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Réveil Communiste

Réaction de Bruno Drweski à l'article de RC : "une deux trois générations de révolutionnaires", sur le cas de la Pologne socialiste

8 Août 2020 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Europe de l'Est, #Théorie immédiate, #Front historique, #GQ

 

Photo de Boleslaw Bierut, dirigeant de la première génération de la Pologne socialiste
 
Envoyé par l'auteur, en réaction à l'article de GQ Une, deux, trois générations de révolutionnaires
 
mar. 4 août à 10:57
 
 

Entièrement d'accord cher camarade, c'est exactement ce que j'ai pu observer concrètement en vivant et militant dans la Pologne "socialiste" des années 1970, puis en y allant après. Je ne parle pas que des "camarades" polonais, mais des contacts réguliers que j'avais alors avec les étudiants des différents pays socialistes et leurs organisations, est-européens et vietnamiens, et les contacts avec les diplomates albanais, coréens et cubains. Par contraste, le plus souvent grâce aux contacts que j'avais avec les militants du tiers monde étudiant en Pologne, palestiniens en particulier. Ces trois générations de révolutionnaires, je les ai connues, et, quoiqu'on pense de Staline ou de Mao, ce sont les seuls dirigeants révolutionnaires qui ont un peu théorisé la lutte des classes au sein du socialisme et la formation d'une proto-bourgeoisie, et donc il faut travailler à partir de leurs anticipations ...et des erreurs qui ont été faites par "leurs proches compagnons d'armes" dans le but de préserver le caractère prolétarien de l'Etat. Cela en relation aussi avec l'hégémonie culturelle mondiale maintenue du capitalisme. 

 

On retrouve d'ailleurs à mon avis le même phénomène de dégénérescence décalée au sein de la plupart des partis communistes occidentaux où "on a été au pouvoir à l'Est par procuration" à l'époque du camp socialiste et où on a laissé tomber les choses petit à petit quand le grand frère s'est éteint et quand on a glissé du coup "par procuration" aussi vers le pouvoir réel, donc vers le révisionnisme et un social-libéralisme se voulant (un peu) social et démocrate. J'ai pu observer cela à partir de la polex du CC du PCF. J'ai cru revivre en décalé au cours des années 1990, le phénomène d'empetitbourgeoisement que j'avais observé à l'Est. S'il y a eu des exceptions, c'est, et ce n'est pas un hasard, parmi les camarades les plus en contact avec le monde, donc les questions internationales, donc la question de l'impérialisme.

 

Aujourd'hui, nous avons toujours dans nos eaux des récifs révolutionnaires qui résistent au milieu d'une mer capitaliste en furie, et c'est à partir de cela que nous pouvons reconstruire quelque chose, et réalphabétiser politiquement les masses pour la prochaine vague révolutionnaire. La question sera de construire cet "Ombre nuevo" guévarien qui ne verra plus son intérêt et celui de ses enfants dans un embourgeoisement post-parvenu (on a trop négligé le rôle de la transmission&rupture des générations au sein des familles issues de la révolution : La question de l'absence d'héritage de propriétés dans le socialisme pour les fils et filles de ...et la frustration de leur point de vue de n'avoir, en bon proto-bourgeois, qu'un réseau de relations issues de papamaman mais sans propriété durable qui garantirait mieux la position de parvenu stabilisé par un acte de propriété ...d'où la course aux privatisations après 1989 ...jusqu'à ce que certains découvrent la redoutable concurrence de la bourgeoisie impérialiste qui a tout repris en les transformant, au mieux, en compradore ...et d'où le réveil "nationaliste" de ceux des oligarques russes qui ont compris qu'eux avaient l'arrière qu'on n'avait pas en Pologne ou en Tchéco, et que la bourgeoisie occidentale ne les intégrerait jamais en leur sein, et donc la formation d'une bourgeoisie nationale opportuniste mais étatiste).

 

 

Il est intéressant de confronter cette réflexion avec les études d'Ibn Khaldun sur les causes des dégénérescences des dynasties issues des révoltes populaires dans le monde musulman, analyse en trois génération chez lui aussi. Naissance, modération et effritement des révoltes populaires. C'est sans doute la même situation en Chine où les dynasties provenaient en général d'une révolte paysanne à l'origine qui permet d'expliquer pourquoi Mao a pu théorisé dans le marxisme, la lutte des classes dans le socialisme, avec sa thèse "Un se divise en Deux". Donc il est important d'analyser le bilan réel de la révolution culturelle entre commune de Shanghaï, Lin Biao, "bande" des quatre et socialisme de marché Deng Xiaoping. C'est aussi cela qui permettra d'analyser sous un angle de classe les purges (et les contre purges !!!) dans l'URSS des années trente jusqu'en 1956 et après. Iéjov était il par exemple un révolutionnaire ou un contre-révolutionnaire ? Béria était il un révolutionnaire ou un contre-révolutionnaire ? Khrouchtchev était il un révolutionnaire ou un contre-révolutionnaire ? etc etc etc. Et Staline dans ce contexte, quel fut son rôle exact ...et non pas fantasmé par nos fragiles âmes sensibles, bourgeoises ou p'ti bourges trots ? 

 

Salut et Fraternité

Bruno Drweski

 

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GQ 05/08/2020 22:19

Je pense qu'une bonne partie de l'histoire interne de l'expérience historique du socialisme réel au XXème siècle doit se comprendre à partir de la contradiction "rouges - experts" qui n'était sans doute pas à même d'être résolue à l'époque.