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Réveil Communiste

Staline, ange ou démon?

16 Août 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique

Commentaire posté sur RC de "ALAIN EUGENE VICTOR" • 08-13-2015 19:33 • sous l'article Note de lecture de Losurdo : Staline, histoire et critique d'une légende noire

STALINE : ANGE OU DEMON ?


Il est devenu évident que Staline fut un démon, maitre et inspirateur de l’Empire du Mal et de ces succursales, que dis-je l’alter-ego de Hitler, son frère jumeau et même ces derniers temps libéraux on nous explique que Hitler n’est que la conséquence de Staline. Qu’il fut le dirigeant sanguinaire, irrationnel et psychopathe de l’Union Soviétique de1924 à 1953.

Pourtant face à ces fausses évidences nous devons tenter de rester ouverts, curieux et surtout de confronter ces articles de foi aux faits, qui « sont têtus » comme disait, l’autre diable, Lénine.

Voila un fils de cordonnier, qui, révolutionnaire professionnel, déporté une dizaine de fois en Sibérie, dirigeant -parmi quelques autres- aux cotés de Lénine la Révolution d’Octobre 17, devient le chef de l’Union Soviétique après la mort du fondateur.

De quelle situation hérite-t-il ? Il la résume lui-même en 1930 « nous retardons de 50 à 100 ans sur les pays avancés. Nous devons parcourir cette distance à 10 ans. Ou nous le ferons, ou nous serons broyés. »

C’est ainsi que se pose la question, être ou ne pas être. Il fait le choix de faire vivre son pays, son peuple, son idéal révolutionnaire.

Pour cela, rien, aucun effort ne sera épargné, aucun sacrifice ne sera évité.Une société toute entière tendue à l’ extrême sera soumise à l’impératif : survivre quand le grand choc inéluctable viendra. Mais cette marche forcée acharnée, bien qu’elle demande des efforts et des privations inouïs, apporte en même temps une amélioration telle de la vie quotidienne, du plus modeste ouvrier de la plus éloignée des républiques soviétiques, que les masses adhérent au projet prométhéen de Staline et de ses Bolcheviks. Un véritable enthousiasme de masse soulève les montagnes et finalement, nous le savons tous, c’est cette Russie qui va écraser le nazisme et sauver la civilisation au prix d’une saignée dont l’ampleur nous est inconcevable : 27 millions de morts…..

Alors de distingués censeurs viennent nous dire: mais attendez ! Vous sautez bien facilement sur l’odieux pacte de non-agression germano-soviétique ! Et il nous faudra modestement, car les temps sont durs, rappeler qu’avant le pacte il y eut les Accords de Munich et la volonté déclarée des démocraties occidentales d’envoyer le molosse Hitler en finir avec ce communisme que le « cordon sanitaire » n’empêchait pas de métastaser partout. Et de rappeler, avec toujours beaucoup de modestie, comment les démocraties occidentales laissèrent les fascismes égorger la république espagnole qui avait le mauvais gout d’être un peu trop rouge. Et de rappeler, avec encore plus de modestie, que toutes les offres soviétiques de sécurité collective entre elle et la France et l’Angleterre furent ignorées et méprisées.Que le brillant état-major français dressait des plans de guerre contre l’URSS en pleine « drôle de guerre ». Et que par conséquent Staline, n’ayant aucun autre choix, fut contraint de signer le Pacte qui lui permettait de gagner un espace et un temps précieux. Et que dire de sa conduite de la guerre qui fut exemplaire et qui aboutit à voir le drapeau rouge flotter sur Berlin. Mais rappeler cela n’est pas suffisant pour convaincre après 60 ans d’Hollywood, de soldats Ryan et de grandes évasions, aussi faut-il rappeler que sur les 196 divisions que comptait la Wehrmacht,176 combattirent contre les soviétiques sur le front de l’Est et que ce sont bien la défense de Moscou, la victoire de Stalingrad et celle de Koursk qui furent les vrais et les indiscutés tournants de la 2° guerre mondiale et enfin n’oublions pas que la bataille de Berlin couta 300.000 morts à l’Armée Rouge ce qui est l’équivalent du total des morts américains durant toute le guerre et sur tous les fronts…… Ne sous-estimons pas le venin du révisionnisme historique : en 1945, 57% des français considéraient l’URSS comme le principal vainqueur de la guerre, ils ne sont plus que 20% en 2005….

Enfin la paix revint et le nom de Staline était prononcé avec respect et reconnaissance dans le monde entier.

Mais une nouvelle guerre commença aussitôt: la guerre froide. Avec le même cynisme que quelques années auparavant, la parenthèse de l’alliance anti-fasciste fermée, le monde capitaliste reprit son combat contre » l’Ogre de Moscou » et les mêmes calomnies utilisées par Goebbels reprirent du service, indéfiniment répétées jusqu’à devenir des vérités pour bien des gens de bonne foi. Non que Staline fut un tendre qui tendait la joue gauche quand la droite était frappée, non cet homme des tempêtes avait de l’Ivan le terrible en lui, du Pierre le Grand mais un Ivan ou un Pierre rouge, bolchevik, au service exclusif de son pays et de son peuple et dont la finesse d’analyse, l’intelligence et la capacité de travail éblouissaient même ses pires ennemis comme Churchill. La reconstruction, la poursuites des projets retardés, rebâtir un pays dont le potentiel industriel et agricole a été en grande partie anéanti par une guerre d’extermination -on l’oublie trop souvent- ces objectifs sont mis en cause par une nouvelle croisade anti-communiste dont le cœur, cette fois, est à Washington. Staline y répondra avec la même détermination et la même inflexibilité qu’adversaires ou amis lui reconnaissent. De 1947 à 1953 il ripostera coup pour coup.

Mais nos censeurs reviennent à la charge: mais vous avez « oublié » de nous parler du « Goulag » et du « totalitarisme » , cher monsieur ! Oui , il vous faudra vous excuser et après une autocritique sincère vous aurez le droit de murmurer que les chiffres fournis par l’American History Review donne 2 millions de prisonniers au Goulag en 1939, ce qui est un pic, et sans oublier que 70% d’entre eux étaient de droit commun, ce qui représente moins de prisonniers, par rapport à la population, qu’aux États-Unis aujourd’hui ! Et que le nombre de morts pendant toute la période « stalinienne » est de 1 million avec la plus grande part (500 000) pendant la guerre ou tout le monde crevait de faim. On est loin des 20 millions de morts annoncés par Hitler en 1924 dans « Mein Kampf » et des 100 millions de morts du « Livre noir du communisme », du plus grand historien de tous les temps, monsieur Courtois, le même qui exige un « Nuremberg » pour le communisme, sans doute pour pouvoir finir le travail qu’Hitler n’avait pas pu achever à cause de cet infernal Staline, justement !

A sa mort le peuple soviétique communie dans une immense douleur : tous savent ce qu’ils doivent à Staline, aucun n’a oublié « sœurs, frères, camarades….. », ces mots qui allaient galvaniser et tremper le volonté de résistance du peuple, ils savent que, s’ ils savent lire à qui ils le doivent, ils savent que si leurs enfants sont ouvriers, ingénieurs, médecins, professeurs à qui ils le doivent, eux qui ont tant souffert savent qu’il a souffert avec eux : il refusa d’échanger son fils, le colonel Jacob Staline, contre le maréchal Von Paulus, » on n’échange qu’un colonel contre un colonel » et son fils mourut. Les sacrifices qu’ils exigeait des autres il s’y soumettait aussi. a nous change…


L’ homme qui meurt ainsi, adoré comme un dieu, n’aime pas l’apparat, ni l’étiquette,ni même l’adulation,ce ne sont que des outils du pouvoir. Il est austère et vit dans une simplicité spartiate mais son rêve est » grandiose », dira de Gaulle, historique. Il pris en main un pays déchiré, affamé, arriéré, quasi moyenâgeux et il en fit la deuxième puissance mondiale qui se lança à l’assaut du cosmos, le pays où on lisait le plus de livres dans le monde et où, plutôt que de faire un tiercé, on jouait aux échecs. Dans des conditions- qu’il faut toujours avoir à l’esprit car « il faut juger alors avec les yeux d’alors » aurait dit Aragon – d’une violence et d’une dureté extrèmes, des circonstances historiques terribles et implacables, il fut l’homme, violent et dur, terrible et implacable, à qui nous devons notre liberté et notre vie et qui concrétisa le rêve de Spartacus : « je reviendrais et je serais des millions ».

Antoine et Dimitri MANESSIS

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