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Réveil Communiste

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

26 Novembre 2021 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche", #l'Europe impérialiste et capitaliste, #Positions, #Élections, #classe ouvrière

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

Dans ce domaine, la peste émotionnelle propagée par le propagande médiatique joue à fond. Libéraux et libertaires (qui sont en fait les mêmes) utilisent de manière abjecte les images d'enfants noyés pour promouvoir la levée des frontières et la dérégulation mondiale de la main d'œuvre, au profit exclusif de l'Occident impérialiste. Alors qu'il est clair que si les exploiteurs de migrants de ce coté-ci de la mer étaient à leur place, en prison, il n'y aurait plus d'enfants noyés.

 

La déroute de Die Linke en Allemagne en octobre 2021, après la percée des néo-franquistes en Espagne en avril 2019 et la déroute de Podemos ont été  les ennièmes avertissements dont la gauche de la gauche n'a pas plus tenu compte que des précédents ... Cette fausse gauche qui ne représente plus en rien les classes populaires, de quelque origine qu'elles soient !

 

Pourquoi les prolétaires sont-ils tentés depuis plus d'une génération par le vote xénophobe, ou au moins par le non-vote pour les organisations « de gauche de gauche » qui prétendent les représenter mais qui sont toutes bien davantage mobilisées pour la cause des migrants ? Au mieux cette cause leur est indifférente, et souvent, ils y sont hostiles. On dira que les prolétaires sont aliénés et qu'il faut les éduquer. Et on s'attelle à cette tâche depuis trente ans, avec un résultat quasi-nul ! Alors il faut se poser des questions sur l'échec total de ces tentatives d'éducation ! Je me pose des questions sur ces militants qui ne se posent jamais de question sur leurs échecs ; peut être que c'est justement ça qu'ils veulent, l'échec ?

 

Mao disait : « l'œil du peuple voit juste » ! Les classes populaires ont-elles raison de s’opposer aux migrations ? Sachant que ce n'est pas la même chose que s’opposer « aux immigrés », et que cette distinction n'est pas du tout une subtilité de langage !

 

Les migrants, nouveaux arrivants, ne sont pas encore des prolétaires : si pauvres soient-ils, ils sont encore dans les limbes de l'ordre social, dans la situation ouverte de ceux qui rêvent en individualistes de promotion sociale individuelle. Personne n'a jamais considéré les dizaines de millions de migrants vers l'Amérique du Nord, au XIXème siècle, comme des héros de l'émancipation ouvrière, bien au contraire, c'étaient des candidats à la réussite bourgeoise, que certains, minoritaires mais assez nombreux, purent atteindre au prix de ce déracinement ; et aujourd'hui, cet aspect des choses est demeuré inchangé. Les migrants ne viennent pas ici pour participer à des luttes sociales mais pour devenir riche. Ils ne s'intègrent au prolétariat qu'après la désillusion sur la nature de ce paradis capitaliste que nous leur offrons généreusement, au bout d'un certain temps, parfois jamais. Dans la plupart des cas il est totalement inexact de les définir comme des réfugiés, ce sont plutôt des aventuriers, qui sont à l'initiative de leur migration, et qui ont tenté de prendre leur vie en main en suivant la ligne d'action préconisée par l'idéologie dominante.

 

Les migrants actuels sont bien souvent noirs, ou musulmans, mais au niveau de leurs motivations ils ne diffèrent aucunement des juifs, des Irlandais ou des Italiens débarquant à New York et triés à Ellis Island il y a un siècle. Critiquer les migrations, ce n'est donc nullement critiquer « des noirs et des musulmans », mais c'est une critique indispensable du trafic de main d'œuvre dans le monde globalisé du néo-libéralisme, une nouvelle traite des esclaves qui manipule les rêves de l’ascension sociale et de la richesse diffusés par nos médias bourgeois à l'échelle du monde entier.

 

Les migrants ne viennent pas ici pour fuir la misère, ils ne proviennent pas des couches les plus pauvres de leur pays d'origine, au contraire c'est ici qu'ils trouvent l'exploitation la plus brutale, où ils viennent "pour occuper les emplois que les Français ne veulent pas exercer". Comme ces choses-là sont aimablement dites !

 

Le racisme n'est pas une cause des phénomènes historiques ! Il est causé par les conditions sociales ; lorsque l'on peut faire coïncider l’aggravation de la condition du prolétariat avec l'arrivée d'un groupe ethnique fortement différencié de la majorité autochtone, la croissance du racisme est inévitable, et les sermons moralisateurs ne serviront à rien pour l'empêcher, au contraire, il aboutiront au rebours des bonnes intentions à stigmatiser encore plus noirs et musulmans. La petite bourgeoise d'extrême gauche fait inconsciemment ce que fait cyniquement Emmanuel Macron quand il feint de prendre la défense des juifs, des homosexuels, des étrangers, contre la "foule haineuse" des Gilets Jaunes pour s'en servir comme paratonnerre en détournant sur eux la colère populaire !

 

La représentation misérabiliste des migrants qui domine dans l'extrême gauche est parfaitement complémentaire de la faim de main d’œuvre exploitable du capital. Les petits frères « antifas » de la grande bourgeoisie affichent dans les rues de Belleville « bienvenue au migrants » parce que leurs grands frères ont peur de manquer d'esclaves.

 

L'extrême droite exploite le rejet populaire des migrations depuis les années 1970 ; elle demandait à l'époque l'expulsion des immigrés, et notamment des immigrés noirs et musulmans déjà intégrés. Son discours à cet égard est du registre des tactiques de longue durée de la bourgeoisie qui ont toujours eu pour objectif d'opposer les prolétaires entre eux. Mais l'importation d'un prolétariat surexploité sert aussi cet objectif. Souvent l'extrême droite a recruté précisément dans les milieux, comme les DRH et la maîtrise de l'industrie automobile, qui géraient ce prolétariat et organisaient son immigration. L'extrême droite est contre les immigrés, et pour les migrations. Et c'est logique : rien de tel qu'une nouvelle migration pour fragiliser la condition de la vague précédente, et en poursuivre la sur-exploitation !

 

La gauche, si elle veut être de gauche en réalité et non en paroles doit défendre la classe ouvrière, sans distinction ethnique, et pour cela elle doit aussi demander l'arrêt des migrations qui ne se font que dans l'intérêt des patrons. Elle doit demander que les passagers de l'Aquarius soient secourus, puis renvoyés dans leur pays d'origine, dans le cas où il n'est pas en guerre, ce qui est le cas de la grande majorité d'entre eux. Et tant pis pour le narcissisme moral gauchiste. Sur la question de l'immigration c'est la ligne de George Marchais qui était juste !

 

L'union au delà des clivages ethniques et religieux de la classe ouvrière, et des classes populaires en général, est nécessaire, et elle se fera, malgré les migrations, et non grâce aux migrations. Les organisations ouvrières n'ont pas les moyens de les empêcher car elles sont organisées par les forces qui représentent les intérêts du capital international, mais elle peuvent en réclamer l'arrêt, au nom de l'intégration et de l'assimilation des migrants qui sont déjà implantés, et pour soulager la pression sur l'emploi et les services sociaux. Ce faisant, elles enverraient un message clair pour montrer qu'elles se trouvent bien et sans équivoque dans le camp des exploités. L'accusation de xénophobie qui couvre d’opprobre les prolétaires, venant de la part de la "gauche morale", est un symptôme de son mépris de classe inconscient qui refuse d'envisager les conditions vécues par les masses, y compris celles des migrants, réduits au bout de tout cet "accueil" et de toutes cette "solidarité" à mendier dans toutes les rues d'Europe lorsqu'ils n'ont pas pu trouver un patron "de gauche" assez humanitaire pour les exploiter.

 

Ces observations ne prétendent pas à l'originalité, car elle reflètent une réalité qui est parfaitement connue des militants sincères et conscients, mais qui est le plus souvent rendue indicible par le climat néo-maccarthyste qui règne dans les médias et dans les organisations de la gauche petite bourgeoise, qui sont plus plus préoccupées de posture morale que d'efficacité politique.

 

GQ, 27 janvier 2019, relu le 29 octobre 2021

 

Ps : un texte de Marx sur l'immigration irlandaise en Grande Bretagne au XXème siècle, (Lire ici)

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F
99,9 % D'accord avec ce texte, je dis pas 100 car cela ferait connivence . Je pense que la petite bourgeoisie baba cool ou bobo écolo ont complètement foutu en l'air une vraie alternative communiste. Moi qui n'était pas franchement léniniste , je relis en ce moment ses oeuvres, et bordel, qu''est ce qu'il a raison. On arrive au bout du crétinisme petit bourgeois prétentieux, et l'intelligence prolétarienne va à nouveau être l'avant garde du l'émancipation humaine. Marx avait raison
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S
Vous avez une remarque intéressante sur la percée de l'extrême droite au début :
* Pour l'Allemagne, il faut rappeler que la RDA était un état internationaliste qui aidaient beaucoup les pays du tiers-monde et accueillait beaucoup d'étudiants gratuitement qu'il formait bien puis les laisser rentrer chez eux pour qu'il participe au développement de leurs pays --> Die Linke a perdu car ils ont fait un virage vers la nouvelle gauche en virant pas mal de monde (comme Sarah ...) / C'est le même cas que Mélanchon.
* Pour l'Espagne : Podemos était toujours un parti gauchiste avec un peu d'influence d'eurocommuniste, rien de surprenant. Par contre par rapport au franquiste de VOX, il faut se souvenir que les Maures ont largement soutenu Franco lors de la guerre civile contre la République : certes, certains étaient recrutés de force ou aller faire la guerre pour un peu de salaire; mais beaucoup préféraient "le camp national" car ils étaient très réactionnaire (musulmans intégristes et traditionalistes au niveau des mœurs) et avaient la haine des athées (sachant qu'au début de la guerre civile, la république était sous très forte influence trotskiste et anarchiste qui avait une politique très dur vis-à-vis de la religion et des identités des peuples; il a fallu attendre la prise de pouvoir par les communistes staliniens pour que ce délire antireligieux et anti-identitaires soit stoppé, mais bon, c'était trop tard). Tout cela pour dire, il n'est pas exclu que les descendants des Maures aient voté pour Vox (d'ou le score important de ce parti dans les présides occupés de Sebta/Ceuta et Mellila). Après, c'est vous qui êtes historiens, peut-être que vous avez un avis différents sur ce sujet et l'histoire de la guerre civile.
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F
Article qui touche juste, de bonnes chose dans les commentaires,mais l'imigration c'est une évidence s'inscrit dans le cadre de l'déolodie dominante: La concurrence dite libre et non faussée de tous contre tous. Je note toutefois qu'une somme d'individualités le plus souvent bornées ne peut faire un collectif qui permettrait de remettre sur les rails un train de la révolte sociale.
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E
Gilles Questiaux... où comment, à partir d'analyses plutôt justes, mais incomplètes et, surtout, ignorant les fameux faits (lesquels sont têtus comme chacun sait...) Gilles en arrive à une conclusion fausse et des propositions dangereuses.
Le principal oubli (?) est que Gilles semble ignorer que dans toute migration, le "push" est plus déterminant que le "pull", ce que, pourtant, toutes les études de démographie historique ont depuis longtemps établi. Ainsi Gilles ne voit dans les migrations qu'un complot du Grand Kapital (omniscient, omnipotent et sans contradiction !!!???) alors même que
- l'organisation des migrations internationales de travailleurs par le patronat du pays d'accueil est plutôt l'exception (en France, durant la 1ère Guerre Mondiale ; puis durant les années 20 - importation de Polonais ; puis enfin dans les années 50 -recrutement au Maroc de mineurs pour la Lorraine) par rapport aux flux inorganisés de migrants;
- bien au contraire, les pouvoirs politiques successifs, mandataires consciencieux des détenteurs de capitaux, ont multiplié les entraves à l'arrivée des travailleurs étrangers, certes souvent pour des raisons plus idéologiques qu'économiques (encore que la persistance de législation protégeant le "travail français" dans certaines professions libérales -petites et moyennes bourgeoisie- sont évidemment profitables à certains).

Pour moi, un exemple ironique de cette contradiction est justement donné par le cas des migrations entre la France et son ancien Empire colonial africain. Lors des indépendances octroyées (1960) le gouvernement français (M Debré) a imposé à tous les Etats africains une clause de liberté de circulation et d'établissement pour les ressortissants français dans les Etats "indépendants" tout en accordant la réciproque. C'est qu'à l'époque, le flux migratoire principal était de la métropole vers les colonies. Ce flux ne s'est inversé que durant les années 60 et, dans les années 70, le gouvernement français prend les premières mesures restreignant l'arrivée de travailleurs africains en France (1972 circulaires Marcellin-Fontanet lesquels n'ont pas laissé le souvenir de héros prolétariens !).

Si on peut (on doit ?) voir la main du Grand Kapital dans la politique de restriction de l'immigration (et non dans sa facilitation !) il faut rappeler que les libéraux sont favorables à la totale libre circulation des marchandises, des capitaux, des informations, etc. mais pas des êtres humains ! Pour les humains, la libre circulation est réservée à ceux que le hasard a fait ressortissants d'un pays "développé" (= pays dominants ou impérialistes), s'ils en ont les moyens financiers (mais, aujourd'hui, se bronzer les fesses sur une plage de République dominicaine est à la portée de bien des prolos...). Aux autres, même friqués, c'est la course incertaine aux visas (certes plus accessibles aux "en hauts d'en hauts" qu'aux autres)...

Quel en est l'intérêt pour le Grand Kapital ? ...
Aux EUA il est évident que fermer la frontière sur le Rio Grande permet de créer, au sud, une accumulation de sous prolétaires disponibles pour les maquiladoras qui approvisionnent les linéaires des Walmart du nord... En Europe, l'effet positif et la constitution d'une réserve, toujours renouvelée, de travailleurs sans papier, exploitables et corvéables à merci. Le développement des zones franches au Maroc et en Tunisie reproduit au sud de la méditerranée le modèle américano-mexicain...
Donc, l'intérêt du Patronat n'est pas, comme le suppose Gilles, de faciliter l'importation de travailleurs, mais bien de la rendre le plus difficile possible.
Quant à la politique prônée par le camarade Georges Marchais, le mémoire de Master de mon ami Azzedine donne une illustration parlante des impasses à laquelle cette politique a mené...

Demander une politique de restriction de l'immigration c'est donc
- faire le jeu du Patronat
- tout en validant les idées fixes des nationalistes de tout poils
- sans avoir le moindre effet puisque, de toute façon, les migrations ne se décident pas ici ("pull"), mais là bas ("push")... et, comme chacun sait, on a jamais autant picolé aux EUA que durant la Prohibition !

Il n'y a pas plus à être pour que contre les migrations internationales qu'il n'y a à être pour ou contre la pluie (ou le soleil).
Les migrations sont des faits. Il faut faire avec.

Amitiés

Etienne
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R
Il y a d'un coté un discours restrictif à fin électorale et des politiques de harcèlement administratif qui ont pour but de maintenir les immigrés dans la précarité, et de l'autre une politique de recrutement qui mise sur l'immigration continue. laquelle crée une trappe de sous emploi dans laquelle tombent les enfants d'immigrés scolarisés en France.
Pour le MEDEF, tu n'as qu'à tapper "MEDEF immigration". Et suivre le lien dans l'article qui reproduit le texte célèbre de Marx sur l'immigration que je vais republier illico !
E
Je ne sais pas ce qui te permet d'affirmer
- que l'"ouverture des frontières à la main d'œuvre est la politique préconisée par le MEDEF" (quelles sources ? ce alors que depuis Giscard d'Estaing, tous les gouvernements successifs (y compris ceux "de gauche") ont multiplié les restrictions et les obstacles à l'immigration ??? La courroie de transmission entre le Patronat et ses valets au gouvernement aurait-elle du jeu ?
- que "il n'y a pas de "push" vers les pays qui n'exploitent pas les migrants" ??? Il semble t'avoir échappé que les regrettées démocraties populaires avaient elles aussi leurs travailleurs immigrés (Vietnamiens en RDA ou Tchécoslovaquie, etc.). Comme tu l'écris fort justement, les migrants ne sont pas "des héros de l'émancipation ouvrière, bien au contraire, [mais] des candidats à la réussite bourgeoise". Les milliers d'africains qui partent en RP de Chine en sont en bon exemple. Il est donc logique que les pays d'économie les plus libérale soient les plus attractifs pour eux ("pull" et non "push")...
Par ailleurs, je ne sais qui tu vises en voulant "inciter les syndicats et les organisations de gauche à cesser de MILITER POUR les migrations" ? Je ne vois que des syndicats et organisations "de gauche" (?), mais pas seulement, qui militent pour un accueil décent des migrants. Posture morale certes, peu politique certainement. Certains, de gauche, militent pour l'égalité des droits entre travailleurs français et immigrés, seul moyen de déjouer le piège de la division et de la mise en concurrence de fractions de la classe ouvrière.
Personnellement j'affirme qu'il est totalement vain de militer pour (si ça existe) que contre (et ça existe) les migrations. Les migrations ont lieu. C'est un fait. Têtu.
Je suis surpris de constater combien le lecteur attentif de Gramsci que tu es, peut, relapse, céder aux errements bordiguistes, renouvelant l'erreur des guesdistes lors de l'Affaire.
R
La politique d'ouverture des frontières à la main d'œuvre est la politique préconisée par le MEDEF qu'on le veuille ou non, et ce n'est pas un complot, c'est tout à fait officiel. Pour le reste, il n'y pas de "push" vers les pays qui n'exploitent pas les migrants. Le but de cet article, qui me semble évident, et pourtant j'ai du mal à me faire comprendre, est d'inciter les syndicat et les organisation de gauche à cesser de MILITER POUR les migrations et à se gargariser de leur grandeur d'âme, en provocant la rage des classes populaires. C'est tout; C'est trop?
G
Zemmour n'est que du vide, mais prospère sur les ambigüités de la gauche sur le sujet.
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P
Si Zemmour est du vide, ce qui est possible, que dire des autres candidats? Du "sous vide"?