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Réveil Communiste

Manifestation et répression à Kidal (Mali) contre le séparatisme

5 Août 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Afrique, #Répression, #Impérialisme, #L'Internationale

Manifestation et répression à Kidal (Mali) contre le séparatisme

Signalé par Roland Diagne

Déclaration du MP22

La marche des jeunes à GAO et la lutte patriotique à KIDAL

Le mardi 12 juillet, le régime néo-colonial d’IBK, marchant aux ordres de la France a interdit la marche de protestation de Gao animée par les groupes de jeunes patriotes dits « patrouilleurs de Gao » et « Nous pas bouger ». Cette marche avait pour objectif de dénoncer pacifiquement l’installation de dites « autorités intérimaires » et exiger l’intégration des jeunes de Gao dans le processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR).

Le régime autocratique d’IBK, son gouverneur à Gao , la police et la gendarmerie locales ont cyniquement tiré à balles réelles sur la marche , faisant parmi les seuls manifestants 3 morts et une trentaine de blessés.

Après ce bain de sang, le gouvernement paniqué s’est empressé de publier un communiqué confusionniste où :

- il fait état de morts « de part et d’autre » !!!,

- annonce l’envoi à Gao d’une délégation ministérielle pour « apaiser la situation »

- et promet « une enquête » sur les évènements.

La propagande du gouvernement insinue surnoisement que la marche était infiltrée par des gens armés. Mais il n’est pas prouvé qu’il y a eu un mort du côté des forces de l’ordre. C’est si vrai que le lendemain, le porte-parole du gouvernement, Me Mountaga Tall, se gardant de reprendre la thèse du communiqué gouvernemental s’est contenté de préciser : « 35 blessés dont 4 parmi les forces de l’ordre ».

L’indignation et la protestation populaire dans tout le pays s’est élevée jusqu’à contraindre le président de la république en personne à déplorer une « erreur évitable » tout en attribuant le rejet manifeste des « autorités intérimaires » à on ne sait quelles « interprétations erronées. »

Cette mascarade ne passe pas. Selon le MP22, la répression de la marche de Gao relève d’un terrorisme d’état délibéré !

La police et la gendarmerie de Gao ont d’abord invoqué « l’etat d’urgence » à l’effet de parvenir illégalement à empêcher la marche. Ensuite, à la veille de la marche, ils ont encerclé les sièges de groupes jeunes, fait du porte à porte, arrêté et mis prison plus de trente personnes dans la foulée. Toutes ces exactions préméditées ne leur ont pas suffi, ils ont tiré le lendemain, avant de s’efforcer avec leurs chefs du gouvernement de brouiller les pistes. Voilà pourquoi les jeunes réclament tranquillement le départ du gouverneur, des directeurs de la police et de la gendarmerie ! Ils doivent être entendus et soutenus. Les manoeuvres dilatoires d’IBK ne sauraient non plus l’excuser lui, son pouvoir et ses maîtres de la France, la Minusma et Barkhane. Le résultat notoire de plus d’une année de blocages, de tergiversations, de chantages, d’« arrangements sécuritaires » et autres « ententes » entre le gouvernement et les groupes armés de la CMA et de la Plate-forme a été :

- la création au forceps des régions de Ménaka, Taoudénit et l’adoption de mesures réglementaires qui les ajoutent aux régions de Kidal , Gao et Tombouctou comme base de la création de toutes pièces de l’Etat fantôche de l’Azawad et du démantèlement du Mali.

- et la proclamation à cet effet des « autorités intérimaires » (avec installation prévue entre le 15 juillet et le 15 août , plus les services techniques qui leur sont liés et sont censés être déployés du 1er aout au 30 septembre). Les autorités intérimaires ont été initialement prévues de façon contradictoire, pour les régions dépourvues de « collectivités territoriales » et pour tout le pays (selon l’impayable Ag Erlaf). A présent elles ont été cyniquement étendues et limitées aux 5 régions du Nord !!!

Ces autorités ont été proclamés « intérimaires et transitoires ». Mais les maliens perçoivent de plus en plus que c’est là un abus et un mensonge. Par les pouvoirs qui leur sont dévolus ces autorités se veulent non seulement définitives mais relèvent des lois séparatistes décriées par tout notre peuple y compris l’opposition et même certains députes au sein du RPM.

IBK, a agité à Kidal contre le GATIA ( Groupe Touareg Imghad et alliés) et contre le Gl Gamou le même autocratisme et le même terrorisme d’Etat à seule fin de garantir les privilèges de la CMA et ses chefs Ifogas (privilèges, que nous voyons déverser sur Bilal Ag Acherif et la terroriste notoire Nina Wallet, débauchée d’abord dans la commission Vérité Justice et Réconciliation, puis recrutée en solo au gouvernement en dehors de toute consultation avec la CMA). Mais le rapport des forces marqué par la suprématie du GATIA à Kidal a obligé nos autocrates à renoncer aux projets funestes d’expulser Gamou et le GATIA de Kidal sous peine de subir une cascade de démissions des chefs de l’armée. Kidal a fait l’objet à Niamey d’un « compromis » de cogestion politique et militaire de la ville, en attendant la libération totale du pays qui exige la destruction des jihados-séparatistes et le départ de toutes les troupes impérialistes d’occupation. Rappelons à cet effet les propos tenus en 2014 par Gamou, propos révélés par le conseiller militaire de l’ambassade de France à Bamako: « Si vous vous laissez abuser par ces bandits du MNLA, qui ne représentent qu’eux-mêmes, en les soutenant dans leurs revendications d’autonomie ou de fédéralisme, vous serez tôt ou tard responsables des conséquences qui en découleront. Car, aucun Malien, qu’il soit du nord ou du sud, ne l’acceptera. Les Maliens préfèrent mourir que de l’accepter » Canard Déchainé du 22 oct 2014.!

Le MP22 n’a jamais cru, un seul instant que les diktats impérialistes d’Alger et Bamako pouvaient être porteur de « paix et réconciliation » !

A l’évidence, ces dits « accords » ont consacré bien au contraire tout le processus guerrier de transition chaotique pour démanteler le Mali et créer de toutes pièces l’état séparatiste fantôche de l’Azawad. C’est à cet effet que nous avons non seulement dénoncé l’intervention impérialiste française Serval, mais bravé dès 2013 "l'Etat d'urgence" liberticide, en nous mobilisant le 8 et 14 juin de cette année à Bamako et Koutiala en soutien à l'armée malienne ! 42 de nos militants et dirigeants ont été arrêtés et ont écopé d’1 mois de prison. Ils ont été libérés au bout d’un procès qui les a réhabilité en établissant sans détours le verdict que « l’ Etat d’urgence n’est pas contraire à la liberté de manifester ». Nous répétons alors :

- Départ immédiat du gouverneur et des directeurs de la police et de la gendarmerie de Gao !

- Non à la consécration autocratique des 5 régions du nord et la reconnaissance fantôche de l’Azawad !

- Retrait total de la loi « séparatiste » sur les autorités intérimaires !

- Souveraineté totale du Mali sur Kidal et tout le pays !

Bamako le 19 juillet 2016

Pour le MP22, le Secrétariat de coordination

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