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Réveil Communiste

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

24 Octobre 2020 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche", #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Positions, #Élections

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

La percée des néo-franquistes en Espagne en avril 2019 et la déroute de Podemos ont été  le ennième avertissement dont la gauche de la gauche n'a pas plus tenu compte que des précédents ... Cette fausse gauche qui ne représente plus en rien les classes populaires, de quelque origine qu'elles soient !

 

Pourquoi les prolétaires sont-ils tentés depuis plus d'une génération par le vote xénophobe, ou au moins par le non-vote pour les organisations « de gauche de gauche » qui prétendent les représenter mais sont qui sont toutes bien davantage mobilisées pour la cause des migrants ? Au mieux cette cause leur est indifférente, et souvent, ils y sont hostiles. On dira que les prolétaires sont aliénés et qu'il faut les éduquer. Et on s'attelle à cette tâche depuis trente ans, avec un résultat quasi-nul ! Alors il faut se poser des questions sur l'échec total de ces tentatives d'éducation ! Je me pose des questions sur ces militants qui ne se posent jamais de question sur leurs échecs ; peut être que c'est justement ça qu'ils veulent, l'échec ?

 

Mao disait : « l'œil du peuple voit juste » ! Les classes populaires ont-elles raison de s’opposer aux migrations ? Sachant que ce n'est pas la même chose que s’opposer « aux immigrés », et que cette distinction n'est pas du tout une subtilité de langage !

 

Les migrants, nouveaux arrivants, ne sont pas encore des prolétaires : si pauvres soient-ils, ils sont encore dans les limbes de l'ordre social, dans la situation ouverte de ceux qui rêvent en individualistes de promotion sociale individuelle. Personne n'a jamais considéré les dizaines de millions de migrants vers l'Amérique du Nord, au XIXème siècle, comme des héros de l'émancipation ouvrière, bien au contraire, c'étaient des candidats à la réussite bourgeoise, que certains, minoritaires mais assez nombreux, purent atteindre au prix de ce déracinement ; et aujourd'hui, cet aspect des choses est demeuré inchangé. Les migrants ne viennent pas ici pour participer à des luttes sociales mais pour devenir riche. Ils ne s'intègrent au prolétariat qu'après la désillusion sur la nature de ce paradis capitaliste que nous leur offrons généreusement, au bout d'un certain temps, parfois jamais. Dans la plupart des cas il est totalement inexact de les définir comme des réfugiés, ce sont plutôt des aventuriers, qui sont à l'initiative de leur migration, et qui ont tenté de prendre leur vie en main en suivant la ligne d'action préconisée par l'idéologie dominante.

 

Les migrants actuels sont bien souvent noirs, ou musulmans, mais au niveau de leurs motivations ils ne diffèrent aucunement des juifs, des Irlandais ou des Italiens débarquant à New York et triés à Ellis Island il y a un siècle. Critiquer les migrations, ce n'est donc nullement critiquer « des noirs et des musulmans », mais c'est une critique indispensable du trafic de main d'œuvre dans le monde globalisé du néo-libéralisme, une nouvelle traite des esclaves qui manipule les rêves de l’ascension sociale et de la richesse diffusés par nos médias bourgeois à l'échelle du monde entier.

 

Les migrants ne viennent pas ici pour fuir la misère, au contraire c'est ici qu'ils trouvent l'exploitation la plus brutale, où ils viennent "pour occuper les emplois que les Français ne veulent pas exercer". Comme ces choses-là sont aimablement dites !

 

Le racisme n'est pas une cause des phénomènes historiques ! Il est causé par les conditions sociales ; lorsque l'on peut faire coïncider l’aggravation de la condition du prolétariat avec l'arrivée d'un groupe ethnique fortement différencié de la majorité autochtone, la croissance du racisme est inévitable, et les sermons moralisateurs ne serviront à rien pour l'empêcher, au contraire, il aboutiront au rebours des bonnes intentions à stigmatiser encore plus noirs et musulmans. La petite bourgeoise d'extrême gauche fait inconsciemment ce que fait cyniquement Emmanuel Macron quand il feint de prendre la défense des juifs, des homosexuels, des étrangers, contre la "foule haineuse" des Gilets Jaunes pour s'en servir comme paratonnerre en détournant sur eux la colère populaire !

 

La représentation misérabiliste des migrants qui domine dans l'extrême gauche est parfaitement complémentaire de la faim de main d’œuvre exploitable du capital. Les petits frères « antifas » de la grande bourgeoisie affichent dans les rues de Belleville « bienvenue au migrants » parce que leurs grands frères ont peur de manquer d'esclaves.

 

L'extrême droite exploite le rejet populaire des migrations depuis les années 1970 ; elle demandait à l'époque l'expulsion des immigrés, et notamment des immigrés noirs et musulmans déjà intégrés. Son discours à cet égard est du registre des tactiques de longue durée de la bourgeoisie qui ont toujours eu pour objectif d'opposer les prolétaires entre eux. Mais l'importation d'un prolétariat surexploité sert aussi cet objectif. Souvent l'extrême droite a recruté précisément dans les milieux, comme les DRH et la maîtrise de l'industrie automobile, qui géraient ce prolétariat et organisaient son immigration. L'extrême droite est contre les immigrés, et pour les migrations. Et c'est logique : rien de tel qu'une nouvelle migration pour fragiliser la condition de la vague précédente, et en poursuivre la sur-exploitation !

 

La gauche, si elle veut être de gauche en réalité et non en paroles doit défendre la classe ouvrière, sans distinction ethnique, et pour cela elle doit aussi demander l'arrêt des migrations qui ne se font que dans l'intérêt des patrons. Elle doit demander que les passagers de l'Aquarius soient secourus, puis renvoyés dans leur pays d'origine, dans le cas où il n'est pas en guerre, ce qui est le cas de la grande majorité d'entre eux. Et tant pis pour le narcissisme moral gauchiste. Sur la question de l'immigration c'est la ligne de George Marchais qui était juste !

 

L'union au delà des clivages ethniques et religieux de la classe ouvrière, et des classes populaires en général, est nécessaire, et elle se fera, malgré les migrations, et non grâce aux migrations. Les organisations ouvrières n'ont pas les moyens de les empêcher car elles sont organisées par les forces qui représentent les intérêts du capital international, mais elle peuvent en réclamer l'arrêt, au nom de l'intégration et de l'assimilation des migrants qui sont déjà implantés, et pour soulager la pression sur l'emploi et les services sociaux. Ce faisant, elles enverraient un message clair pour montrer qu'elles se trouvent bien et sans équivoque dans le camp des exploités. L'accusation de xénophobie qui couvre d’opprobre les prolétaires, venant de la part de la "gauche morale", est un symptôme de son mépris de classe inconscient qui refuse d'envisager les conditions vécues par les masses, y compris celles des migrants d'ailleurs, réduits au bout de tout cet "accueil" et de toutes cette "solidarité" à mendier dans toutes les rues d'Europe lorsqu'ils n'ont pas pu trouver un patron "de gauche" assez humanitaire pour les exploiter.

 

Ces observations ne prétendent pas à l'originalité, car elle reflètent une réalité qui est parfaitement connue des militants sincères et conscients, mais qui est le plus souvent rendue indicible par le climat néo-maccarthyste qui règne dans les médias et dans les organisations de la gauche petite bourgeoise, qui sont plus plus préoccupées de posture morale que d'efficacité politique.

 

GQ, 27 janvier 2019, relu le 13 octobre 2020

 

Ps : un texte de Marx sur l'immigration irlandaise en Grande Bretagne au XXème siècle, (Lire le texte de Marx)

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drweski 25/10/2020 00:22

je suis d'accord avec ce texte...en principe ...mais maintenant comment faire car 1/ des charters ça coûte cher 2/il n'y en aura pas assez 3/ renvoyer tous ces "déportés économiques" dans leur pays sans cesser leur pillage impérialiste augmentera le nombre de révoltés là-bas, avec comme conséquence des révolutions et/ou des guerres civiles qui pourraient certes entrainer par capillarité une révolution en Europe, scénario optimiste mais hasardeux, soit une masse de réfugiés tellement grande que les "limes" pêteraient tôt ou tard définitivement.

Bref, je pense que ce texte devrait circuler auprès des intéressés du Nord et du Sud et qu'il faudrait en discuter avec les organisations et revues populaires des pays du Sud (syndicats, partis radicaux, etc) pour voir si une réflexion et ensuite une activité coordonnée serait possible sur cette question.

Réveil Communiste 25/10/2020 07:50

Le texte ne propose pas de "renvoyer les immigrés chez eux", il dit qu'un programme électoral populaire doit préconiser le ralentissement des migrations, et ne doit pas préconiser la régularisation de tous les sans-papiers. Il doit aussi proposer une politique claire et dissuasive de répression des Employeur de clandestins.

Christian 24/10/2020 22:45

Tu as 100% raison! Il faut supprimer l'immigration point barre. L'immigration a ete cree par le Capital pour importer de la main d'oeuvre bon marche, mettre les proletaires "importes" et les proletaires nationaux en competition pour ainsi abaisser les salaires et gagner du terrain contre les syndicats. Pour les bourges le but est de faire du fric et de diviser pour mieux regner c'est trop evident. Les immigres a leur arrive n'ont aucune conscience de classe ils sont a la chasse du "reve americain" ( version francaise). Supprimer l'immigration ne veut pas dire supprimer les immigres deja installes. Le but d'un parti reellement communiste serait d'apporter aux immigres la conscience de classe qu'ils n'ont pas pour qu'ils fassent bloc avec les proletaires nationaux, d'extirper leur admiration du capitalisme et de les transformer en revolutionnaires anti-capitalistes.
L'immigration aux USA donna l'exemple d'une partie des immigres fascines par la poursuite du reve de "reussir" et de faire partie de la classe bourge, mais egalement d'une partie non negligeable qui combattit courageusement le systeme capitaliste. Comme le firent Sacco et Vanzetti et de nombreux immigres qui devinrent marxistes aux USA.

pucciarelli alain 24/10/2020 12:08

Excellent papier. N'y manque que la spécification de l'Islam, qui est une religion Et une idéologie politique conquérante.

Réveil Communiste 25/10/2020 08:02

Pas d'accord pour singulariser l'islam dans ce débat, c'est une idéologie réactionnaire comme une autre, quand on combat le terrorisme qui s'en réclame, on combat en définitive les pétromonarchies, et les gouvernements occidentaux, Croire combattre l'islam c'est penser à l'envers, comme dirait Marx.

Xuan 14/10/2020 08:04

j'ai eu dans ma famille des immigrés italiens et sans eux je ne serais pas ici. Je ne te rappelle pas ce que la xénophobie a fait contre ces immigrés, ni les sobriquets contre les "espanifles", etc.
L'origine de la crise des réfugiés nous la connaissons tous. Nous savons que l'impérialisme français est responsable des milliers de morts en Afrique, et qu'il a contribué à l'expansion du terrorisme.
Venir pleurer à cause de la venue de réfugiés est d'un cynisme sans bornes.
Notre ennemi est le grand capital et seule sa mise à bas peut résoudre les contradictions de notre pays, certainement pas des conseils sur la "régulation de l'immigration", et pourquoi pas sur l'utilisation de la police !
Révise ta position.

Réveil Communiste 14/10/2020 10:40

En réalité l'exploitation de la main d'œuvre immigrée est une des principales voire la principale manifestation de l'impérialisme occidental aujourd'hui. Il n'y a aucune raison que nous la facilitions parce que nous aurions peur d'affronter la tartufferie humanitaire.

Réveil Communiste 14/10/2020 10:38

Pour mettre à bas le grand capital il faut retrouver la confiance des classes populaires (de toutes origines), et pour cela c'est toi qui devra réviser ta position sur l'immigration. Par ailleurs la plupart des immigrés ne sont pas des réfugiés, tu cèdes trop facilement à la vision misérabiliste propagée par les médias et par la gauche morale (c'est à dire bourgeoise).

richard PALAO 03/01/2020 20:30

Franco espagnol vivant des deux cotes de la frontiere je peux juger des raisons de la montee de l extreme droite en ESPAGNE , pendant la campagne electorale le parti VOX a tres peu utilise le theme de l immigration mais a surtout utilise les evenements de CATALOGNE fustigeant tous ceux qui mettent en danger l unite de l ESPAGNE car comme disait FRANCO celle ci est une et indivisible et c est egalement ce que dit l actuelle constitution dite democratique , et une partie de l echec de PODEMOS est du a son manque de clarte et ses altermoiements permanents , son oportunisme et les incessantes querelles internes ..
pour ce qui concerne le controle de l immigration la FRANCE devrait se contenter de respecter les conventions internationales qui nous font une obligation morale d acceuillir les immigres des pays en guerre ou persecutes dans leur pays , les autres doivent etre accueillis humainement puis renvoyes dans leur pays d origine ....

Réveil Communiste 04/01/2020 20:23

Certaines régions séparatistes ont une tradition politique de gauche, mais en règle générale le séparatisme doit être considéré comme une erreur, du point de vue prolétarien. Cela dit, il faut tenir compte des conditions concrètes qui diffèrent d'un pays à l'autre. Dans le cas du Québec, il s'agit plus de décolonisation que de séparatisme, mais en Catalogne je pense que Podemos aurait dû avoir le courage de prendre parti pour l'unité de l'Espagne.