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Réveil Communiste

Moscou, 9 mai 2015, le Régiment Immortel, témoignage de Monika

14 Mai 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #Ukraine, #L'Internationale, #Europe de l'Est

Lu sur le blog de Danielle Bleitrach

Je vous envoie vite un petit message après la Parade de la Victoire à Moscou. Vous pouvez le publier avec les photos.

Impossible de décrire cette émotion qui saisit devant cette mer humaine, autour de 500 000 personnes marchant dans les rue de Moscou, cet après midi du 9 mai et portant fièrement et dignement plus des centaines de milliers de portraits de parents, grands-parents et arrières grands parents ayant lutté contre le fascisme et remporté la Victoire. Ce « Régiment immortel » fut un fleuve sans fin. Les visages étaient dignes et graves. Un peuple en marche qui ne se laissera jamais abattre. Ce qui nous a le plus surpris, notre délégation étrangère comportant des anciens combattants catalans, polonais, yougoslaves, grecques, mais aussi anglais, américains, asiatiques et même deux militants communistes français de Marseille, ce fut la gentillesse avec laquelle ce peuple nous a accueillis. De nombreux Russes nous saluaient lorsqu’ils voyaient le drapeau français et polonais, nous remerciaient d’être là, offraient des fleurs à nos vétérans. J’ai marché avec Boleslaw Woloszyn, qui fut partisan de la Gwardia Ludowa, les partisans communistes en Pologne.

Il a combattu les nazis et bandéristes dans les forêts de la région de Lublin, et il fut un infatigable bâtisseur de la Pologne Populaire dans le cadre des Jeunes Volontaires communistes, notamment en reconstruisant Wroclaw et construisant Nowa Huta.

Les enfants, les jeunes, lui donnaient des fleurs et le remerciaient – et lorsqu’ils apprenaient qu’il est Polonais et communiste, ils voulaient absolument une photo avec lui et encore une fois nous remerciaient d’être là. De même les camarades français ont été filmés par la télévision publique russe et interviewé en déposant des fleurs au pied du mémorial du musée de la Victoire.

Ce fut une émotion inoubliable et je me suis dit qu’organiser une pareille manifestation serait intéressant et utile dans de nombreux pays européen. Par exemple en Pologne cela serait simple, de nature à réconcilier le peuple polonais avec lui-même et de lutter contre le révisionnisme historique des élites.

En effet, lorsque les vétérans polonais ont vu que le régime de Kiev tentait d’assimiler OUN/UPA aux forces alliées dans le cadre de sa nouvelle « politique historique », ils se sont dit que si on ne réagit pas, l’année prochaine Kiev va prétendre que se sont les bandéristes qui ont libéré la Pologne…

De plus, cette « Marche des Immortels » comportait une singulière égalité dans la lutte et la mort : certains des participants arboraient des portraits de grands pères généraux, amiraux et pilotes, alors que d’autres marchaient avec les photos de simples soldats – j’étais heureuse de porter la photo de 1939 de mon grand père, Mieczyslaw Gronek, simple soldat de l’Armée Polonaise en 1939.

Lorsque nous avons enfin rejoint la Place Rouge au bout de longues heures de lente marche dans la foule, les tribunes des officiels étaient vides. Il faut dire que le Président Poutine a rejoint la manifestation tout au début, portant le portant le portrait de son père, simple marin de l’Armée Soviétique. Un tel geste, pour le peuple russe a une tel signification que Vladimir Poutine rien que pour cela pourrait être assuré de sa réélection jusqu’à la fin de sa vie !

Pour finir le lendemain j’ai appris une nouvelle des plus inquiétante : Franco Fracassi, le journaliste italien qui avait été arrêté le 1 mai par le régime ukrainien à l’aéroport de Kiev faisait en fait partie de l’équipe internationale dont j’ai fait partie à Odessa. Son arrestation est donc parfaitement en lien avec notre voyage à Odessa et montre que le régime de Kiev n’a plus peur de s’attaquer aux citoyens de l’Union Européenne. En effet Fracassi a été maintenu 24h en détention arbitrairement. Il n’a pas eu le droit de s’entretenir avec le consul italien, il a été menacé et le SBU lui a reproché d’être un « ennemi de l’Ukraine ». On lui a dit exactement « Ici ce n’est plus l’Europe, c’est Guantanamo ». Il a fallu que l’ambassadeur italien intervienne plusieurs fois auprès du ministre de l’Intérieur de Kiev pour que la police ukrainienne finisse par relâcher Fracassi. Il a été obligé de signer une notification d’expulsion, mais curieusement la police lui a dit qu’il pouvait se rendre à Odessa. Mais l’ambassadeur italien lui a fortement déconseillé de se rendre à Odessa, arguant du fait que la probabilité qu’il soit attaqué en route par les milices d’extrême droite était très forte. Voilà ce qui se passe actuellement en Ukraine : même les citoyens de l’UE ne sont pas en sécurité.

La dernière nouvelle nous a été donnée par Svetlana qui était organisatrice des manifestations pour Odessa à Ceriano Laghetto en Italie – l’initiatrice de la place dédiés aux victimes du massacre.

Je suis actuellement en Pologne et je vais rentrer en France la semaine prochaine. Pour tout vous dire, l’ambiance en Pologne me fait regretter la Russie!

Amicalement

Monika

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