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Réveil Communiste

SMART : Un scrutin très significatif

12 Septembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Journal des luttes, #Théorie immédiate, #classe ouvrière

Envoyé par Patrice Jullien

Le vote des salariés de chez SMART devait servir d'exemple pour le projet de démolition du code du travail et de "négociation dans le cadre de l'entreprise" , calculé par la clique réactionnaire des socialos au gouvernement.
C'était aussi le biais trouvé par eux pour se débarrasser des 35h sans avoir l'air d'y toucher et en jurant leurs grands dieux qu'ils n'y sont pour rien si les salariés finalement l'acceptent.
Rien de tel qu'un bon chantage au licenciement pour faire passer ce genre de scélératesse, surtout quand l'expérience montre que les licenciements arrivent quand même et que les concessions n'auront servi qu'à augmenter la productivité, baisser les salaires, et placer les salariés dans la position du vaincu attendant le coup de grâce.

Concernant les 35 h, il serait bon de rappeler qu'elles avaient déjà fait l'objet d'un sombre marchandage lors de leur négociation, obligeant les salariés à accepter en échange des baisses de salaires, au minimum leur blocage sur plus de dix ans, la dévalorisation des grilles de classification et dans tous les cas une hausse considérable de la productivité.
C'est précisément après cette opération très favorable au patronat que les Troubles Musculo-Squelettiques se sont multipliés et que la notion de stress au travail et de burn out ont commencé à préoccuper les médecins et les CHSCT.
Finies les pauses café et les moments de détente, l'arrosage du mariage ou du dernier né, l'expression "on n'est pas payé cher mais on rigole" ne faisait plus sourire. Bonjour le travail en tension, assorti de comptes-rendus systématiques, des comptes-rendus des comptes-rendus, des démarches "qualité" absurdes et de la Total Productive Maintenance .
En Français dans le texte : tu produis, tu remplis les formulaires, les tableaux de marche et les bilans, tu fais les prélèvements, tu les portes au labo, tu approvisionnes, tu nettoies et tu dépannes ta machine par dessus le marché...et si tu as un moment de libre tu voudras bien participer à une réunion pour améliorer les TRS, TRG, MTBF, MTTR, bref la productivité.

Mais revenons au vote de chez SMART, où 56 % des salariés ont accepté de travailler plus longtemps pour un plus maigre salaire, puisque cet exemple a été monté en épingle dans tout le pays.
Car à quelque chose malheur est bon :

Il ressort que 74 % ont voté oui chez les 385 cadres, employés, techniciens et agents de maîtrise consultés.
A l'inverse 39 % des ouvriers ont accepté de revenir aux 39 h.

Ce vote est significatif, d'une part des conditions de travail très disparates entre les salariés, mais aussi de la place spécifique de la classe ouvrière dans les rapports de production, de l'idéologie spécifique de la classe ouvrière, ceux qu'on appelle les "mulets" parce qu'ils ont "mauvais esprit", parce qu'ils n'acceptent pas d'effectuer un travail pour lequel ils ne sont pas qualifiés et donc pas rémunérés, tandis que d'autres l'acceptent volontiers en croyant obtenir par là une promotion qu'ils attendent encore.

Revenons à ce propos sur les thèses mensongères des théoriciens révisionnistes qui prétendaient inventer une classe ouvrière "du manœuvre à l'ingénieur" , ou plus récemment qui voyaient chez les concepteurs et les développeurs de l'informatique la nouvelle classe d'avant garde.
Ces brillants sociologues et économistes ne méritaient qu'un grand coup de pompe dans le cul avec des godasses de sécurité, car leur seule finalité était de déposséder la classe ouvrière de son rôle historique révolutionnaire, de lui ôter son rôle dirigeant dans le parti communiste.
Le résultat est là. On le voit aussi chez SMART.

Entendons-nous bien, il ne s'agit nullement d'opposer la classe ouvrière aux employés, ni aux techniciens. Pour ce qui concerne l'encadrement, qu'il se débrouille avec sa conscience, on sait qu'il est payé pour faire suer le burnous (quoiqu'il puisse exister des exceptions).
Les employés et techniciens sont les plus proches alliés des ouvriers, mais dans la lutte de classe seule la classe ouvrière peut conduire l'ensemble des salariés avec détermination.

Cette direction idéologique ne peut pas s'effectuer à travers des votes à bulletin secret, c'est-à-dire dans le cadre du règlement intérieur imposé par la classe capitaliste, sous son autorité, sous la surveillance des cadres de l'entreprise, après une intense préparation psychologique exercée depuis la direction jusqu'aux agents de maîtrise, alliant le chantage à l'emploi et les pressions personnelles.
La direction idéologique de la classe ouvrière ne peut s'exercer que dans la lutte classe contre classe, en opposant toutes les formes d'action et toutes les mesures de rétorsion possibles contre les exploiteurs. C'est alors que d'autres catégories de salariés peuvent se joindre aux ouvriers lorsqu'ils sentent que le rapport des forces a basculé.

Et dans le combat révolutionnaire pour renverser le capitalisme, dans la direction du parti communiste, il en est de même.
Le parti communiste est le parti de la classe ouvrière, indépendant de toutes le formations bourgeoises, il doit organiser en son sein et dans sa propre direction les éléments d'avant-garde de la classe ouvrière, en particulier les ouvriers les plus exploités, ceux qui sont soumis à l’exploitation multiple dans la sous-traitance, ceux qui subissent à la fois l'exploitation et le racisme, ceux qui sont précarisés et notamment les femmes.

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