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Réveil Communiste

Mélenchon, le Venezuela, les hypocrites, et les médias

1 Septembre 2017 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Venezuela, #lutte contre l'impérialisme, #Ce que dit la presse

Jean-Luc MELENCHON

En a-t-on lu, en a-t-on entendu des impatients qui devinaient dans le silence estival des vacances de Jean-Luc Mélenchon (occupées aussi à préparer le Rendez-vous de la FI à Marseille) le début d’un lâchage du Venezuela. Il fallait qu’il parle, vite, fort, au moment choisi par les éditocrates et sur ce sujet choisi par eux. Qui n’a remarqué la répétitivité de la question rituelle de fin des interviews des représentants et députés de la FI : « En 30 secondes, le Venezuela, dictature… » ?
Partout ou presque, jusqu’à chez des lecteurs du GS (avouez…), le doute accusateur s’insinua, qui devint presque une certitude pour d’aucuns et jusque dans un article que nous avons publié où, sur la foi d’une citation tronquée par Europe 1 d’une déclaration sur CNews d’un dirigeant de la FI, l’idée germa que par opportunisme politique, la FI abandonnait le Venezuela aux chiens. 
Nous ne l’avons jamais cru et nous l’avons dit plusieurs fois en intervenant dans les 157 commentaires d’un article lu près de 10 000 fois.

Le Grand Soir.

Bigre ! Le Premier ministre et le président de la République en personne m’interpellent ! Mon avis sur le Venezuela les empêche de rentrer dans le calme face à l’opposition. En être rendu à sortir le Venezuela ! Je crois que nous dérangeons beaucoup, nous autres de « la France insoumise ». En effet nous avons réussi notre percée sur la scène de l’opposition au président Macron. Nous avons totalement résisté aux dégâts qu’il a provoqués dans toutes les autres formations politiques. Dès lors, l’opinion a trouvé en nous un emploi d’appui. Et cela se voit non seulement dans les réactions populaires enthousiastes qui s’observent, mais surtout dans la dégringolade des opinions favorables au pouvoir. Finalement, toute la situation nous ramène au rapport de force tel qu’il était le soir du premier tour de l’élection présidentielle, avant le tour de passe-passe du choix « Le Pen ou Macron ».

Dès lors, après un week-end politique réussi avec nos universités d’été, le parti médiatique et la présidence de la République ont ressorti des placards, en toute hâte, les vieux fusils rouillés dont il leur avait fallu se servir pour contrer notre progression en fin de campagne présidentielle. Donc, dès lundi matin à la première heure, tout le système s’est mis à pilonner. Autour de moi, il y avait un concours de pronostics sur ce que serait l’axe de la contre-attaque des Macronistes et de leurs alliés médiatiques. Je dois reconnaître que le thème du Venezuela n’avait pas la meilleure cote, car nous pensions qu’il avait déjà été beaucoup utilisé en vain. Mais ce fut le Venezuela ! Le Premier Ministre et le Président de la République l’un après l’autre, mazette ! Quelle situation tout de même ! À toutes nos questions, à toutes les mises en cause, le pouvoir répond : « Venezuela » ! Ordonnances de travail ? Venezuela ! Rentrée scolaire pourrie ? Venezuela ! « Coup d’État social » ? Venezuela ! Venezuela vous dis-je ! Mais la qualité des deux illustres responsables qui m’interpellent m’obligent à m’exprimer, même si mes amis ont déjà tout dit sur le sujet.

Je précise que si l’un ou l’autre veulent débattre publiquement sur ce thème ou la politique étrangère en général, je suis tout à fait disponible. Comme ils partagent désormais mes thèses sur la Russie et la Syrie, je me dis que j’ai une chance de les convaincre, là encore. En tous cas, je fais ces lignes par respect pour l’initiative du débat qu’ils prennent. Car sinon le sujet, lui, n’est vraiment pas neuf.

Pour ce qui nous concerne, en France, cette campagne du parti médiatique et des conservateurs dure depuis le mois d’avril. En Angleterre contre Corbyn, en Slovénie ou en Italie, elle est plus récente. Mais en Espagne contre Pablo Iglesias, elle a déjà deux ou trois ans. En Amérique latine, la campagne dure depuis 10 ans. Les éléments de langage sont les mêmes, et les grands médias les rabâchent, au mot près, sous toutes les latitudes et partout où il y a une ambassade des États-Unis. Naturellement, le Venezuela n’est pas le seul visé. Tous les gouvernement anti-impérialistes y passent. En général, chacun des épisodes de ce type de campagne est construit autour d’un coup de force qui se prépare ou se réalise. Il n’y a aucune limite de décence ou de crédibilité à cet exercice. On l’a vu quand ce fut le tour de la présidence du Brésil d’être sur le gril. Ceux qui l’accusaient de corruption n’ont certes jamais rien pu démontrer. De plus eux-mêmes ont été pris la main dans le sac de la corruption. Cela n’a pas ralenti un seul jour la campagne internationale contre la présidente brésilienne et ceci jusqu’à sa chute institutionnelle.

La campagne actuelle contre le Venezuela a aussi deux objectifs précis. D’abord légitimer la scandaleuse série de mesures de sanctions économiques pourtant parfaitement illégales, prise en dehors de tout cadre de l’ONU, par les USA. Ensuite, préparer le terrain psychologique d’une intervention militaire des USA. Banal et classique. Le rabâchage, les accusations outrancières sans fondement, bref tout l’appareillage désormais traditionnel est mis en mouvement partout en même temps dans le monde. Il a toujours les mêmes caractéristiques et passe par les mêmes figures de style. Le numéro est rodé depuis la première guerre d’Irak et chaque fois que les États-Unis se préparent à entrer en guerre quelque part.

Nombre des intervenants sur le sujet n’ont souvent aucune connaissance particulière sur le Venezuela, son histoire et le contexte continental. Ils se contentent de réciter dans un ordre ou un autre les mêmes fiches. Il n’y a donc aucune difficulté à les contrecarrer. Mais il ne faudrait pas se tromper de méthodes. Il s’agit d’une lutte. Ce qui est organisé contre nous n’est pas un exercice intellectuel honnête. Nos contradicteurs ne sont pas de bonne foi ! Le plus souvent ils ne connaissent rien au sujet dont ils traitent. Ils utilisent une situation non parce qu’ils se soucient du Venezuela, et encore moins de sa population, mais parce qu’il s’agit pour eux de nous frapper et, d’une façon générale, d’accréditer l’idée qu’il n’existe aucune alternative raisonnable au système économique et géopolitique dominant. Alexis Corbière vient d’en faire une éclatante démonstration à deux reprises en laissant des Cohen et Aphatie sans voix à la première réplique documentée qu’il leur a fait. Voir ici :

À mon avis, il est extrêmement important de laisser tout ce petit monde s’enfoncer jusqu’aux essieux dans cette posture totalement contre-productive à court terme. Car dès que les États-Unis d’Amérique vont entrer en guerre, la réplique des peuples sur tout le continent et dans le monde visera indistinctement tous ceux qui auront contribué à l’agression. Dans l’immédiat, il suffit d’exposer tranquillement la réalité, en ignorant la grossièreté des provocations et en aidant par des arguments les gens à réfléchir d’une manière équilibrée. C’est ce que font tous nos amis qui sont, comme chacun a pu se rendre compte, interrogés sans relâche sur le thème, quelle que soit l’actualité, le jour et heure de l’émission à laquelle ils participent. Parler tranquillement, c’est ce que nous avons fait à notre université d’été à Marseille, sans fuir aucun débat, et sans aucun embarras, publiquement, à l’occasion de la conférence avec Raphaël Correa, et l’atelier sur le bilan de l’Amérique latine, modéré dans les deux cas par Christophe Ventura. Les donneurs de leçon n’étaient pas là, ils n’ont rien suivi, rien noté, rien demandé.

En toute hypothèse, dans le présent, l’identité même des chiens de garde clive l’opinion de façon satisfaisante pour nous. Les gens qui n’ont pas d’idées et veulent avoir une démarche intellectuelle honnête se renseignent. Ils sont poussés du fait même de la violence de la polémique. Leur éducation politique s’améliore donc il est rare qu’après leur enquête ils continuent d’adhérer aux caricatures et outrances que leur sert le parti médiatique. À ce moment-là, leur méfiance et leur mépris pour lui augmente. Et cela nous sert. Combiné à l’effet Bruno Roger-Petit, le Venezuela est une bombe à retardement contre la forteresse des médiacrates.

Ensuite, il faut savoir jouer de l’effet que produit l’unanimité aveuglée des condamnations. Plus ils rabâchent, plus ils disent tous pareils, mieux le moindre accroc déchirera tout le voile de la propagande.

C’est très facile à faire. Prenons un exemple. Le président de la République met en cause notre prétendue « fascination » pour le gouvernement du Venezuela qu’il qualifie de « dictature ». Naturellement, aucun expert ne lui a posé de question dérangeante sur cette caractérisation. Tous se contenteront de noter le « tacle contre Mélenchon » et diverses déclinaisons superficielles du même type. Pourtant cette phrase d’Emmanuel Macron a été prononcée dans son intervention devant les ambassadeurs de France. Un impertinent aurait pu s’intéresser à la déclaration que le nouvel ambassadeur de France au Venezuela a prononcé en remettant ses lettres de créance à Nicolas Maduro, le président du Venezuela. On découvrirait alors que loin d’avoir mis en cause quoi que ce soit celui-ci a au contraire célébré les relations « fraternelles » entre la France et le Venezuela en présence du « dictateur » lui-même.

Supposons qu’il y ait eu le jour de la conférence de ce jour-là des experts qui s’intéressent à l’actualité internationale et en maîtrisent les données. Au lieu de se limiter à des commentaires sur la polémique avec moi, ils se seraient sans doute mis à examiner l’impact sur le fond du dossier des paroles du président. Comme cela n’a pas été fait, je me permets quelques suggestions pour améliorer les fiches des « chroniqueurs », « experts » et autres « commentateurs » qui pullulent sur les plateaux d’autant plus inutilement qu’ils sont tous d’accord sur tous les aspects du sujet. Pour relancer « le débat » sur le Venezuela, quelques détails suffisent. Le président qualifie le gouvernement de Nicolas Maduro de « dictature » ? Cela seul justifie une série de questions très concrètes. Depuis quand le président le pense-t-il ? En effet, le numéro un de l’équipe de communication de l’Élysée, Ismaël Émilien, a fait la campagne pour l’élection de Nicolas Maduro. Exprime-t-il des regrets pour avoir contribué à faire élire un dictateur ? Ou bien le régime du vivant de Hugo Chavez convenait-t-il alors au président et à son conseiller en communication, et même l’élection de Nicolas Maduro ? Je me suis bien amusé à voir la mine sidérée de Jean-Michel Aphatie quand Alexis Corbière lui a répliqué cet argument. Le malheureux ne savait plus quoi dire. Lamentable ! Car cela prouve aussi qu’il n’a aucune mémoire de ses propres questions. Car à l’occasion d’un de mes passages au Grand journal, qui était alors animé par Michel Denizot, l’immense monsieur Jean-Michel Aphatie m’avait reproché la présence auprès de Nicolas Maduro de l’agence de communication qui employait Monsieur Ismaël Émilien. Son reproche avait un prétexte amusant : cette agence faisait campagne pour des dictateurs en Afrique !

Après ce hors-d’œuvre, passons au plat plus consistant. Si le président français considère que Nicolas Maduro est un dictateur cela veut-il dire qu’il condamne la droite vénézuélienne qui a décidé de participer aux prochaines élections régionales ? Car s’il y a des élections auxquelles l’opposition choisit de participer, c’est donc que ce n’est pas une dictature ! Cela signifie aussi et par voie de conséquence que le président français est donc solidaire de l’extrême droite vénézuélienne qui refuse de participer aux élections. Cela veut-il dire qu’il approuve les méthodes de celle-ci dans leur combat contre la « dictature » ? Faut-il rappeler lesquels ? Attaquer les polices fédérales et municipales avec des voitures bélier, assassiner des députés chavistes, tirer sur les contre-manifestants, brûler vifs des militants chavistes de préférence à la peau noire ? Je suis bien certain que Macron ne le souhaite pas. Ni monsieur Jean-Michel Aphatie, ni Monsieur Patrick Cohen, ni aucun des récitants médiatiques. Dans ce cas, pourquoi ne le disent-ils jamais ? Pourquoi n’émettent-ils pas la moindre réserve à l’égard de l’opposition d’extrême droite au Venezuela qui tient le haut du pavé ? Mais s’il condamne la ligne extrémiste et violente, alors quel moyen envisage-t-il pour en finir avec le « dictateur » ? Le président français approuverait-il une intervention militaire des États-Unis ? Approuve-t-il le régime des sanctions économiques unilatérales imposées par les USA au Venezuela ? Ce sont des questions très concrètes de la politique internationale telle qu’elles ont été mis sur la table par le président des États-Unis lui-même. Heureusement pour Emmanuel Macron, en France, l’officialité médiatique ne pose pas de question sur le fond des dossiers en cours.

Encore un exemple. Personne en effet n’a demandé au président français comment la conférence qu’il propose de réunir avec les pays d’Amérique latine sur le sujet se combine aussi bien avec l’existence de l’ONU qu’avec les divers organismes régionaux dans lesquels siègent déjà tous les pays d’Amérique latine. Non seulement ceux-ci se sont déjà exprimés mais en toute hypothèse il devrait paraître naturel de considérer qu’ils sont tout de même les mieux placés pour trouver des solutions. L’incroyable arrogance de l’initiative Emmanuel Macron n’a posé problème à aucun des « chroniqueurs », « experts », « commentateurs », etc. qui ont ensuite bavardé sur les plateaux de télévision. Sans doute pour eux les nations d’Amérique latine sont-elles un ramassis d’indigènes folkloriques qui doivent attendre des dirigeants européens les solutions responsables.

Ce n’est pas tout. Personne non plus n’a pensé à demander au président français s’il savait qu’il y a déjà un européen sur le terrain qui a été chargé d’une médiation entre les protagonistes ! En effet l’ancien premier ministre espagnol, le socialiste Zapatero, accomplit cette mission. Comment l’initiative Emmanuel Macron se combine-t-elle avec celle de Zapatero ? Tout le monde s’en fout ? Personne n’est au courant ? Que pense le président Macron des conclusions auxquelles est parvenu Monsieur Zapatero ? Pour ma part, je les approuve. Mon ami Pablo Iglesias, leader de Podemos, a dit qu’il les partageait à 100 %. Et Macron ? Et Jean Michel Aphatie ? Et Patrick Cohen ? J’ai le droit de les interpeller. Ces journalistes se comportent en militants politiques. Ils se contentent de réciter des lignes argumentaires. Un militant comme moi peut donc poser les questions qu’ils oublient de poser ! En ce moment, c’est très tendance cette inversion des rôles !

Jean-Luc MELENCHON
30 août 2017.

 

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jean-Yves LEBLANC 04/09/2017 11:11

Un sot qui marche va plus loin qu'un sage assis; remplacer "sot" par "réformiste" et "sage" par "révolutionnaire"

Je m'étonne que Réveil Communiste puisse, par cette formule lapidaire, soutenir le réformisme.
Le réformisme, que je sache, tout le long du 20 ème siècle et pendant tout le début du 21 ème n'a servi qu'a duper le peuple de gauche et à le servir au capital sur un plateau. Ma méfiance à l'égard de Mélenchon n'a donc rien d'une quelconque attitude de repli vertueux et immobiliste. Il y a bel et bien un risque de reconstruction d'un nouveau "PS" sur les ruines de l'actuel, à partir de la mouvance de gauche radicale.
J'espère que vous ne me prenez pas pour un inconditionnel du PCF qui lutterait contre le "rival" Mélenchon et qui croirait que le "révolutionnaire assis" que vous critiquez est le PCF. J'ai été membre du PCF mais je l'ai quitté en 1984 après 3 ans de dissidence contre la ligne de collaboration adoptée dès 1981. Je suis resté au SNES jusqu'à mon départ en retraite mais au prix d'incessantes querelles avec les directions qui pratiquaient le "vigilant mais constructif". Les trahisons à gauche, je connais et celle du PCF m'a coûté bien des tourments.
Votre article "Analyse de la défaite de Mélenchon" dit à peu près la même chose que moi. Simplement depuis mai dernier, certains ajustements opportunistes de Mélenchon s'affirment, comme par exemple les reculs sur la sortie de l'UE, thème fondamental puisque, sans sortie de l'UE et de ses traités, la réalisation d'un programme de gauche est impossible.
L'article de GUIGUE auquel Mélenchon se réfère est important car il montre combien la gauche "radicale" (ses leaders et ses bases) est imbibée des poncifs de la propagande capitaliste néo-libérale.
Il n'y a plus de parti communiste d'avant-garde pour mettre les pendules idéologiques à l'heure et pour influencer y compris les bases des partis réformistes. Aussi, l'Insoumis type (on le voit dans les "157 commentaires") (type ne signifie pas tous les Insoumis, bien sûr) est passionné par la défense des minorités, par les LGBT, par les droits de l'homme, par l'écologie et la "règle verte" plus que par la revendication des hausses de salaires. Il est plutôt européiste, pour la décroissance, très bio - médecines douces - tout local. Il est anti-nucléaire, anti-voitures, anti-science, anti-industrie, anti-chimie, anti-technique. Il verrait d'un bon oeil la surtaxation de l'électricité, du gaz, des carburants, l'instauration de taxes écologiques en tout genre. Il croit dur comme fer à la religion officielle de la "catastrophe climatique" et pense qu'au nom de la "survie" de la planète, l'austérité est nécessaire. Il faut juste la partager entre riches et pauvres ... Enfin, il est "anti-fasciste" à la nouvelle sauce, en vertu de quoi il considère que les quelque 40% de la classe ouvrière qui vote FN sont des ploucs fachos et que leur préoccupation de stopper l'immigration ou de défendre la "patrie" en sont bien la preuve.
On est loin des préoccupations d'un parti de la classe ouvrière. Hélas ils sont, pour l'instant nos seuls partenaires de gauche. Les organisations idéologiquement fiables sont rares et groupusculaires (PRCF par exemple) et le PCF/PGE n'est plus qu'une vague machine à faire réélire ses dernier élus. Il faut faire avec cette situation particulièrement piègeante.
Un mot encore sur le Programme Commun. Il est presque unanimement considéré comme ayant été l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Et pourtant c'était un programme progressiste, cohérent, signé par trois vrais partis et l'un des signataires était un parti communiste fort et influent qui avait les moyens de tenir les deux autres en respect. Bref c'était la seule stratégie réaliste et crédible d'accès au pouvoir d'un gouvernement de gauche par les élections. Ce qui me frappe, c'est qu'aujourd'hui, beaucoup des camarades critiques du Programme Commun remettent, sans barguigner, l'avenir de la gauche dans les mains des Insoumis qui est un mouvement hétéroclite plus qu'un parti, qui n'a aucun cadrage de la part d'un parti communiste, et dont l'orientation idéologique est essentiellement celle d'un "gourou", Mélenchon, sympathique certes, mais au passé trotskiste, social-démocrate et européiste peu reluisant.

Réveil Communiste 04/09/2017 14:06

La consultation des "insoumis" entre les deux tours a donné environ 2/3 contre le vote Macron, je pense que cela reflète assez bien le rapport de force interne entre "populistes" et gauche réformiste ripolinée. La FI a bien des cotés insuffisant ou m^me ridicules, mais que dire alors du PCF? Quant aux autres, ils n'existent pas politiquement.

jean-Yves LEBLANC 03/09/2017 10:51

"Nous ne l’avons jamais cru et nous l’avons dit plusieurs fois en intervenant dans les 157 commentaires d’un article lu près de 10 000 fois."
Cet article du Grand Soir, est un article très pertinent de Bruno Guigue sur "l'effondrement idéologique de la gauche française". Je l'ai lu et relu. J'ai participé au débat des "157 commentaires". Il ressort clairement de l'article et du débat qui le suit que le dossier "à charge" sur le Vénézuela contre le "silence" de Mélenchon et les déclarations d'autres Insoumis est loin d'être imaginaire. La défense des Insoumis relève de la casuistique et du recours au contexte pour atténuer le caractère embarrassant des déclarations de plusieurs leaders de la nébuleuse insoumise (FI, Ensemble, PG ...). Par contre les déclarations de Mélenchon sur la Syrie, la Corée du Nord et précédemment sur la Lybie sont on ne peut plus clairement Atlantistes et pro-USA.
Quant à l'attitude sur la sortie de l'UE, c'est tout et son contraire.
J'ai voté Mélenchon et je soutiens les Insoumis ponctuellement si ça peut aider les luttes ou relancer l'idée de gauche qui est bien mal en point. Mais je n'ai aucune illusion. Mélenchon est un social-démocrate. La dégringolade du PS laisse une place vide sur l'échiquier politique: celle d'un parti social-démocrate de gouvernement que, de toute évidence, Macron ne peut remplir.. Mélenchon ambitionne (pour moi cela ne fait pas de doute) de transformer la nébuleuse insoumise en un futur PS. La parenté qu'il revendique haut et fort avec Tsipras, Podemos et le Labour de Corbyn en est un signe.
Rappelons que pour devenir parti de gouvernement, le PS signa en 1972 le Programme Commun dont le contenu était quasi-révolutionnaire selon les normes d'aujourd'hui. Les louables positions de gauche de Mélenchon peuvent être comprises comme une démarche opportuniste semblable qui lui permettrait de faire de la nébuleuse Insoumise le PS de demain. Opportunisme signifie récupérer les déçus du PS et la gauche "radicale" mais aussi faire profil bas sur des sujets clé "qui fâchent" comme les crises de politique étrangère ou la question centrale de la souveraineté nationale.

Réveil Communiste 05/09/2017 17:26

Je connais pas mal d'Insoumis qui sont sur la ligne populiste (gauche nationaliste) et non sur la ligne trotskyste, et certain qui viennent du trotskysme évoluent bien. Quant au PRCF, il a été très bien durant cette campagne.

jean-Yves LEBLANC 05/09/2017 10:03

Je suis totalement d'accord avec votre appréciation du PCF. Je suis aussi sévère que vous et même plus encore.
Je suis également d'accord sur le fait que les autres (PRCF par exemple) n'existent pas politiquement ... et ne sont pas près d'exister.
Ce qui nous laisse dans un profond désarroi politique. Dans ce cadre, je comprends parfaitement votre démarche qui, je crois, se résume à: 'faute de mieux, soutenons l'ouverture faite par les insoumis, quitte à risquer une trahison genre Tsipras car autrement nous sommes voués à ne rien faire d'autre que de parloter entre nous.'
Ce qui me chiffonne, ce sont ces millions de petites gens qui votent FN pour des raisons que je comprends parfaitement. L'émergence d'une vague capable de bouleverser le système repose sur eux or j'ai l'impression que les insoumis ne se préoccupent guère de cette France-là. Plusieurs commentaires que j'ai postés sur Le Grand Soir et dans lesquels j'évoquais la prise en compte des aspirations de cette partie de la classe ouvrière ont suscité une violente hostilité. J'estime aussi que la question de la souveraineté nationale est un prérequis absolu en amont de tout programme de gauche (idée qui n'est guère partagée chez les Insoumis). Dans cette double optique, j'ai pour ma part, soutenu la démarche du Comité Valmy au moment des élections bien que n'ayant aucune certitude sur la stratégie permettant d'avancer lorsqu'il n'y a plus de parti communiste authentique et fort.

Réveil Communiste 03/09/2017 11:04

Un sot qui marche va plus loin qu'un sage assis; remplacer "sot" par "réformiste" et "sage" par "révolutionnaire"