Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Pour un bilan critique de l'action du PCF - Episode 2

5 Décembre 2007 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Nous poursuivons la publication de notre bilan de l'activité du PCF depuis le référendum. Aujourd'hui : le 33e  Congrès.


II.   
Le 33e Congrès du PCF et l'engagement stratégique de celui-ci 

Préparé dans la foulée du référendum du 29 mai, le 33e Congrès intervint à un moment où les difficultés des collectifs locaux, si elles étaient déjà apparues, n'en constituèrent pas pour autant un motif de rupture. Le PCF choisit donc de poursuivre dans cette voie.

1.  
Le 33e Congrès du PCF

Définissant le communisme comme <<une visée et le chemin qui y conduit>> (nous n'entrons toutefois pas ici dans la critique de cette conception), le 33e Congrès s'inscrivit dans l'analyse du 29 mai comme un signe donné par le peuple de son aspiration au changement antilibéral. Celui-ci ayant été porté par les collectifs antilibéraux réunissant une large palette d'acteurs divers, il s'agissait, pour continuer sur la voie du succès, de continuer sur le même chemin. C'est pourquoi le PCF s'engagea, à l'occasion de ce Congrès, dans la construction d'un rassemblement découlant <<nécessairement d'un processus populaire [s'enracinant] dans les mouvements sociaux et citoyens>>, le PCF n'ayant <<pas pour but de prendre le pouvoir mais de permettre au peuple de l'exercer>>. Comme nous l'avons rappelé, un des objectifs du rassemblement antilibéral en germe était la préparation des élections de 2007. Le PCF, de son côté, affirmait <<qu'elles et ils élaborent ensemble, dans le débat populaire, le projet de société et le programme politique de gouvernement sur lequel les électrices et les électeurs seront appelés à se prononcer. Elles, ils devront construire ensemble, pour l'élection présidentielle et dans chaque circonscription législative des candidature reflétant dans tout le pays la nature et la diversité sociale et politique de leur rassemblement.>> Mais, tout en refusant que la candidature de Marie-George Buffet soit adoptée par le Congrès, celui-ci mit en débat <<notre conviction qu'une candidature communiste à l'élection présidentielle sera la plus efficace pour porter cette union en témoignant de sa diversité, de son ancrage populaire, de sa représentativité à gauche et dans le pays>>, mais, au motif de <<surmonter le piège antidémocratique que constitue cette élection par la personnalisation qu'elle entraîne inévitablement>>, proposa que <<la campagne soit portée publiquement de façon collective>>.

2. La signification réelle de ce congrès

Dissimulant ainsi les divergences profondes existant dans le rassemblement et idéalisant celui-ci, se mettant entièrement à son service, comment était-il possible pour le PCF de ne pas foncer vers l'échec ? Il s'agissait bien non seulement de participer coûte que coûte à ce rassemblement, mais aussi de noyer la référence au communisme et au Parti Communiste Français. La prise de décision par double consensus, que chacun connaissait pourtant, fut totalement ignorée dans les prises de décisions du Congrès, alors qu'elle constituait l'arme absolue des groupuscules permettant, avec la complicité ou l'ignorance de fait des rédacteurs des textes du Congrès et des congressistes, la marginalisation du PCF dans ce rassemblement, tout en proclamant pourtant la pertinence d'une candidature communiste.

A cela s'ajoute que les volontés de rassemblement unitaire extérieures (voire intérieures) au Parti le réclamèrent à égalité entre organisations, et donc, qu'il ne se fasse pas autour d'une d'entre elle. Le texte final du Congrès se prêta à leur jeu en affirmant que <<Aucun parti ne peut prétendre rassembler la gauche autour de lui et de son propre projet>>, puis que <<Le PCF s'adresse à toutes les formations de gauche [...] Il leur propose d'ouvrir, à égalité de droits, des lieux de confrontation et de construction>>. Que peut bien signifier dans ce cadre la volonté d'une candidature communiste ? Aussi timorée qu'ait été la façon de présenter cette idée (ajoutée au refus du Congrès d'affirmer dès à présent la candidature de Marie-George Buffet), il s'agissait en réalité de préparer le terrain à une candidature issue du PCF mais diluée dans une campagne non-communiste (ce que confirme le fait que, comme précisé plus haut, le programme devait être rédigé par des non-communistes à égalité avec des communistes). Dans cette perspective, il s'agissait de participer aux collectifs antilibéraux issus de ceux du 29 mai, et désormais dirigés vers les échéances de 2007.

Prochain épisode :  le PCF dans les collectifs antilibéraux, en route pour 2007.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Gilles Questiaux 30/11/2007 11:13

Magnifique 33ème congrès: une seule occurence du terme "ouvrier"dans la base commune, dans l'expression "vote FN ouvrier",  un aveu consternant: "nous ne voulons pas prendre le pouvoir". Une visée communiste verbeuse, prétentieuse,creuse, calquée sur le révisionniste Bernstein (héros intellectuel de Michel Rocard) qui vers 1900 voulait déjà liquider le marxisme et que le but à atteindre disparaisse, au profit d'un pur mouvement sans enjeu. Un programme catalogue où la question européenne n'était pas tranchée, ni dans un sens ni dan l'autre, alors que l'Europe pouvait s'opposer à à peu près toutes les mesures proposées! le droit à la sécurité mentionné, sans aucune mesure pour résoudre les problèmes de violence et de mafia qui pourrissent la vie des prolétaires de toute origine. Une stratégie volontairement ambigûe, voir plus haut, et le reste à l'avenant. Les dirigeants qui ont fait ce congrès sont discrédités.