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Réveil Communiste

Réaction au débat politique télévisé du 20 mars : sur l'international, Hamon est le pire et Macron le plus dangereux

22 Mars 2017 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #élection 17

LA QUESTION INTERNATIONALE AMPUTÉE DE LA QUESTION CENTRALE EUROPÉENNE

#DébatprésidentielTF1

Sur l'International, effectivement François Fillon est bon. Benoit Hamon se vautre, Marine Lepen... bon, on ne va pas la refaire, Emmanuel Macron, et là je suis d'accord avec la Blonde, est désespérément inodore et sans saveur à force de ne pas se permettre d'avoir des convictions pour concilier l'inconciliable sur le dos finalement des intérêts du peuple, en étant très européiste jusqu'à en sacraliser indiscutablement la prédominance institutionnelle, à ses yeux indiscutable. Il faut dire qu’il a dû tout récemment, donner des gages à Angela Merkel. Enfin Jean-Luc Mélenchon à qui subitement on a demandé d’ouvrir le feu dans le désordre à ce qui dans les passages lui fût jusque-là imposé, à mon avis frustré que la question européenne soit mise sous le boisseau, trouvant la question terroriste non prioritaire car bien évidemment à inclure dans le consensus international autour de la Paix contre le choix des alliances, s’en est senti quelque peu « alerté ». Et le journaleux de lui faire le procès de minorer le facteur terroriste.

Jean-Luc Mélenchon inspire alors une convergence vers lui de François Fillon, presque lui passant le témoin sur une ligne somme toute gaullienne d'une concertation entre les nations, de l'Europe jusqu'à l'Oural, dans un souci de Paix. Il récuse totalement que nous soyons plus historiquement compatibles, comme le déclare Emmanuel Macron : avec les USA que la Russie. Ce que pensait également le Général de Gaulle, fût-ce face à l’URSS.

Ce qui sort de tout cela est qu'entre tous, c'est Benoit Hamon qui assume le plus une inconséquence, en s'acharnant à diaboliser plus que l’autre compétiteur choisi par le P$, l'ennemi imaginaire de son choix, en soutenant un régime ukrainien qu'il prétend démocratique quand cette démocratie a organisé en sous-main des votes pour mettre au pouvoir un régime néo nazi, aux ordres de d'installations à bas coût d’industries surtout allemandes sur son territoire, esclavageant un peu plus sa propre population. De quoi s’en mettre à gauche. C’est ce régime-là, et la Pologne comme la Hongrie ne sont pas mieux, qu'on s'empresse d'inviter dans l'Europe, et qui permet à petit Benoit de bouleverser sans vergogne le sens de l'Histoire de la région, sur l'origine russe de la Crimée. Rappelons tout de même que celle-ci fût donnée à l'Ukraine par Kroutchev qui était à moitié de ce pays, alors qu'auparavant, elle a toujours été russe et a tenu à le rappeler récemment dans son référendum de rattachement à sa «Matouchka».

Je suis cependant convaincue que tout rassembleur compulsif qu'il soit de son côté, Emmanuel Macron serait celui qui approfondirait le plus malgré tout, cette inconséquence belliqueuse dans sa politique suiviste radicale pour le coup de la création de l'Europe de la Défense. C'est peut-être sans doute le seul instant où je lui ai vu une opinion réelle. A ce titre, Benoit Hamon se fourre le doigt dans l’œil s'il pense pouvoir garantir à minima une indépendance française et faire une réforme de l'Union Européenne, sans endosser la responsabilité des siens dans le "non" européen de 2005. J’en fais un « paquet groupé » autour de la table. Et en cela, même si cela m'énerve, Marine Le Pen a beau jeu de le souligner. Je ne sais plus qui rappela la façon dont on a bougé les frontières dans les Balkans, tout en arguant d’une volonté démocratique pour l’Occident à intervenir, et là François Fillon pointe utilement le droit à l'autodétermination des peuples, ce qui m'a quelque peu éberluée quand je me rappelle l'invasion de la Libye, en marquant le passé d’une intervention hégémonique à l'Est, effectivement, en dépit des peuples pour bouger ses frontières. C'est ce que craint fort justement actuellement Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui dans une transposition polonaise et hongroise de l’escalade belliqueuse attisée actuellement à l’Est, avec des régimes fascistes. Vladimir Poutine a d’ailleurs évité, connaissant la musique des tactiques nord-américaines, que les frontières au Proche Orient, au motif de pacifier la région, soient redessinées en fonctions des identités ethniques (Kurdes) et des divers courants religieux musulmans ( je passe sur les Chrétiens d'Orient), façon de « casser » le socle syrien qui a eu l'audace de refuser une histoire de pipeline. On ne pardonne pas à Assad ce que l'on permet à un Sassou. Pour la Russie, sur ses propres frontières menacées, c'est un jeu de dominos sans fin qui n'est plus contenu par la dissuasion nucléaire, puisqu'on fait des missiles à courte portée pour des frappes plus chirurgicales. Donc il vaudrait mieux effectivement faire profil bas sur le rôle catastrophique que nous avons eu en Occident, dans les dommages collatéraux depuis la dernière guerre mondiale – à se demander si Hitler lui-même n’en serait pas aujourd’hui jaloux - pour imposer notre bel humanisme partout où notre regard concupiscent se porte, ce à quoi s'agissant de l'Irak, Jacques Chirac, comme le rappelle très justement Marine Lepen – double énervement - eut honneur à refuser l'implication de la France.

Sur la Russie, je pose la question de savoir si avec tous les reproches qu'on peut lui faire depuis l'avènement de Vladimir Poutine, dans un pays constamment menacé aux frontières, voire infiltré dans ses oppositions, en état d'urgence constant, en fait depuis la Chute du Mur qui ne fût sciemment pas organisée dans un nouveau Yalta, pour éviter la stabilité du peuple russe dans l'après ; ce que nous aurions fait les grands démocrates que nous sommes si nous avions vécu cette indignité permanente et humiliante ? C'est ainsi qu'on provoque une résistance nationale qui manie une souplesse tactique fulgurante et prémonitoire, pour contrer cette guerre froide artificiellement entretenue. En ne l'associant pas dans le concert de nos nations, on a rendu ce pays encore plus nationaliste et patriote, avec une population rangée très majoritairement malgré des privations, y compris dans le droit de ne pas être d'accord, derrière Vladimir Poutine. L'aveu pitoyable de Benoit Hamon qui consiste à prévenir ses détracteurs sur la manière d'approcher ce dernier, qui n'a jamais répondu jusqu'ici aux agressions, humiliations (oubli de la libération de l'Europe des Nazis après la guerre lors du D Day rappelée utilement par François Fillon), en dit long sur son incapacité à négocier une alliance de concertation comme Vladimir Poutine sut le faire avec son vieil ennemi héréditaire, la Chine, pour former les BRICS. Sa réponse face à tant d’ingérences et d’arrogances est particulièrement habile car elle n’est pas guerrière mais économique, sur le terrain de ce qu’impose l’Occident et qui n’en est pas moins une guerre des plus meurtrières quand elle déclenche la faim et les guerres ethniques. Benoit Hamon sur le plateau n'a su que montrer une hystérie haineuse, presque à en trépigner, y compris s'agissant de Assad, alors que la position majoritaire dans cette émission, et je dois bien englober là-dedans Marine Lepen, consiste à la décence qui consiste à ne pas s'ingérer dans les affaires d'autrui. Il va même jusqu'à s'indigner qu’on puisse enfin ouvertement dénoncer le soutien de son gouvernement à la supposée rébellion modérée d'Al Nosra, dans laquelle Laurent Fabius s'illustra particulièrement. Il aurait fallu qu’il soit un tant soit peu convaincu de porter fièrement à l'extérieur nos valeurs de la République, pour hausser ladite négociation comme le fit de Villepin à l'ONU, en regard de ce que fût la France avant que Nicolas Sarkozy ne commence à la brader, ce que je mets cette fois dans le jardin de François Fillon. Petit Benoit décidément, démontre vraiment qu’il n’a absolument pas la stature d’un Chef d’État et perd là en toute fin, toute crédibilité à être autre chose que le représentant d’un clan d’intérêts bien compris. Emmanuel Macron s’érige quant à lui en syndicat des intérêts lobbyistes d’un MEDEF européen, voire clintonien.

En tout état de cause, sur la question du sang versé au nom de nos belles valeurs, Vladimir Poutine, même en incluant auparavant la période Yeltsine excessivement oligarque, n'a pas réussi l'exploit de dépasser l'Occident, loin de là. Donc à bas Benoit Hamon, vive Jean-Luc Mélenchon, qui s'en est bien sorti face à l'agression de ce dernier qui voulait l'emmener ailleurs que dans sa préoccupation de la Paix. "Lafarge" : banco pour le démanteler, au même titre que la lutte implacable contre les "terroristes". Mais notons que les méfaits de ceux-ci sont en portion congrue quasi indécente par rapport à ce que subissent le Yémen, l'Irak encore aujourd'hui et enfin la Syrie, pour ne parler que de cela, ce que regrette la panafricaniste d'une guerre plein la bouche désignant notre territoire. Et là François Fillon n'a pas invoqué de convergence, ni personne d'autre d'ailleurs parmi les deux autres compétiteurs compromis, dans le rappel de la collaboration industrielle et financière de l'Occident dans cette affaire, qu’il convient effectivement de châtier au même titre que les « terroristes ». Marine Lepen a également subitement fait tapisserie.

Comble de l'hypocrisie, cette invocation tout à la fin quasi unanime à revoir les alliances avec les wahhabites, en fond subitement déclaré de ce terrorisme français, alors que deux gouvernements successifs ont tendu la main, voire se sont couché devant l'Or noir, ne me feront pas oublier une certaine licence à laisser le fondamentalisme islamique se promener dans les quartiers en construisant ce que nous connaissons aujourd'hui sur le terreau des frustrations des populations ghettoïsées. Nicolas Sarkozy a aussi a été fort indulgent en la matière et François Fillon devrait bien se souvenir des origines de la question libyenne dont il fût partie prenante que je sache, qui aujourd'hui menace effectivement l'Afrique subsaharienne. Et bien entendu, qu'elle soit imaginaire ou réelle, cette insécurité, elle symbolise avant tout dans le vote plutôt provincial et banlieusard en faveur du FN qui se dessine en France dans ces Présidentielles, l'incertitude que provoque surtout la décadence de nos institutions. Même vivant dans une ville paisible et sans « réfugiés » à ses portes.

Restait alors effectivement à Jean-Luc Mélenchon à "ramasser la mise" en se faisant, avec raison parmi tous ces candidats, le parangon de la vertu politique. Il sort d'ailleurs prochainement un livre sur la question, si le cœur vous en dit.

Car qui peut le targuer d'hypocrisie ? Personne, car qui ne fait des erreurs, ce qu'il reconnait pour lui-même bien volontiers, surtout à mon sens quand l'inclination de son cœur voire de sa loyauté à ses anciens alliés politiques, occulte parfois la grande lucidité de sa pensée.

Claire BOUTHILLON

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