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Réveil Communiste

Les "droits de l'homme" comme idéologie de camouflage

10 Juillet 2018 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Théorie immédiate, #Front historique

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I
Voilà ce que j'ajoute à la question du droit et des droits de l'homme, pour montrer que la critique de ces droits comme bourgeois et superstructurels surdéterminés par la base économique bourgeoise n'est juste un passage dans "la question juive" erreur de jeunesse, mais bien une position de principe présente de manière scientifique dans le Capital livre 1 que je commente un peu en deux temps id est en passant à une phénoménologie de la lutte des classes dans la production!
« En réalité, la sphère de la circulation ou de l’échange de marchandises, entre les bornes de laquelle se meuvent l’achat et la vente de la force de travail, était un véritable Eden des droits innés de l’homme. Ne règnent ici que la Liberté, l’Egalité, la Propriété et Bentham. Liberté ! Car l’acheteur et le vendeur d’une marchandise, par exemple de la force de travail, ne sont déterminés que par leur libre volonté. Ils assent un contrat entre personnes libres, à parité de droits. Le contrat est le résultat final dans lequel leurs volontés se donnent une expression juridique commune. Egalité ! Car ils n’ont de relation qu’en tant que possesseurs de marchandises et échangent équivalent contre équivalents. Propriété ! Car chacun ne dispose que de son bien. Bentham ! Car chacun d’eux ne se préoccupe que de lui –même. La seule puissance qui les réunisse et les mette en rapport est celle de leur égoïsme, de leur avantage personnel, de leurs intérêts privés. Et c’est justement parce qu’ainsi chacun s’occupe de ses propres affaires, et personne des affaires d’autrui, que tous, sous l’effet d’une harmonie préétablie des choses ou sous les auspices d’une providence futée à l’extrême, accomplissent seulement l’œuvre de leur avantage réciproque, de l’utilité commune, et de l’intérêt de tous.
Au moment où nous prenons congé de cette sphère de la circulation simple et de l’échange des marchandises, à laquelle le libre-échangiste vulgaris emprunte les conceptions, les notions et les normes du jugement qu’il porte sur la société du capital et du travail salarié, il semble que la physionomie de nos dramatis personae se transforme déjà quelque peu. L’ancien d’argent marche devant, dans le rôle du capitaliste, le possesseur de force de travail le suit, dans celui de l’ouvrier ; l’un a aux lèvres le sourire des gens importants et brûle d’ardeur affairiste, l’autre est craintif, rétif comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché et qui, maintenant, n’a plus rien à attendre…que le tannage. »
K.Marx, Le Capital, Chapitre IV, page 197 trad ES puis PUF puis ES.
Marx part de la sphère de l’échange marchand mais il note que cela se fait jusqu’à l’achat et la vente de la force de travail….Il affirme que tant qu’on en reste au seul échange comme circulation l’expression de la vie sociale se fait directement dans les valeurs morales ou juridiques des droits de l’homme : liberté, égalité, propriété ici. Ironiquement il les fait tomber sur le nom propre et approprié de Bentham qui consiste à reprendre la thèse de Hobbes ou de Mandeville, sur l’aspect cupide par essence de l’individu humain, individu cherchant son bonheur et son intérêt particulier mais qui en ne s’occupant que de lui-même contribue alors au plus grand bien de tous, ainsi le lien entre la philosophie utilitariste pure et l’expression un peu idéalisée des droits de l’homme est établi comme l’unité systémique avec son expression en économie politique non scientifique donc idéologique ou fétichiste et illusoire , a savoir la main invisible de Smith, qui ici prend directement la figure germanique de l’expression métaphysique leibnizienne d’harmonie préétablie, ce qui d’ailleurs peut donner lieu à l’usage qui est celui de Tocqueville dans l’introduction de la Démocratie en Amérique, à savoir la providence conduisant vers l’égalité, ce qui donc sait mieux que les acteurs ce qui est bon pour eux… cette critique de l’aspect religieux du libéralisme et de l’économie politique bourgeoise, en ses limites dues à sa fétichisation ou chosification statique éternelle du capitalisme, apparaît déjà dans Misère de la philosophie, où Marx dans la seconde partie intitulée la métaphysique de l’économie politique, sixième et septième observations critique la téléologie ou finalité attribué à l’égalité ou à la réalisation du genre humain cela pages 129/130 de l’édition sociale…Mais l’aspect illusoire et cynique à la fois se voit en cela que dès qu’on sort de la sphère de l’échange on tombe alors dans l’univers de la production et là se révèle comme le négatif passant dans son révélateur se révèle à l’envers, ici se révèle à l’envers l’exploitation dans sa facture lourde à porter pour la majorité travailleuse de la population.
La propriété, ici est en terme de droit, ce qui montre là où se cache et se dévoile aussi l’inégalité, à savoir qu’il y a aussi un marché de l’emploi où se rencontre des propriétaires de monnaie sous forme de capital, et un propriétaire de force de travail qui n’est pas par essence un travailleur propriétaire du produit de son travail comme le dit la robinsonnade de Locke ou de Hobbes, reprise par A. Smith, mais, en tant que l’esclavage est aboli, propriétaire de sa force de travail
[; et donc ce n’est pas une moralité de la démesure du toujours plus qui fait de l’argent l’ « ubris » conduisant à une société qui en laisse trop en matière de débordement coloniaux au mieux , violent parfois ; de même ce n’est pas une valeur morale ou intrinsèque qui fait de certains travaux des travaux improductifs, prêtrise , prostitution, flic ou voyou…ce n’est pas non plus par une inversion des valeurs dans la fable de Mandeville le mal d’où il sort le bien, c’est un système de production dont l‘évolution détermine des travaux plus ou moins productif et d’autre qui ne le sont pas…pour autant cet aspect évolutif et systémique de la définition du productif de valeur d’échange et de survaleur, n’est pas pour autant l’effacement d’un travail objectif de la délimitation et détermination d’une distinction, c’est au contraire ce qui oblige à rendre cette distinction purement opératoire en terme de système d’égalité ou de fonctions, dans des concepts de relations et non dans une appréhension substantialiste, pour reprendre la distinction de Bachelard dans la formation de l’esprit scientifique. Mon propre professeur de philosophie ,J.M Muglioni commentateur du texte de Kant l’idée d’une histoire universelle, en lettres supérieures, faisait remarquer à propos de ce texte de Marx contre Proudhon, que Marx renonçait en apparence à la téléologie, mais la réintroduisait dès la proposition suivante et sa vision d’après lui pour le coup utopiste et imaginaire du communisme comme abolition de la division du travail ; c’est d’après moi et son voisin d’alors P. Raymond, dans la lettre sup d’à côté, une erreur non sur l’aspect mobilisateur des utopies et évidemment quand elle entre dans la réalité violente comme les non-utopies au moins, puisque 1) il y a luttes de classe, 2) en général quand cela a rejoint la réalité et s’est inscrit dans le monde des institutions « Kominterm », « Kominform » etc. Soit 34 ans après la mort de Marx 1883/1917, cela s’est fait en période révolutionnaire et en guerre mondiale, donc « au moins aussi » que le maintien de l’ordre. Mais, donc sur le statut objectif de l’usage de la dynamique ou de la finalité, de l’aléatoire et de la pratique qui n’est pas une irrationnelle praxis, ni une toute puissance éclairée de despote et stratège génial, mais un ensemble de courant dans lesquels on se glisse et contre lesquels on résiste, en masse et non en homme ou personne morale ou physique ou sujet de l’histoire comme il y a des sujets de droits ; en revanche il y a des sujets autoréférenciés repérables et acteurs effectifs…]
Dans la sphère de la production il n’y a plus cette réversibilité conceptuelle et réelle de l’achat et de la vente, il y a un acheteur et un vendeur et cela parce que Marx justement contre A. Smith note que ce que l’acheteur achète n’est pas ce dont il bénéficie, à savoir il achète la force de travail, et il exploite le produit du travail dans son ensemble, et il ne réintroduit que ce qui servira à retrouver en état de se vendre le lendemain de manière identique ; parler de force de travail n’est pas identique à parler de travail et aussi parler de valeur travail ou de fixer les prix par les coût du travail, ce n’est pas pareil que parler de temps travail abstrait, moyen, général et social comme source de la valeur y compris de l’équivalent général qu’est la monnaie… [donc au sein du classique Marx, ce que Foucault soutient dans les mots et les choses, c’est que Marx est un classique en valorisant le travail comme épistémé-référent de cette science naissante au lieu du retour sur l’ « utile relativiste et mathématique » de l’âge second de cette science, tient, pour moi, comme pour Lecourt, l’épistémologie française (Bachelard, Canguilhem, Foucault), collection théorie( 1974) une place conceptuelle étrange, le néoclassique de Walras ou de Taylor, renonce à la valeur/ travail ; mais n’a rien en tant que théorie mathématique de l’équilibre d’incompatible avec des travaux conceptuels comme ceux de Marx, cela en dehors de toute application en terme de politique économique ; idem des monétaristes qui donc veulent en terme de politique économique réduire l’intervention de l’Etat au maintien du niveau de l’inflation et donc d’une équation solide en matière d’équilibre cela ne prouve pas que la théorie de l’équation monétaire prouvée empiriquement et laborieusement par Friedman et donc déjà utilisé par Marx dans la seconde section du capital, soit fausse… comme il le dit lui-même les marxistes aussi mettent en rapport le niveau des prix et la vitesse de circulation et la quantité de monnaie, I.E les soviétiques et les chinois aussi ; mais justement la théorisation de Marx là touche à autre chose, à savoir l’incomplétude de ces recettes pour faire une théorie des cycles valides et autolimité par la lutte des classes économiques… et ses aspects aléatoires ; un indice de cette insuffisance est que Marx lorsqu’il expose cette loi des monétaristes le fait en insistant sur le sens linaire de la lecture, qui dit la relation à l’équivalent général mondial qu’est l’or à l’époque, et quoiqu’il en soit au niveau du travail social abstrait moyen mondial, donc du niveau de la technique et de la productivité mondiale.]
La conclusion est-elle plus classiquement de l’ordre de l’ironie amer à savoir que le salarié qui marche derrière non ardant et affairé est là pour se faire tanner…
« Le capitaliste se réclame donc de la loi de l’échange marchand. Il cherche, comme n’importe quel autre acheteur, à tirer le plus grand parti possible de la valeur d’usage de sa marchandise. Mais voici que s’élève soudain la voix du travailleur, qui s’était tue et perdue dans la tempête et le tumulte du procès de production.
La marchandise que je t’aie vendue se distingue du vulgum pecus des marchandises ordinaires en ceci que son usage crée de la valeur et une valeur plus grande que ce qu’elle coûte elle-même. C’est la raison pour laquelle je te l’ai achetée. Ce qui de ton côté apparaît comme valorisation de capital est de mon côté, dépense excédentaire de force de travail. Toi et moi, nous ne connaissons sur le marché qu’une seule loi, celle de l’échange de marchandise. Et la consommation de la marchandise n’appartient pas au vendeur, qui s’en défait, mais à l’acheteur qui l’acquiert. C’est donc à toi qu’appartient l’usage de ma force de travail journalière. Mais avec son prix de vente quotidien, il faut que je puisse chaque jour la reproduire et la revendre ainsi le lendemain. Abstraction faite de l’usure naturelle due à l’âge et à d’autres facteurs, je dois être capable de travailler demain dans les mêmes conditions normales de force, de santé et de fraicheur qu’aujourd’hui. Tu me prêches en permanence l’Evangile de « l’Economie » et de l’ « Abstinence ». Fort bien ! Je vais, en gérant raisonnable et économe, ménager mon unique fortune, ma force de travail et m’abstenir avec elle de toute folle prodigalité. Je vais en dégager chaque jour, en mettre en mouvement, en convertir en travail que ce qui sera compatible avec sa duré normale et son bon déroulement. En allongeant démesurément la journée de travail, tu peux dégager en une seule journée un quantum de ma force de travail plus grand que ce que je pourrais remplacer en trois jours.
Ce que tu gagnes ainsi en travail, je le perds en substance de travail. Utiliser ma force et la piller sont deux choses complètement différentes. Si l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier moyen qui travaillerait dans la juste mesure, est de trente ans, la valeur de la force de travail que tu me paies chaque jour est de 1/ 365fois30 soit 1/10950 de sa valeur totale. Mais, si tu la consommes en 10 ans, comme tu me paies chaque jour 1/10950ième au lieu de 1/3650ième de sa valeur totale, donc seulement 1/3 de sa valeur journalière, tu me voles donc chaque jour des 2/3 de la valeur de ma marchandise. Tu me paies la force de travail d’un jour alors que tu en utilise une de trois jours. Ceci va à l’encontre de notre contrat et de la loi de l’échange marchand. Je réclame donc une journée de travail de durée normale et je la réclame sans en appeler à ton bon cœur car en matière d’argent il n’y a pas de place pour les bons sentiments. Tu as beau être citoyen modèle, peut-être membre de la ligue pour l’abolition de la torture animale, et de surcroit en odeur de sainteté, la chose que tu représentes par rapport à moi n’a pas de cœur qui batte dans sa poitrine. Ce qui semble battre dedans, c’est mon cœur à moi. Je revendique la journée de travail normale, parce que je revendique la valeur de ma marchandise, comme n’importe quel autre vendeur.
On voit donc : qu’à part des limites tout à fait élastiques, il ne résulte de la nature de l’échange marchand proprement dit aucune limitation à la journée de travail, donc aucune limite au surtravail. Le capitaliste se réclame de son droit d’acheteur quand il cherche à rendre la journée de travail aussi longue que possible et à faire deux journées en une seule. D’un autre côté, la nature spécifique de la marchandise vendue implique une limite de sa consommation par l’acheteur, et le travailleur se réclame de son droit de vendeur quand il veut limiter la journée de travail à une grandeur normale déterminée. Il y a donc une antinomie, droit contre droit, l’un et l’autre portant le sceau de la loi de l’échange marchand. Entre des droits égaux, c’est la violence qui tranche. Et c’est ainsi que dans l’histoire de la production capitaliste, la réglementation de la journée de travail se présente comme lutte pour les limites de la journée de travail. Lutte qui oppose le capitaliste global, c’est-à-dire la classe des capitalistes, et le travailleur global, ou la classe ouvrière. »
K.Marx, Le capital, livre 1 chapitre VIII page 260 trad PUF.
Si Marx ne condamne pas le capitalisme sur la base d’aucune morale a priori ; en revanche comme le développe ce troisième texte il voit dans le capitalisme sur la base de sa seule logique des échanges et de son idéologie morale et religieuse du protestantisme un développement des contradictions conduisant à cela : luttes de classes et violences ; ce qui pour les conditions d’existence de chacun conduit à des différences qui sont alors antagonistes et donc absolues dans leurs relations réelles donc dans leur rapports sociaux conçus comme substantiels à propos de notre subsistance très concrètement individuelle en sa massivité et massification, démocratique et totale, justement.
La lutte pour la durée de la journée de travail est entretenue dans des bornes qui sont élastiques, et déterminées sans que n’apparaissent uniquement des lois strictement économiques de l’échange. En faisant surgir du processus de production, la voix des travailleurs, Marx veut exprimer l’idée que quand le travail intègre les lois du marché avec sa seule propriété à savoir lui-même comme force de travail, ils se trouvent alors opposés par leur seule place distribuée dans les termes des rapports de production et donc de leur logique, ce qui ne l’empêche d’être honnête et vrai, notamment du point de vue religieux, ici, dominant par héritage pratique des rapports sociaux et des mots et idées.
Il ressort de l’analyse du travail dans ses relations aux échanges sociaux que ce qui se met en place avec la marchandisation de toute chose qui se retourne sur l’homme transformé alors en marchandise ; la structuration de la société fait apparaître maintenant, en lieu et place de ce qui a été premier à l’époque du féodalisme et dont témoigne la loi Lechapellier( 1791), à propos des compagnons du tour de France et de l’artisanat, c’est l’appartenance de très longue durée des individus à une classe qui n’est ni une caste, ni une corporation, quoiqu’à un second niveau, les luttes des classes constituent au sein d’un moteur principal, le principe d’une répartition en corporation ou caste politiquement dominante et d’une religiosité aussi émouvante ou dynamisante. Le savoir-faire s’extériorise encore dans la maîtrise de l’outil jusqu’au machinisme et aux ordinateurs, et cela pose à côté du niveau social du salariat, des dimensions subjectives d’esprit de compétence et de corps, y compris de formation interne des ouvriers en leur savoir, qui est pompé et capté gratuitement parfois par le capitaine d’industrie intelligent, et sa valorisation en grille de rémunération, ou prime exceptionnelle ou poste d’ « agent de maîtrise » n’est qu’à côté de l’école un lieu de distinction sur fond de classe… ici le texte de Marx balaye donc tout sauf dans le passage de l’individuel au global dans les oppositions de classe et donc en terme subjectif, ou sujet en luttes et de la lutte ; or de Simondon à Schwarz, en passant par Linhart dans l’établi, ou la confrontation à la fierté ouvrière et à ses ambiguïtés, le sujet, en son ergonomie et technicité est aujourd’hui interrogé et cela montre que la technique porte, avec elle, une dimension autonome aux côtés de l’économique et donc au cœur des forces productives qui entraine un pointillisme dans le passage de l’individuel au global de plus que dans la lecture d’une structuration simple, sauf dans les périodes de crises ou de révolutions violentes ou soudaines dans les forces productives ou alors seule dominent les luttes de classe en visibilité ontologique en « Offenbachung » ! en « Demonstration » comme on dit alors, en Allemand. L’aliénation est donc ici, hors de toute condamnation morale, double : aliénation aux rapports de production et aliénation aux forces productives toujours matérielles même en travail intellectuel donc subjectives et spirituelles.
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