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Réveil Communiste

Olivier Dartigolles sort du bois, un rappel

11 Janvier 2009 , Rédigé par RC Publié dans #Ce que dit la presse

Et pour vous convaincre de son attachement viscéral au parti communiste, voici une interview de OD il y a un an et demi (en sept 2007, il s'agissait du premier article de Réveil), dans le Monde.
Oui, Olivier Dartigolles est bien le porte parole du Parti communiste.
AQ




Le premier article publié sur Réveil Communiste, le 12 septembre 2007.

Olivier Dartigolle ayant été mis en avant plusieurs fois récemment par le groupe dirigeant du PCF, avec le rapport introductif à l'ANE notamment, et comme il a été pressenti comme futur secrétaire national, malgré ses prestations médiatiques déplorables, il me semble tout à fait d'actualité de rappeler ses positions à la fin de l'été dernier. Elle n'ont guère évolué d'ailleurs. Cet article de Sylvia Zappi qui est obligeamment informée par les réseaux refondteurs du parti mais qui n'a pas beaucoup de jugeotte (elle croit que MGB est une "orthodoxe") n'a pas fait l'objet du moindre démenti, ni rectificatif. Dans cet article tout ce qui est d'OD est authentique, et tous les jugements de Zappi sont erronnés, comme d'habitude. GQ.

Avertissement

Nous ne mettons ces textes en ligne que pour mieux convaincre les camarades que le Parti est en danger.


"Olivier Dartigolles, l'apparatchik du PCF s'émancipe"
Article paru dans Le Monde du 13 septembre 2007.

'est un peu son coming out politique. Après des mois de ligne officielle, de mise en scène de la geste communiste pendant la campagne électorale et de bagarre contre tous ceux qui doutaient que Marie-George Buffet puisse s'imposer à l'élection présidentielle, Olivier Dartigolles a décidé de prendre la tangente.
 
Lui, le fidèle porte-parole, voire le porte-flingue de la secrétaire nationale du PCF, sort du bois. Et ose afficher ses désaccords. "On ne peut plus se la raconter. Après la claque électorale qu'on s'est prise, si on fait comme avant, on meurt", dit-il.

Désormais, il est persuadé qu'il faut "une nouvelle organisation politique" dans laquelle existerait "une sensibilité communiste organisée". Pas un "parti ripoliné", mais bien une autre organisation avec d'autres sensibilités, antilibéraux, socialistes de gauche, syndicalistes, altermondialistes.

Son look sage de premier de la classe, avec ses chemises à carreaux bleu ciel et ses fines lunettes, n'est pas encore très connu. On l'a aperçu sur quelques plateaux télévisés pendant la campagne électorale, défendant ardemment sa candidate.

Pourtant, à 37 ans, il a gagné sa place dans le cercle très restreint de la secrétaire nationale, celui qu'elle réunit tous les lundis matin dans son bureau place du Colonel-Fabien.

C'est Jean-François Gau, un des proches de la numéro un, qui l'a fait "monter". Auparavant, le jeune prof d'histoire était le patron de la petite fédération des Pyrénées-Atlantiques, élu au conseil national en 2000 puis à l'exécutif en 2004 pour s'occuper du secteur jeunesse.

Avec son accent du Béarn, celui qui était permanent à mi-temps de sa fédération de Pau débarque dans les couloirs du vaisseau blanc construit par l'architecte Niemeyer et apprend vite. Il se voit rapidement attribuer des missions de confiance.

"J'AI FAIT MON JOB"

En deux ans, il a appris à manier la langue de bois sans sourciller et à tout justifier. Comme quand, en décembre 2006, il doit défendre sa patronne comme candidate unitaire, alors que les autres forces antilibérales n'en veulent pas.

Il se souvient encore de ce "moment affreux" où il est monté à la tribune sous les huées des centaines de militants des collectifs massés dans la grande halle de sport de l'Ile-Saint-Denis. "J'ai fait mon job même si je savais que cela ne passait pas", raconte-t-il.

"Il s'est comporté comme un apparatchik sectaire", relate Francine Bavay, vice-présidente (Verts) du conseil régional d'Ile-de-France . "C'était l'homme de confiance chargé de faire passer la ligne, mais il essayait de le faire oublier par l'humour et l'autodérision !", corrige l'adjointe au maire de Paris Clémentine Autain.

Il a alors la totale confiance de la secrétaire nationale. "Sans être un courtisan", précise Eliane Assassi, membre de l'exécutif. C'est un peu de cette légitimité qu'il entend jouer aujourd'hui auprès des militants, de toutes ces fédérations qu'il a sillonnées pour faire passer la ligne. Mais sa loyauté ne saurait lui faire oublier la sanction électorale trop brutale pour qu'il ne puisse, à son tour, exposer ses états d'âme.

Le communisme emplit tout son univers. Fils d'une sage-femme, déléguée CGT, qui a élevé seule ses deux fils, il a grandi en écoutant les chansons de Colette Magny et de Jean Ferrat et les récits du grand-oncle, Jean Lafourcade, conseiller général, ancien déporté à Dachau.

"Jeannot", la figure paternelle par procuration, celui qui l'emmenait à Leningrad pour comprendre ce qu'est devenu le socialisme réel. "Il m'a donné des repères forts", raconte-t-il aujourd'hui.

A sa mort, en 1999, c'est un peu "pour mettre [ses] pas dans les siens" qu'il s'engage à Pau, où il vient d'être muté dans un lycée agricole. Auparavant, il était adhérent, mais pas vraiment militant. Il est repéré par le secrétaire fédéral, qui en fait son successeur.

Le jeune cadre découvre alors les turpitudes d'une vieille garde qui monnaie en emplois fictifs son soutien au maire PS. Plein d'idéal et de certitudes, il décide de faire le ménage. Il essuiera en retour attaques en règle et vilaines rumeurs sur sa vie privée avec une militante socialiste.

UNE CRAINTE : LA RÉSIGNATION DES MILITANTS

"Avec lui, le PCF s'est retrouvé une morale. Ils ont tout tenté pour le casser", se souvient Jean Ortiz, universitaire et ancien du parti. Sur ses terres basques, il tient pourtant, apprend à gérer les vieilles équipes, renouvelle le style militant et parvient à couper les ponts avec le PS en présentant une liste autonome du PCF aux régionales de 2004.

Aujourd'hui, ce Béarnais passe cinq jours sur sept à Paris et les deux autres à Pau, où il aime retrouver le terrain. Et panser ses bleus dans une petite bergerie au cœur de la vallée d'Aspe, son iPod lui susurrant Les Paradis perdus du chanteur Christophe.

Comme le soir du 22 avril et le calamiteux 1,93 % obtenu par sa candidate. "Il a vu s'effondrer tout ce qu'il pensait avoir construit durant la campagne enthousiasmante du non au référendum", se souvient Hubert Delpont, un de ses amis communistes.

Oliver Dartigolles n'a désormais qu'une crainte : la résignation de militants désabusés. "Il faut faire du neuf puisque tout ce que nous avons tenté depuis vingt ans a échoué", martèle-t-il d'une voix assurée. La thèse du sursaut, il n'y croit plus depuis le 22 avril. Alors il s'est accroché à la petite phrase lâchée par Marie-George Buffet, fin août : "L'idée de la continuité peut nous tuer", a-t-elle lâché.

Il a voulu croire qu'après deux mois de silence, la secrétaire nationale allait bouger. Ses récentes déclarations l'ont douché. Défendant "la visée communiste", elle a commencé à tacler ceux qui évoquent le dépassement du parti, ces "camarades" qui voudraient "tout mettre en vente, organiser une braderie".

Le porte-parole a alors décidé de franchir la ligne : si la secrétaire nationale est tentée, une fois de plus, de ménager toutes les sensibilités et d'organiser le statu quo pour sauver le parti, il sera "en situation de combat", assure-t-il crânement. Pourtant, il aimerait mieux éviter, sachant l'aura dont dispose encore Mme Buffet auprès des militants.

Alors, le jeune dirigeant visite les sections, fait part de ses "doutes" et explique qu'"ils sont nombreux à ne plus vouloir gérer les affaires ordinaires pendant dix ans encore". Il s'y essaiera à nouveau lors des débats de la Fête de l'Huma les 14, 15 et 16 septembre.

"Le Parti a changé", veut-il croire, assurant disposer d'une trentaine de secrétaires fédéraux "qui comptent" et de la moitié de la direction. Reste au congrès extraordinaire de décembre de "donner le signal" que le PCF est prêt à tourner une page en 2008. Il y croit. Il est même prêt à envisager "l'après-Marie-George".


Sylvia Zappi

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