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Réveil Communiste

Les communistes, l'extrême-droite, et les prolétaires

7 Août 2019 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Qu'est-ce que la "gauche", #Élections, #classe ouvrière, #Front historique

Évolution du vote ouvrier exprimé pour le candidat FN au premier tour de l'élection présidentielle (source fondation Jean Jaurès)

Évolution du vote ouvrier exprimé pour le candidat FN au premier tour de l'élection présidentielle (source fondation Jean Jaurès)

Voici la tactique à adopter face à l'extrême droite pour l’annihiler politiquement.

 

Pour un révolutionnaire communiste, il ne peut faire aucun doute que l’extrême droite (ED) sous ses diverses incarnations est l'ennemi absolu, au sens de mortel. La raison d'être d'un fasciste, c'est de nous tuer. Il a été inventé pour cela, en Italie, il y a cent ans exactement.

 

Mais cela fait-il de lui l'ennemi principal ? Si je suis attaqué par un pit-bull, je dois affronter le chien, mais c'est le maître qui est l'ennemi véritable.

 

L'ED a des idées racistes et anticommunistes, et profère un discours à l'intention des électeurs. Et ce discours est le plus souvent bien loin de ses idées, en bonne élève de Goebbels qu'elle est.

 

Mais dans la situation de l'Europe avant guerre, l'ED fasciste ou non jouait clairement le rôle de défenseur du capitalisme, malgré la récupération d'éléments du langage prolétarien révolutionnaire, visible dans le dénomination même du parti nazi allemand : parti national socialiste ouvrier allemand. On peut même définir sommairement un mouvement fasciste comme un mouvement populaire de droite qui imite le langage ouvrier de gauche. Pour ce faire, ils avaient obtenu l'appui massif du patronat, en Italie, en Allemagne et France notamment. Leur agenda , c'était de détruire par la violence le PCF en France, l'URSS et la IIIème Internationale dans le monde.

 

Mais ça, c'était il y a très longtemps. Maintenant une situation durable toute autre s’est installée, depuis 1983 : l’extrême droite s'est emparée du rôle d'opposant électoral populaire (« populiste » disent les médias) au libéralisme et de la mondialisation capitaliste. Ceux-ci, représentés autrefois par Thatcher et Reagan, ou à contre-temps aujourd'hui par Macron, pourraient bien être l'ennemi principal des prolétaires et des communistes qui prétendent les représenter, plutôt que l'ED. Et grâce au vote ouvrier l'ED est effectivement parvenue au pouvoir dans divers pays dont le moindre n'est pas les États-Unis, où elle n'a pas d'ailleurs imité autrement qu'en surface les pratiques des régimes des années 1930.

 

Après plus de trente ans de recul, nous constatons que nous avons essayé de convaincre les prolétaires de se détourner de ces mauvais bergers tout à fait en vain. On pourrait se poser la question du « pourquoi » ?

 

Il se pourrait bien que l'ED actuelle, aussi anticommuniste qu'elle soit restée, et malgré la continuité historique qui la relie en France au régime de Vichy, représente un phénomène politique complètement différent de l'ED d'entre deux-guerres.

 

Si c’était le cas pourrions-nous envisager de nous allier avec nos ex-ennemis mortels pour combattre l’ennemi principal, le capital mondialisé, ennemi non pas des communistes en particulier, mais du genre humain en général ? Un petit pacte germano-soviétique en quelque sorte ? Déjà expérimenté dans la lutte contre l'agression impérialiste en Syrie. Un peu à la manière dont le parti Toudeh s'est allié avec les islamistes en Iran contre l'impérialisme américain, avant d'être éliminé par eux. Islamistes (chiites au moins) qui s’avèrent malgré leur anticommunisme étymologique n'être pas totalement mauvais … en tout cas beaucoup plus efficaces pour combattre le terrorisme wahhabite que n’importe qui d'autre.

 

A cela on répondra avec une bonne part de vérité que les fascistes bien de chez nous sont de faux ennemis du capital, que leur antisémitisme quand il existe encore est le socialisme des imbéciles qui cherche à détourner la critique du capitalisme en haine des juifs, que leur langage social est cousu de fil blanc, etc. Mais il y a plus que cela ! Marine Le Pen est apparue pour ce qu'elle était, une baudruche, dans le débat avec Macron en mai 2017 entre les deux tours, et la réalité du FN, maintenant RN, est de n'être qu'un commode épouvantail qui ressort de sa boite avant chaque élection. Ce genre de fasciste est de l'ordre de la farce, il est ni plus ni moins fasciste que le PCF est communiste, c'est à dire pas beaucoup. Et il n’est pas davantage soutenu par le patronat que le PCF par le prolétariat, c'est à dire pas du tout.

 

Alors, inutile de voter Macron pour éviter la « peste brune » qui n'existe pas, ni non plus de voter RN pour battre Macron, puisque le RN n'est pas une vraie opposition à Macron. Dans des situations de recomposition face au péril commun des ennemis acharnés peuvent se retrouver du même coté de la barricade, cela s'est vu pendant la Résistance ; mais ici il ne s'agit que d'une guerre de postures et de barricades de comédie, antifas et fachos sont des masques de carnaval, et ni l'un ni l'autre n’agissent du tout contre le capitalisme. Ils sont, quoiqu'ils en pensent, du même coté dans la lutte des classes, du même coté que Macron. Le racisme était l'idéologie dominante de la bourgeoisie des années trente. L'antiracisme est son idéologie officielle aujourd'hui (que Macron, qui est mentalement incohérent, laisse transparaître un racisme candide quand il parle des Comoriens, tout en en faisant des tonnes contre une vague antisémite imaginaire ne change rien à l'affaire).

 

Il ne peut donc pas être envisagé de s'allier avec des organisations fascistes, et pas simplement pour des raisons morales, mais principalement parce que ça ne sert à rien de créer un « front patriotique » avec des nationalistes vichyssois qui ne sont pas patriotes du tout en réalité. Il est inutile de gonfler leur score électoral pour contribuer à les crédibiliser dans leur rôle de fausse opposition.

 

Mais il n’empêche que la majorité des prolétaires français votent pour l'ED, ou s’abstient, tout en partageant nombre des idées qu’on lui attribue . Il faut analyser sans complaisance la raison de notre défaite dans le prolétariat et le remplacement du vote PCF par la vote FN, au delà de raisons sociologiques qui ont aussi leur importance (mais les organisations ouvrières auraient dû tenir compte aussi des évolutions sociologiques qui viennent de loin au lieu de laisser l'extrême droite progresser dans les déserts syndicaux).

 

Les raisons idéologiques majeures de cette défaite tiennent à la liquidation progressive du caractère prolétarien du PCF. Mais il y a aussi des raisons à trouver dans la séduction des masses par l'ED.

 

Il ne faut pas s'allier avec extrême droite, mais il ne faut avoir aucun tabou sur le réemploi de son programme explicite . Sachant que le langage de l’ED joue sur la dérive du sens vers l'implicite : l'explicite « il y a trop d'immigration » servant à formuler l’implicite « je n’aime pas les immigrés » ou « il faut les renvoyer chez eux ».

 

Il est remarquable que les militants bien pensants qui luttent avec tant d’inefficacité depuis trente-cinq ans, selon la formule de Rajfus contre la « lepenisation des esprits », ont pris le problème à l'envers. Pour eux, ces formules sont indiscernables  et explicitement racistes. Leur tactique est donc de tenter d'interdire de prononcer la première pour refouler les suivantes. Et elle abouti à l'inverse, à multiplier le nombre de candidats à la dérive fasciste. A commencer par tous ceux qui vivent mal la ghettoïsation des quartiers.

 

Et bien non : il peut très bien y avoir trop d’immigrés pour leur propre bien (ont-ils vraiment envie de venir en France pour se retrouver sous des tentes en bordure du boulevard périphérique?) ou pour la situation générale de la classe laborieuse déjà présente en France, immigrée ou non, et l'ont peut très bien (le MEDEF, pour ne pas le nommer) vouloir plus d’immigration, pour avoir plus d'esclaves sous la main.

 

On peut raisonner de la même manière sur le thème de l'insécurité, sur l'identité, ou sur les questions de mœurs. Des questionnements légitimes qui deviennent en quelque sorte la propriété de l'ED, grâce au maccarthysme des antifas de « gauche », soutenu par les médias dominants qui stigmatiseront tout militant de gauche qui penserait, à tort ou à raison d'ailleurs, que la place des dealers est en prison, que les immigrés doivent s’assimiler ou s'en aller, que l'hétérosexualité est une norme de comportement juste ou qu'il vaut mieux qu'un enfant ait un papa et une maman, et je pense que l'immense majorité des prolétaires adhère à au moins une de ces idées. Je ne suis personnellement d'accord avec aucune de ces propositions, mais je n'ai aucune animosité envers ceux qui les soutiennent, qui ont le droit absolu de penser ainsi. Aucune de ces idées n'est incompatible avec la lutte pour renverser la dictature de la bourgeoisie, et aucune de ces idées n'est assimilable à l'idée qu'il existe une élite (race, genre ou classe) et qu'elle à le droit d'opprimer le reste de l'humanité, ou à l'idée de la transhumanité inspirée de Nietzsche qui est l’aboutissement de l'idéologie libérale-libertaire californienne.

 

L'extrême droite progresse parce que des expressions populaires qui reflètent, bien ou mal, la souffrance vécue des classes populaires dans les lieux où elles vivent, et la destruction accélérée du monde qu'elles ont connu, qui doivent pouvoir se discuter, sont diabolisées dès qu'elles sont formulées, sont reprises par l'ED et sont donc rendues disponibles pour cette dérive vers l'implicite raciste et autoritaire qui en fait le fond étymologique.

 

Donc il faut reprendre à l’extrême-droite les thèmes où elle exprime avec une distorsion souvent infime une colère populaire légitime, dans un langage que l'idéologie politique dominante a réussi à délégitimer mais qui n'est nullement raciste ou fasciste en soi.

 

Il faut un parti prolétarien qui demande la limitation de l’immigration de la force de travail, la répression des mafias dans les quartiers populaires, la fermeture des mosquées terroristes, la rupture de relations diplomatiques avec les États wahhabites, la fin des logiques communautaristes, de la promotion des « différences » et qui ne fait plus de l'appartenance à une minorité un modèle à suivre. Tout ce qui est interdit de formuler dans le champ politique improprement nommé « républicain » en somme ! Complément de ce qui est encore tout juste permis : retraits de l'euro, de l'UE, de l'OMC et de l'OTAN et « produire en France », autant de demandes qui ont été amalgamées à de la pure et simple xénophobie et délégitimés par contiguïté avec le discours de l'ED.

 

Pour battre l'ED, il faudra sur bien des points dire la même chose qu'elle, sachant que ce qu'elle dit explicitement au public n'est pas d'extrême droite, à 90%. Fort peu d'éléments racistes ou fascistes transparaissent dans son discours, hors du noyau idéologique voilé qui contient la vraie nature implicite et le vrai programme antipopulaire de ces organisations.

 

Ces points de programme et ces éléments de langage sont secondaires dans un programme prolétarien dont la véritable intention n'est pas de s'en prendre aux minorités mais de prendre le contrôle des moyens de production, et qui cible les riches, leurs propriétés comme leur pouvoir. Mais ils sont indispensables pour retrouver la confiance de masses.

 

Le langage qu'il est nécessaire de tenir réhabilitera et rendra la confiance en soi aux les masses prolétariennes indifférenciées qui sont la majorité, et qui définissent la norme culturelle, différente dans chaque pays. Revendiquer un droit de minoritaire à la manière du communautarisme et du politiquement correct victimaire actuel c'est revendiquer un privilège, le privilège narcissique de se séparer des masses. Les minorités, aujourd'hui, sont manipulées par le capital contre les masses, dont elles font pourtant partie pour l'essentiel de leur vie réelle, et il faut qu'elles en prennent conscience.

 

Sur l'immigration, un parti prolétarien défendra explicitement l'assimilation et la fusion des immigrés dans les masses françaises, qui se fera de toute manière, et pour la rendre moins douloureuse, il faudra diminuer le rythme des arrivées.

 

En résumé :

 

  1. aucune alliance, aucun accord avec l'extrême droite

     

  2. récupération de tous les thèmes populaires explicites dont elle s’est faite l’interprète.

 

Car l'ED n'a pas pu devenir majoritaire dans le prolétariat (y compris chez les immigrés puisque l'islamisme est une autre tendance de l'ED) sans jamais lui tenir de discours juste.

 

Aujourd'hui, c'est un comble de voir que pour les flics, le drapeau tricolore est devenu plus subversif, c'est à dire plus prolétarien, que le drapeau rouge. Ce qui manifeste que l'extrême gauche qui arbore le second de manière purement identitaire et folklorique, agit conformément à sa composition sociale, et fonctionne ouvertement maintenant comme une gardienne de l'ordre bourgeois.

 

Tout cela est si simple. Mais pourquoi personne ne le met-il en pratique ? Le terrorisme moral des médias bourgeois joue un rôle d'intimidation non négligeable, la pensée éclectique issues de 1968 a déstructuré la pensée rationnelle critique, mais ça ne suffit pas à expliquer l'inexistence d'un courant prolétarien organisé qui soit sur le refus de cette ligne narcissique de la nomadisation morale et territoriale prônée par Deleuze et Guattari.

 

Et franchement, je n'arrive pas à me l'expliquer !

 

Tout ce que je pourrais ajouter en guise de conclusion, c'est que le mouvement réel est pris en sandwich entre une extrême gauche antipopulaire assez bien représentée par une figure comme celle de Clémentine Autain, et de faux défenseurs du peuple opportunistes qui sont allé crédibiliser le discours social de l'ED, à la manière de Florian Philippot, et qu'il est peu réceptif aux discours communistes résiduels, qui sont malheureusement le plus souvent abscons, verbeux et sectaires.

 

En attendant de faire mieux que ce qui a été tenté jusqu'ici du coté des communistes non-repentis, on peut tout de même remarquer que sur un terrain précis l’extrême gauche et l'extrême droite vont se retrouver ensemble sur une position identique et complice : dans l’attaque contre le socialisme réel, contre ses manifestations actuelles, notamment visibles en ce moment au Venezuela, et contre son histoire. Défendre de manière non passéiste l’histoire de l'URSS, de la Chine populaire, et du mouvement ouvrier lié à la IIIème internationale est donc une priorité pour faire de nouveau apparaître le socialisme comme la seule et véritable alternative au capitalisme, universellement détesté, et jamais combattu dans notre pays au moins, depuis la fin de la Guerre froide.

Et à la racine de ce mouvement réel, il y a, il y aura de nouveau l'intelligence de la théorie marxiste, le marxisme compris comme seule science véritable de l’histoire, et non comme un langage d’initié réservé à une élite qui se croit révolutionnaire parce qu'elle ne sait pas se faire comprendre - parce qu'elle sait ne pas se faire comprendre !

 

 

GQ, 9 juin 2019

 

 

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Jean-Yves LEBLANC 11/08/2019 12:09

Votre texte n'est pas "compliqué". Il est simplement lucide, qualité devenue fort rare dans nos rangs communistes. Nous sommes doués quand il s'agit de citer Marx ou Lénine comme un curé cite l'évangile, nous sommes audacieux quand il s'agit "d'exiger la nationalisation de l'économie" du haut de nos 2% mais nous sommes incapables de la démarche la plus basique: comprendre le prolétariat dont nous sommes supposés être l'avant-garde

Je dois donc, une nouvelle fois, saluer le courage avec lequel vous osez bousculer les tabous et scléroses qui stérilisent la pensée de gauche. En utilisant le mot "gauche", je signifie que ses organisations, du PS aux "franchement communistes", partagent largement les mêmes tabous qui les rendent aveugles au monde réel et qui lui valent l'indifférence voire l'hostilité des classes populaires.
En voici quelques exemples:
- Impossibilité de parler sérieusement de l'extrême droite.
- Obsession antifasciste/ antiraciste.
- Impossibilité de parler sérieusement de l'immigration.
- Surdité méprisante aux principaux soucis des classes populaires: fin de mois, pouvoir d'achat, péages, prix du carburant ... mais aussi désir identitaire, souverainisme 'd'en bas', patriotisme, insécurité, impossibilité culturelle croissante de vivre dans les "quartiers" de logements sociaux ... Bref, le quotidien des classes populaires.
- Incompréhension du rejet populaire de la promotion des moeurs libérales-libertaires, de la promotion des minorités et du communautarisme / multiculturalisme, de la promotion de l'ethnicité, du cosmopolitisme, de l'indulgence pour les délinquants, toutes choses dont la gauche se fait aujourd'hui championne.

Le premier devoir du communiste est d'examiner le réel sans complaisance et la lecture du géographe Guilluy serait salutaire à nombre de mes camarades. Hélas, nos érudits marxistes semblent désormais ignorer le quotidien du peuple et semblent plutôt appartenir sociologiquement à la bourgeoisie de gauche dont ils épousent largement les valeurs. Eux ne craignent pas la concurrence du routier polonais. Eux ne vivent pas dans les "quartiers" et leurs enfants ne fréquentent pas les écoles "à problèmes". De même, les derniers bastions syndicaux se trouvant dans les secteurs encore protégés (fonction publique, ex-nationalisées), le discours syndical est désormais étranger au vécu du précaire du privé.

Si il est partiellement vrai que les partis politiques influencent et "éduquent"leurs électeurs, il est clair aujourd'hui que ce se sont surtout les électeurs qui influencent les orientations des partis. La pêche aux voix du PS lui a fait abandonner officiellement les ouvriers en 2012 et rechercher le vote immigré par un soutien affirmé aux minorités. LFI suit le même chemin. L'embourgeoisement des syndicalistes et communistes a permis la dérive de la CGT et du PCF et peut-être bientôt des communistes non-repentis.
Quant aux classes populaires, elles se sont emparées du vote FN / RN pour s'exprimer et ce vote serait encore bien plus massif si les abstentionnistes (l'autre façon de s'exprimer) se mettaient à voter. Notre diabolisation du RN ne sert qu'à diaboliser les aspirations populaires et à nous couper du peuple.

Je suis donc d'accord avec vous sur le fait que notre tâche première est la restauration du lien avec le peuple en reprenant à notre compte ces aspirations populaires qu'expriment le vote RN. Sans ce lien, il est illusoire de parler de socialisme. Ce sera une tâche longue et difficile car une grande fracture s'est creusée entre les classes populaires et les classes dominantes. Ces classes dominantes ne sont pas simplement les 0,1 ou 1 % de vrais riches. Elles incluent plusieurs cercles concentriques de groupes sociaux que Guilluy décrit comme "bénéficiaires de la mondialisation" et "protégés de la mondialisation", qui comprennent une grande partie des gens "éduqués" et sans lesquels la domination des vrais riches serait impossible. Le point de ralliement de ces classes aux revenus différents, ce sont les valeurs sociétales. Le ralliement pratique (une sorte de 'front de classe') se produisant au deuxième tour lors du vote "antifasciste" Macron. Pour l'instant l'essentiel de la gauche roule pour ces classes dominantes et les classes populaires se sont détachées des anciens partis ouvriers passés à l'ennemi. Elles sont fortes de leur révolte et de leur défiance mais faibles de l'absence de ces partis. Le mouvement des Gilets Jaunes nous en a administré la preuve.

Collet 22/06/2019 18:43

cet article est bien compliqué ; la meilleure façon de contrer les fascistes, c'est d'exiger la nationalisation de l'économie; usines et banques; quand on voit que le FN-RN refuse l'augmentation du SMIC, c'est bien le maintien du capitalisme qu'ils défendent. Que font-ils contre l'augmentation de la CSG ? alors qu'il faut la supprimer, certains, comme Mélenchon, proposent de la fusionner avec l'IR, impôt sur le revenu, permettant au patronat de ne plus payer la protection sociale ! Il faut en revenir d'urgence aux fondamentaux : propriétaires de l'économie, les capitalistes, contre les prolétaires : qu'ils soient manuels ou intellectuels ! C'est le travail qui crée le capital : les licenciements à Sanofi, Gemplus, c'est du travail intellectuel. La réalité commande de se mobiliser d'urgence devant la contradiction antagoniste entre le capital et le travail . A un installateur de Eiffage dans une armoire sur le trottoir, je demande :- Qui peut t'embaucher, qui peut te virer ? - Mon patron. Tout est dit, et quelque temps plus tard, même demande, même réponse, dans la même situation. Eiffage, sur le trottoir. Les analyses historiques sont utiles, mais l'urgence aujourd'hui, c'est de montrer que l'Etat n'est pas un ovni, mais un instrument de domination d'une classe sur l'autre (Lénine, l'Etat et la Révolution). Je créer un document mensuel "MARXOPHILES", que j'envoie à deux ou trois mille des adresses de mon fichier, j'ai des approbations intéressantes.