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Réveil Communiste

Assez avec le FN, ce n'est qu'un épouvantail ! (à jour 30 avril 2017)

30 Avril 2017 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche", #GQ, #Euroboycott, #élection 17

Ils ne nous feront plus le coup du "vote utile" (utile pour qui?)

Ils ne nous feront plus le coup du "vote utile" (utile pour qui?)

Le message principal reste le même. Mais le bon résultat de la candidature de Mélenchon (19,6%) modifie considérablement la situation politique en France, et rend caducs certains thèmes de ce texte de 2015. La dynamique de l'élection présidentielle continue, et Mélenchon peut, sur cette base, construire un parti de masse, tourné vers les classes populaires, capable de surmonter la fracture ethnique du prolétariat, ferme sur des positions anti-impérialistes et indépendantistes, où les tendances réellement révolutionnaires en gestation dans notre peuple pourront s'exprimer et agir. GQ, 30 avril 2017

Je déteste le FN et tout ce qu’il représente. Mais on lui accorde beaucoup trop d’importance. L’ennemi principal des travailleurs, français ou immigrés, c’est le triple pouvoir qui siège à Washington, à Bruxelles, et à Paris. En France, ce sont les partis « mainstream », tantôt UMP, tantôt PS, avec leurs supplétifs écologistes, centristes, etc.

Il faut stopper le terrorisme moral de la gauche petite bourgeoise, incapable de défendre les travailleurs, mais toujours prête à donner des leçons, non sans arrières pensées. Ceux qui condamnaient Jacques Sapir avec des tremolos dans la voix pour avoir évoqué le rôle éventuel du FN dans un front anti-euro ne lui reprochent pas d’aimer le FN, mais de ne pas aimer l’euro.

De qui se moque-ton ? En quoi Marine le Pen est elle pire que Hollande, Sarkozy, Juppé, Fabius, Bernard Henri Lévy, Gattaz, Macron, Valls, El Khomri, et la CFDT? Elle est pire dans les mots, ils sont pires par leurs actions. Elle propage un discours raciste, mais les autres créent quotidiennement les conditions du racisme en dépouillant les travailleurs et les citoyens de leurs droits. Pourquoi faudrait-il voter pour la cause de la maladie pour contrecarrer le symptôme ? Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, comme disait Jacques Duclos.

Sans doute Jacques Sapir a été imprudent, car le FN traine une mauvaise réputation bien méritée. Mais il s’agit de la plus importante force électorale qui prétende s’opposer à l’euro. Ceux qui tombent d’accord pour dire qu’il faut quitter l’euro, et le plus tôt possible, car c’est pour la démocratie une question de survie existentielle, se posent forcément la question du rôle éventuel de ce parti dans le processus. Sans les voix du FN, en tout cas, le "non" n'aurait pas emporté le referendum de 2005, et on n'a pas entendu les bonnes âmes de la gauche de la gauche les dédaigner.

Alors les condamnations morales pleuvent sur le baudet. Et signalent une fois de plus le FN, pour sa plus grande joie, comme « parti antisystème », désigné par le système lui-même. Interdire la question de Sapir, c’est en fait y répondre de manière à rejeter dans le camp du FN toute opposition à l'euro, et à lui donner les moyens de progresser encore davantage, à son propre étonnement.

Je pense qu’il n’y aura pas de front contre l’euro avec le FN pour une simple raison. On peut rassurer tout de suite les fanatiques de « l’Europe sociale »: une lecture attentive du programme du FN (C’est Jacques Nikonoff qui s’en est chargé) montre qu’il n’a pas du tout l’intention de quitter l’euro, l’UE et l’OTAN, car il associe la démarche de conditions impossibles à réunir. Et c’est bien normal : le concept de l’Europe, c’est l’union du continent symbolique des chrétiens, des blancs, et des impérialistes. Et bien, c’est aussi celui du FN.

Mais quelque soit le racisme de ce parti, fondé il y a plus de quarante ans par des nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française, il ne va pas rouvrir des camps ni des chambres à gaz. S’il en venait à participer au pouvoir, ce qu’il ne pourrait faire que dans une coalition avec l’UMP, ses représentants par le pouvoir alléchés se borneraient à tenter de marquer l’opinion symboliquement, à la manière que font aujourd’hui les écologistes, en faisant du bruit pour faire oublier l’abandon pur et simple du socle de leur programme. On peut s’attendre à d’épiques empoignades sur le porc dans les cantines, ou sur l’enseignement à l’école du bon vieux temps des colonies, ou à la pose de barbelés à Vintimille. Mais les électeurs qui votent pour le FN en espérant l’expulsion massive des étrangers (s’il y en a beaucoup) en seront pour leurs frais.

Une connaissance minimale de l’histoire permet de l’affirmer. Le fascisme historique des années trente n’était rien d’autre qu’une machine de guerre contre la révolution ; sa seule cohérence logique était l’anticommunisme, le reste n’était qu’une logorrhée meurtrière, mais délirante. Or vu le rapport de force actuel il n’y a guère de risque de voir le MEDEF se mettre à financer en grand crânes rasés et croix gammées, par peur du communisme comme ses congénères allemands l'ont fait avec Hitler en 1932. Pas d’attaque en vue contre la propriété privée des moyens de production? pas de réaction fasciste!

Ce parti, sans aucun appui dans les institutions, soutenu ni par l’armée, ni par l’Eglise, ni par le patronat, ni par l’étranger (Poutine pour ça compte pour du beurre), dépourvu d’armes et de milice, ne pourrait exercer une dictature qu’au cas où la bourgeoisie lui offrait le pouvoir sur un plateau, comme en Allemagne en 1933, et dans l’état actuel des choses on ne voit vraiment pas pourquoi elle le ferait. Pour le moment elle lui préfère largement l’UMPS (et même le PS tout court).

Bref, dans sa forme actuelle, c’est un épouvantail. Tout comme le rejeton du parti fasciste historique, le MSI en Italie qui a participé au pouvoir, avec Berlusconi, pendant des années, sans que personne ne s’en aperçoive du coté des "antifas".

Ceux qui à gauche de la gauche feignent d’avoir si peur du FN et de la contagion de ses idées feraient mieux de cesser de faire sa publicité et de s’occuper vraiment de combattre les reculs sociaux, les privatisations, le pillage des finances publiques, les dénis de démocratie émanant de l’UE, l’étranglement de la Grèce, l’exploitation et la manipulation du terrorisme, la surveillance généralisée sur Internet, les guerres impérialistes déchainées par les caniches des Américains, ces grands démocrates qui pratiquent ouvertement la torture et les assassinats de proscrits, et les massacres de migrants qui font aujourd’hui la une. Le FN ne joue aucun rôle dans tout cela. Il rêve sans doute d’y participer mais les forces économiques et impérialistes qui nous gouvernent n’ont pas besoin de lui dans un autre rôle que celui d’opposant de pacotille. De même qu'il n'a aucune responsabilité dans la séquence d'ingérences et d'instrumentalisation du terrorisme au Moyen Orient qui a conduit aux massacres à Paris des 7, 9 janvier et 13 novembre 2015, et à Nice le 14 juillet 2016. On ne peut pas en dire autant des gouvernants qui se sont succédé depuis dix ans, qui relèveraient pour certains d'un nouveau procès de Nuremberg.

Le FN n’est pas au pouvoir, n’a aucun moyen ni aucune volonté réelle d’y parvenir, et on nous demande constamment de mettre la sourdine sur nos critiques de ces pouvoirs capables de tant de crimes et d’abus, voire de s’allier avec eux, pour combattre ce FN qui n’y participe pas. En l’état actuel des choses, le FN n'a même pas soutenu le seul mouvement néonazi au pouvoir en Europe, en Ukraine, contrairement au PS, à l’UMP, aux écolos, et même au NPA.

Et les socialistes et l’UMP, qui ne sont pas fascistes, que sont-ils ? Qui a du sang sur les mains dans ce pays ? Que sont les politiciens français comptables du sang ukrainien, syrien et libyen ? On n’a pas encore trouvé de mot pour les qualifier.

Le FN pratique une opposition de façade. Sa couverture médiatique lui permet de capitaliser sur la réaction populaire, égarée et mystifiée, devant les ravages du capitalisme sans contrepoids, qui règne en France et dans le monde depuis la disparition de l’Union Soviétique, et l’abandon de la classe ouvrière par le PCF.

L’importance du FN s’explique par cet abandon, et se résume à cela. Si on veut vraiment lutter contre le FN, il faut lui ôter son rôle de tribun à bon compte, il faut recomposer un parti communiste pour combattre en priorité et sans rémission les ennemis du genre humain qui nous gouvernent depuis trente ans. Car le FN, au fond , n’est qu’un leurre médiatique. C’est le parti proposé par la soi-disant élite et les médias à ceux qui n’aiment pas l’élite et les médias.

Certes si le mouvement communiste redevenait quelque chose, il surgirait dans la rue sans tarder une réaction néofasciste véritablement redoutable, avec nervis, assassins, terroristes, comme elle a existé dans la rue en Italie dans les années 1970, comme elle existe aujourd'hui même en Amérique latine, mais là, bien loin de susciter la réprobation, elle bénéficierait, comme au Venezuela ou en Ukraine, des encouragements et des applaudissements du "Monde " et de "Libération", des médias et des intellectuels organiques de la bourgeoisie.

GQ, 21 septembre 2015

Note du 25 octobre 2016 :

Le projet de reconstruire un parti prolétarien est parfaitement cohérent avec le soutien tactique au mouvement électoral autour de Mélenchon, sachant qu'il a eu dernièrement le courage politique de s'opposer à l'OTAN et aux ingérences de celle-ci, notamment en Syrie, et aussi (parfois) de sortir du langage lénifiant habituel à gauche sur l'immigration.Sur cette question épineuse il est évident que de notre point de vue l'immigration joue un rôle positif si elle s'intègre par la lutte au prolétariat, et négatif si elle aboutit à la création d'une nouvelle branche ethnique de la bourgeoisie, qu'elle soit laïque ou communautariste.Note du 29 mars 2017.

Note du 29 mars 2017 :

Nous remettons en ligne ce texte de septembre 2015, bien que la situation ait légèrement évolué, dans le sens où une victoire électorale du FN n'est plus totalement exclue, notamment aux échéances qui suivront celles de 2017. Mais à qui la faute? En effet, c'est le "vote utile" pour le PS ou pour la droite, "pour faire barrage au FN" qui nourrit en définitive la progression du FN, et qui s'avère un véritable "vote nuisible" à la démocratie.

Aujourd'hui le seul vote utile est le vote Mélenchon aux deux tours, et c'est d'une évidence totale qui à l'air pourtant d'aveugler beaucoup de gens de gauche, en particulier ceux qui au PCF gémissent encore pour une candidature d'union de la carpe et du lapin avec le candidat de la fausse gauche européiste et impérialiste, Hamon, candidat de l'échec assuré, y compris contre MLP au second tour.

Quant au vote gribouille pour Macron, son programme dérégulateur et patronal est tout aussi dangereux pour le peuple que celui du FN, sinon davantage. C'est le gouvernement direct du MEDEF. Et pour preuve Valls vient de le rejoindre, prétextant, comme de bien entendu, la menace du FN.

 

Note du 24 avril 2017 :

Aucun vote pour Macron, ni raciste, ni banquier !

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DD 01/05/2017 18:17

Je partage ce point de vue, et estime de la plus haute importance de ne pas confondre le FN avec une grande partie de ses électeurs. Il y a, en effet, parmi ces derniers, nombre de concitoyens en souffrance, et qui ne trouvent plus, comme autrefois, le parti prolétaire en mesure de répondre à leur désespoir...

André 28/03/2017 19:37

Je suis consterné de voir que partout, absolument partout, le candidat Asselineau à droit à la même censure. C'est pourtant LE candidat qui peut rassembler tous ceux qui veulent RÉELLEMENT sortir de l'Union Européenne, de l'OTAN et de l'Euro. Parce que se référant au CNR il ne porte pas d'étiquette d'extrême droite ni d'extrême gauche. D'autre part, la re-nationalisation des services publics Poste, SNCF, TF1, Autoroute...etc au programme de l'UPR et l'instauration d'un référendum d'utilité populaire qui permettra au Français de participer plus démocratiquement au devenir du pays, vont il me semble dans votre sens. Vous le voudriez plus à gauche? La priorité est de sortir de l'UE. Quand cela sera fait, la gauche aura toute latitude pour se faire entendre. Une chance se profile avec l'UPR.

Réveil Communiste 28/03/2017 21:06

Aucune chance, à part pour faire baisser Le Pen Asselineau ne sert à rien, il n'a aucune ouverture.

République sociale 25/10/2016 15:28

Excellent article, comme toujours. J'ai moi même un blog camarade, que dirait-tu d'une coopération entre nos blogs ?
Fraternellement

GQ 14/12/2015 16:42

MLP : hier à la télé : "nous sommes de vrais européens"; tu l'as dit bouffie !

GQ 14/12/2015 16:40

je l'avais bien dit !

Gilleron 01/12/2015 18:00

Je te rejoins: j'ai écrit ceci dans facebook ce matin:
"Pour que chacun sache que si le FN gagne des régions, ce sera grâce au PS!
27 novembre 2015:
Le FN passe en tête au 1er tour, certes,mais quand on lit de plus près ce sondage commandé pour une fois par France 3 à Ipsos, on s'aperçoit que le FN et les Ripoux-blicains font quasiment jeu égal au 1er tour: 29% pour la droite "républicaine", 30% pour le FN... et, loin derrière, 22% pour les socialos.
C'est probablement pourquoi la Chaine "publique" (enfin la pute du pouvoir PS) fait un battage énorme sur la victoire inévitable du FN... si on ne soutient pas le PS!
Droite complexée et droite décomplexée pour moi c'est kif kif (pire pour la droite complexée car, se faisant encore passer pour la gauche, avec sa politique de droite affirmée elle éloigne les français de toute attirance pour ce qu'on range habituellement dans la catégorie "gauche")
Si le PS veut vraiment nous éviter les fachos dans les régions, qu'il fasse ce que les français souhaitent ardemment de lui: qu'il se casse!
(40% considèrent que ce serait une mauvaise chose qu'il remporte les régionales contre 28% pour les ripoux-blicains, et 53% pour le FN...)
Mais sans ses chers zélus (et tous les gens qui gravitent autour) le PS est mort! Il ne tient que par les élus et leur politique clientéliste (=achat des électeurs en leur donnant des logements, des boulots, etc.)
Il se maintiendra donc: que chacun sache que si le FN gagne des régions, ce sera grâce au PS!
(NB: ça dure depuis Mitterrand ça...)

legrandjeu 29/09/2015 11:49

Pourquoi ne rejoignez vous pas l'UPR , ce nouveau CNR ?

Réveil Communiste 30/09/2015 07:52

La propriété collective des moyens de production

legrandjeu 29/09/2015 17:20

C'est quoi le socialisme ?

Réveil Communiste 29/09/2015 15:16

Si nous sommes contre l'euro et l'UE, c'est que ce sont des obstacles au socialisme, qui ne fait pas partie des objectifs de l'UPR. Donc rejoindre, non.

Jack Freychet 23/09/2015 12:14

Une lecture trop rapide ou partielle pourrait faire douter des capacités de nuisances du Front national par tout ceux qui n'iraient pas jusqu'au dernier alinéa qui rappelle que l'extrémisme " droitier" qui va du FN jusqu'à l'UMPS et leurs alliés reste l'ultime recours du capital, de la finance mondialisée, pour préserver leurs privilèges.

Pour l'heure le PCF a déserté le ring de la lutte des classes.Personnellement je ne pense pas que comme l'UE il soit transformable de l'intérieur.

jean sans terre 26/10/2016 20:44

Tu dis : "Si nous sommes contre l'euro et l'UE, c'est que ce sont des obstacles au socialisme"

On dirait du PRCF.

A la vérité il faut inverser l'assertion : pour sortir de l'euro et de l'UE, il faut le socialisme. Un vrai pouvoir ouvrier avec de véritables armes pour se défendre contre l'impérialisme, le nôtre et les autres. Même le russe et le chinois que tu qualifies d'anti-impérialistes.

Comme çà on devient révolutionnaire. A quoi sert d'être communiste si on est pas révolutionnaire. Le PCF ne l'a jamais été. Il ne peut plus l'être. Dans les blogs dissidents du PCF on disait volontiers que Mélenchon détruirait ce qui restait de "communiste" dans le PCF... c'est fait. ! Ton appel en est un bel exemple.

La tâche prioritaire pour la classe ouvrière (son avant-garde) est de se constituer en parti communiste révolutionnaire. Tu trahis cette cause en jetant la classe dans les bras d'un réformiste qui ne rêve que d'être la relève de la social-démocratie ... Mélenchon un Tsipras-bis, tu en doutes, moi j'en suis sûr.

je t'invite (avec ton blog) à réfléchir à l'expérience chilienne (1973)




Quant à Chavez et le PSUV, ils ne sont par révolutionnaires. L'expérience vénézuélienne ne pourrait être qualifiée de révolution démocratique et anti-impérialiste si le socialisme-communisme était dans l'agenda des masses sous la direction du PCV.