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Réveil Communiste

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

19 Juin 2020 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche", #l'Europe impérialiste et capitaliste

La gauche doit proposer une politique de contrôle des migrations pour retrouver la confiance de la classe ouvrière !!!

La percée des néo-franquistes en Espagne en avril 2019 et la déroute de Podemos ont été  le ennième avertissement dont la gauche de la gauche n'a pas plus tenu compte que des précédents ... Cette fausse gauche qui ne représente plus en rien les classes populaires, de quelque origine qu'elles soient !

 

Un honorable commentateur d'un texte de Marx publié sur Réveil Communiste vient de m'accuser de m'abriter derrière cette autorité pour propager un discours xénophobe. Je commence à en avoir assez de ce genre d'amalgames provenant de communistes dont le communisme se borne à produire des grandes phrases. Marx énonce une constatation : l’immigration irlandaise en Angleterre est nuisible à la classe ouvrière des deux pays, et à sa cause. Et rien ne peut la rendre fausse !

 

Rapproché du contexte actuel, cela donne à penser. Pourquoi les prolétaires sont-ils tentés depuis plus d'une génération par le vote xénophobe, ou au moins par le non-vote pour les organisations « de gauche de gauche » qui prétendent les représenter mais sont qui sont toutes bien davantage mobilisées pour la cause des migrants ? Au mieux cette cause leur est indifférente, et souvent, ils y sont hostiles. On dira que les prolétaires sont aliénés et qu'il faut les éduquer. Et on s'attelle à cette tâche depuis trente ans, avec un résultat quasi-nul ! Alors il faut se poser des questions sur l'échec total de ces tentatives d'éducation ! Je me pose des questions sur ces militants de papier mâché qui ne se posent jamais de question sur leurs échecs ; peut être que c'est justement ça qu'ils veulent, l'échec ?

 

Mao disait : « l'œil du peuple voit juste » ! Les classes populaires ont-elles raison de s’opposer aux migrations ? Sachant que ce n'est pas la même chose que s’opposer « aux immigrés », et que cette distinction n'est pas du tout une subtilité de langage !

 

Les migrants, nouveaux arrivants, ne sont pas encore des prolétaires : si pauvres soient-ils, ils sont encore dans les limbes de l'ordre social, dans la situation ouverte de ceux qui rêvent en individualistes de promotion sociale individuelle. Personne n'a jamais considéré les dizaines de millions de migrants vers l'Amérique du Nord, au XIXème siècle, comme des héros de l'émancipation ouvrière, bien au contraire, c'étaient des candidats à la réussite bourgeoise, que certains, minoritaires mais assez nombreux, purent atteindre au prix de ce déracinement ; et aujourd'hui, cet aspect des choses est demeuré inchangé. Les migrants ne viennent pas ici pour participer à des luttes sociales mais pour devenir riche. Ils ne s'intègrent au prolétariat qu'après la désillusion sur la nature de ce paradis capitaliste que nous leur offrons généreusement, au bout d'un certain temps, parfois jamais. Dans la plupart des cas il est totalement inexact de les définir comme des réfugiés, ce sont plutôt des aventuriers, qui sont à l'initiative de leur migration, et qui ont tenté de prendre leur vie en main en suivant la ligne d'action préconisée par l'idéologie dominante.

 

Les migrants actuels sont bien souvent noirs, ou musulmans, mais au niveau de leurs motivations ils ne diffèrent aucunement des juifs, des Irlandais ou des Italiens débarquant à New York et triés à Ellis Island il y a un siècle. Critiquer les migrations, ce n'est donc nullement critiquer « des noirs et des musulmans », mais c'est une critique indispensable du trafic de main d'œuvre dans le monde globalisé du néo-libéralisme, une nouvelle traite des esclaves qui manipule les rêves de l’ascension sociale et de la richesse diffusés par nos médias bourgeois à l'échelle du monde entier.

 

Les migrants ne viennent pas ici pour fuir la misère, au contraire c'est ici qu'ils trouvent l'exploitation la plus brutale, où ils viennent "pour occuper les emplois que les Français ne veulent pas exercer". Comme ces choses-là sont aimablement dites !

 

Le racisme n'est pas une cause des phénomènes historiques ! Il est causé par les conditions sociales ; lorsque l'on peut faire coïncider l’aggravation de la condition du prolétariat avec l'arrivée d'un groupe ethnique fortement différencié de la majorité autochtone, la croissance du racisme est inévitable, et les sermons moralisateurs ne serviront à rien pour l'empêcher, au contraire, il aboutiront au rebours des bonnes intentions à stigmatiser encore plus noirs et musulmans. La petite bourgeoise d'extrême gauche fait inconsciemment ce que fait cyniquement Emmanuel Macron quand il feint de prendre la défense des juifs, des homosexuels, des étrangers, contre la "foule haineuse" des Gilets Jaunes pour s'en servir comme paratonnerre en détournant sur eux la colère populaire !

 

La représentation misérabiliste des migrants qui domine dans l'extrême gauche est parfaitement complémentaire de la faim de main d’œuvre exploitable du capital. Les petits frères « antifas » de la grande bourgeoisie affichent dans les rues de Belleville « bienvenue au migrants » parce que leurs grands frères ont peur de manquer d'esclaves.

 

L'extrême droite exploite le rejet populaire des migrations depuis les années 1970 ; elle demandait à l'époque l'expulsion des immigrés, et notamment des immigrés noirs et musulmans déjà intégrés. Son discours à cet égard est du registre des tactiques de longue durée de la bourgeoisie qui ont toujours eu pour objectif d'opposer les prolétaires entre eux. Mais l'importation d'un prolétariat surexploité sert aussi cet objectif. Souvent l'extrême droite a recruté précisément dans les milieux, comme les DRH et la maîtrise de l'industrie automobile, qui géraient ce prolétariat et organisaient son immigration. L'extrême droite est contre les immigrés, et pour les migrations. Et c'est logique : rien de tel qu'une nouvelle migration pour fragiliser la condition de la vague précédente, et en poursuivre la sur-exploitation !

 

La gauche, si elle veut être de gauche en réalité et non en paroles doit défendre la classe ouvrière, sans distinction ethnique, et pour cela elle doit aussi demander l'arrêt des migrations qui ne se font que dans l'intérêt des patrons. Elle doit demander que les passagers de l'Aquarius soient secourus, puis renvoyés dans leur pays d'origine, dans le cas où il n'est pas en guerre, ce qui est le cas de la grande majorité d'entre eux. Et tant pis pour le narcissisme moral gauchiste. Sur la question de l'immigration c'est la ligne de George Marchais qui était juste !

 

L'union au delà des clivages ethniques et religieux de la classe ouvrière, et des classes populaires en général, est nécessaire, et elle se fera, malgré les migrations, et non grâce aux migrations. Les organisations ouvrières n'ont pas les moyens de les empêcher car elles sont organisées par les forces qui représentent les intérêts du capital international, mais elle peuvent en réclamer l'arrêt, au nom de l'intégration et de l'assimilation des migrants qui sont déjà implantés, et pour soulager la pression sur l'emploi et les services sociaux. Ce faisant, elles enverraient un message clair pour montrer qu'elles se trouvent bien et sans équivoque dans le camp des exploités. L'accusation de xénophobie qui couvre d’opprobre les prolétaires, venant de la part de la "gauche morale", est un symptôme de son mépris de classe inconscient qui refuse d'envisager les conditions vécues par les masses, y compris celles des migrants d'ailleurs, réduits au bout de tout cet "accueil" et de toutes cette "solidarité" à mendier dans toutes les rues d'Europe lorsqu'ils n'ont pas pu trouver un patron "de gauche" assez humanitaire pour les exploiter.

 

Ces observations ne prétendent pas à l'originalité, car elle reflètent une réalité qui est parfaitement connue des militants sincères et conscients, mais qui est le plus souvent rendue indicible par le climat néo-maccarthyste qui règne dans les médias et dans les organisations de la gauche petite bourgeoise, qui sont plus plus préoccupées de posture morale que d'efficacité politique.

 

GQ, 27 janvier 2019, relu le 19 juin 2019

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richard PALAO 03/01/2020 20:30

Franco espagnol vivant des deux cotes de la frontiere je peux juger des raisons de la montee de l extreme droite en ESPAGNE , pendant la campagne electorale le parti VOX a tres peu utilise le theme de l immigration mais a surtout utilise les evenements de CATALOGNE fustigeant tous ceux qui mettent en danger l unite de l ESPAGNE car comme disait FRANCO celle ci est une et indivisible et c est egalement ce que dit l actuelle constitution dite democratique , et une partie de l echec de PODEMOS est du a son manque de clarte et ses altermoiements permanents , son oportunisme et les incessantes querelles internes ..
pour ce qui concerne le controle de l immigration la FRANCE devrait se contenter de respecter les conventions internationales qui nous font une obligation morale d acceuillir les immigres des pays en guerre ou persecutes dans leur pays , les autres doivent etre accueillis humainement puis renvoyes dans leur pays d origine ....

Réveil Communiste 04/01/2020 20:23

Certaines régions séparatistes ont une tradition politique de gauche, mais en règle générale le séparatisme doit être considéré comme une erreur, du point de vue prolétarien. Cela dit, il faut tenir compte des conditions concrètes qui diffèrent d'un pays à l'autre. Dans le cas du Québec, il s'agit plus de décolonisation que de séparatisme, mais en Catalogne je pense que Podemos aurait dû avoir le courage de prendre parti pour l'unité de l'Espagne.

Jean-Yves LEBLANC 03/01/2020 11:40

Je suis à 100% d'accord avec votre texte comme je l'étais déjà avec ses versions précédentes.
Cette question des migrations n'est pas annexe. Jumelée à la question de la nation, c'est une des raisons essentielles pour lesquelles les classes populaires ont nettement rejeté la gauche.

La bienpensance de gauche (migrants, genre, féminisme, antifa, minorités, écologie, européisme...) n'est pas que le fait de la petite bourgeoisie gauchiste de LFI. Les militants CGT et ce qui reste des bases PCF, au nom de l' "internationalisme" sont généralement pro-migrations et anti-frontières et au-delà d'une critique formelle de l'UE libérale ils n'en remettent pas en cause le principe. Quant au discours public de nos organisations, il est tout en écriture inclusive (voir le site de la CGT), en glorification des migrants, en promotion des "banlieues" comme fer de lance des nouvelles classes populaires, en silence complice sur l'UE et en désaveu du Brexit.

La coupure entre les classes populaires et les organisations censées les représenter est apparue nettement au cours du mouvement des gilets jaunes. Contrairement à ce qui se dit actuellement dans l'enthousiasme du combat contre la réforme des retraites (la "convergence"), je ne crois pas que cette coupure se soit atténuée. L'issue du mouvement actuel de grève risque fort d'en souffrir et plus encore les échéances électorales futures.

richard PALAO 05/01/2020 15:43

D accord avec toi , PODEMOS essaie de jouer sur les deux tableaux : en CATALOGNE ils font amis amis avec les independantistes bourgeois et dans le meme temps avec le PCE/IU ils revendiquent une reecriture de la constitution pour l abandon de la monarchie pour la remplacer par une republique federale des peuples d ESPAGNE ce qui de fait exclu l independance ....

Réveil Communiste 03/01/2020 17:34

Il ne faut pas tout mettre dans le même sac : il y a de véritables combats écologistes ou féministes, et dans le texte ci-dessus il n'est pas question d'empêcher les migrations , mais de les contrôler, ou plus exactement, parce qu'elles sont déjà contrôlées, d'assumer ce contrôle explicitement. Personnellement, ça ne me gênerait pas que cent millions de migrants arrivent en France pour construire le socialisme avec les Français. Ce qui me gêne, c'est que les immigrants qui sont venus en France depuis un siècle ont plutôt servi à consolider le capitalisme.

stef 19/09/2019 23:14

tout a a fait d'accord. Si on lit la France interdite de Obertone, on se rend compte que le trafic de main d'oeuvre et le fait de diviser pour reigner continura tant que le parti dit "ouvrier" donc le PCF ne fera que suivre les bourgeois du PS ou les gauchistes de LFI. Merci à reveil communiste de proposer une vision marxiste de l'immigration, loin des débats passionés ou moralisateurs.

Réveil Communiste 04/01/2020 12:10

Exact : pour contrôler, il faut dans une certaine mesure et pour un certain temps, empêcher. Ce qui signifie aboutir à un solde nul de migration, et dans ce cas cela signifie que ceux qui arrivent ne sont pas plus nombreux que ceux qui partent. Mais si on veut effectivement aboutir à un changement de position sur cette question centrale, il ne faut pas s'attaquer à tous les problèmes en même temps. Je persiste qu'il y a de véritables combats sociétaux, qui ne sont pas de l'ordre de la pose, ce que chacun sait. D'ailleurs les États socialistes subsistants (Chine, Cuba) mènent ces combats féministes et écologistes.

Jean-Yves LEBLANC 04/01/2020 10:38

1) "Il ne faut pas tout mettre dans le même sac..."
Il me semble que votre texte traite en premier plan des migrations et en arrière plan des raisons pour lesquelles la gauche de la gauche est boudée par les classes populaires. La pose pro-migrants fait partie d'une série de poses sociétales petites bourgeoises dont j'ai fait la liste (incomplète) et qui insupportent les petites gens. Ces poses de sont pas des combats. Tous ces "combats" sont en effet inspirés et encadrés par les médias des milliardaires, le gouvernement, l'UE ou l'ONU. C'est tout particulièrement vrai pour les migrations, l'urgence climatique et le féminisme radical.

2) "Dans le texte ci-dessus, il n'est pas question d'empêcher les migrations...".
Eh bien, si. Relisons votre texte ci-dessus: "La gauche, si elle veut être de gauche en réalité et non en paroles doit défendre la classe ouvrière, sans distinction ethnique, et pour cela elle doit aussi demander l'arrêt des migrations" Et Marchais, dont vous dites que sur ce point la ligne était juste, parlait lui aussi "d'arrêt de l'immigration". Pourquoi ce rétropédalage? Le courage de vos positions qui bousculent la bienpensance de gauche est l'un des intérêts de votre blog. Craignez-vous que d'autres "honorables commentateurs" discréditent votre blog comme étant un repaire de 'rouges-bruns"?

Richard 18/09/2019 17:26

Enfin des propos cohérents - parce qu'authentiquement communistes - sur l'immigration. Mettons fin à l'antiracisme de salon complice de la dynamique exterministe du capital.