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Réveil Communiste

L’expérience Vénissiane du rassemblement et du parti

9 Avril 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Élections, #Réseaux communistes

Mercredi 8 avril 2015, par pamillet

En creusant l’écart sur la droite par rapport à 2014 et même à 2008, et en contenant le FN, en pleine vague bleu et bleu marine aux départementales, Vénissieux a fait l’évènement. Les acteurs de l’agglomération Lyonnaise ne s’y trompent pas, les communistes en premier lieu bien sûr [1], mais aussi tous ceux qui avaient misé sur la chute de la dernière grande ville communiste hors région parisienne.

Dans quelle mesure cette campagne et son résultat peuvent être utiles pour les communistes au plan national ? Quelles leçons peut-on tirer de cette victoire ?

Car si la direction nationale du parti et l’Humanité ont bien sûr fait écho à cette victoire, c’est sans jamais noter qu’elle a été obtenue dans une ville dont les communistes ont très majoritairement voté contre les orientations des dernières congrès et mettent en œuvre, malgré les pressions nombreuses, une orientation politique qui ne s’inscrit pas dans le "Front de Gauche". Pourtant l’Humanité n’a pas considéré que cela valait la peine d’un reportage approfondi. C’était déjà le cas l’an dernier ou le "journal fondé par Jean Jaurès" s’était contenté de quelques lignes...

Bien sûr, il serait stupide de considérer que cette victoire est la conséquence directe de l’orientation politique de la section PCF de Vénissieux, mais il serait tout aussi stupide de considérer qu’elle n’a aucun rapport. Comme toujours, c’est l’analyse de l’expérience concrète qui doit guider les communistes.

Il faut donc dire brièvement comment cette campagne a été conduite, quelles forces ont été mobilisées, et comment ont discuté et agi les communistes Vénissians, ce qui permet ensuite de chercher à en tirer quelques enseignements.

Les conditions de la victoire Vénissiane

Les communistes peuvent donc proposer à toutes les forces progressistes un rassemblement sur un contenu clair et connu de tous, issu d’un travail citoyen permanent avec les conseils de quartier, le conseil citoyen du développement humain durable... Et les propositions du parti socialiste pour infléchir ce projet ne rencontrent absolument aucun écho. Car il y a bien eu discussion avec le parti socialiste. Personne n’a défini par avance le cadre politique du rassemblement nécessaire. C’est le projet et les conditions de sa mise en œuvre qui comptent. Collectif anti-libéraux, Front de Gauche, Chantiers d’espoir... ici, rien ne vient corseter le rassemblement, et personne ne peut venir s’imposer comme décideur sous prétexte qu’il représente telle ou telle organisation.

Cette situation hérite aussi de l’échec des tentatives de créer un "Front de Gauche", sur des bases anti-communistes. Ces dernières années, certains avaient tenté une "association du Front de Gauche" sans la section PCF, suivis avec intérêt par de nombreux anti-communistes et servant à quelques ambitions personnelles... La vie a tranché. Ce "Front de Gauche" s’est dissous, certains, malheureusement anciens communistes, menant même bataille en 2014 contre la liste conduite par Michèle Picard pour finir en 2015... deuxième de liste du parti socialiste !

La liste conduite par Michèle Picard est donc une liste de large rassemblement, comme dans de nombreuses villes communistes, avec des personnalités socialistes, républicaines, qui rejoignent d’abord et avant tout le travail réalisé, le projet. Elle est possible parce que les relations avec les autres forces politiques se font dans le respect de chacun et sans préoccupations autres que la ville. Le rassemblement n’a pas pour objectif de préparer les prochaines présidentielles. Cela peut surprendre, mais les relations avec le parti de gauche dans la ville sont excellentes.

La liste est constituée de 24 communistes, 5 personnalités présentées par le PCF, 5 EELV, 5 PG, 1 PRG, 1 MRC, 3 personnalités socialistes, 5 autres personnalités. Autrement dit, la place du parti communiste est reconnue, par son travail militant comme par le travail de ses élus. Les 35 élus de la liste sont 20 PCF et 3 apparentés, 4 PG, 3 EELV, 3 socialistes, 2 personnalités.

Les communistes jouent bien sûr un rôle important pour l’organisation de la campagne, mais ils diffusent aussi leur propre matériel, dont le journal le Vénissian en Janvier, journal qui donne le ton contre la droite et l’austérité. Le PG comme les verts ont aussi leur propre matériel, qui est diffusé avec celui de la liste. Les Verts organisent un meeting avec Emmanuelle Cosse sur le thème de leur choix (la rénovation énergétique). Les partis ne disparaissent pas dans le rassemblement, et personne ne cherche à le transformer en un "mouvement" qu’il faudrait organiser, et qui aurait mission de représenter le peuple. Chaque force joue son rôle et construit son identité politique.

Dans cette bataille, les communistes se renforcent [2],notamment en terme de cadres potentiels. Des militants se révèlent, prennent des responsabilités, et un des résultats indirects de la campagne, est de remettre à jour l’organisation du parti en cellules...

La campagne est bien sûr conduite par Michèle Picard, en lien avec toutes les forces de la liste, qui s’expriment à plusieurs reprises, mais elle exprime aussi le rassemblement à travers des témoignages citoyens de non candidats, militants bien sûr, mais aussi personnes engagées à leur manière pour l’école, l’emploi, la culture...

Les tâches matérielles sont bien partagées. Les candidats notamment étant au premier rang des portes à portes, diffusions, marchés, rencontres... pendant que la tête de liste multiplie les rencontres d’appartements. L’agressivité de la droite et du parti socialiste,leurs pratiques populistes, leur propagande calomnieuses et diffamatoires, l’irrespect du code électoral, conduit à resserrer les liens personnels et politiques dans la campagne. Le rassemblement dont certains pouvaient penser début 2014 qu’il pouvait être opportuniste se révèle comme une nouvelle époque de la vie politique Vénissiane, avec une nouvelle génération d’élus et de militants, tout comme Michèle Picard en conquérant une légitimité politique renforcée ouvre une nouvelle ère de la longue histoire de cette ville communiste.

Sur cette base, quels enseignements peut-on tirer de cette histoire Vénissiane ?

Le rassemblement populaire peut se faire sans le Front de Gauche, mais pas sans le parti communiste

Le rassemblement ne s’oppose pas à la visibilité du vote communiste


Pourtant, il est difficile de rendre "visible" ce résultat, bien sûr parce que les médias le cachent, mais aussi parce que nos candidats l’étaient sous des étiquettes diverses, dans des "couples" variés... Au comité départemental du Rhône, une camarade disait "nos candidats devraient toujours être désignés Front de Gauche", je lui faisais remarquer que pour la visibilité, on pourrait aussi les désigner toujours "PCF"...A Vénissieux, aucun doute. Michèle Picard n’est pas une élue "Front de Gauche", ni "rassemblement Vénissian". C’est une élue PCF à la tête d’une liste de large rassemblement pour tenir le cap à gauche. Tout le monde l’a compris et c’est le PCF tout entier qui en tire bénéfice dans le Rhône !

Le rassemblement a besoin de l’organisation, donc du parti communiste !

Le rassemblement a besoin d’un parti communiste clairement porteur de ses propres choix politiques !

L’adresse originale de cet article est http://levenissian.fr/L-experience-...

[1] de nombreux militants de l’agglomération avaient d’ailleurs apporté leur aide pour la campagne

[2] sans doute aussi d’autres car rien ne vaut une belle bataille pour faire progresser une organisation !

Commentaire de B.T : Il va sans dire que je souscris totalement à l'analyse politique de Pierre-Alain. Cela d'autant plus que la campagne que nous avons menée sur le Bassin, qui s'inscrit dans la même démarche conforte cette analyse. En effet 2008/2011, c'est : PCF-FDG 3,72% 495 voix, et pour 2015 c'est : PCF-MRC 6,14% 1253 voix. L'orientation et le contenu de la campagne menée sur ce canton y serait-elle pour quelque chose ?? Nous avons la faiblesse de le penser. (A noter une analyse totalement partagée avec la candidate MRC sur les questions de l'indispensable souveraineté nationale, de l'Europe et de l'Euro). Affirmant ensemble qu'une démocratie qui ne serait pas souveraine est un total contre sens.

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