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Réveil Communiste

Inrterpellation en direction de Patrice BESSAC: Congrès et municipales à Paris

3 Octobre 2007 , Rédigé par Pasquale Noizet Publié dans #Correspondance au PCF

 

Lettre ouverte adressée à Patrice BESSAC

Secrétaire fédéral du PCF de Paris

Porte Parole du PCF

 

                                                                                Paris, le 4 octobre 2007

Objet : Congrès et municipales à Paris

 

Cher Patrice,

 

Nous nous connaissons bien. Alors que tu venais d’être élu secrétaire dans ma section du 20ème  arrdt,  j’arrivais, nouvelle adhérente du PCF. Nous nous sommes retrouvés dans les collectifs et nous avons manifesté souvent avec les camarades en lutte. Nous avons participé aux mêmes réunions et nous avons pu échanger sur des questions politiques internes ou externes au Parti. Puis tu as été élu Secrétaire fédéral de Paris, à ma grande satisfaction.


Sont arrivées les présidentielles. J’ai travaillé 7 mois et demi à la Fédération de Paris sur deux postes successifs, le premier en remplacement de ta secrétaire administrative, le second placée à la communication auprès de Ian Brossat notamment pour tenir à jour le site de la Fédération et pour réaliser et monter des reportages et interviews vidéo (environ une centaine en 4 mois). Cela m’a permis de rencontrer et de mieux connaitre mes camarades parisiens et aussi de comprendre le fonctionnement de la Fédération et les enjeux qu’elle comporte.


Je fais partie comme tu le sais du Conseil départemental et j’espère être à la hauteur du mandat que mes camarades m’ont donné. Je me trouve aujourd’hui en désaccord avec deux options prises par la direction de mon parti et qui semblent devenir les positions « assignées » par la Fédération de Paris auprès de ses militant-e-s et responsables.


1 -  LE CONGRES


Il m’apparait clairement comme à un bon nombre de mes camarades qui se sont exprimés récemment dans les AG de sections mais aussi plus largement au sein de notre parti, (sites internet, blogs,  stands fête de l’huma), que ce congrès de décembre 2007 n’a rien de statutaire et qu’il serait une entrave à notre démocratie interne, s’il se maintenait en l’état. Je pense que l’alternative est la suivante :


a) Soit le congrès de décembre 2007 est maintenu en tant que congrès statutaire, avec élection des directions fédérales et nationale, après discussion d’une base commune et de textes alternatifs. C’est la solution qui me semble souhaitable, à condition de faire le bilan de nos stratégies récentes et de prévoir les stratégies futures et les objectifs à atteindre.


b) Soit le congrès n’est pas maintenu, et il se transforme en une assemblée générale des sections, des états généraux du PCF, ou toute autre « appellation contrôlée » à condition de faire le bilan de nos stratégies récentes et de prévoir les stratégies futures et les objectifs à  atteindre et il s’agirait alors de débattre sur les questions que se posent le militant-e-s et non sur les questions imposées, toutes préparées, par un questionnaire, ou toute autre formule de ce type.

 

En effet, nous avons assisté au spectacle affligeant d’une discussion faussée, qui portait sur des questions concoctées par la direction et moulinées dans des AG décentralisées qui étaient dans le XXème arrdt, animées par des camarades dirigeants, et qui ont produit des comptes-rendus qui reflétaient forcément ces mêmes questions (le PCF serait il devenu un serpent qui se mord la queue ?). Tout militant doit-il obligatoirement se poser des questions métaphysiques du style : « Faut-il changer le nom du parti ? » « Faut-il un autre parti ? », « Où suis-je, qui suis-je, où vais-je ? », plutôt que des questions concrètes, qui commenceraient par « Pourquoi, comment, avec qui ? ». L’objectif de ces questionnements creux se révèle un peu plus chaque jour, et ils transforment  le PCF en grande foire d’empoigne. On peut s’interroger indéfiniment sur l’avenir d’un parti qui a perdu ses électeurs simplement parce qu’il n’a pas suffisamment défendu les droits de tous les travailleurs, et parce qu’il a cultivé le flou sur sa raison d’être.


Il ne sera pas possible d’attendre un an de plus le cul entre deux chaises, entre un faux congrès et un congrès décisionnaire avec renouvellement des directions.

 

2 -  LES MUNICIPALES

 

Lors de la dernière réunion du Conseil départemental, avant tout débat de fond, une liste toute faite, rédigée par des membres de l’exécutif a été produite, avec les noms d’éminents camarades, la plupart élu-e-s sortant-e-s, formant le groupe de liaison avec le PS pour préparer la liste d’union avec ce parti dès le premier tour. Pourtant notre stratégie aux municipales ne sera décidée en principe qu’à la réunion du CD du 24 octobre, qui tranchera la question : liste avec le PS au premier tour ou liste autonome  éventuellement d’ouverture au premier tour ? Nous avons été quelques camarades du CD, à demander une liste autonome de premier tour pour peser sur le PS au second tour avec argumentations à l’appui.


Je pense que la présence des élu-e-s sortant-e-s dans le groupe de liaison n’est pas normale, il y a risque manifeste de conflit d’intérêt et de manipulation par le PS. Est-ce le PS qui choisit nos élu-e-s ? Nous savons par exemple qu’ils veulent nous imposer Clémentine Autain.


Ensuite, il faut une réflexion stratégique de fond, à savoir, si notre parti à Paris, pour défendre les intérêts des classes populaires, a intérêt à s’allier au PS dès le premier tour, au risque de devenir inaudible et d’être compromis par une équipe sociale-libérale (avec ou sans MODEM), juste pour garder ses élus. J’aimerais entendre un autre argument en faveur de la liste unique au premier tour.

 

Notre parti a-t-il intérêt à former une liste autonome au premier tour pour tenter de faire peser les revendications spécifiques des classes populaires à Paris ? Ce n’est pas parce qu’elles deviennent minoritaires à Paris qu’elles doivent rester sans représentant-e-s, et les aider à disparaître, en même temps que le PCF. Il va de soi, dans cette éventualité, que la LCR occuperait tout le terrain laissé vacant.

 

Je sais que tu as eu le courage politique de te prononcer officiellement bien avant tous autres dirigeants pour le maintien du parti, obligeant ainsi les autres à clarifier leurs positions respectives. C’est pourquoi, j’espère que tu relaieras dans les instances dirigeantes, les protestations croissantes des militants contre la tenue d’un congrès hors statut, et que tu animeras un débat de fond dès maintenant qui permettra de bien faire saisir à tous les camarades tous les enjeux réels de la stratégie municipale choisie à Paris.

 

Tu as toute ma confiance pour cela.

 

Bien fraternellement,

 

                                                            Pasquale Noizet

                                                            Membre du Conseil départemental de Paris

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