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Réveil Communiste

La crise de la souveraineté nationale et du patriotisme en France

3 Décembre 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Théorie immédiate, #GQ, #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Impérialisme, #Royaume-Uni, #classe ouvrière, #États-Unis, #Qu'est-ce que la "gauche"

La crise de la souveraineté nationale et du patriotisme en France

 

La France ne manque pas de patriotes , ni de nationalistes de gauche et de droite, « des deux rives », et pourtant ils paraissent très faibles dans la défense du pays contre les deux principales menaces qui pèsent sur sa souveraineté et son identité : l’Union Européenne, et l’OTAN (c’est à dire l’Empire occidental sous domination des États-Unis).

Précisons un point : le patriotisme est légitime lorsque qu’il exprime le sentiment extrêmement répandu d’amour pour le pays que l’on considère comme le sien, et particulièrement quand il contribue à la révolte d’un peuple opprimé. Le nationalisme n’en est que le développement politique. Le nationalisme colonialiste n’est pas légitime, le nationalisme des colonisés l’est. Le patriotisme se dégrade en chauvinisme et le nationalisme cesse d’être légitime quand il exprime avec une ignorante arrogance un sentiment de supériorité par rapport aux autres peuples et une volonté de les léser dans leur intérêt, ou de s’attaquer à leur souveraineté. La patriotisme états-unien très diffusé dans la population qui arbore le drapeau dans le jardin est de ce type. La France a en quelque sorte inventé le patriotisme défensif en 1792, et sa mutation perverse en nationalisme agressif sous la conduite de Bonaparte.

La France d’aujourd’hui est une ancienne grande puissance, c’est à dire une ancienne puissance impérialiste et colonialiste qui a perdu brutalement ce statut en 1940, déclassement confirmé par la décolonisation. Depuis ces jours fatidiques de l’invasion et de l’Exode, et qu’on fasse remonter la nation française à Hugues Capet ou à la prise de la Bastille, le patriotisme français et le discours nationaliste qui vise à le traduire dans le champ politique survivent aux conditions historiques de leur apparition.

Malgré son repêchage en 1945 par les alliés occidentaux, pour faire nombre face à l’Union Soviétique et qui lui a valu sa zone d’occupation en Allemagne et son siège permanent au conseil de sécurité (celui que Macron veut donner à l’UE), la France y a perdu l’essentiel de sa souveraineté, au profit des États-Unis et indirectement de l’Allemagne par la médiation de l’UE, et elle évolue pour devenir une aire touristique haut de gamme dans l’ensemble quasi-national que constitue l’Empire occidental dont la culture populaire de masse mais aussi la culture bourgeoise sont de plus en plus homogènes et anglophones. Elle n’a plus de monnaie, et malgré l’arme nucléaire et le siège au conseil de sécurité, elle n’a plus d’autonomie stratégique et diplomatique.

Pourtant les classes populaires restent attachées au patriotisme, comme le prouve la réappropriation du drapeau tricolore par les Gilets Jaunes. Jusqu’à quel point ?

La nation se constitue en réaction à des crises historiques vécues et partagées dans tous le peuple, et se perpétue ensuite par adhésion à un récit scolaire mythique, qui légitime l’action des classes dirigeantes qui sont pourtant les premières à déserter au moment du péril commun. Cette nation verticale et imposée sur plusieurs générations par le pouvoir de classe a une signification contradictoire : si elle sert à assurer la cohésion sociale au bénéfice des classes dirigeantes, elle devient l’espace et le cadre de communication intelligible entre les exploités, et donc le cadre de la lutte des classes. Le mouvement ouvrier est « inter-national » et non mondial- mondialiste. Pour cette raison l’affaiblissement du patriotisme n’est pas une bonne chose pour les classes ouvrières des différents pays.

Certes au début du mouvement communiste, au cours de la Grande Guerre impérialiste de 1914 il s’est identifié avec Lénine au défaitisme révolutionnaire. Mais à la génération suivante, dans le cadre de la lutte internationale contre le fascisme le patriotisme a été complètement réhabilité , et il est devenu une composante essentielle de la tradition politique de la IIIème internationale, tandis que les trotskystes et les anarchistes, en retard d’une guerre en sont restés à la position précédente sans comprendre que la situation avait changé du tout au tout de 1914 à 1936, et que pacifisme et défaitisme étaient devenus des instruments des ennemis mortels de la classe ouvrière.

L’idéologie nationaliste appliquée à la lettre détruit le pays qui est son support. L'histoire montre que la menée d’une politique ouvertement nationaliste, qui consiste forcément en la spoliation d’autres nations mène à la ruine de la nation qui y a cédé (le IIIème Reich en étant l’exemple typique). Il n’est donc pas du tout étonnant de voir des mouvement simultanément nationalistes en parole et antinationaux en fait, comme le RN à généalogie vichyste en France.

Par ailleurs l’idée nationale construite sur des récits scolaires (c’était la fonction principale du professeur d’histoire géographie que de créer cette cohésion mentale entre citoyens) peut aussi bien être déconstruite par eux. Ces récits peuvent aussi être scindés en versions antagoniques, comme en France entre le récit monarchiste « de droite » complaisant pour les reliquats réactionnaires des classes de rentiers de la terre et le récit républicain-démocratique « de gauche » conforme aux valeurs des droits de l'homme de la bourgeoisie montante. Ces deux récits sont des conceptions scénarisées en fait très éloignées de la réalité de ce qui a vraiment existé, mais sont en eux-mêmes des objets historiques incontournables pour qui veut agir sur la société.

Convergence en 1914 sous le sceau de l’Union Sacrée, puis chute des deux récits en 1940. 1940 est la date charnière de la capitulation historique de la France, et elle ne s’en est pas remise, la théâtralité gaulliste n’y suffisant pas du tout.

Ce qui est paradoxal dans l’histoire française du XXème siècle, c’est que les chantres de gauche et de droite de l'Union Sacrée se sont vautrés dans la collaboration de 1940 à 1944, ou au moins dans une lâche neutralité, tandis que les héritiers du courant Léniniste défaitiste révolutionnaire qui voulaient saboter la guerre impérialiste se retrouvèrent engagés dans la Résistance.

Le patriotisme de la Résistance considéré dans les masses est le fait presque exclusif de la classe ouvrière et si c’est le cas, c’est dû au fait que l’occupant était le fer de lance de la réaction anti-ouvrière mondiale. Cet engagement explique aussi la portée sociale du programme du CNR en 1944, partiellement mis en œuvre au cours des deux années suivantes.

La Résistance proprement gaulliste consiste en enfants perdus des classes dirigeantes conservatrices ou parfois républicaines (avec l'absence significative des libérales). L’héroïsme de ses participants mérite l’admiration, mais sa signification politique est très mince. Cela peut paraître choquant à entendre, mais le gaullisme politique postérieur à la Libération est davantage un pétainisme ripoliné avec changement de képi qu’une continuation de Radio Londres, qui est destiné à offrir une planche de salut politique et morale à la bourgeoisie et à la petite-bourgeoisie française si fortement compromises dans la collaboration. Le parcours de Maurice Papon est bien moins exceptionnel qu'on a voulu le faire croire.

Cela explique selon moi l’incapacité des phraseurs du patriotisme de droite à défendre effectivement l’intégrité nationale devant sa dissolution dans le camp occidental, qu’elles ont elles-mêmes souvent souhaitée. Cela explique la différence de trajectoire entre un Farage en Grande Bretagne, et un Asselineau en France.

Quant à la gauche, c’est l'aile réformiste d’inspiration munichoise, libérale ou anarchisante, dont le pacifisme a été instrumentalisé par des ennemis extérieurs qui règne idéologiquement. Cette « gauche » qui s’est cristallisée au moment des accords de Munich, qui s'est convertie corps et âme à l’alliance américaine, sous l'égide du vieux Léon Blum, et qui s’est annexée l’extrême gauche anti-stalinienne n’a qu’une conviction forte : il faut travailler à l’effacement et à la disparition de la nation dans l’ensemble occidental.

Les trente dernières années sont l’histoire sans gloire de la déroute des souverainistes des deux rives qui furent les derniers à se référer, sans y croire vraiment, aux deux récits nationaux français. Séguin, Chevènement, le front des beaux parleurs vaincus de Maastricht, accompagné de la mutation européiste du PCF.

Aujourd’hui la bourgeoisie substitue un néo-nationalisme occidental qui n'ose pas dire son nom et qui se définit contre la Russie, l’islam et la Chine, au nationalisme proprement national. Depuis deux générations l’école « républicaine » et l’école « libre » rivalisent pour déconstruire méticuleusement le récit patriotique précédent pour le remplacer par un récit explicitement européen, postcolonial et wokiste avant la lettre qui conserve en fait la perspective de l’exceptionnalisme occidental, et implicitement blanc-chrétien européen, qui essaye de persévérer en douce sous le masque de la repentance.

La vitalité d’une nation se mesure à :

- la puissance autonome de sa bourgeoisie ; en France, elle est en voie de subordination complète, comme le montre le choix de Macron pour  direction, tête superficielle sans esprit de synthèse, à la vision historique bricolée d'éléments disparates incohérents.

- sa capacité à s’inscrire dans le cours révolutionnaire de l’histoire. Le désarmement de la classe ouvrière et la désindustrialisation rendent pessimiste en la matière.

Malgré cela, la nation objective est le cadre historique où se déroule la lutte des classes encore aujourd’hui. Elle ne peut pas se développer dans la quasi-nation de l’Occident qui est définie par son rapport postcolonial au reste du monde. La « communauté internationale » occidentale est en fait l’extension à l’Europe de la neutralisation de la lutte des classes qui a eu lieu aux États-Unis après 1945. Maccarthysme compris.

Que faire dans ces conditions ? Le patriotisme peut se reconstruire dans la lutte sociale et anti-impérialiste, comme à Cuba, ou en Chine, mais il n’est pas une ressource à portée de la main pour reconstruire le parti de la lutte sociale dans un pays où le patriotisme vécu, la conscience de classe et la conscience tout court ont considérablement reculé , pour se dissoudre dans l'ère du vide.

L’extrême-droite détourne ce qui reste du sentiment patriotique vers le racisme et la xénophobie, à cause du boulevard laissé par la gauche qui a remisé et diabolisé la critique rationnelle de l’immigration, qui est pourtant une des constantes marquante de la conscience de classe. Les ouvriers, y compris les ouvriers immigrés, savent très bien que les migrations sont dirigées contre eux. La récupération de la xénophobie ouvrière développée par la concurrence des nouveaux venus sur le salaire et les services public est d’autant plus facile que la gauche imbibée de l’idéologie dominante libérale apparaît comme une enthousiaste pratique des flux migratoires. Le PCF dirigé par Georges Marchais, tout en organisant et en défendant les travailleurs immigrés était opposé aux flux migratoires, et en cela il était sur la même longueur d’onde que les masses ouvrières qu’il était voué à représenter.

Il faut souligner le fait que chaque nouvelle vague d’immigration met en péril l’intégration sociale et économique de la vague précédente qui se retrouve grossir les rangs des chômeurs et remplir les prisons. Actuellement ce sont les enfants et petits enfants des ouvriers immigrés maghrébins qui en font les frais.

L’extrême-droite avec un sens aigu de l’opportunité a presque toujours mis l’accent dans sa propagande nationaliste sur l’immigration, et prétend défendre la France en rejetant les immigrés. Ce choix de priorité est incohérent avec les fins nationalistes qu’elle met en avant, et montre bien sa généalogie collaborationniste et capitularde, car il est à contresens des réalités économiques et politiques les plus évidentes, l'immigration ne faisant que renforcer en capital humain le corps national qui l’absorbe (économiquement et culturellement) tout en neutralisant les contradictions de classe. L’histoire de la nation la plus puissante (et qui se considère officiellement comme supérieure à toutes les autres), celle des États-Unis en est l’illustration !

A ce sujet on doit souligner aussi que la meilleure période pour la classe ouvrière américaine, et pour l’intégration économique des afro-américains a été précisément et nullement par hasard celle de la restriction de l’immigration, de 1920 à 1970.

L’immigration est bonne pour la nation, c’est à dire pour la bourgeoisie qui la dirige, et le plus souvent défavorable à la classe ouvrière qui vit dans cette nation.

La communication des organisations de gauche et syndicale sur le sujet est symptomatique de leur embourgeoisement. Elles ne veulent voir à aucun prix que les migrations sont une arme du capital sur le front intérieur pour comprimer les salaires, diviser et rediviser la classe ouvrière, et une arme de l’impérialisme sur le front extérieur parce qu’elle dépouille les pays dominés de leur main d’œuvre qualifiée et empêche la formation d’une bourgeoisie nationale pour la remplacer par une société civile expatriée au Nord qui sert de relai à l’impérialisme dans le contrôle de son pays d'origine.

L'extrême-droite récupère ce thème qui lui a été imprudemment abandonné, avec enthousiasme, et ce faisant néglige les menaces réelles sur cette nation qu’elle prétend avoir à cœur de défendre et qui consistent en l’absorption de la France dans un tout cohérent culturellement mais ultra-simplifié et abâtardi, l’Occident. Elle craint davantage les mosquées que les Mac Do (et que les ogives nucléaires), c'est dire.

Mais comme le révèle ce terme qui désigne historiquement un des groupes néo-fascistes les plus significatifs en France, le groupe « Occident » des années 1970, l'extrême droite n’est nullement patriotique mais vichyste, et raciste suprématiste. Elle se fout de la France, mais ni de la chrétienté ni de la race blanche ! Son action plus ou moins explicitement est dans la logique de celle des SS français qui défendaient « l’Europe » contre l’Armée Rouge.

En somme, un grand mouvement social qui aurait lieu aujourd’hui en France devrait inévitablement se confronter à l’Union européenne, et à l’OTAN, mais il ne pourrait pas être déclenché par une campagne politique ou électorale misant sur le patriotisme et sur une idéologie nationaliste de gauche, basée sur la conscience du caractère dominé de notre pays, car cette conscience à l’heure actuelle a été escamotée par ceux qui auraient dû la propager. Ces puissances oppressives agissent par procuration, ni l’une ni l’autre ne sont présentes avec des forces d’occupation visible, cristallisant la révolte, et le discours dominant continue à bercer les Français de l’illusion d’appartenir au premier monde, celui qui décide de tout. Et les critiques gauchistes et écologistes intempestives de l’État français ne font que manifester la persistance de cette vanité dans la petite-bourgeoisie.

Un tel mouvement ne pourra finalement partir que du vécu matériel et concret, du gaz et de l’électricité, du prix du carburant, du salaire, de l’emploi, des services publics. Le mouvement des Gilets Jaunes, si radical qu’il fût, était indifférent au contexte international qui conditionne pourtant la situation économique et sociale en France. Et cette indifférence est répandue dans l’ensemble des classes populaires. Quand on leur demande leur avis, elles se prononcent en général contre l’UE, l’OTAN, l’euro, etc. Mais elles n’agiront pas davantage, contrairement aux masses britanniques, qui ont conservé un patriotisme plus vivant, enraciné dans la fierté profonde et parfois chauvine que le peuple britannique a retiré de sa participation victorieuse à la seconde guerre mondiale.

Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à proposer dans les programmes de gauche (de la gauche réelle) le Frexit et la sortie de l’OTAN, mais qu’il ne faut pas les poser en préalable. Il faut faire le pari qu’une France souveraine pèserait encore d’un poids suffisant pour tenir tête aux pressions de ces alliés malintentionnés et ne serait pas totalement impuissante à se tirer des mailles du filet comme le fut la Grèce de Tsipras (à supposer que ce dernier en ait eu l'intention).

S’il faut certainement prendre l’initiative de la sortie de l’OTAN pour des raisons évidentes de sécurité nationale et de défense de la paix, il faudrait à mon avis laisser à l’UE l’initiative de la rupture, et ses cadres auto-intoxiqués par leur propre propagande sont assez stupides sans doute pour la provoquer.

GQ, 10 novembre 2021

 

Note (15 novembre) :

Anticolonialisme et séparatisme, selon quel critère les distinguer et où placer la limite?

Les nations réelles sont des constructions historiques sur des territoires donnés, qui sont toujours composées de régions et de populations diverses, qui peuvent être pluri-ethniques, et qui résultent d'un processus de conquête politique et militaire progressif à partir d'un centre, siège dynastique. Ce processus qui absorbe des territoires périphériques pour leur valeur stratégique est souvent aliénant et brutal, mais il n'est pas de même nature que la conquête coloniale qui s'appuie sur une idéologie raciste.

Pour résoudre les contradictions entre grande nation centrale et petites nations périphériques, l'histoire propose la solution d'une nation fédérale comme par exemple l’ancienne Yougoslavie ou l'URSS, laquelle peut être composées de plusieurs nations unitaires. On peut relever de plusieurs identités nationales à la fois.

Outre l'éloignement géographique, le critère central pour distinguer les colonies des territoires périphériques d'une nation historique complexe sont :  la participation significative ou non de dirigeants issus de la périphérie au pouvoir politique central, et l'existence ou non d'un rapport d'exploitation économique. Selon ces critères, au sein du Royaume-Uni, Écosse n'était pas une colonie  et l'Irlande l'était.

Les réflexions proposées ci-dessus ne doivent donc pas être interprétées comme une justification du séparatisme, lequel me semble rarement légitime, et susceptible d'aboutir dans bien des cas à un contrôle indirect très contraignant du protecteur puissant qui a favorisé l'accession à l'indépendance formelle. L'indépendance des États Baltes qui ont été vidés de leur substance économique et de leur population depuis 1991 me paraît de ce genre. Telle serait aussi une Écosse ou une Catalogne indépendante formellement, mais membre très subalterne de l'UE et de l'OTAN.

L'Arménie, nation historique incontestable, était cependant beaucoup mieux lotie et beaucoup mieux défendue en tant que république soviétique, qu'en tant qu'État indépendant doté d'un siège à l'ONU et d'une équipe nationale de foot.

Il faut garder à l'esprit cependant que des nations se forment, parfois très vite, dans la lutte contre l'oppression. C'est le cas de la Palestine.

La généralisation du séparatisme et la balkanisation de l'Afrique favoriserait encore davantage la prédation néocoloniale, et la véritable nation est panafricaine. Dans le cas du Québec, la situation est intermédiaire entre le type "Irlande" et le type "Écosse" mais je pense plus proche du premier (colonie) que du second (associé secondaire au pouvoir). Les Kurdes, qui sont de culture iranienne forment une population de zone frontière maltraitée mais n'ont pas historiquement ou géographiquement un territoire cohérent qui pourrait devenir vraiment indépendant des protecteurs extérieurs, en l'occurrence américains. la solution fédérale en Turquie, Irak, Syrie s'impose. Enfin les Kabyles sont une composante centrale de la nation algérienne et n'ont pas à mon avis d'avenir indépendant en dehors d'elle.

 

 

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S
Réveil communiste: vous me prêtez des choses que je n ai jamais dit, votre chantage ne passera pas avec moi. Je suis contre l ingérance quelqu elle soit.
Par contre je suis aussi contre les doubles standards et l aveuglement de certains communistes naifs vis-à-vis des mouvements soit disant anticolonialistes passé ou présent (dont beaucoup ont fini par se débarasser des PC locaux pour assoir leurs dictature) : ce n est pas parce que Sadam se dit anti-impérialiste et anti-colonialiste qu il l est et qu il faut le soutenir aveuglement (ce que vous faites si j ai bien compris) : la preuve, lui même n hésite pas à opprimer les kurdes et chiites sur leurs terres --> par contre il faut s opposer fermements aux interventions dans les affaires des autres pays dans tout les cas, c est au locaux de régler leurs problèmes entre eux.
Répondre
S
Réveil communiste : Certes, certains mouvement anticoloniaux progressistes sont devenus réactionnaires après l'arrivées au pouvoir; Mais il y avait des le début mouvement "anticoloniaux" qui refusaient de reconnaître les identités propres des territoires et peuples des terres colonisés en ne représentant/défendant que "l’ethnie" majoritaire ou minoritaire mais élitiste détenant le pouvoir (une ethnie qui souvent, avant la colonisation européenne, était elle même un oppresseur voir impérialiste vis-à-vis des "minorités" (qui souvent étaient d'ailleurs majoritaires) et des voisins plus faible) --> cela explique d'ailleurs souvent pourquoi souvent, lors d'une conquête d'un empire, une partie de la population soutient le nouveau envahisseur car elle souffre de l’oppression du pouvoir en place.
Quand on combat les oppresseurs, on les combat tous jusqu'au bout quelques soit l'oppresseur et l'opprimé sans distinction sous prétexte qu' un des colonialismes instrumentalise la lutte des minorités (ou majorités sans pouvoir) contre l'ancien oppresseur dans ses intérêts : sinon, on devient complice !
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R
On voit la la rhétorique doit de l'hommiste qui pointe son nez. Tout ce qui compte, c'est de rendre les progressistes du nord complices passifs ou actifs des ingérences dans le sud, en dénigrant les mouvements anticolonialistes. Sous prétexte que Sadam opprime les Kurdes, il faudrait accepter de participer aux guerres qui ont détruit l'Irak On ne mange pas de ce pain là ici.
S
A Réveil communiste : non, il n avait pas toujours raison puisque certains combattaient le colonialisme européens pour mieux asseoir leurs propres oppression (oppressions des kurdes et autres minorités par les anticolonialistes turcs, oppressions des minorités non kurdes par le mvt kurdes, oppressions des berbères et des touaregs par les arabes/arabisant, oppressions des touaregs par les mouvements tiers mondiste des populations noirs ...).
De plus, beaucoup de ces mouvements qui au début étaient progressistes (d'autres d'ailleurs ont toujours étaient réactionnaires), se sont vites transformés en mouvement ultra-réactionnaires et rétrogrades.
L impérialisme et l'oppression ne sont pas des faits uniquement occidentaux, ils existent ailleurs : ils pouvaient parfaitement se déclaraient comme antiraciste/anticolonialiste mais en même temps pratiquaient la discrimination et le racisme vis à vis de leurs minorités.
Il ne suffisait pas de se déclarer anticolonialiste/antiraciste pour l être vraiment.
De plus, vous en tant que communiste, vous devez comprendre que le monde n est pas noir ou blanc, mais qu il y a des nuances : donc dire qu ils ont toujours raisons est déjà quelques choses de faux.
Un communiste ne doit pas être aveugle, toujours garder la tête froide et savoir distinguer le vrai du faux.
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R
Tout cela concerne la manière dont des mouvements anticolonialistes gèrent leur pays après l"indépendance et ce n'est pas de cela qu'il est question ici.

Par ailleurs une minorité nationale n'est pas la même chose qu'une colonie, et toutes les nations en ont. L’instrumentalisation colonialiste des petites minorités nationales selon le principe diviser pour régner est monnaie courante, et fait partie des lieux commun des médias revanchards sur ces questions, le dénigrement des ex-colonisés ne cessant pas avec la fin des colonies. L'argumentaire ci dessus n'a que pour fonction de démobiliser et de renvoyer tout le monde dos à dos.
A
Attention à ne pas défendre à n'importe quelle prix l'anticolonialisme.
Il y avait des soi-disant mouvements de libérations nationales qui était à la fois anticolonialiste et fasciste/nationaliste car ils avaient pour but de reconstituer leurs empires qui étaient là avant la colonisation.
D'ailleurs beaucoup se réclamaient du nationalisme et du socialisme (donc en faite, d'une certaine façon, se considéraient comme national-socialiste) et dès qu'ils obtenaient l'indépendance, commençaient par réprimer les mouvements autonomistes locaux et leurs identités.
Dans tout les cas, il faut juger au cas par cas.
D’ailleurs, je penses que ce sujet sera intéressant à traiter dans votre blog.
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R
Les anticolonialistes, les antiracistes et les antifascistes ont toujours eu raison dans leur vrais combats au moment où ils déroulaient, au XXème siècle. Ce qui est discutable, ce sont les anticolonialistes, antiracistes et antifascistes intempestifs simulateurs et subventionnés du siècle présent qui se manifestent après la bataille en tentant de culpabiliser les nouvelles générations. Le colonialisme, le racisme et le fascisme sont des phénomènes du passé. Pour preuve, antiracisme et antifascisme font partie de l’idéologie la plus officielle dans l'Occident libéral bourgeois. Par contre l'impérialisme qui en est la continuation modifiée est de plus en plus dangereux et fait l'objet de ces mêmes militants intempestif d'un complet dédain voire d'une dénégation forcenée.
L
Bonjour,

Excellent article, avec un regard panoramique et en même temps horizontal, plus profond encore que vos livraisons antérieures dont j’ai la connaissance, pourtant déjà d’une facture remarquable. Merci.

Je voudrais toutefois revenir sur l’emploi du mot nationalisme. Vous le définissez ainsi
<<
Précisons un point : le patriotisme est légitime lorsque qu’il exprime le sentiment extrêmement répandu d’amour pour le pays que l’on considère comme le sien, et particulièrement quand il contribue à la révolte d’un peuple opprimé. Le nationalisme n’en est que le développement politique.
>>
Il apparaît donc comme positif. Dans mon langage, je l’exprime en disant que la Nation c’est un Peuple doté d’un projet politique d’autonomie.
Dès lors, je n’y vois pas de connotation négative.

Pourtant, dans la suite du texte, presque toujours, vous semblez associer nationalisme avec rejet, voire plutôt oppression des autres peuples.
Ici par exemple :
<<
L'histoire montre que la menée d’une politique ouvertement nationaliste, qui consiste forcément en la spoliation d’autres nations mène à la ruine de la nation qui y a cédé
>>
N’y a-t-il pas la confusion entre nationalisme et impérialisme, que l’on peut voir comme un nationalisme poussé à l’extrême, au chauvinisme ? Employer le même mot, me semble fâcheux car il introduit des confusions, des quiproquos.

J’aurais aussi de nombreuses remarques sur le reste du texte, mais n’enlevant rien à sa grande qualité globale.

Cordialement.

Luc Laforets
Répondre
R
Le nationalisme sert de discours populaire à la droite conservatrice et au fascisme. Il est donc connoté très négativement, sauf dans le contexte de la lutte anticolonialiste.