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Réveil Communiste

Article de Granma sur l'état d'avancement des relations entre Cuba et les États-Unis

8 Juin 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ce que dit la presse, #Cuba, #lutte contre l'impérialisme

Article de Granma sur l'état d'avancement des relations entre Cuba et les États-Unis

Cuba-États Unis: Sept clés pour comprendre la situation

Auteur: Sergio Alejandro Gómez | internet@granma

28 mai 2015 10:05:05 (signalé sur Analyse communiste internationale)

WASHINGTON. — Cinq mois se sont écoulés depuis l’annonce, le 17 décembre, par les présidents Barack Obama et Raul Castro, de l’ouverture d’un nouveau chapitre dans les relations entre les États-Unis et Cuba.

Après le tête-à-tête historique entre les deux chefs d’État à l’occasion du 7e Sommet des Amériques à Panama, les deux pays ont entamé leur troisième série de pourparlers sur le processus de rétablissement des relations diplomatiques et la réouverture d’ambassades.

Le seul fait de hisser les drapeaux sur les mâts des représentations diplomatiques de Washington et de La Havane marquerait un jalon important dans l’histoire des deux pays, après une rupture de plus de 50 ans. Toutefois, cette décision marquerait le début d’une étape beaucoup plus longue et complexe.

Depuis le début, ce processus a suscité des malentendus et des distorsions malintentionnées. Aussi Granma a-t-il jugé nécessaire de partager avec ses lecteurs sept clés pour mieux comprendre l’importance des négociations en cours entre La Havane et Washington et l’étape qui s’annonce.

1. Les présidents ont pris une décision. Il s’agit maintenant de la mettre en pratique.

Le 17 décembre, entre autres informations importantes pour les deux peuples, Raul Castro et Barack Obama ont adressé en simultané des discours aux citoyens de leurs pays pour annoncer l’ouverture de négociations en vue d’un rétablissement

des relations diplomatiques, interrompues il y a plus d’un demi-siècle.

À présent, la volonté des deux présidents doit passer par les canaux officiels pour obtenir la matérialisation de cette décision.

Les délégations qui se sont réunies à La Havane et Washington dans le cadre de plusieurs séries de discussions et de rencontres techniques, sont chargées de conduire ce processus.

L’importance de ces rencontres réside dans le fait qu’elles établiront les bases des futures relations diplomatiques et du fonctionnement des ambassades, ceci dans le but de ne pas répéter les erreurs du passé.

2. Aucune des parties n’a posé de conditions au rétablissement des relations.

L’un des principaux angles d’attaque des médias contre les conversations a été de parler de « conditions » imposées par les parties.

Aussi bien les diplomates cubains que leurs pairs nord-américains ont clairement indiqué que l’atmosphère de travail a été marquée par le respect et le professionnalisme, sur une base de réciprocité et de non ingérence.

Par contre, Cuba a tenu à signaler dès le début certaines questions qui devaient être préalablement réglées entre les parties : le retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme et la situation de sa représentation diplomatique à Washington, privée de services bancaires depuis plus d’un an.

Pour leur part, les fonctionnaires étasuniens ont soulevé la question de la liberté de mouvements de leurs diplomates dans la future ambassade à La Havane (celle des diplomates cubains est également restreinte à Washington), ainsi de l’accès des Cubains à leurs installations.

À cet égard, Cuba a insisté sur la nécessité de garantir l’observation de la Convention de Vienne, en vertu de laquelle les représentants diplomatiques et consulaires sont tenus de respecter les lois du pays d’accueil et de s’abstenir de toute immixtion ou ingérence dans ses affaires intérieures.

« Une représentation diplomatique doit pouvoir avoir des contacts avec les citoyens du pays hôte, tout en respectant les lois et les règlements de ce pays», a rappelé récemment un diplomate cubain.

3. Rétablissement et normalisation sont deux choses différentes.

Faire un amalgame entre rétablissement et normalisation des relations bilatérales – ce dernier étant un processus beaucoup plus long et difficile – est une erreur fréquente.

L’ouverture d’ambassades dans les deux capitales serait suivie d’une étape de recherche complexe d’une normalisation entre deux pays partageant une histoire bilatérale convulsée.

Les autorités cubaines ont soulevé plusieurs points considérés comme indispensables pour pouvoir parler de normalisation : la levée du blocus, la restitution du territoire de la Base navale de Guantanamo, la cessation des transmissions radiophoniques et télévisuelles illégales, la suppression de la politique visant à un changement de régime et une indemnité de dédommagement envers le peuple cubain pour plus de 50 ans d’agressions, entre autres.

Jamais la solution de ces problèmes n’a été posée comme condition à l’ouverture des ambassades, comme certains médias peu scrupuleux ont voulu le faire croire. Et les autorités nord-américaines ont elles-mêmes reconnu la position cubaine.

« Des relations complètement normales ne sauraient comporter un embargo économique, des sanctions économiques », a déclaré récemment une fonctionnaire du Département d’État nord-américain, qui a souhaité garder l’anonymat.

Cette étape inclura certainement la discussion d’autres questions d’intérêt pour les deux pays. Mais Cuba a clairement indiqué qu’ont ne pouvait rien lui demander « en échange ». Ce n’est pas notre pays qui applique ces mesures aux États-Unis, qui a une base militaire sur leur territoire et cherche un quelconque changement de régime.

Notre pays a également souligné par ailleurs qu’on ne saurait lui demander de renoncer à ses idéaux d’indépendance et de justice sociale, ni de renier un seul de ses principes, ni de céder d’un millimètre dans la défense de sa souveraineté nationale.

4. Le changement de politique de Washington est une victoire du peuple cubain et de l’intégration latino-américaine.

Nous ne croyons pas faire preuve de chauvinisme en affirmant, comme l’a reconnu d’ailleurs la majorité de la communauté internationale, que ce tournant est la consécration de plus d’un demi-siècle de lutte du peuple cubain et de fidélité à ses principes.

Par ailleurs, envisager des changements de politique de cette importance est impossible sans comprendre la nouvelle époque que vit notre région, ainsi que la position énergique des gouvernements et des peuples de la Communauté des États d’Amérique latine et de la Caraïbe (CELAC).

Le 2e Sommet de la CELAC de La Havane a adopté un document sans précédent dans l’histoire de notre continent : la proclamation de la région comme Zone de paix, qui reconnaît « le droit inaliénable de tout État à choisir son système politique, économique, social et culturel, comme condition essentielle pour garantir la coexistence pacifique entre les nations ».

5. Les États-Unis changent leurs méthodes, mais pas leurs objectifs.

En quoi consiste et quelle est la portée de la politique des États-Unis ? Telle a été l’une des grandes interrogations au sujet de ce processus. La question n’a pas une réponse facile, et il est encore trop tôt pour procéder à une évaluation complète.

Dans son annonce, le président Barack Obama a signalé qu’après 50 ans de politique inefficace vis-à-vis de Cuba, il était temps de tenter quelque chose de nouveau.

« Nous sommes sur le chemin de l’avenir, nous laisserons derrière nous ce qui a rendu le passé compliqué », a déclaré le président Obama.

Cependant, à plusieurs reprises les autorités étasuniennes ont rappelé que même si les méthodes ont changé, les objectifs demeuraient les mêmes que depuis le 1er janvier 1959 : le renversement de la Révolution cubaine.

« À Cuba nous ne sommes plus pour la stratégie du changement de régime », a précisé Obama lors du 7e Sommet des Amérique, au cours d’un discours qui a laissé beaucoup d’espoirs à certains.

Par contre, des millions de dollars sont toujours destinés publiquement à financer la subversion à Cuba, auxquels s’ajoutent d’autres fonds non déclarés. Pour leur part, les autorités cubaines ne se sont jamais fait d’illusions : « Personne ne pourrait s’imaginer que malgré cette nouvelle politique annoncée, les États-Unis acceptent l’existence d’une révolution socialiste à 90 milles marins de la Floride ? », s’est interrogé Raul dans son discours du 3e Sommet de la CELAC.

6. Obama peut faire beaucoup plus.

Le président Obama a accompagné son annonce du 17 décembre d’une série de mesures qui modifient une partie infime de l’application du blocus, mais cette mesure de coercition est toujours en vigueur.

Cuba a reconnu et salué l’engagement courageux du président des États-Unis de lancer un débat au Congrès pour lever le blocus, une chose que jamais aucun président des États-Unis n’avait jamais fait.

Cependant, la thèse médiatique selon laquelle « le président a fait tout ce qu’il pouvait » est fausse.

Obama pourrait utiliser ses larges facultés exécutives pour modifier substantiellement l’application du blocus. Il pourrait le faire sans attendre la décision du Congrès.

Il pourrait, par exemple, étendre à d’autres secteurs de l’économie tout ce qu’il a autorisé dans le domaine des télécommunications, avec pour objectif évident d’avoir une influence sur le plan politique dans l’Île.

7. Dans le respect de la souveraineté, il n’y a pas de sujets tabous.

Une des leçons à tirer de ces cinq derniers mois – et peut-être aussi d’une année et demi de conversations secrètes qui les ont précédés – c’est que Cuba et les États-Unis peuvent aborder n’importe quel sujet dans un cadre de respect.

Cuba a fait preuve de sa volonté de discuter, y compris des sujets auxquels on a souvent eu recours pour manipuler la réalité et attaquer notre pays, comme la démocratie, la liberté d’expression et les droits de l’Homme, des questions au sujet desquelles notre pays a beaucoup de choses à montrer et à dire.

Peut-être que la clé la plus importante de toutes, et celle qui résume cet article, est que le plus grand défi entre Cuba et les États-Unis est de construire une coexistence civilisée basée sur le respect de leurs profondes divergences.

source:http://fr.granma.cu/mundo/2015-05-28/sept-cles-pour-comprendre-la-situation

Publié dans cuba

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