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Réveil Communiste

La répression des intellectuels contre-révolutionnaires est-elle légitime, est-elle utile?

7 Août 2017 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #GQ, #Front historique, #Théorie immédiate

 

 

La dictature du prolétariat était-elle (est-elle) une "dictature tout court"? la répression qu'elle inflige aux intellectuels exprimant des tendances bourgeoises est-elle légitime? Je pense que oui. Est-elle toujours souhaitable? Non, dans la mesure où la critique de bonne foi renforce ce qu'elle critique. Mais il n'existe plus guère de critique de bonne foi provenant de la bourgeoisie.

Ces questions méritent un vrai débat. Mais pour faire comprendre mon point de vue, je dirais que :

1) Dans l'image que l'on se fait de la dictature révolutionnaire, il ne faut accorder aucun crédit à la critique émanant des adversaires du socialisme, et il y en a effectivement qui sont déguisés en partisans du socialisme. Démasquer ces derniers est une tâche ingrate et nécessaire. Quant aux faits de l'histoire des révolutions tels qu'il sont rapportés par l'histoire et les sciences humaines bourgeoises, ils sont présentés voire créés dans un "storytelling" séculaire, de manière à diffuser la peur chez les professionnels de la pensée, l'éclectisme invertébré, le conservatisme prudent et la pusillanimité historique, ou parfois un romantisme révolutionnaire complètement désarmé.

2) Il n'existe pas dans la vie réelle de garanties absolues permettant d'éviter par avance les excès, les abus, et la superstructure juridique qui prétend les fournir, quelques soient les bonnes intentions souvent des juges et des avocats de gauche, travaille structurellement à la protection de la propriété privée et à la conservation de l'ordre capitaliste. Les droits de l'homme ne sont que les droits du bourgeois, et ils n'ont jamais protégé personne en dehors de cette classe.

3) La dictature du prolétariat est un régime de transition où le parti du prolétariat exerce tous les pouvoirs. Il faut souligner le mot "transition" qui signifie qu'il s'agit d'un état d'exception comparable à la guerre .

4) S'il n'apparait pas à nouveau une génération révolutionnaire comme celle de 17, capable de perpétrer ces grandes "voies de fait" que sont les révolutions, le capitalisme règnera éternellement (c'est à dire pas très longtemps, jusqu'à ce qu'il ait détruit l'humanité).

5) Souvent le recul moralisant par rapport à l'histoire communiste s'explique par d'une part le manque de détermination morale, d'autre part le refus inconscient des fins de la révolution prolétariennes, qui doit effectivement mettre fin à l'individu bourgeois, et à sa psychée, qu'elle soit romantique, mégalomane ou gestionnaire.

6) Les intellectuels dans une société à un moment donné reflètent un passé et un état des contradictions dans cette société, où leur liberté créatrice et leur conscience est étroitement conditionnée. Ils n'aiment pas qu'on le leur dise, personne n'aime avoir à en rabattre sur son prestige et ses illusions. Et la situation qui les a créés est rapidement dépassée en période révolutionnaire. Ce qui rend parfois difficile le débat est leur sur-représentation chez les militants de gauche qui prétendent avoir un mot à dire sur la révolution. Il faut éviter de se retrouver dans la situation d'un parti du prolétariat où il n'y a plus de prolétaire du tout.

7) Ce n'est pas le stalinisme, quoiqu'on entende exactement par ce terme, qui fut le fossoyeur du socialisme, c'est le retour en force de la culture bourgeoise en URSS comme partout. Ce retour est une conséquence du retard de la révolution culturelle sur la révolution économique, sachant que cette révolution culturelle n'a que très peu de rapport avec la creuse culture d'avant-garde diffusée partout qui s'est développée au XXème siècle dans la bohème internationale, de Paris à New York et de Berlin à la Californie, et qui est devenue l'académisme du "nouvel âge du capitalisme". Le soi-disant stalinisme, n'est rien d'autre que la contre-violence exercée par des révolutionnaires déterminés engagés en terre inconnue, sur une voie où personne ne les avait précédés.

8) Dans la société bourgeoise, les intellectuels se voient attribuer le rôle de spécialistes de la conscience et de la liberté, au détriment des hommes sans qualité, et revendiquent plus ou moins consciemment à ce titre un statut dérogatoire sur tous les plans, qui leur permettrait d'échapper à toute responsabilité, et à tout jugement, moral, esthétique, historique ... Mais ce n'est que le coté jardin du maintien de l'ordre social, dont la police et les tribunaux sont le coté cour.

L'analyse des erreurs des révolutionnaires au pouvoir peut aboutir à deux conclusions opposées : la révolution n'est, somme toute, pas souhaitable. Ou la prochaine devra aller beaucoup plus fort et plus loin. Il va falloir reprendre le pouvoir dans la culture (le "smart power" utilisé par la bourgeoisie qui use simultanément de raison, de séduction, de ruse et de contrainte) en posant l'évidence que la révolution qui conduit à la prise du pouvoir du prolétariat est un droit absolu, qu'elle est même le fondement de tous les droits futurs.

 
PS : de même qu'il y a de faux révolutionnaires qui se prennent pour des vrais à foison dans l'université et - moins de nos jours - dans les médias, il y a aussi de grands intellectuels "faux conservateurs", dont le plus illustre a été Balzac, source d'inspiration inépuisable pour Marx. On peut y adjoindre Kafka, l'explorateur des contradictions du capitalisme du XXème siècle, qui fascinait Georges Lukacs. Et, contre ses intentions conscientes, Dostoïevsky.
 
GQ, 2 août 2017

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Christian 03/08/2017 23:46

Oui Gilles comme tu le dis s'il n'apparait pas une generation revolutionnaire comme celle de 1917 nous (l'humanite) et notre planete-mere seront dans la merde car la classe dominante bourge detruira les deux plutot que de detruire son propre systeme economique, c'est la nature meme de la Bete (immonde), elle n'y peut rien.

Il y a 100 ans en Russie 11 millions de paysans et ouvriers en armes ont balaye la bourgeoisie et ses chiens d'appartement soci-a-l'eau comme on balaye une plume. La bourgeoisie etait incapable de controler le cerveau de ces 11 millions de soldats.

Malheureusement ce n'est plus le cas aujourd'hui. La classe bourge detient dans sa poche la conscience de la majorite ecrasante des proletaires et des petits bourgeois et son regne est a peu pres assure meme si elle doit refaire la façade tous les 4 ou 5 ans. Evidemment si le capitalisme se retrouvait en condition de catastrophe economique majeure ou de guerre mondiale OTAN contre la Russie et Chine, tout pourrait basculer en notre faveur et on pourrait revoir un 1917.2 , apres evidemment beaucoup de sevices et de malheurs pour la majorite du peuple.

Dans tous les cas ce ne sont que des nuages noirs a l'horizon.