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Réveil Communiste

Une apologie du système politique chinois du parti unique

26 Octobre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Chine

envoyé par Fodé Diagne

(ndgq : je ne partage pas du tout la philosophie de base, mais ce texte montre qu'aussi mauvais soit-il, le système politique chinois s'avère meilleur que le nôtre)


> https://www.ted.com/talks/eric_x_li_a_tale_of_two_political_systems?language=fr
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> C'est une croyance habituelle en Occident : quand une société progresse, elle devient forcement une démocratie multipartite et capitaliste. N'est-ce pas ? Eric X. Li, investisseur et politologue chinois, nous supplie de ne pas approuver cette idée. Dans cet exposé provocateur et avant-gardiste, Eric invite l'assistance à considérer qu'il n'existe pas qu'un seul système pour diriger une nation moderne prospère.
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> 00:11 Bonjour. Je m'appelle Eric Li, et voici où je suis né. Mais non, je ne suis pas né là-bas. Voilà où je suis né : Shanghai, au plus fort de la Révolution Culturelle. Ma grand-mère me dit qu'elle a entendu des coups de feu en même temps que mes premiers cris.

> 00:32 Quand j'étais petit, on m'a raconté une histoire qui expliquait tout ce que j'ai toujours voulu savoir sur l'humanité. Voilà ce qu'elle disait. Toute société humaine se développe de manière linéaire, en passant de la société primitive, à la société esclavagiste, puis à la féodalité, au capitalisme, au socialisme, et finalement, devinez où cela nous mène ? Au communisme ! Tôt ou tard, l'ensemble de l'humanité, peu importe sa culture, sa langue ou sa nationalité, arrivera à cette dernière étape de développement politique et social. Tous les peuples du monde seront unifiés dans ce paradis terrestre et vivront heureux pour toujours. Mais avant d'en arriver là, on doit faire face à ce dilemme entre le bien et le mal, le bien du socialisme contre le mal du capitalisme, et le bien triomphera.

> 01:24 C'était, bien entendu, le grand message distillé par les théories de Karl Marx. Et les chinois y ont cru. On nous a inculqué cette grande théorie jour après jour. Elle a commencé à faire partie de nous et on y a cru. La théorie était un best-seller. Environ un tiers de la population mondiale a vécu sous l'emprise de cette grande théorie.

> 01:45 Puis, le monde a changé du jour au lendemain. Quant à moi, désillusionné par l'échec de la religion durant mon enfance, je suis parti en Amérique et je suis devenu un hippie de Berkeley.

> 01:54 (Rires)

> 01:58 Et alors que je passais à l'age adulte quelque chose d'autre s'est produit. Comme si une seule grande histoire ne me suffisait pas, on m'en a raconté une autre. Celle-ci était tout aussi grandiose. Elle disait également que toute société humaine se développe de manière linéaire vers une fin unique. Voilà ce qu'elle disait : toute société, peu importe sa culture, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou confucéenne doit évoluer d'une société traditionnelle dans laquelle les groupes sont les unités de base, vers une société moderne dans laquelle les individus atomisés sont les entités souveraines, et tous ces individus sont, par définition, rationnels et ils ne veulent tous qu'une seule chose : le droit de vote. Comme ils sont tous rationnels, une fois qu'ils ont le droit de vote ils n'engendrent que de bons gouvernements, et vivent heureux pour toujours. Le Paradis terrestre, une fois de plus. Tôt ou tard, la démocratie élective sera le seul système politique de tout pays et de tout peuple, avec un marché libre pour les enrichir tous. Mais avant d'en arriver là, on doit faire face à ce dilemme entre le bien et le mal. (Rires) Le bien appartient aux démocraties qui sont chargées de répandre cette même démocratie autour du globe et de l’imposer parfois par la force aux méchants qui n'ont pas d'élections.

> 03:18 (Vidéo) George H.W. Bush : Un nouvel ordre mondial...

> 03:20 (Vidéo) George H.W. Bush : ...mettant fin à la tyrannie dans notre monde...

> 03:22 (Vidéo) Barack Obama : ... un référentiel commun à tous ceux qui détiennent le pouvoir.

> 03:27 Eric X. Li : Alors --

> 03:29 (Rires) (Applaudissements)

> 03:37 Cette histoire est aussi devenue un best-seller. Selon l'organisation Freedom House, le nombre de démocraties est passé de 45 en 1970 à 115 en 2010. Au cours des 20 dernières années, les élites occidentales ont sans relâche fait le tour du monde pour vendre cette théorie : la lutte multipartite pour le pouvoir associée au droit de vote pour tous est la seule issue de sortie pour les pays en voie de développement qui souffrent depuis si longtemps. Ceux qui croient à cette théorie sont destinés à rencontrer le succès. Ceux qui n'y croient pas sont en revanche voués à l'échec. Mais cette fois, les chinois n'y ont pas cru.

> 04:13 On nous l'a déjà faite...

> 04:16 (Rires)

> 04:20 Le reste n'est qu'histoire. En 30 ans seulement, la Chine a vu son statut passé de nation faisant partie des pays agricoles les plus pauvres au monde à celui de deuxième puissance économique mondiale. Six cent cinquante millions de personnes sont sorties de la pauvreté. Durant cette période, 80 pourcent de la réduction de la pauvreté dans le monde s'est produite en Chine. En d'autres termes, l'ensemble de toutes les démocraties nouvelles et anciennes n'a représenté qu'une fraction infime de ce qu'a fait un seul état au parti unique et sans droit de vote.

> 04:48 Vous voyez, j'ai grandi avec ça : les tickets de nourriture. A un moment donné, la viande était rationnée à quelques centaines de grammes par personne et par mois. Inutile de vous dire que je mangeais toutes les portions de ma grand-mère.

> 05:00 Alors, je me suis demandé ce qui n'allait pas avec cette vision ? Me voici dans ma ville natale, avec mon entreprise qui connaît une croissance exponentielle. Les entrepreneurs créent des sociétés tous les jours. La classe moyenne se développe à un rythme et à une échelle sans précédent dans l'histoire humaine. Pourtant, selon la grande théorie, rien de tout cela ne devait se produire. Alors j'ai fait la seule chose que je pouvais faire : j'ai étudié la question. Oui, la Chine est un état au parti unique, gouverné par le Parti Communiste Chinois, le Parti, qui n'organise pas d'élections. Trois hypothèses sont faites par les théories politiques dominantes actuel. Un tel système est rigide sur le plan opérationnel, fermé politiquement et moralement illégitime. Eh bien, les hypothèses sont fausses. C'est tout le contraire qui est vrai. L'adaptabilité, la méritocratie et la légitimité sont les trois caractéristiques qui définissent le système du parti unique chinois.

> 05:57 La plupart des politologues vous diront qu'un système de parti unique est intrinsèquement incapable de s'autoréguler. Il ne peut durer car il ne peut s'adapter. Voici maintenant les faits. Pendant les 64 années durant lesquelles il a gouverné le plus grand pays au monde, les politiques mises en œuvre par le Parti ont été d'une amplitude sans égal dans aucun autre pays de mémoire récente. De la collectivisation radicale des terres à la campagne du Grand Bon en avant, puis la privatisation des terres, puis la Révolution Culturelle, puis la réforme du marché mise en œuvre par Deng Xiaoping, puis son successeur Jiang Zemin a pris l'énorme initiative politique d'ouvrir l'adhésion au Parti, aux entrepreneurs du secteur privé, quelque chose d'inimaginable quand Mao était aux commandes.

> 06:38 Le Parti s'autorégule de manières plutôt extrêmes. Institutionnellement, de nouvelles règles sont adoptées afin de corriger les dysfonctionnements antérieurs. Par exemple, la limitation des mandats. Auparavant, les leaders politiques étaient en poste à vie et ils exploitaient cette règle pour accumuler le pouvoir et rester aux commandes. Mao fut le père de la Chine moderne, mais son éternisation au pouvoir a conduit à des erreurs désastreuses. Alors le Parti a institué une limite à la validité des mandats avec un départ en retraite obligatoire entre 68 et 70 ans.

> 07:06 On entend souvent que « Les réformes politiques sont venues longtemps après les réformes économiques, » et que « La Chine a un besoin urgent de réforme politique. » Mais cette affirmation est un piège rhétorique qui se cache derrière un parti pris politique. En fait certaines personnes ont choisi a priori le genre de changements qu'ils veulent voir, et seuls ces changements peuvent être qualifiés de réforme politique à leur yeux. La vérité c'est que les réformes politiques ne se sont jamais arrêtées en Chine. Si l'on examine la situation du pays il y a de cela 30 ans, 20 ans ou même 10 ans , on s'aperçoit que chaque aspect de la société chinoise, ainsi que la manière dont le pays est gouverné, de la base au sommet, est totalement différente aujourd'hui. De tels changements sont tout simplement impossibles sans réformes politiques de la plus grande envergure. Je m'aventurerais même à suggérer que le Parti dispose de la meilleure expertise au monde en matière de réforme politique.

> 07:56 La deuxième hypothèse est que dans un état au parti unique, le pouvoir se concentre dans les mains d'un petit nombre d'individus, ce qui engendre mauvaise gouvernance et corruption. En effet, la corruption est un problème sérieux, mais je vous propose d'abord d'examiner le contexte dans son ensemble. Bon, cela peut vous paraître contre-intuitif, mais, il se trouve que le Parti est aujourd'hui l'une des institutions politiques les plus méritocratiques au monde. La plus haute instance dirigeante de Chine, le Politburo, compte 25 membres. Seuls cinq des membres actuels de cette instance sont issus d'un milieu de privilégiés, qu'on appelle les petits princes. Les 20 autres membres, dont le président et le premier ministère, sont issus de milieux tout à fait ordinaires. Au sein du comité central qui est composé de plus de 300 membres, le pourcentage des membres qui sont nés au milieu de la puissance et de la richesse est encore plus faible. La grande majorité des dirigeants chinois expérimentés ont travaillé dur pour être les meilleurs et arriver au sommet. Si l'on comparait le Parti aux élites dirigeantes des pays développés et des pays en voie de développement, je pense qu'il serait le meilleur en termes de promotion sociale.

> 08:53 Alors la question est de comprendre comment ceci est possible dans un système dirigé par un seul parti. On en arrive à une institution politique puissante, peu connue des Occidentaux : le Département de l'Organisation du Parti. Le département fonctionne comme un moteur géant à ressources humaines qui ferait même envier certaines des sociétés les plus prospères. Il fonctionne sur la base d'une pyramide tournante composée de trois éléments : le fonctionnariat, les entreprises d'état, et des organisations sociales telles que l'université ou un programme communautaire. Le departement établit des parcours de carrière distincts bien qu'intégrés pour les responsables chinois. Il recrute dans chaque filière des diplômés universitaires pour des postes de débutants. On les appelle les « keyuan », [employé de bureau]. Puis, ils peuvent recevoir une promotion via quatre grades d'élite : « fuke » [responsable adjoint de section], « ke »[responsable de section] et « fuchu » [responsable adjoint de division], « chu » [responsable de division], Bon, mais il ne s'agit pas des mouvements de « Karate Kid », d'accord ? C'est tout à fait sérieux. L'étendue des postes est vaste : chargé des soins de santé d'un village, ou alors chargé des investissements étrangers d'un arrondissement d'une ville, ou encore gérant dans une société. Une fois par an, le département revoit son bilan de performance. On interroge les supérieurs hiérarchiques, les pairs, les équipes. On juge leur comportement personnel. On mène des enquêtes d'opinion publique. Puis, on accorde une promotion aux gagnants. Tout au long de leur carrière, ces cadres peuvent permuter d'une filière à l'autre. Avec le temps, les meilleurs vont au-delà du système à quatre grades, ils accèdent alors aux grades de « fuju » [chef de bureau adjoint] et de « ju » [chef de bureau]. C'est alors qu'ils entrent dans le cercle des hauts responsables. A ce stade, la mission type qui leur est confiée consiste à gérer un arrondissement d'une population de plusieurs millions d'habitants ou une société au chiffre d'affaires de plusieurs centaines de millions de dollars. Voici quelques chiffres qui illustrent à quel point ce système est compétitif, en 2012, il y avait 900 0000 gradés « fuke» et « ke », 600 000 gradés « fuchu » et « chu » et seulement 40 000 gradés « fuju » et « ju ».

> 10:47 Après le grade de « ju », un petit groupe constitué des meilleurs continue son ascension pour finalement arriver au Comité Central. Le processus prend deux à trois décennies. Le réseau personnel joue-t-il un rôle ? Oui bien sûr. Mais le mérite reste le critère fondamental. Le Département de l'Organisation exploite une version moderne du système de mentorat chinois vieux de plusieurs siècles. Le nouveau président chinois, Xi Jinping, est le fils d'un ancien haut responsable, ce qui est très rare. Il est le premier du genre à se hisser au sommet du pouvoir. Et même pour lui, l'ascension a pris 30 ans. Il a commencé comme responsable de village, et quand il est arrivé au Politburo, il avait géré des régions d'une population totale de 150 millions d'habitants et dont la somme des PIB s'élevait à 1500 milliards de dollars américains.

> 11:33 Alors comprenez-moi bien, d'accord ? Je ne veux rabaisser personne. Tout ça n'est qu'un exposé factuel. Vous vous souvenez de George W. Bush ? Je ne veux rabaisser personne. (Rires) Ni lui, avant qu'il ne soit gouverneur du Texas, ni Barack Obama, avant qu'il ne fasse campagne pour l'élection présidentielle, n'aurait pu être responsables d'un petit canton dans le système chinois. Winston Churchill a déclaré que la démocratie est un mauvais système mais qu'elle est le moins mauvais de tous les systèmes. Eh bien, apparemment il n'avait jamais
entendu parler du Département de l'Organisation.

> 12:05 Les Occidentaux considèrent sans relâche que le système d'élections multipartites au suffrage universel est la seule source de légitimité politique.

> 12:13 Un jour, on m'a demandé : « Le Parti n'a pas été choisi à l'issue d'élections. Quelle est sa source de légitimité ? »

> 12:19 J'ai répondu : « Et la compétence ? »

> 12:23 On connaît tous les faits. En 1949, quand le Parti a pris le pouvoir, la Chine était en proie à des guerres civiles, démembrée par l'agression étrangère, avec à cette époque une espérance de vie de 41 ans. Aujourd'hui, elle est la deuxième économie mondiale, une puissance industrielle et ses habitants vivent dans une prospérité croissante.

> 12:41 Pew Research a réalisé un sondage sur l'attitude publique des Chinois, et voici les résultats de ces dernières années. Le taux de satisfaction concernant la direction du pays : 85 pourcent. Le pourcentage de ceux qui pensent que leur situation est meilleure aujourd'hui qu'il y a cinq ans : 70 pourcent. Le pourcentage de ceux qui s'attendent à ce que leur situation s'améliore : un taux impressionnant de 82 pourcent. Le Financial Times a réalisé un sondage sur l'attitude des jeunes dans le monde, et ces chiffres, tous chauds, viennent d'être divulgués la semaine dernière. En Chine, 93 pourcent de la Génération Y est optimiste quant à l'avenir de leur pays. Alors si ce n'est pas de la légitimité, je ne sais pas trop ce que c'est.

> 13:19 A l'opposé, la plupart des démocraties électorales du monde souffrent de piètres performances. Je n'ai pas besoin de vous développer à quel point le système ne fonctionne pas de Washington jusqu'aux capitales européennes. A quelques exceptions près, la grande majorité des pays en voie de développement qui ont adopté un régime électoral continuent de vivre dans la pauvreté et les guerres civiles. Les gouvernements sont élus, puis leur taux d'approbation chute au-dessous de 50 pourcent en quelques mois, ils restent au pouvoir et leur taux d'approbation décroit jusqu'à la prochaine élection. La démocratie devient un cycle perpétuel d'élections suivies de regrets. A ce rythme, j'ai bien peur que ce soit la démocratie, et non pas le système chinois du parti unique, qui risque de perdre sa légitimité.

> 14:02 Alors, je ne veux pas créer la fausse impression que tout baigne et que la Chine est sur le chemin de devenir une sorte de super puissance dominante. Le pays fait face à d'énormes défis. Les problèmes sociaux et économiques qui arrivent avec les changements déchirants qu'on connait sont ahurissants. La pollution en est un. La sécurité alimentaire. Les problèmes de population. Sur le plan politique, le problème le plus sérieux est la corruption. La corruption se généralise et affaiblit le système et sa légitimité morale. Mais la plupart des analystes font un diagnostic erroné de la maladie. Ils disent que la corruption est le résultat du système du parti unique, et que pour s'en débarrasser, il faut donc se débarrasser du système tout entier.

> 14:39 Mais un examen plus attentif conclurait de manière différente. Au cours des dernières années, Transparency International a classé la Chine entre la 70ème et la 80ème place sur un total de 170 pays, et sa position s'est améliorée. L'Inde, la plus grande démocratie au monde, est classée 94ème et son classement a régressé. La centaine de pays qui sont positionnés après la Chine sont pour plus de la moitié des démocraties électorales. Donc, si les élections sont la panacée pour mettre fin à la corruption, comment se fait-il que ces pays n'y arrivent pas ?

> 15:07 Bon alors, je suis un investisseur en capital-risque. Je fais des paris. Ça ne serait pas juste de terminer cette présentation sans me risquer à faire des prévisions. Alors les voici. Dans les 10 ans qui viennent, la Chine aura dépassé les États-Unis et sera devenue la première économie mondiale. Son revenu par habitant figurera probablement en tête du classement des pays développés. La corruption sera réduite mais pas éliminée, la Chine gagnera 10 à 20 places au classement de Transparency International, ce qui la hissera au niveau de la 60ème position. La réforme économique va s'accélérer, la réforme politique va continuer, et le système du parti unique tiendra bon.

> 15:41 Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère. Les grands discours basés sur des affirmations universelles ont été notre échec du 20ème siècle et sont notre échec du 21ème siècle. Les grands discours sont le cancer qui tue la démocratie de l'intérieur. Mais je voudrais clarifier quelque chose. Je ne suis pas ici pour mettre en accusation la démocratie. Au contraire, je pense que la démocratie a contribué à l'essor de l'Occident et à la création du monde moderne. C'est l'affirmation universelle que de nombreuses élites occidentales font à propos de leur système politique, l'hybris, qui est au cœur des maux actuels de l'Occident. Si elles passaient juste un petit peu moins de temps à essayer d'imposer aux autres leur perspective, et un peu plus de temps sur leurs propres réformes politiques alors elles pourraient bien donner sa chance à la démocratie. Le modèle politique chinois ne supplantera jamais la démocratie électorale, car contrairement à elle, il ne prétend pas être universel. Il ne peut être exporté. Et c'est précisément ce qui fait la difference. L'importance de l'exemple chinois n'est pas qu'il représente une alternative, mais la démonstration qu'une alternative existe. Mettons fin à cette ère des grands discours. Il se pourrait bien que le communisme et la démocratie soient des idéaux louables mais l'ère de leur universalisme dogmatique est terminée. Arrêtons de dire aux gens et à nos enfants qu'il n'y a qu'une seule manière de nous diriger et un seul futur vers lequel toute société doit converger. C'est faux. C'est irresponsable. Et pire que tout, c'est ennuyeux à mourir. Que l'universalité cède la place au pluralisme. Peut-être qu'une période plus intéressante est devant nous. Sommes-nous assez courageux pour l'accueillir ?

> 17:24 Merci.

> 17:26 (Applaudissements)

> 17:42 Merci. Merci. Merci. Merci.

> 17:45 Bruni Giussani : Eric, restez avec moi encore quelques minutes, parce que je veux vous poser deux ou trois questions. Je pense que nombreux sont ici, et de manière générale dans les pays occidentaux, ceux qui seraient d'accord avec votre affirmation que les systèmes démocratiques deviennent dysfonctionnels, mais en même temps, nombreux sont ceux qui trouveraient troublante l'idée qu'une autorité non élue, sans aucune forme de supervision ni consultation décide de l'intérêt national. Quel est le mécanisme du modèle chinois qui permet aux gens de dire qu'en fait l'intérêt national comme on le définit chez nous est erroné ?

> 18:23 EXL : Eh bien, le politologue, Frank Fukuyama, a qualifié le système chinois « d'autoritarisme réactif ». Ça n'est pas tout à fait exact, mais je pense que ça en est proche. Je connais le plus grand institut de sondage de Chine, d'accord ? Savez-vous quel est leur plus gros client ? Le gouvernement chinois. Et non pas seulement le gouvernement central, mais aussi le gouvernement municipal , le gouvernement provincial, et même les mairies de quartiers. Ils mènent des enquêtes d'opinion tout le temps. Êtes-vous satisfait de la collecte des ordures ? Êtes-vous satisfait de la direction générale du pays ? Donc en Chine, il y a une autre sorte de mécanisme pour être attentif aux demandes et aux opinions des gens. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on se libère de la pensée selon laquelle il n'y a qu'un seul système politique -- élections, élections, élections -- qui puisse faire en sorte d’être attentif aux opinions des citoyens. En fait, je pense que les élections n'engendrent plus de gouvernements attentifs dans le monde.

> 19:18 (Applaudissements)

> 19:22 BG : Ils sont nombreux à être d'accord apparemment. L'un des attributs du système démocratique est l’espace d’expression attribuer à la société civile. Et vous avez illustré, chiffres à l'appui, le soutien dont le gouvernement et les autorités bénéficient en Chine. Mais vous avez mentionné d'autres éléments tels que, les grands défis, et il y a bien sûr une grande quantité de données qui vont dans un autre sens : des dizaines de milliers d'agitations et de protestations et des protestations sur l'environnement, etc... Ainsi, votre discours pourrait laisser entendre que le modèle chinois n'offre pas d'espace en dehors du Parti pour que la société civile s'exprime.

> 19:56 EXL : Il y a une société civile dynamique en Chine, qu'il s'agisse de l'environnement ou de toute autre chose. Mais elle est différente. Parce que, selon les définitions occidentales, une société civile doit nécessairement être indépendante ou carrément dans l'opposition au système politique, mais ce concept est étranger à la culture chinoise. Depuis des milliers d'années, une société civile existe bien qu'elle soit compatible et cohérente et fasse partie d'un ordre politique, et je crois qu'il faut y voir là une grande différence culturelle.

> 20:28 BG : Eric, merci d'avoir partagé avec TED. EXL : Merci.
>

> On peut visionner Le discours dans son intégralité L’histoire de deux systèmes politiques, par Eric X Li sur
>

> http://lecarnetpolitique.com/2015/01/03/5-talks-ted-pour-voir-la-politique-autrement/
>

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