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Réveil Communiste

Les fautes de l'Ukraine, de la Russie, et de l'OTAN

3 Décembre 2022 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Russie, #États-Unis, #L'Europe impérialiste et capitaliste, #Royaume-Uni, #GQ

Potemkine, pas le cuirassé, l'autre

Potemkine, pas le cuirassé, l'autre

Les fautes de l'Ukraine : la guerre civile a été provoquée par la prétention des autorités issues du putsch du Maidan en 2014, d'effacer l’héritage russe en Ukraine et d'interdire l'usage de la langue russe, qui est pourtant la langue maternelle d’une forte minorité de la population ukrainienne, si ce n’est la moitié, et la langue de communication et de culture de presque tous, pour la remplacer à cet effet d'ailleurs davantage par l’anglais que par l’ukrainien.

Les crimes et les actes de répression politique des néonazis qui ont infiltré le régime de Kiev n'expliquent pas à eux seuls la rébellion armée du Donbass de 2014 et se résistance jusqu’en février 2022, c’est la volonté de génocide linguistique appuyée sur la terreur, et exercé par les nostalgiques des génocidaires – au sens propre du terme - des bandes de Bandera des années 41- 44, qui a déclenché la guerre civile. La cause de l’Ukraine est la plus mauvaise qui soit, quelques soient les préférences politiques, et les mauvaises causes, à force militaire comparable, finissent par perdre les guerres. L’Ukraine sera vaincue, et chaque retard signifie qu’elle le sera plus complètement. Des centaines de jeunes soldats seront sacrifiés tous les jours pour rien, en attendant, par leurs chefs nazis et corrompus, dont les crimes sont protégés par l'omerta des médias occidentaux.

Ses défenseurs hystériques feraient bien de s'en aviser. Mais à vrai dire ils s’en fichent. Ce qui compte pour eux c’est la poursuite de la suprématie occidentale qui passe par une guerre prolongée pour affaiblir la Russie et intimider la Chine.

En attendant les Ukrainiens savent qu’ils peuvent commettre n’importe quelle atrocité, et qu’ils seront couverts par les médias globaux et les ONG qui devraient les dénoncer et qui au lieu de cela les imputeront aux Russes. Ce qui  en fin de compte ne fera qu’aggraver leur cas et approfondir la catastrophe nationale qu’a déjà provoqué l’équipe de gangsters de leur clown-président.

 

Les fautes de la Russie - et à ce propos il n'est pas possible de dire agréablement des choses désagréables :

Les buts de la Russie depuis le début de la guerre ouverte qu’elle a été contrainte de lancer avec une certaine improvisation le 24 février 2022 contre le pouvoir de Kiev, guerre qu'elle se refuse d’appeler par son nom, ne sont pas cohérents : dénazifier et démilitariser l’Ukraine signifierait s’emparer de Kiev pour y installer un gouvernement favorable à Moscou, comme Staline le fit en Pologne en 1945. Cela signifie qu’il faut aider et organiser le parti ukrainien pro-russe au lieu de le laisser se désagréger en remettant en cause la légitimité même de la nation ukrainienne. Mais pour ce faire il aurait fallu favoriser la gauche ukrainienne qui dominait ce camp idéologique, et par ricochet la gauche en Russie, ce que les nostalgiques de Nicolas II - quelle référence ! - au pouvoir à Moscou ne voulaient pas faire – et qu’ils vont devoir faire finalement, forcés qu’ils sont par les difficultés militaires.

Le fait est que la Russie de Poutine, contrairement à l’URSS de Staline n’a tout simplement pas de projet politique. Alors qu’en face, l’Ukraine est le nouveau laboratoire du néolibéralisme fascisé, le nouveau Chili de Pinochet.

La Russie paye les hésitations de 2014 où elle aurait pu occuper au moins les territoires qu’elle contrôle encore aujourd’hui, après l’évacuation de Kherson, à moindre coût, et où elle aurait pu aussi installer un gouvernement ukrainien contestant la légitimité de la clique de la CIA issue du Maidan, et elle paye aussi avec retard la facture de l’impardonnable dissolution de l’URSS en 1991, qui était devenue en 70 ans d'histoire épique un État-nation légitime qui aurait dû persister au minimum sur la base d’une triple union Russie - Ukraine – Biélorussie, et sans doute d'autres républiques. La remplacer par un soi-disant "monde russe" ne mène à rien d'autre qu'à recréer les conditions de la débâcle des Romanov.

Annexer plusieurs provinces certes indubitablement ethniquement russes contredit le projet de dénazifier, démilitariser et neutraliser toute l’Ukraine, puisque cela affaiblit le parti ukrainien pro-russe d’autant. Il s’agit en fait de la mise en œuvre précipitée d’un plan B dont la poursuite signifie le renoncement, pas assumé mais de facto, du grand plan. Organiser des plébiscites pour le justifier est encore plus maladroit, car pour quelle raison des Russes à qui on empêche de parler leur langue voteraient contre leur rattachement à la Russie ? Les plébiscites ne font que semer le doute, et on les fait avant la guerre, ou après, mais pas pendant.

L’échec du plan A provient d’avoir sous-estimé le nationalisme ukrainien, à avoir nié les Ukrainiens comme les Ukrainiens niaient leurs compatriotes russophones, et aussi d’avoir sous-estimé la capacité militaire d’une armée fortement réorganisée depuis 8 ans par l’OTAN. Mais cela il faut l’admettre ne pouvait pas être connu à l'avance. A la guerre, comme disait Napoléon, on s’engage, et puis on voit, et les Russes se sont engagés, et ils ont vu, on ne peut pas leur retirer ça.

Enfin la propagande russe fait trop de fond sur les soi-disant « valeurs traditionnelles » dont la plupart se fichent éperdument, y compris en Russie, pour lesquelles en tout cas personne n’est prêt à mourir . Elle tente de se présenter comme un combat de la tradition contre la globalisation, au prix d’une « satanisation » caricaturale de l’adversaire (même Adolf Hitler ne pouvait pas être compris ni combattu en en faisant une incarnation du mal) alors que la vraie question n’est pas la globalisation, qui est un fait objectif économique et culturel du monde contemporain à laquelle on ne peut résister qu'à ses périls, mais de savoir si les États-Unis et leurs vassaux vont continuer à l’utiliser pour étendre leur Empire.

Ainsi les autorités russes n'avaient rien de mieux à faire pour préparer leur retraite de Kherson que de déterrer les ossements du Prince Potemkine? Ce qui soit dit en passant semble bien trahir leur intention de ne pas revenir de si tôt.

Certes tout ne se passe pas sur le champ de bataille. La guerre économique qui se développe en parallèle à la guerre tout court a tourné pour le moment beaucoup plus favorablement qu’on s’y attendait pour la Russie, mais il n’en reste pas moins que c’est sur le terrain militaire que les choses vont se jouer, et qu’il ne faut pas s’attendre à un mouvement populaire en Occident, à une insurrection des Gilets Jaunes ou des camionneurs canadiens pour empêcher l’escalade contre la Russie, ni à l'action d'une extrême droite vocale contre les migrants mais muette contre l'impérialisme quand il se montre dangereux, et qui est fondamentalement anti-russe parce que fondamentalement anticommuniste. Car ce que les "russophobes" reprochent à la Russie au bout du compte c'est principalement la Révolution d'Octobre et ses immenses conséquences.

La Russie gagnera la guerre moins parce que sa cause est juste que parce qu'elle y sera contrainte par les jusqu'au-boutistes enragés qui dominent le camp occidental qui ne lui laisseront aucun autre choix.

 

Les fautes de l’OTAN :

Elle s'est engagée dans un combat qui risque bien de conduire à sa désagrégation, plus rapidement que prévu.

Avoir provoqué la Russie à la guerre est sans doute perçu par les plus cyniques des néo-conservateurs occidentaux comme un brillant succès car il est toujours très couteux sur le plan diplomatique et sur celui de la propagande de donner l'impression d'avoir pris l’initiative de la guerre. Mais ce n’est pas le cas : en sous-estimant l’économie russe et sa capacité à approvisionner la population et à fournir des équipements militaires malgré les sanctions elle a provoqué une crise artificielle mais profonde en Occident même et un engagement militaire à un degré imprévu dont ils se seraient bien passés. Les sanctions économiques basées sur la spoliation des avoirs russes, et les atteintes aux droits élémentaires de particuliers russes ont miné à terme le crédit occidental, le crédit d’un système qui, justement, vit à crédit. Et elle a engagé un processus de radicalisation anti-impérialiste, de discrédit des partisans de l’Occident, et de réévaluation de l’héritage soviétique qui n’en est qu’à ses débuts, et qui aura de l’influence bien au-delà des frontières russes.

Les tentatives d'isoler la Russie se sont retournées contre leurs auteurs qui se retrouvent eux-mêmes isolés et comme ils contrôlent encore les médias les plus diffusés, ils tentent de se rassurer par la méthode Coué, ou en chantant dans le noir, mais ils ont réveillé le Dragon à leur grand dam. Le clivage colonial entre l'Occident et le reste de monde, qui remonte à l'époque des voyages de Christophe Colomb et de Magellan, touche à sa fin.

Certes la Russie acculée a déclenché des hostilités internationales en position fragile, et sans doute plus encore qu’elle ne calculait, mais la montée des enchères place soudain les sociétés occidentales en difficulté dans une guerre non voulue et non préparée à cette échelle, qui soumet ses forces armées à des stress matériels avant même ses premiers combats. Il est probable maintenant que les troupes de l’OTAN vont devoir se résoudre à affronter directement l’armée russe dans les mois qui viennent sur le territoire ukrainien, pour éviter l’effondrement de leur protégé qui risquerait de décrédibiliser complètement l'alliance -  et dont les avances récentes sur la ligne de front sont illusoires - comme les États-Unis ont affronté la Chine sur le territoire coréen de 1950 à 1953 -, en courant le risque d'une défaite encore plus retentissante, sans parler de l'escalade nucléaire.

Ils ne pensaient pas en être conduits si rapidement à une guerre décisive où la survie de l’Empire lui-même est en jeu, d’autant plus que dans leur schizophrénie certains parmi les impérialistes les plus fanatiques nient même qu’il y en ait un.

Si personne en Russie n’est prêt à mourir pour les "valeurs traditionnelles", c'est à dire pour empêcher la tenue de la Gay Pride ou les manifestations des Pussy Riot à Moscou, encore moins de gens seront prêts à mourir à Paris, à Londres ou à New York pour imposer les mœurs posts-modernes d'un Zelinsky aux Russes. Ou pour toute autre raison que le mercenariat.

 

GQ 11 novembre 2022, relu le 26

 

 

 

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C
Les fautes de la Russie :<br /> Avoir attendu 8 ans pour lâcher le marteau. En mars 2014 la Crimée fut libérée sans coup férir, un mort en tout pour tout je crois. 75% des forces armées ukrainiennes se sont soit rendues, soit passées dans le camp de la Fédération de Russie. Il faut dire que si la Crimée était tombée dans les mains de l'OTAN, la Russie aurait perdu la mer Noire, ce qui aurait été un cataclysme historique pour elle. Comme si la France perdait la Méditerranée.<br /> Simplement en mai 2014, il ne fallait pas s'arrêter à la Crimée. Odessa la Rouge était mûre, de même que Kharkov ( capitale historique de la RSS d'Ukraine), Slavyansk, Kramatorsk, Nikolayev, Mariupol. Ces villes avaient voté majoritairement pour se séparer du régime bandérite installé par un coup d'état organisé par une puissance étrangère. En mai 2014 on les aurait prises comme on saisit le biberon des mains du nourrisson.<br /> L'armée ukrainienne était l'une des pires d'Europe en 2014. Elle aurait offert une résistance minable, la majorité aurait refusé de se battre en passant du côté russe avec armes et bagages.<br /> Le régime bandérite de Kiev aurait facilement pu être renversé de l'intérieur. Il existait de nombreux partis pro-russes ou au pire tenant une position de neutralité vis à vis de l'OTAN et du Cartel UE. Le PC ukrainien était puissant.<br /> Les pertes civiles et militaires auraient été minimes.<br /> Par contre, économiquement parlant, la Russie aurait souffert énormément. Les sanctions de l'ouest auraient été terribles, et la Russie ne s'y était pas préparée en 2014. De plus cette année-là le rouble était en pleine crise.<br /> Pourtant la Corée Démocratique et Cuba ont supporté bien pire et depuis bien plus longtemps. Et cela n'a pas empêché la RPDC de développer un programme nucléaire et spatial.<br /> En 2014, Poutine a dû penser que la Russie n'était pas prête économiquement.<br /> Le problème est que l'OTAN s'est mis à la tâche en 2014. De la pire armée d'Europe, le Pentagone a fait de l'Ukraine la meilleure armée d'Europe.<br /> Les plus grands neuro-chirurgiens idéologiques de la planète ont opéré entre les 2 oreilles de toute une population pendant 8 ans, et l'ont transformée en fervents Ukronazes, qui font chanter "Notre père, Bandera" aux classes de maternelle.<br /> La faute majeure de Poutine fut de confondre l'Ukraine de février 2022 avec celle de mai 2014.<br /> Si l'on voulait dénazifier et démilitariser l'Ukraine en février 2022, une "opération spéciale" ne pouvait suffire, il fallait dès le départ une seconde édition de la Grande Guerre Patriotique. Il fallait lâcher le marteau à 3 contre 1, non pas à 1 contre 3.<br /> Les journalopes des meRdias bleu-jaunasses nous ont rabâché le "David contre Goliath". En un sens ils n'avaient pas tort, à part que Goliath n'était pas celui qu'on croyait.<br /> En février la Russie est montée à l'assaut du ciel. Elle a affronté 30 pays, qui ont déversé un tsunami d'armes, de dollars et d'euros sur leur pantin Kievien. En 6 semaines, Zelensky a reçu l'équivalent du budget annuel de l'armée russe. Une armée qui doit veiller sur 11 fuseaux horaires, de la mer Blanche à la mer Noire, de la Baltique au Pacifique.<br /> La Russie doit mener une guerre totale. Le 4ème Reich Otanazi a annoncé la couleur. Le chef du Pentagone Lloyd Austin et l'ancien chef de l'U.S. Army en Europe Ben Hodges ont fait allusion au démembrement souhaitable de la Russie après sa défaite.<br /> Un scénario similaire au dépeçage de la Yougoslavie par l'Organisation Terroriste de l'Atlantique Nord.<br /> En mai 2014, un citoyen de Donetsk répondait à un journaliste qui l'interrogeait sur le nouveau régime Kievien : "ils sont Bandéra, nous sommes Vatoutine !'<br /> Il y a juste 80 ans, l'URSS sauva l'humanité du 3eme Reich.<br /> Aujourd'hui il incombe à la Russie de nous sauver du 4ème Reich.
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D
Renvoyer les protagonistes d'une guerre dos à dos n'est pas une bonne idée ! Cela laisse supposer que l'on maitrise la situation, mais, en fait, cela montre que l'on a du mal a choisir son camp ! La Russie mène une guerre objectivement anti-impérialiste et doit recevoir, pour cette raison, notre total soutien !<br /> D'autant plus que les critiques contre la politique de la Russie ne sont pas étayées. Dénazifier et démilitariser l'Ukraine ne veut pas dire prendre Kiev et y installer un gouvernement fantoche par la force. Cela veut dire, par la force, détruire l'armée ukrainienne nazifiée pour l'empêcher de tuer des Russes ! Et c'est cohérent avec la réaffirmation de la "nouvelle Russie" antérieure. Pour ce qui est des arguments de la Russie pour expliquer sa position actuelle, retenons qu'elle déclare, à juste titre, mener un combat anti-impérialisme. La "gay pride" ou les "pussy riot" n'ont rien à voir dans l'affaire. Ce sont des affaires internes qui ne regardent que les Russes.<br /> La stratégie militaire de la Russie n'est pas non plus de notre compétence, et il faut faire attention à la tentation de l'ingérence qu'a propagé l'impérialisme lui-même. Rappelons nous seulement que la Russie a mené plusieurs guerres sur son sol, et que la retraite, face à Napoléon ou à l'armée allemande, s'est conclue par la défaite de l'agresseur !<br /> L'impérialisme US et l'Europe veulent maintenir leur domination sur le monde, et ce vaste monde, avec la Chine, la Russie, l'Afrique, le Proche Orient et l'Amérique Latine passe à l'offensive. Sous nos yeux et actuellement, ce combat se décide en Ukraine !<br /> Soutenir la Russie dans cette guerre, c'est soutenir les intérêts des peuples du monde !
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R
Il ne s agit pas d une position de NI-NI, au contraire, il s agit d appeler un chat un chat : la Russie de POUTINE et des oligarques est clairement un état impérialiste capitaliste, le conflit ukrainien, comme le disent de nombreux partis communistes, y compris les plus " orthodoxes", est donc un CONFLIT inter capitalistes, le seul camp à choisir est le camp de la paix, ce qui signifie le départ des troupes russes simultanément à l arrêt des livraisons d armes à l UKRAINE, L ouverture de négociations sur la base des ACCORDS de MINSK sous contrôle de l ONU.<br /> La très grande prudence de la CHINE est significatif, elle ne vote pas les sanctions contre la RUSSIE mais se garde bien d intervenir par une aide militaire ou financière ce qui indique qu elle ne croit pas que l objectif de la Russie est de favoriser la création d un monde multipolaire qui affaiblirait l empire US
R
Soutenir la Russie OK, mais pas ses erreurs. Tout le monde peut voir qu'elle hésite sur ses buts depuis le début.
R
Enfin une analyse globale cohérente et objective de " notre camp" qui tranche avec celles que nous proposent d autres camarades qui n' arrive pas à admettre que l URSS n existe plus...
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