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Réveil Communiste

Internationalisme, ou mondialisme et chaos constructif ?

22 Février 2020 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #economie

Migrants tels qu'ils sont"accueillis" en France par la main droite (les flics) et la main gauche (les droit de l'hommistes) - note de GQ

Migrants tels qu'ils sont"accueillis" en France par la main droite (les flics) et la main gauche (les droit de l'hommistes) - note de GQ

Un texte envoyé par l'auteur, Jean François Autier

 

Interpellé, à plusieurs reprises, à propos d'un morceau de vidéo de

Georges Marchais, disant la position du PCF sur l'immigration en 1981*,

je donne mon point de vue.

 

En 40 ans, beaucoup de choses ont changé, en France et dans le monde.

La politique du PCF ne repose plus sur des principes. Déterminée au "feeling", elle laisse de côté le mouvement des Gilets jaunes, au lieu de se mettre au service de ceux qui luttent et se font massacrer. Ami ou ennemi, chacun est à même d'apprécier qu'en France, le pouvoir ne fait pas la même politique selon que le PCF pèse 20 % ou 5 %.

La France industrialisée et ses 2 millions de chômeurs de 1981, est devenue un pays tertiaire de 6 millions de chômeurs, auxquels s'ajoutent les auto-entrepreneurs et les uberisés.

La crise du capitalisme, sa financiarisation (que dénonçait le PCF en 1981, et dont "on" se gaussait) sont toujours là, mais se sont approfondies : plus que jamais le capital est confronté à la baisse du taux de profit, qui va encore s'amplifier avec l'introduction de l'intelligence artificielle dans la production.

Pour faire face à ses contradictions, en 40 ans, avec la complicité des gouvernements successifs, le capital a phagocyté, dépecé, absorbé les services publics pour en faire des services dont la finalité n'est plus d'être au service du public, mais de faire du fric.

Au plan international, la fin de l'URSS et la domination sans partage des États-Unis, l'Europe, n'ont pas ouvert sur un monde sans guerres, au contraire (Yougoslavie, Rwanda, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, Ukraine, Yémen, etc.). La mondialisation, qui a permis au capital d'améliorer son pillage des peuples, fait place maintenant à la doctrine Rumsfeld/Cebrowski de "chaos constructif" : casser les nations, les États, pour soumettre encore plus les peuples à la dictature du capital.

C'est ce qui se passe en France aujourd'hui : sous la houlette de l'Europe, sans aucune légitimité (en s’asseyant sur le vote Non des Français de 2005), Macron est en train de poursuivre la liquidation de "l'État providence", et d'activer le communautarisme pour faire éclater la nation française.

C'est le moment choisi pour tenter de déstabiliser ceux qui résistent, avec ce morceau de vidéo de 1981 sur l'immigration.

 

Pour les communistes, les rapports entre les nations, entre les peuples, sont régis par l'internationalisme. Mais, lapalissade, pour exister, l'internationalisme a besoin qu'existent des nations, humainement fortes, chacune apportant aux autres le meilleur d'elle même.

L'accueil des réfugiés (politiques, guerres, catastrophes), et les moyens de leur accueil, sont un des devoirs de la République française qui ne se discutent pas. A priori, les individus concernés sont et resteront des étrangers de passage, en attente du retour dans leur patrie.

Pour les autres immigrés et candidats à l'immigration, s'agit-il de partager la misère, ou d'arrêter le pillage de leurs richesses, leur accaparement par le capital, et d’en permettre la répartition dans le respect des particularités de chaque peuple, pour qu’ils puissent vivre chez eux ?

En quoi accepter l'arrivée d'immigrés, sans accueils prévus (logement, travail, école, social, intégration) est-il positif pour les individus concernés et leurs peuples ? Ils sont :

— une main d'œuvre qui va manquer dans leurs pays d'origine ;

— une concurrence déloyale pour les travailleurs du pays où ils arrivent ;

— une population qui va devoir survivre dans un pays qu'ils ne connaissent pas, avec tous les problèmes que cela génère pour eux (santé, prostitution, insécurité, trafics), et pour les habitants du pays où ils s’installent.

Dans ces conditions, accepter l'arrivée de nouveaux immigrés :

— c'est livrer des être humains (immigrés et autochtones) aux mafias en tous genres, dominées, en dernière analyse, par le capital ;

— en conséquence, c'est vouloir faire éclater les solidarités français-immigrés, et tout faire pour les remplacer par les racismes ;

— donc, corollaire, c'est être au service du capital et de l'inhumanité.

Ce n'est donc rien de positif, ni pour les immigrés et leurs peuples, ni pour les peuples des pays qui les voient arriver.

On ne peut que regretter l'absence d'un parti rappelant ces principes au moment où, pour déboussoler un peu plus ceux qui résistent, les immigrés sont convoqués et mis entre les pattes des gens de "gauche", alors que les filières de passeurs —parfaitement connues— prospèrent. Comme l'a dit le général Gomart, ancien patron du renseignement militaire français : "l’invasion de l’Europe par les migrants est programmée, contrôlée et acceptée".

 

"Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène" disait Jaurès. Ce nationalisme là, ce patriotisme, n'ont rien à voir avec l'étroitesse chauvine et raciste dans laquelle la France finira par basculer, si l'immigration et le communautarisme se poursuivent.

Rappelons-nous ce qu'est une nation : un vaste groupe humain, qui se caractérise par une communauté de langue, de territoire, d'histoire, qui a conscience de son unité, et la volonté de vivre ensemble. En France, traditionnellement, plus que dans la plupart des autres pays d'Europe, les immigrations se sont intégrées, notamment par le biais de mariages mixtes, participant à enrichir la nation française.

Aujourd'hui, même si ce n'est pas principalement par l'immigration (la télé est nettement plus efficace), une composante de la nation française est menacée : la langue. Or, la langue n'est pas seulement le moyen de communiquer, c'est surtout l'outil avec lequel on réfléchit, on pense. On n'invente pas des mots pour exprimer des idées, mais on élabore des idées à partir des mots, du vocabulaire dont on dispose. La pauvreté du langage engendre la pauvreté de la pensée : c'est donc un enjeu de classe fondamental.

 

"Tout ça n'empêche pas, Nicolas," que la nation française n'est pas encore morte : les 67 % qui refusent la réforme des retraites, font-ils autre chose qu'affirmer leur volonté de continuer à vivre ensemble à la française ?

Ils auraient bien besoin d'un parti communiste, peut-être "ringard", mais préférant courageusement les principes aux modes.

 

Jean-François Autier

 

* "Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France, alors que notre pays compte près de 2 millions de chômeurs, français et immigrés."

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