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Réveil Communiste

L'histoire contemporaine des juifs, l'antisémitisme, Israël et la lutte des classes

9 Août 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #GQ, #Front historique, #Impérialisme, #lutte contre l'impérialisme, #Positions, #Asie, #Europe de l'Est, #Russie, #Mille raisons de regretter l'URSS

Pogrom de Kichinev, 1903

Pogrom de Kichinev, 1903

Comment le peuple juif, après avoir été son bouc émissaire, est-il utilisé comme bouclier humain pour la défense globale du capitalisme ?

Sur la question concrète de la répression et du colonialisme en Palestine, je suis d’accord avec la position ferme et mesurée endossée par le PCF (ce qui n’est pas souvent le cas, alors, autant le dire) :

Déclaration de Fabien Roussel, 14 mai 2021

Cela dit, comme l'impérialisme ne laissera pas prévaloir de solutions pacifiques dans un avenir envisageable il faut s'interroger sur l’issue possible de cette guerre sans fin et du retour périodique de la répression sauvage contre le peuple palestinien, et sur la stratégie des deux camps.

Gramsci écrit dans sa prison, vers 1930 :

La religion, par exemple, a toujours été une source de combinaisons idéolo­giques-politiques semblables, nationales et internationales, et avec la religion, les au­tres formations internationales, la franc-maçonnerie, le Rotary Club, les Juifs, la di­plo­­matie de carrière, qui suggèrent des expédients politiques d'origine historique di­ver­se, et les font triompher dans certains pays, en fonctionnant comme parti politique international qui opère dans chaque nation avec toutes ses forces internationales con­centrées; telle religion, la franc-maçonnerie, le Rotary, les Juifs, etc., peuvent entrer dans la catégorie sociale des « intellectuels », dont la fonction, à l'échelle interna­tio­nale, est d'assurer la médiation entre les extrêmes, de « socialiser » les expédients techniques par lesquels fonctionne toute activité de direction, de trouver des compro­mis et les moyens d'échapper aux solutions extrêmes. (Gramsci Cahier de Prison 13, § 17)

Religion, franc-maçonnerie, Rotary (club international américain préfigurant le rôle actuel des ONG), judaïsme structuré, diplomatie de carrière apparaissent comme des partis organisés internationalement pour la défense intellectuelle du capitalisme. "Telle religion" qui est mise en avant en premier est une allusion directe aux réseaux catholiques qui ne sont pas nommés explicitement à cause de la censure carcérale.

Contrairement à Gramsci, qui pense que les juifs (hors d’Union Soviétique) sont une sorte de sous ensemble des intellectuels au service de la bourgeoisie (mais qui en sont séparables comme c'est  toujours le cas avec les couches intellectuelles par l’évolution des rapports de force dans la lutte des classes), on considère ici le judaïsme religieux ou laïc comme il était considéré en URSS, comme une nation. Mais au XXIème siècle les juifs installés en Israël et ceux qui appartiennent à la diaspora forment une nation d’un mode d’organisation très particulier qui a une fonction effective dans l’organisation économique et sociale, au niveau international, qui se rapproche de plus en plus du modèle gramscien. Ceux qui relèvent de cette nation ont la possibilité de jouer le jeu partisan qu'on leur fait jouer, ou de le rejeter, et les risques de retour de flamme sont grands, dans les deux cas.

En effet, tous les conflits initiés par l'État israélien impliquent très rapidement la nation juive dans son entier.

Par quelles étapes historiques en sommes-nous arrivés là?

Comme Israël a été fondé pour proposer aux juifs un refuge contre l'antisémitisme, il faut revenir assez loin en arrière dans le passé pour comprendre d'où provenait cette forme spécifique de racisme.

L’antisémitisme raciste moderne, différent de l’antijudaïsme d’origine chrétienne, s’est développé à partir du XIXème siècle dans le contexte de la révolution industrielle qui est aussi celui de la montée du socialisme.

On peut le considérer comme une idéologie de contre-feu, une idéologie populaire de droite promue par les propriétaires de presse, destinée à se substituer au socialisme, le fameux « socialisme des imbéciles » ; mais de cette formule bien connue, on ne doit pas trop tirer de conclusion : car ce n’est pas du tout un socialisme.

Cela permet d’ailleurs à quelques menteurs bien payés d’associer cette forme moderne d’intolérance à la politique prolétarienne dans son essence ; pour ces gens là, critiquer le capitalisme, c’est critiquer les juifs. Avec des amis pareils, les juifs n’ont pas besoin d’ennemis.

Au début lorsqu’il existait plusieurs courants socialistes différents d’importance équivalente, c’est à dira avant le triomphe théorique du marxisme, au tournant des XIX et XX siècles, il y a cependant d’assez nombreux socialistes antisémites, dont Proudhon n’était pas le moindre.

Cela s’explique par la position et le rôle joué par les communautés juives, et les personnalités juives célèbres, dans la lutte des classes. Pour l’opinion commune, dans les pays d’Europe occidentale où les juifs – expulsés au moyen âge - étaient très peu nombreux et pour la plupart des « intellectuels » au sens extensif que Gramsci donne au concept, ils étaient symbolisés par la famille Rothschild, influente au plus haut niveau dans plusieurs pays, par les frères Perreire, etc. ou dans la littérature de fiction par l’usurier Gobseck de Balzac. (ou l’exploiteur d’enfant Fagin chez Dickens). On voit qu'ils étaient plutôt perçus comme rangés du coté des oppresseurs que des opprimés.

Ces théories socialistes non dialectiques greffaient une branche de l’antijudaïsme populaire sur leur tronc, par facilité et démagogie, mais aussi par inclination personnelle de leurs auteurs ; les juifs en Europe occidentale étaient généralement impopulaires, et ils l’étaient aussi chez les socialistes, ils étaient considéré comme une secte religieuse illégitime, vouée à la bourgeoisie à laquelle elle devait son émancipation. Et le fait est que les juifs occidentaux appartenaient presque tous à cette classe. Il a fallu l’approche scientifique et abstraite du marxisme pour détacher complètement le socialisme de l’antijudaïsme populaire qui d’ailleurs prenait un tour nouveau et plus virulent sous l’influence des théories racistes biologisantes et pseudo-darwinistes à la mode.

En Europe orientale la situation était très différente, car les juifs orientaux représentaient une part importante, parfois la moitié, de la faible population urbaine au début du XIX siècle, dans le vaste espace qui avait été occupé jusqu’au siècle précédent par le grand royaume de Lituanie et de Pologne qui comprenait en outre la Biélorussie et l’Ukraine occidentale. Le développement économique de ces régions produisit une rapide structuration en classe de la population juive en forte croissance démographique, et une classe ouvrière juive avec ses partis révolutionnaires marxistes fit son apparition en une ou deux générations, classe qui joué un rôle très important dans la Révolution d'Octobre, et en paya le prix par les pogroms génocidaires des russes-blancs, préfigurant le programme d'extermination nazi. Une partie allait  émigrer vers la France ou les États Unis, et jouer un rôle non négligeable dans le développement des mouvements ouvriers dans ses nouvelles patries (ainsi Henri Krasucki en France).

Antonio Gramsci, se basant sur la situation italienne (relevant de l’Europe occidentale), définit les juifs comme un sous groupe des intellectuels, international, appartenant à la bourgeoisie. Selon cette manière de voir, les juifs en tant que tels n’ont guère d’avenir socialiste, ils disparaissent des radars avec la disparition de la bourgeoisie, et s'ils bénéficient de l'assimilation individuelle dans le nouvel État socialiste (ce qui était alors le rêve de la plupart des intellectuels juifs modernes, tel Einstein, qui à l’instar de Spinoza, rejetaient leur religion, ou leur « culture » c’est à dire l’équivalent édulcoré de la religion), c'est au prix d’une dissolution dans la masse et d’une perte d’identité culturelle. C'est aussi la position de Rosa Luxembourg qui ne voyait pas pourquoi après la révolution les juifs devaient rester des juifs.

Cela n’était pas la politique de l’URSS, qui avait défini une nationalité juive. Mais ce compromis a disparu avec l’État qui l’avait fixé. En Russie, à l’issue de l’expérience soviétique, les juifs se sont divisés en deux groupes d’importance comparables : ceux qui ont émigré en Israël, et ceux qui se sont fondus dans la nation russe (les premiers n’étant d’ailleurs pas toujours les meilleurs connaisseurs de la culture juive).

La réalité de l’existence d’un peuple juif structuré en classe avant la révolution aboutit en URSS à la reconnaissance d’une nation juive égale en droit à toutes les autres formant l’Union, mais rattaché à un territoire d’Extrême Orient où la plupart n’avaient jamais mis les pieds. Il aurait mieux valu pour consolider cette nationalité lui attribuer un territoire plus consistant que le Birobidjan sur la frontière chinoise, par exemple dans un des territoires enlevés à l’Allemagne en 1945.

Pour revenir à l’antisémitisme, son explication historique est double :

D’une part les juifs ont fait fonction d’intermédiaire entre les possédants et notamment les rentiers de la terre, et leurs exploités, en faisant le sale boulot à leur place et contractant en retour la rancœur populaire. On les retrouve dans ce rôle d'intermédiaire impopulaire au milieu du siècle dernier dernier sur le marché immobilier à New York.

D’autre part les juifs ont fait les frais des théories racistes à idéologie biologisante qui se sont développées dans le contexte colonial, et qui après avoir servi à justifier les massacres des indigènes outre-mer, ont commencé à être utilisées pour établir de classements internes des population européennes, de manière à légitimer et à pérenniser la suprématie conjoncturelle des populations nordiques.

Au tournant du XXème siècle, le capitalisme cesse en effet de s’identifier au programme des Lumières et au progrès commun de l’humanité, il commence à s’incarner dans la « destinée manifeste » à dominer le monde de ces peuples nordiques (avec un court malentendu interne dû aux ambitions tudesques, et après la mise au pas des Japonais trop zélés dans la réplication du modèle).

Max Weber, vulgaire plagiaire de Marx pour l’essentiel de sa sociologie, est le paravent scientifique considéré encore aujourd'hui comme le plus présentable dans la culture universitaire de ce suprématisme nordique, qui tente de prouver que le capitalisme est le produit vertueux de l’éthique protestante des pays du Nord (et non l’inverse, comme le montre Marx). Ce qui implique d’emblée qu’il existe aussi un « mauvais capitalisme » qui ne s’inscrit pas dans cette filiation culturelle et religieuse, le capitalisme juif, qui serait plus parasitaire que l'autre et dont il faudrait protéger le bon, le capitalisme productif, lequel est devenu plus tard à travers bien des avatars le « capitalisme rhénan » cher aux économistes).

Weber argumente sur la base de la supériorité culturelle (et les performances scolaires) des protestants sur les catholiques, mais avec de tels arguments sa démonstration s’effondre complètement quand on introduit les juifs dans les calculs, dont le niveau culturel pour des raisons qui tiennent à leur histoire spécifique est sans comparaison avec tous les autres groupes nationaux religieux européens. Or même en sociologie, discipline plutôt laxiste sur la méthode et sur les concepts, il ne peut pas y avoir deux groupes dominants à la fois sur les mêmes critères !

Ainsi les juifs dans leur ensemble, segment juif de la bourgeoisie d’Occident et prolétaires juifs d’Orient vont devenir en Europe les boucs émissaires des méfaits considérables imputables au capitalisme : déracinements, dissolution des anciennes communautés, exploitation, anomie, guerres, crises économiques, etc.

Mais l'engouement antisémite des classes dominantes a pris fin avec la chute du Troisième Reich et comme on sait c’est l’Armée Rouge qui l’a provoquée (les classes dirigeantes anglo-saxonnes, elles-mêmes menacées par l’expansionnisme allemand et japonais, ayant eu la bonté de ne pas s’y opposer, après quelques hésitations et fleurtes avec Hitler, Mussolini et Franco).

Et ce n’est donc pas pour rien, selon une anecdote rapportée par Losurdo, que les officiers de l’armée israélienne rendirent un hommage public à Staline, à sa mort en 1953.

Depuis ce temps-là, la chasse à l’antisémite qui se rouvre périodiquement ressemble de plus en plus à une chasse au Dahu, et en Occident, la figure du juif a été avantageusement remplacée dans les registres de la haine et de la peur par celles de l’Arabe et du musulman. La haine des juifs qui incontestablement existe encore, et qui se renouvelle, n’est pas du registre du racisme biologique ou du ressentiment religieux, mais de la xénophobie qui se développe inexorablement en situation de guerre ; ce qui reste de racisme suprématiste blanc a une forte tendance au contraire à s’aligner sur Israël.

Arabes et musulmans détestent peut-être les juifs, pour la plupart, mais ils le font comme la plupart des Français détestaient les Allemands, de 1870 aux années 1960.

Mais si l’antisémitisme meurtrier qui a exterminé les juifs d’Europe a disparu, les juifs actuels ne semblent pas s’en être aperçu. Le traumatisme de la Shoah persiste et s’approfondit dans les nouvelles générations juives pour lesquelles il est devenu la pièce maîtresse du récit national, et il est utilisé aussi dans le récit scolaire des nations occidentales pour provoquer la sidération des masses. La théorie de la banalité du mal de la penseuse d’extrême-droite Hannah Arendt tend en effet à envelopper dans la culpabilité tous les habitants de l’Europe. Cette théorie est non seulement fausse, mais raciste : le racisme n’est pas autre chose en effet que l’attribution d’une tare commune tous les individus d’un même peuple, et il ne suffira pas pour échapper à cette critique d’en extraire quelques « justes ». On fait comme si les peuples occupés ou soumis à la dictature fasciste auraient dû (et avaient pu) se soulever au nom des droits de l’homme pour empêcher le génocide des juifs. On se demande bien au nom de quel précédent historique on pourrait exiger d’un peuple une telle conduite altruiste ; les peuples n'affrontent la mort en face que pour leur propre salut.

Il faut remarquer que contrairement à ce qu’on raconte tout le temps, il est tout à fait faux que la Shoah ait été ignorée ou minimisée après 1945. Certains de ses aspects, notamment le rôle du patronat allemand ont été passé sous silence, mais non les faits eux-mêmes, dans leur extrême violence, bien connus de tous ceux qui avaient une conscience politique. Cependant, à l'intention du grand public indifférent au récit historique, quel qu'il soit, il fallait ménager la bourgeoisie allemande, tant que durait la Guerre froide, et que les générations bourgeoises directement compromises qui géraient la République fédérale d'Allemagne n’avaient pas disparu. Le film « Shoah » en 1985 n’a rien révélé du tout, si ce n’est qu’il a fait porter un grand chapeau aux Polonais.

Comment les peuples en viennent-ils à commettre des crimes de masse ? il n'y a là aucune mystère et aucun mal mystique, il n'y a qu'une mystification ! Il suffit que les médias, appartenant à des puissances privées et reflétant les intérêts des grandes fortunes leur inoculent une peur existentielle en leur désignant un groupe, en général une minorité vulnérable, comme la cause de la menace.

En réalité, les victimes des génocides du XXème siècle ne sont pas vraiment des "boucs émissaires" mystiques chargés des péchés du groupe qui les sacrifie, ils sont bien plus banalement des ennemis fantasmés et la puissance génératrice de ces fantasmes hideux est celle des médias capitalistes (la banalité du mal, c’est eux, et c’était déjà eux au moment de l’Affaire Dreyfus, complot militaire minable mais et surtout bulle médiatique antisémite).

On devient nazi, comme on va chez Ikea, sous l’influence de la publicité (et tout le monde le sait).

Mais il ne faudrait pas verser dans un optimisme imprudent ; Il semble que malgré cette disparition du racisme anti-juif proprement dit, les juifs fonctionnent toujours comme bouclier humain pour le capitalisme, mais d’une manière nouvelle.

Israël, l’État juif fondé par le mouvement sioniste pour protéger les juifs, est devenu non pas leur refuge sûr pour y vivre en paix, mais un piège historique qui peut leur devenir fatal, car c’est une casemate avancée de la ligne de front de l’impérialisme.

Le peuple juif s’est en grande majorité aligné sur l’État israélien et a aliéné sa perpétuation dans la longue histoire aux aléas de la domination occidentale sur le monde. Cet État est une sorte de village cosaque, une colonie militaire de l’Occident au cœur d’un espace géographique qu’il cherche à contrôler pour des raisons rationnelles dans un projet de  prolongation de sa suprématie mondiale, et pour des raisons irrationnelles aussi, voire carrément stupides, qui sont liées à l’importance symbolique de la Palestine pour les religions monothéistes.

Lorsque ce bastion colonial avancé réprime et massacre les autochtones Palestiniens, on constate, d’une part, une réconfortante unanimité mondiale dans des manifestations de solidarité de la gauche dont le plus obscur groupuscule sortira de son sommeil pour l’occasion, mais des manifestations remarquables aussi par leur inefficacité stratégique.

En effet, pour les juifs d’Israël ou de la diaspora, les menaces qui pèsent inévitablement sur la survie à long terme de l’État fondé par les sionistes en un lieu si périlleux sont ressenties comme radicales et existentielles, elles sont ressenties comme préfigurant le retour au temps de persécutions, qui ont affecté périodiquement les juifs de siècle en siècle (peu importe dans ce cas que la filiation entre les juifs actuels et ceux de l’Antiquité soit biologique, ce qui est fort peu probable, ou seulement culturelle).

Donc Israël sera un État bourgeois du XXIème siècle bien particulier, qui contrairement à tous les autres États bourgeois peuplés de consommateurs passifs et manipulés sera défendu bec et ongle par toute sa population, et par les réseaux d'influence développés par la Diaspora en Amérique du Nord et en Europe, avec une énergie et un patriotisme dont sont loin de faire preuve les autres Occidentaux, en ce qui concerne leurs propre patries, qui sont en voie de joyeuse dissolution dans le magma informe de la culture globale de la marchandise.

Mais Israël malgré sa capacité de mobilisation et sa détermination à faire la guerre perpétuelle est une formation sociale instable qui a fort peu de chance de durer à long terme dans un Moyen Orient hostile, malgré tous les ravages qu’il y procure. Il bénéficie du soutien de l'impérialisme parce que sa longue usure garantira un sursis aux classes dirigeantes de l’Occident, de toute origine et de toute religion, par l’existence durable d’un abcès de fixation efficace pour leurrer les forces qui veulent en terminer avec leur hégémonie.

La guerre en Palestine est une vraie guerre avec des vrais morts, qui est utilisée comme un spectacle, un spectacle qui se substitue à l’information sur la lutte des classes et des nations opprimées dans le monde entier.

Pour le moment, l'image qui prévaut est que le prolétariat mondial est prêt à se battre par procuration jusqu’à la dernière goutte de sang palestinien, et la bourgeoisie occidentale, à aligner face à lui sur le champ de bataille jusqu’au dernier juif.

Ceux qui s’intéressent vraiment au sort des Palestiniens doivent lutter pour la chute de l’ordre impérialiste occidental dans son ensemble, pour laisser émerger un véritable monde multilatéral qui aura la possibilité d'exercer une pression réaliste et efficace sur Israël. Et ceux qui veulent voir le peuple juif se conserver à l’échelle de temps déjà millénaire qu’il a atteint (les Juifs sont après les Chinois, avant les Iraniens et les Grecs, le plus ancien peuple historique à existence continue) devraient méditer au risque existentiel qu’il y a à lier son sort au capitalisme occidental, et au capitalisme tout court, dont les jours sont maintenant comptés.

GQ 22 mai 2021

PS : Dans cet article, le terme "juif" désigne tous ceux qui se désignent eux-mêmes ainsi, et non ceux qui sont catalogués comme juif par les autres. De même les termes "arabe' et "musulman". Le fait que Arabes et musulmans, en général, n'aiment guère les juifs (et réciproquement) est une réalité incontournable que l'expérience de trente ans d'enseignement secondaire en Seine Saint-Denis ne peut pas laisser ignorer. Mais cet antijudaïsme actuel lié à l'oppression de la Palestine n'a rien à voir avec l'antisémitisme qui s'est exprimé dans l'Affaire Dreyfus, ou dans les campagnes contre le Front Populaire.

 

 

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Paule Lanta 22/05/2021 21:35

Une très belle chanson de Marty rappelle qu'en Occitanie "les juifs et les arabes y mêlaient leurs chansons " ville ma ville tu étais leur maison"