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Réveil Communiste

Les raisons de la fin de l'URSS

4 Janvier 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Mille raisons de regretter l'URSS, #Impérialisme

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Gourmel Michel 04/01/2021 18:05

Il n’est pas question du putsch du 19 au 22 août 1991. Qu’en est-il exactement ?
Était-ce vraiment ce qu’en ont dit les USA ? Y-a-t’il eu 3 morts ou des dizaines de milliers de communistes massacrés ?
Car même si l’URSS et le communisme soviétique était déjà mal en point, cela l’a quand même achevé !
D’autre part, il semble que Gorbatchev avait des relations privilégiées avec les USA, pour les informer de ce qui se passait en Russie.
Tous ces aspects manquent dans le texte.

Poggiale Avidor Berthe 04/01/2021 14:18

La restauration du capitalisme en URSS  n’a pas commencé dans les années 1990 avec Gorbatchev mais dès les années allant de 1953 à 1960, après la mort de Staline et la prise du pouvoir par les révisionnistes khrouchtchéviens.

Outre la féroce et pugnace grande conspiration du monde capitaliste à l’encontre de l’URSS bolchévik, dès la grande révolution d’octobre 1917, dont l’objectif était l’éradication de l’économie socialiste allant vers le communisme, il y avait bel et bien une base économique et sociale au sein de l’URSS qui secondait les efforts de ces oligarchies impérialistes attachées au retour du capitalisme en URSS. C’étaient les représentants et les interprètes des éléments bourgeois hostiles anciens (bourgeois infiltrés), et nouveaux (bureaucrates arrivistes et carriéristes recherchant les privilèges), auxquels les circonstances exceptionnelles de la Guerre d'extermination livrée par l'impérialisme allemand combinées à l'affaiblissement qualitatif du P(b)CUS  qui perdit au cours de celle-ci des millions de ses meilleurs éléments, avaient permis de se développer largement au point d'en arriver à constituer une masse critique qui s'avéra capable de renverser le pouvoir prolétarien de l'intérieur.
La restauration du capitalisme en URSS qui, contrairement à certaines opinions répandues dans le mouvement se réclamant du communisme ( !!! ) en France, n’a pas commencé dans les années 1990 avec Gorbatchev mais dès les années allant de 1953 à 1960, après la mort de Staline et la prise du pouvoir par les révisionnistes khrouchtchéviens. Ce fut une véritable contre révolution politique qui ouvrit la période de transition du socialisme au capitalisme qui s’acheva par le retour à la forme « classique » du capitalisme avec la fin de l’URSS.
A partir de documents écrits par des économistes soviétiques « bourgeois » chargés de mettre en œuvre la « réforme économique capitaliste » on voit comment ils ont ouvert la boite de pandore et donné libre cours aux lois fondamentales du capitalisme. On y voit le profit, le marché, l’offre et la demande dominer la vie économique. On y voit la formation de la bourgeoisie capitaliste, l’exploitation du prolétariat, le chômage se développer, le prolétariat ayant perdu le pouvoir politique.
Conclusion : l’Etat soviétique est devenu dans son essence un Etat bourgeois, le Parti communiste le Parti de la nouvelle bourgeoisie et ce, même s’ils conservèrent encore un certain temps les apparences de l’Etat et du parti prolétarien.

L’esclavage salarié était de retour.
Or le but du socialisme et du communisme est l’abolition de l’esclavage salarié. L’URSS à partir de Khrouchtchev ne peut plus être qualifiée de socialiste.
Il est vraiment important de comprendre cela à ce jour où différents groupes se réclamant du communisme (!!!) considèrent que l'URSS de Khrouchtchev était encore socialiste et clament que ce n'est qu'avec le coup d'état de Gorbatchev-Eltsine-Poutine que le capitalisme fit son retour.
Le socialisme constitue la période de transition permettant d'arriver à une société communiste, c'est-à-dire sans classes, en partant de la société bourgeoise ou règnent les antagonismes de classes. Il n'en reste pas moins que la société socialiste ainsi que la société communiste ont une même base matérielle : la propriété commune des moyens de production associé au pouvoir des travailleurs. L'un ne va pas sans l'autre !
Le "sur-travail" continue d'exister sous le socialisme, essentiellement en tant que source :
1° de la consommation sociale (éducation, santé, retraites, etc.), 
2° de l'amortissement des infrastructures et de l'outil de production, et 
3° de la hausse de la norme d'accumulation et de l'extension de l'outil productif. 
Ce sur-travail n'a plus rien à voir avec le profit, c'est-à-dire avec la fraction de travail extorquée par les capitalistes à leurs esclaves... 
Rappel des faits historiques : ( Une synthèse du travail du camarade Vincent Gouysse )
 L'invasion par l'Allemagne fasciste de l'Union soviétique socialiste ne doit pas être considérée d'une façon primitive, du point de vue d'une agression d'un pays contre un autre. Dans ce conflit mortel deux forces de classe irréconciliables se sont rencontrées : les forces les plus réactionnaires du capitalisme qui se sont rangées du côté de l'Allemagne fasciste et les forces communistes progressives représentées par l'Union soviétique, qui ont fait une percée au profit de l'avenir de la civilisation mondiale et qui étaient dangereuses pour le capitalisme dans son ensemble. Au prix de plus de vingt huit millions de victimes et de sacrifices surhumains, le Peuple Soviétique dirigé par le parti Bolchevik a défendu l'indépendance de l'état prolétarien, a expulsé l'agresseur du territoire de son pays socialiste et a écrasé la bête fasciste dans sa propre tanière. Le prolétariat de l'Union soviétique a férocement défendu ses conquêtes révolutionnaires contre les forces réactionnaires du capital mondial. Cependant, en même temps l'ennemi de classe a réussi à infliger une blessure mortelle au parti Bolchevik et à la dictature du prolétariat en Union soviétique à la suite de quoi plus tard le pouvoir du prolétariat et le socialisme prolétarien sont morts en URSS.
Les années s'étendant de l'immédiate après-guerre jusqu'au début des années 1950, furent le théâtre d'une très âpre lutte de classe au sein du P(b)CUS ! D'abord larvée et souterraine, cette lutte apparût une première fois au grand jour au lendemain même de le guerre d'extermination dont fût victime l'URSS. Les révisionnistes menèrent une bataille contre Staline et la ligne bolchévique : ils s'opposèrent à la dénonciation de la voie de trahison des titistes yougoslaves, ils assassinèrent plusieurs dirigeants fidèles et éprouvés du P(b)CUS, et enfin menèrent une vaste campagne anti-juive et russophone, raciste et anti-cosmopolite (le nationalisme grand-russe) - comme quoi le nationalisme est toujours l'arme des ennemis des travailleurs !
Cette lutte culmina avec l'offensive des stalinistes soviétiques qui parvinrent au tournant de 1952- 1953 à évincer les éléments révisionnistes dégénérés de la direction à la suite d'une vaste campagne idéologique, mais qui s'acheva quelques mois plus tard avec la contre-offensive victorieuse de ces éléments pourris qui, grâce à l'emploi des méthodes de conspirateurs et au soutien d'une fraction des hauts-cadres de l'Armée, parvinrent à se débarrasser dans la coulisse des derniers "vilains gêneurs staliniens", et en particulier de celui qui avait guidé trois décennies d'une glorieuse marche en avant vers le communisme et dont le nom faisait trembler les impérialistes de tous les pays... le camarade Staline !
Le XXème Congrès du PCUS, tenu en 1956, et le processus de déstalinisation ne firent que proclamer ouvertement la victoire (qui s'avéra hélas définitive) des forces contre-révolutionnaires.
Le début de la déstalinisation démontre qu'un premier saut qualitatif avait déjà eu lieu (celle de la restauration du capitalisme).
Dans un pays comme l'URSS le secteur socialiste d'Etat embrasse toute l'industrie, le commerce, les transports et même une partie de l'agriculture. Le socialisme conduit donc à une centralisation sans précédent des moyens de production, et dans ces conditions, la tentation est grande pour les gestionnaires et les administrateurs de cette propriété sociale qui ne se sont pas encore affranchis de toutes les survivances du capitalisme qui persistent longtemps dans la conscience des hommes, de chercher à profiter de cette position privilégiée pour détourner à leur profit personnel une fraction du produit social.
Il n'est pas difficile de comprendre que de telles méthodes d'acquisition de ce produit social sont dans leur fondement parfaitement similaires à l'extorsion capitaliste du profit. Dans les deux cas en effet, une fraction du produit social ne revient ni directement, ni indirectement à ceux qui l'ont créé, mais est détournée par une classe qui profite de sa position privilégiée au sein des organismes dirigeants pour se l'accaparer.
Comment donc se préserver de ces phénomènes négatifs et de ce danger majeur ? La réponse nous a été donnée il y a longtemps déjà par Karl Marx.
« Précisément par l'exemple de la Commune [de Paris], Marx a montré que les titulaires des fonctions publiques cessent, en régime socialiste, d'être des « bureaucrates », des « fonctionnaires » au fur et à mesure que, sans parler de leur électivité, on établit en outre leur révocabilité à tout moment, qu'on réduit en outre leur traitement à un salaire moyen d'ouvrier, et qu'en plus on remplace les organismes parlementaires par des corps « agissants », « exécutifs et législatifs à la fois ». »
C'est en ayant en vue ces enseignements fondamentaux, qu'en 1927, dans son rapport au XVe Congrès du P(b)CUS, Staline reconnut qu'une partie des militants affectés à la lutte contre la bureaucratie, « tout en luttant contre la bureaucratie, se laissent parfois contaminer eux-mêmes par ce mal et le propagent dans les organisations du Parti ».
Pour Staline, la tentation bureaucratique était étroitement liée à l'existence de l'Etat, et ce phénomène se poursuivrait donc « à un degré plus ou moins fort » jusqu'à l'avènement du communisme. Staline recommandait, comme meilleur moyen d'amputer cette tendance bureaucratique permanente, d'accroître « l'activité des masses du Parti, en les faisant participer au règlement des questions de la direction du Parti et en perfectionnant systématiquement la démocratie à l'intérieur du Parti ».
Contrôle du bas sur le haut, telle est donc la recette fondamentale des mécanismes de la lutte contre les éléments bourgeois dans les organes du pouvoir sous la dictature du prolétariat.
Staline avait encore tout ceci à l'esprit quand en 1937, à l'occasion d'un discours prononcé devant les électeurs de sa circonscription, il leur conseilla de se montrer toujours vigilants, de ne jamais laisser leurs élus devenir « libres » et « indépendants » d'eux, de ne jamais les laisser dévier impunément du droit chemin quitte à « s'empêtrer dans des machinations pas tout à fait recommandables » une fois les élections passées, comme c'est la norme dans les pays bourgeois.
C'est ainsi que Staline rappelait à ses camarades-électeurs que la constitution soviétique de 1936 avait « promulgué une loi conférant aux électeurs le droit de rappeler avant terme ceux de leurs députés qui commencent à biaiser, à dévier de la bonne voie, à oublier leur dépendance vis-à-vis du peuple, vis-à-vis des électeurs ».
« Loi remarquable que celle-là, camarades. Le député doit savoir qu'il est le serviteur du peuple, son délégué envoyé au Soviet suprême, et il doit s'en tenir à la ligne qui lui a été tracée dans son mandat par le peuple. Si le député a dévié de son chemin, ses mandants ont le droit de demander de nouvelles élections et de blackbouler le député fourvoyé. Loi remarquable que celle-là. Mon conseil, conseil de candidat- député à ses électeurs, est qu'ils n'oublient pas ce droit, le droit qu'ils ont de rappeler avant terme les députés, de surveiller leurs députés, de les contrôler et, s'ils s'avisent de dévier de la bonne route, de les secouer , d'exiger de nouvelles élections. Le gouvernement a le devoir de fixer de nouvelles élections. Mon conseil est de ne pas oublier cette loi et de s'en servir à l'occasion ».
Il faut également rapprocher cet avertissement d'un autre avertissement que Staline lança à la même époque. Il suffit aujourd'hui de relire la conclusion du précis d'Histoire du P(b)CUS à l'aune de la contre- révolution bourgeoise-révisionniste victorieuse pour y voir l'avertissement permanent que Staline lançait à tous les membres du Parti :
« On peut reconnaître pour règle générale, dit le camarade Staline, qu'aussi longtemps que les bolcheviks conserveront leur liaison avec les grandes masses du peuple, ils seront invincibles. Et au contraire, il suffit que les bolcheviks se détachent des masses et rompent leur liaison avec elles, il suffit qu'ils se couvrent de la rouille bureaucratique, pour qu'ils perdent toute leur force et se transforment en une nullité ».
Lorsque les khrouchtchéviens proclament l'avènement de "l'Etat de tout le peuple" alors que le communisme n'est pas instauré, ils ne font rien d'autre que proclamer "l'extinction de la lutte de classes" afin de désarmer le prolétariat soviétique pendant qu'eux-mêmes passent à l'offensive. La similitude est frappante avec l'Etat de notre "bon vieux" capitalisme "classique" qui, lui aussi, aime à l'occasion proclamer son caractère "démocratique pour tous" afin de faire croire au prolétariat qu'il n'a plus rien à conquérir puisqu'il a soi-disant conquis des droits politiques égaux vis-à-vis de ceux des classes exploiteuses...
En URSS, l'accumulation quantitative d'éléments bourgeois au sein des organes de l'Etat, du Parti et de l'Armée a pu longtemps être évitée grâce à une vigilance révolutionnaire de tous les instants et à une participation directe des masses populaires aux mécanismes de contrôle sur les organes du pouvoir soviétique. Des éléments hostiles parvinrent certes de manière continue à pénétrer au sein de ces organes ou a en émerger spontanément mais ils en furent alors systématiquement ponctuellement épurés et ne purent ainsi jamais atteindre une masse critique représentant un danger pour le pouvoir de la dictature du prolétariat.
Mais la guerre d'extermination livrée par l'impérialisme allemand changea fondamentalement la donne. Elle força ces organes à mettre au second plan ─ si ce n'est à suspendre complètement ─, la lutte contre les éléments bourgeois infiltrés et les bureaucrates dégénérés. Elle leur permit pendant plusieurs années de prospérer et de prendre une extension de plus en plus large au moment même où le P(b)CUS voyait disparaître brutalement et en masse de ses rangs ses meilleurs éléments, ses membres les plus fidèles et les plus dévoués à la cause du communisme. La situation exceptionnelle induite par la guerre conduisit à un affaiblissement sans précédent de la participation des larges masses populaires à l'administration du pays, et donc à un affaiblissement directement proportionnel de la lutte contre les éléments bourgeois dégénérés s'y infiltrant ou en émergeant spontanément. Cette situation conduisit donc à une accumulation quantitative accélérée de ces éléments hostiles à la dictature du prolétariat.
Dans ces conditions, la situation politique interne du P(b)CUS était grosse de dangers dans l'immédiate après-guerre. Ces éléments bureaucrates et carriéristes coupés des masses qui avaient pu prospérer librement sans être épurés, en étaient arrivés à représenter un seuil critique, et le saut qualitatif contre-révolutionnaire menaçait. 
A l'évidence, Staline avait pris conscience de ces dangers, de l'affaiblissement qualitatif du P(b)CUS et de la nécessité de combler rapidement ce vide en formant une nouvelle génération de bolchéviks ─ un souci dont témoignent de manière incontestable ses derniers écrits polémiques avec les théoriciens qui se faisaient les porte-paroles de ces tendances néo-bourgeoises, son implication dans la mise au point du Manuel d'économie politique, ainsi que son rôle dans la mise à l'écart des éléments révisionnistes et conciliateurs de la direction soviétique en décembre 1952.
 Mais les menées et les intrigues souterraines de ces éléments néo-bourgeois dégénérés ne lui en laissèrent ni le temps ni la possibilité. Dans l'immédiate après-guerre, ces éléments avaient rapidement pris conscience que le rapport de forces avait évolué en leur faveur, et qu'ils avaient peut-être désormais la possibilité de se soustraire aux mécanismes de contrôle populaire, avec à la clef la promesse d'une vie plus paisible et la possibilité de pouvoir enfin rechercher des privilèges sans avoir à être inquiétés, sans avoir au dessus de sa tête la menace permanente du poing de la dictature du prolétariat. Telle est la base sociale fondamentale de la contre-révolution bourgeoise-khrouchtchévienne qui triompha en URSS en 1953.
Dans le domaine de l'industrie, qui est dans sa totalité directement centralisée dans les mains de l'Etat, la seule prise de pouvoir de la nouvelle bourgeoisie constitua le saut qualitatif qui transforma la propriété du peuple tout entier en propriété capitaliste monopoliste d'Etat.
Mais cela ne suffisait pas aux nouveaux exploiteurs. Pour eux, les sommes colossales dépensées par l'Etat soviétique dans l'agriculture étaient une entrave à leur accumulation. L'Etat néo-bourgeois avait en effet hérité de la période socialiste la propriété des principaux moyens de production du secteur agricole ─ les stations de machines et tracteurs (SMT) étant simplement "louées" aux kolkhozes. La "réforme" des khrouchtchéviens ayant abouti à la vente des SMT aux kolkhozes en 1957 permit donc d'alléger un fardeau jugé bien trop lourd par la nouvelle bourgeoise "soviétique".
Rappelons que la propriété étatique sur les SMT était inscrite dans l'article n°6 de la nouvelle constitution de l'URSS adoptée en décembre 1936.
La vente des principaux moyens de production aux kolkhozes en 1957 ne pouvait signifier qu'une seule chose : la restauration du capitalisme dans l'agriculture sous la forme de fermes coopératives de type capitaliste, qui elles aussi possèdent en propre leur gros outillage. On peut ainsi affirmer que dès 1957, c'est la propriété socialiste dans son ensemble ─ dans l'industrie comme dans l'agriculture ─, qui avait été liquidée par la nouvelle bourgeoisie monopoliste d'Etat. D’ou il s’en suivi que l’agriculture fut tellement déstructurée que les khrouchtchéviens furent obligés d’importer des tonnes de blé des Etats Unis afin d’éviter la disette ( disettes éradiquées par l’économie socialiste )
Toutes les réformes ultérieures du "socialisme du marché" ─ à l'instar de la première d'entre elles, la réforme des sovnarkhozes de 1957, puis celle de Liberman-Trapeznikov-Kossyguine en 1965 viseront uniquement à rechercher les méthodes de gestions les plus efficaces, les plus capables de privilégier la croissance de la rentabilité des entreprises formant le secteur capitaliste monopoliste d'Etat, c'est-à-dire d'augmenter la masse des profit extorqués : autonomie de gestion visant à "stimuler les initiatives", recherche de la rentabilité financière immédiate maximale, abandon de la primauté de l'industrie de production des moyens de production au profit des branches de l'industrie légère à plus basse composition organique en Capital, etc.
Une fraction de la nouvelle bourgeoisie confrontée à la crise de stagnation économique des années 1970-1980 se décidera à brader la propriété capitaliste monopoliste d'Etat afin de renouer résolument avec les profits tout en réalisant au passage une accumulation primitive foudroyante pour quelques individus bien placés... L'intelligentsia néo-bourgeoise privilégiée qui rêvait depuis longtemps d'accéder au mode de vie de la grande bourgeoisie occidentale pût alors être comblée et les chantres de la "fin de l'Histoire" en profitèrent pour se déchaîner et déclarer la mort clinique d'un "communisme" qui avait soi-disant irrémédiablement échoué.
Dans ces conditions, il est évidemment de la plus haute importance de comprendre que la répartition du produit du travail dans la société "soviétique" post-stalinienne ─ c'est-à-dire du profit extorqué par la nouvelle classe exploiteuse ─, n'avait rien en commun avec le socialisme et reflétait indéniablement la restauration de l'exploitation du travail du prolétariat "soviétique".
La persistance « d'acquis sociaux » hérités de la période socialiste et même de « hausses de salaires » ponctuelles ne constituaient aucunement des preuves que les rapports de production socialistes perduraient fondamentalement dans la société "soviétique" post-staliniste.
La stagnation économique servit de prétexte aux gorbatchéviens pour démanteler le social-impérialisme soviétique au profit de son principal concurrent ─ l'impérialisme américain ─, sous le slogan doublement mystificateur d'extension de la "démocratie" et de la "transparence", qu'il fallait alors opposer aux méthodes "bureaucratiques" et "autoritaires" de l'aile impérialiste de la néo-bourgeoisie monopoliste d'Etat. Les méthodes de cette dernière étaient alors jugées responsables de la décomposition économique de plus en plus patente, et comme ces méthodes étaient de tendance "centralisatrices" on les assimila mensongèrement à celles de la période staliniste.
L'époque moderne est caractérisée par le passage du mode de production capitaliste au mode de production communiste.
Chacun de ces modes de production possède plusieurs stades, selon son niveau de développement notamment. Le mode de production capitaliste (basé sur la propriété privée des moyens de production) comprend ainsi le stade pré-monopoliste et le stade monopoliste, c'est-à-dire impérialiste.
De même, le mode de production communiste (basé sur la propriété collective des moyens de production) compte deux stades fondamentaux : le stade inférieur socialiste, où la propriété socialiste peut ne pas encore embrasser tout le tissu économique et où peuvent persister des couches petite-bourgeoises, et le stade supérieur, celui du communisme, où la propriété sociale a atteint son stade supérieur dans toute l'économie et où n'existent plus de classes sociales distinctes.
Sous le capitalisme, et durant la phase de transition au communisme, existe l'Etat, instrument aux mains de la classe détenant les moyens de production. Sous le capitalisme, il sert à réprimer les travailleurs et à perpétrer l'esclavage salarié. Sous le socialisme, il sert à consolider le pouvoir des travailleurs et à briser la résistance opposée par les anciennes classes exploiteuses et leurs débris.
Dans un système comme dans l'autre la démocratie revêt toujours un caractère de classe et exclut de sa sphère d'action soit les exploités (sous le capitalisme), soit les anciens exploiteurs (sous le socialisme). Ce n'est ainsi jamais une démocratie "pure", pour tous.
Le social-impérialisme existe donc bel et bien. Il s'agit seulement d'un capitalisme monopoliste d'Etat "classique" maquillé d'une phraséologie pseudo-marxiste : "socialiste" en paroles, impérialiste dans les faits !
Ce social-impérialisme émerge à la suite de la constitution d'une nouvelle classe exploiteuse au sein même des organismes économiques et politiques dirigeants. A l'instar de notre capitalisme, il peut revêtir simultanément plusieurs visages : celui de la démocratie ─ notamment à l'égard de ses exploités indigènes lorsqu'ils bénéficient de "chaînes dorées" les aidant à accepter le joug de l'esclavage ─, et celui de la dictature fasciste et terroriste ouverte du Capital, quand il lui faut réprimer la résistance et les aspirations des exploités et des peuples opprimés.
- Sous le socialisme, l'Etat et le Parti communiste sont les lieux où se manifestent le plus âprement la lutte des classes une fois les classes sociales exploiteuses liquidées : les éléments bourgeois hostiles chercheront à s'en emparer à n'importe quel prix ─ qu'il s'agisse d'anciens débris revanchards infiltrés de l'ordre ancien ou d'éléments bureaucrates et carriéristes nouveaux aspirant à profiter de leur position privilégiée pour acquérir de nouveaux privilèges...
- Dans un pays socialiste où l'industrie se trouve entièrement socialisée dans les mains de l'Etat, la constitution d'une nouvelle classe bourgeoise au sein même de l'appareil de l'Etat et du Parti peut conduire au rétablissement immédiat du capitalisme sous la forme d'un capitalisme monopoliste d'Etat...
- La forme, en apparence préservée de la propriété sociale des moyens de production ─ mais en apparence seulement ! ─, sert alors en fait au nouveaux exploiteurs à masquer son nouveau contenu bourgeois, et la propriété étatisée est alors du même type que celle du secteur "public" des pays capitalistes traditionnels...
- Dès lors qu'elle accède au pouvoir et parvient à s'affranchir des mécanismes de contrôle populaire qui constituent le fondement essentiel de l'Etat de dictature du prolétariat, le pouvoir de la nouvelle bourgeoisie aboutit à la transformation de l'Etat socialiste en un Etat bourgeois des plus classiques et l'Etat devient alors un instrument de mystification, d'oppression et de répression orienté contre les travailleurs et leurs intérêts...
- La seule chose qui restait alors du "socialisme" dans l'URSS social-impérialiste se ramenait alors à des "acquis sociaux" que la nouvelle classe exploiteuse monopoliste d'Etat "soviétique" ne put maintenir qu'aussi longtemps que l'économie du pays ne connût pas de crise économique majeure…
Et la crise économique fut et est au rendez-vous !! Aujourd’hui le prolétariat et les peuples de l’actuelle Russie capitaliste, sont plongés dans une paupérisation atroce.