisation revient très souvent dans la conversation. Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut la prendre en compte. Mais certains pensent que cela signifie qu’on ne peut rien construire dans un seul pays. D’autres au contraire estiment que des transformations locales peuvent se faire et servir ensuite de point d’appui au niveau international. Des contacts réguliers, sans nécessairement mettre en place une structure contraignante, sont souhaités entre les partis communistes et progressistes d’Europe et du monde afin d’avoir des échanges sur les expériences menées (l’Amérique du Sud et la Chine sont en particulier évoquées).

 

Enfin, face au rouleau compresseur des médias, sommes-nous condamnés à ne plus pouvoir nous faire entendre ? Pourquoi ne pas concevoir des moyens d’information indépendants (une télévision internationale par exemple) ? Il faut aussi créer un terrain favorable en animant des luttes et dénoncer les mots utilisés pour décrédibiliser les aspirations sociales (par exemple le mot « otage »). Il faut être à la croisée de tous les chemins : syndicaux, associatifs et politiques. Il faut enfin être clairs dans nos discours et essayer de parler d’une seule voix.

 

Quatrième partie : de quelle organisation avons-nous besoin ?

 

Nous pensons tous, pour de multiples raisons, que le Parti communiste doit continuer à exister et qu’il ne doit pas changer de nom. La question de ce qu’il est, de ses idées et de son projet est beaucoup plus importante à nos yeux. Nous préférons travailler sur le contenu plutôt que sur l’enveloppe extérieure. Nous souhaitons en particulier améliorer le fonctionnement et l’organisation internes du PCF. Pour autant, cette volonté n’empêche pas que nous ayons une discussion publique sur ces questions très importantes.

 

Plusieurs interventions affirment qu’il existe dans toute la gauche des militants qui considèrent que le PCF est un obstacle. C’est en grande partie cela qui a fait les difficultés de l’expérience des collectifs antilibéraux. Nous nous sommes retrouvés face à des partenaires qui pensent qu’il est nécessaire que notre organisation disparaisse. Nous nous opposons à cette analyse parce qu’elle porte le risque d’un renforcement de la bipolarisation. Un parti est nécessaire pour porter un projet clair. Une nébuleuse comportant un courant de pensée communiste ne le permet pas.

 

Nous voulons un parti uni, ce qui n’empêche pas la diversité. Certains militants ont exprimé de la colère contre les discussions figées d’une partie de la direction, contre le fonctionnement par tendance qui stérilise les débats et l’action. Il est temps que tout le monde s’écoute vraiment, comme cela se fait dans la plupart des sections. Cette colère va jusqu’à l’impression pour plusieurs militants que lorsque le bateau coule on cherche à sauver les capitaines et les meubles.

 

Nous avons la volonté de militer sans attendre. Nous ne voulons pas nous enfermer dans des débats internes. Il est urgent que nous ayons des positionnements clairs.

 

Nous souhaitons un renouvellement de la direction, à tous les niveaux. Nous avons parfois l’impression que certains postes sont inamovibles. Il faut continuer à tenir compte des nouvelles générations de militants tout en continuant à tirer profit des expériences et sans tomber dans le jeunisme.

 

Il faut continuer à développer et à renforcer la démocratie interne. Cela suppose des règles claires, et une responsabilité de tous, militants et dirigeants. Ne faudrait-il pas par exemple réduire le nombre des membres du Conseil National et élire celui-ci de manière plus démocratique pour une plus grande efficacité ?

 

La plus grande démocratie n’empêche pas de rechercher les décisions majoritaires et de s’y tenir. Il est nécessaire de faire des choix pour aller de l’avant.

 

La formation des cadres et des militants doit être renforcée. Elle est nécessaire à la réflexion collective, à la production de nos discours et à la prise de responsabilité de tous.

 

Enfin, il est nécessaire de continuer à travailler à des rassemblements qui nous permettent de changer véritablement la société. Mais cela ne sera possible que dans la clarté. Il faudra aussi travailler davantage au niveau international et réfléchir à l’appellation et au fonctionnement du PGE.

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