Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Réveil Communiste

Une critique de la théorie géopolitique impérialiste du "Heartland" de Mackinder, par le géographe Yves Lacoste

31 Juillet 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Front historique, #Asie, #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Royaume-Uni, #États-Unis, #Chine, #Russie

Une critique de la théorie géopolitique impérialiste du "Heartland" de Mackinder, par le géographe Yves Lacoste

Résumé de l'article de Yves Lacoste dans la revue Hérodote (2012)

Cet article est une analyse critique et précise du célèbre article de Mackinder « The geographical pivot of History ».

Alors qu’il n’a jamais employé le terme géopolitique, Mackinder est pourtant toujours considéré comme le fondateur de la géopolitique. C’est pourquoi une lecture critique de son article s’impose. Sa notoriété repose sur l’emploi du terme heartland considéré, de nos jours, comme le concept central de sa théorie, qui évoque une région qui est le cœur même du territoire d’une nation, mais il prend aussi, plus loin dans le texte, la signification de « région centrale » connotée alors à l’idée d’Eurasie, espace beaucoup plus vaste que celui de région centrale. Le second terme, considéré comme l’autre concept majeur de la théorie de Mackinder, est celui de pivot.

Mais ce terme, appliqué aux immenses plaines d’Eurasie, fait problème, celles-ci ne pouvant logiquement être considérées comme un pivot. Pour expliquer la puissance de l’Empire russe, Mackinder accorde donc la plus grande importance à une donnée de la géologie et de la géographie physique – l’étendue de la plaque eurasiatique. Il tend à minimiser le rôle des structures politiques et militaires qui ont rendu possibles la conquête et le contrôle depuis trois siècles de cet immense territoire, en tentant de l’étendre encore.

La thèse de Mackinder est donc étroitement déterministe et somme toute assez rudimentaire.

 
 
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Mackinder sentait l’importance du facteur continental mais il n’était pas à son époque capable d’en donner une explication dynamique et rationnelle, d’où son réductionnisme. Il y a par contre dans la thèse du « coeur continental » quelque chose qui prend son importance aujourd’hui, avec le développement des techniques. Jusqu’à récemment les communications maritimes étaient les plus faciles et les puissances ayant un accès à la mer étaient favorisées par cette situation, car les communications intra-continentales étaient plus difficiles, plus lentes et plus coûteuses. En même temps plus difficiles à sécuriser. En ce sens là, les conditions géographiques objectives favorisaient les Etats maritimes et défavorisaient les Etats continentaux, ce qui explique leur fréquent « archaïsme », leur « retards » et aussi leur propension à se diluer ou au contraire à former des empires forts et despotiques jusqu’à récemment. Chose qui évolue avec le développement des tubes, de l’aviation, des autoroutes, des satellites, mais surtout des chemins de fer, et en particulier des chemins de fer à grande vitesse. Le centre de l’Eurasie, l’ex-URSS et l’Iran en particulier sont réellement aujourd’hui en train de devenir le « pivot » des communications et des échanges entre la Chine, ses voisins d’Asie orientale et les pays d’Europe occidentale, d’Asie occidentale et d’Afrique. Ce qui donne à des Etats comme la Chine bien sûr et du coup la Russie, l’Iran, le Pakistan, le Kazakhstan, la Biélorussie des positions clés pour l’avenir. Ouvrant des perspectives de coopérations et de rapprochements inter-continentaux. Ce qui tend par ailleurs à rendre les pays maritimes qui jusque là étaient le « centre du monde », l’Angleterre puis les USA en particulier, de plus en plus périphériques. D’où leur nervosité actuelle.
Répondre
R
Le Heartland est plus une apparence cartographique qu'une réalité, qui a largement servi pour diaboliser les puissances eurasiatiques en les présentant comme une menace, et depuis l'empire Mongol du XIIIème siècle n'a pas eu d'unité. Russie et Chine ont une population périphérique qui se tournent le dos et le cœur continental quelque part au Kazakstan est faiblement occupé. Ils doivent franchir un véritable océan de terres pour communiquer.