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Réveil Communiste

Droit au but!

21 Avril 2008 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Congrès du PCF depuis 2008

Ce texte a été publié le vers le 14 novembre 2007 et il me paraît avoir gardé son actualité. La refondation-recomposition a du plomb dans l'aile avec le désastre de l'"Arc En Ciel "en Italie, mais cette option restera ouverte au congrès comme rideau de fumée pour détourner l'attention des responsabilités du groupe dirigeant  et de Marie-George Buffet dans le désastre d'avril 2007, et dans le "déclin structurel" qu'il invoque paradoxalement comme excuse à son incapacité. Le "parti communiste européen" évoqué ci-dessous" me semble aujourd'hui une assez mauvaise formule. Mais en tout cas, il est de plus en plus clair qu'il faut que le PCF quitte le PGE s'il ne veut pas être entraîné dans une graduelle dénaturation-dissolution, et qu'il s'associe avec les partis européens qui refusent d'abandonner communisme et révolution (KKE grec, PC portugais, PC tchèque, etc).


 

Préalable et six propositions au congrès de 2008

à avancer fermement dès l’Assemblée nationale des sections de décembre 2007.

 

Marie George a dit : « Pas de tabous ! ». Prenons-la au mot !


Préalable

            Pas de recomposition, pas de refondation: pourquoi ?

Parce que le maintien du PCF historique est le maintien d’un parti de classe, et non d’un parti de « gauche » comme un autre. La continuité historique du PCF en fait un formidable réservoir d’expérience historique, l’expérience passée du prolétariat doit être maintenue pour être mise au service du prolétariat moderne.

            Parce que la recomposition telle qu’elle se prépare ne donnera rien. Elle risque au contraire de produire une grande  perte d’énergie, qui est déjà mesurable maintenant avec tous les doutes qui paralysent la riposte aux offensives antisociales de la droite et du Medef. Un processus de recomposition uniquement policard et électoraliste nous empêcherait de nous distinguer des socio-libéraux, et ne pourrait que donner libre cours au narcissisme des militants des groupuscules qui se délectent de combines politiques et qui oublient tout effort pour se rapprocher d’une population de plus en plus dépolitisée. De plus les noyaux militants de cette recomposition se caractérisent par des positions gauchistes impopulaires et antipopulaires sur de nombreuses questions de société, comme le laxisme en matière de sécurité, la stigmatisation de la nation française, l’évolution démagogique de l’école, etc.

            Les membres du PCF souscriraient tous à une charte minimale incluant une référence explicite au marxisme et une déclaration de ce type:
            « Le PCF est un parti de lutte de classe, un parti démocratique, un parti représentatif des classes populaires, un parti anticapitaliste, mais aussi un parti
assumant la responsabilité du pouvoir quand des reculs sont imposables à la bourgeoisie mais refusant la forme actuelle de l’alternance et le spectacle de la non-démocratie représentative, et ambitionne de devenir le parti de la révolution économique et sociale ».  


Six propositions pour une réorientation théorique et sociologique


1          Remettre au premier plan la contradiction entre capital et travail, entre capitalisme et travailleurs exploités. Le PCF est d’abord le parti des exploités. Réaffirmer le but révolutionnaire du parti, dans l’ordre économique et social, et la pertinence de la lutte des classes. Montrer que le but, le socialisme,  n’est pas si loin, surtout dans le contexte de la révolution actuelle des moyens de production, la « révolution informationnelle ». Affirmer la nécessité d’une transition socialiste, et donc d’un nouvel État socialiste. Le socialisme est plus révolutionnaire que le communisme car il est un projet concret, réalisable par cette génération, et non un horizon flou, dont on se demande s’il peut être atteint un jour.
 

2          Se réimplanter dans les classes populaires, ce qui implique un effort de recrutement populaire, et un redéploiement géographique vers la Province, et les zones périurbaines et rurales, et une définition claire de la classe révolutionnaire comme prolétariat contemporain : ouvriers, employés, précaires du privé et du public, chômeurs, individus dissociés et isolés écrasés par les dettes, indépendants exploités par les banques, professions intermédiaires paupérisées, agents de l’État aux statuts et aux missions dégradées, étudiants pauvres, etc. Cet effort de redéploiement peut être financé par des cessions de biens immobiliers ou d’œuvres d’art, actuellement thésaurisés sans raison.


3          Renouer des liens institutionnels et organisationnels avec le mouvement syndical, et placer de droit des représentants de ce mouvement dans les instances de direction du parti.


4          Reconnaître la dette historique des communistes et des révolutionnaires du monde entier envers les expériences socialistes du passé, sans aucune exclusive, (Commune de Paris, URSS, RDA, Espagne républicaine, Yougoslavie, Chine de Mao, Viêt-Nam, Cuba, etc.), et envers l’expérience institutionnelle des grands partis (PCF, PCI, PC chilien, etc.) et refuser de condamner systématiquement les expériences présentes au nom de critères humanitaires à géométrie variable qui ne tiennent pas compte des conditions réelles où ces expériences nécessaires se sont déroulées et continuent de se dérouler, ni de la manière dont les Droits de l’Homme sont actuellement instrumentalisés par l’impérialisme.


5          Se référer explicitement au marxisme, aux courants théoriques du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, compris de manière non dogmatique, en y incluant tous les auteurs marxistes d’importance, avec leurs contradictions, (Lénine, Staline, Mao, Gramsci, Trotski, Luxembourg, Lukács, Althusser, Lefebvre, et les contemporains, et des apports extérieurs convergents vers cette tradition, ou opposés mais stimulants ( Freud, Lacan, le surréalisme, Sartre, Bourdieu, Foucault, Deleuze, Debord, etc.). Et former les adhérents à l’histoire du mouvement ouvrier, et à la culture de la lutte des classes.


6          Reconstituer une internationale communiste et créer un Parti Communiste européen sur la base de cette stratégie et de cette théorie, pour lutter contre le capitalisme financier au niveau international et pour combattre la criminalisation du communisme.


Trois remarques pour conclure



1            Sur le langage. On voit que pour permettre la libération de la parole communiste dans les rues et dans les entreprises, des mots qui sont aussi des concepts doivent se prononcer à nouveau de manière fluide dans le langage militant: ouvrier, prolétariat, bourgeoisie, lutte des classes, révolution, base économique, moyens de production, forces productives, rapports de production, contradictions, etc. Il ne s’agit pas d’un jargon identitaire mais d’idées clefs sans lesquelles le PCF n’est plus qu’un canard décapité qui continue de courir.


2           Sur les cadres. Notre culture politique favorise la confiance envers les cadres « qui s’y collent », habitude qui remonte à l’époque où il s’agissait de militants révolutionnaires sélectionnés par des conditions de luttes très dures, qui s’étaient formés intellectuellement et politiquement dans cette lutte et qui avaient acquis le respect par leur intelligence et leur esprit de sacrifice. Mais quelques soient leurs qualités, rien ne justifie maintenant le maintien de cette déférence a priori envers des parlementaires, des élus municipaux, des membres du CN, etc. Le moment actuel est celui de l’examen critique ad hominem, au vu des résultats de leur action. Camarades, à force de renoncements théoriques, d’erreurs stratégiques, et de compromis sur le bifteck, dans quel état avez-vous mis le Parti Communiste?


3          Sur la discipline interne : il est anormal que des élus ne reversent pas la part de leurs indemnités qui est due au parti, d’après les statuts, et que des membres du parti qui soutiennent des candidats opposés aux candidats officiels du parti ne soient pas sanctionnés. Il l’est encore plus que des dirigeants organisent des congrès au mépris des statuts existants. Il faut que la commission des conflits joue son rôle, qui est d’abord de faire respecter les statuts du parti.

 

Gilles Questiaux, avec amendements de Pasquale Noizet et Olivier Imbert.

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Jonathan 14/11/2007 08:06

Bonjour Gilles et à vous tous,merci de cette contribution. Je réagis sur le regard sur le passé que tu souhaites voir adopté au PCF. Personnellement, et n'étant toutefois pas historien, ce que je demande à mon Parti, c'est de ne pas juger son passé (ni en bien ni en mal), mais de le comprendre. Le refoulement systématique actuel, ou l'expression d'une nostalgie de l'URSS libre et heureuse ne permet aucunement d'éclairer le présent ni de construire l'avenir sereinement, et encore moins d'éviter la réédition de travers autoritaires graves qui ont dénaturé le projet communiste. C'est pour cela que, si parler de "dette" envers les expériences socialistes passées est justifié, on ne peut occulter aussi l'inverse, à savoir qu'il est arrivé que Staline, par exemple, n'aide pas les mouvements d'émancipations, y compris les PC (exemple de la Libération en France, où de Gaulle signe un traité d'amitié avec l'URSS et obtient l'autorisation de demander au PCF de désarmer les milices patriotiques, ce qui brise l'élan vers le pouvoir du PCF). N'étant, je le répète, pas historien, je n'en suis pas moins un scientifique cependant, et je pense que le PCF aurait tout à gagner à encourager l'analyse scientifique et critique de l'histoire du mouvement ouvrier français et international, plutôt que de s'en auto-flageller avec les bâtons sortis des colonnes du Figaro ou des ONG bien-pensantes. A bientôtJonathan