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Réveil Communiste

Critique d'une critique : Anicet le Pors critique Lordon qui critique Piketty

6 Avril 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Economie, #Qu'est-ce que la "gauche"

Lu sur PCF Bassin

Thomas Piketty : sur la critique de Frédéric Lordon – LE MONDE diplomatique – avril 2015

« Avec Thomas Piketty pas de danger pour le capital au XXI° siècle »

Frédéric Lordon est un bon économiste qui produit souvent des analyses pertinentes sur la situation économique mondiale, la crise dans l’Union européenne et les politiques conduites en son sein, notamment en France.

Dans la dernière livraison du Monde diplomatique il entreprend une sévère critique du best seller mondial Le Capital du XXI° siècle de Thomas Piketti, clin d’œil facile à l’œuvre de Marx. La critique est pertinente, mais n’est pas exempte, elle-même, de réserves.

Frédéric Lordon conteste avec raison le contresens de Piketty qui analyse le capitalisme sur plusieurs siècles comme s’il s’agissait d’un mode de production immuable depuis l’origine des temps. Mais il propose à l’inverse une période de dix ans qui serait, selon lui, la bonne durée pour définir, mettre en œuvre et évaluer une politique économique. C’est une erreur symétrique, une critique du capitalisme ne peut être confinée dans une période si courte.

Il semble contester l’idée même de lois économiques qui trouveraient leur légitimité dans la seule sphère de l’économie. C’est effectivement une prétention classique des économistes mathématiciens (pour Edmond Malinvaud, par exemple, qui vient de disparaître et que j’ai eu comme professeur, ce qui n’était pas économique était résidu aléatoire). Avec raison il montre l’importance des superstructures, des luttes sociales, de l’ensemble des paramètres externes à la sphère économique. Mais est-ce une raison de mettre en cause l’existence de cycles, par exemple, qui n’expliquent pas tout, mais peuvent le faire en partie et servir d’hypothèses (depuis 1945 nous avons connu un premier cycle de 30 ans d’économie administrée, suivi d’un autre cycle de 30 ans libéral et l’on évoque aujourd’hui le « retour de l’État »).

Il souligne avec vigueur et justesse une série d’évènements ou de réalités qui ont modifié les états des lieux : 1936, le programme du CNR, le rôle de l’URSS, les changements institutionnels, la décolonisation, etc. On pourrait ajouter, à la limite, la Programme commun de la gauche des années 1970.

Il fait une critique du thème de la lutte contre les inégalités qui met l’accent sur les inégalités de fortunes et de revenus, plutôt que le conflit central du capital et le travail, les caractéristiques structurelles des sociétés qui sont au fond de toutes les inégalités. Un développement particulièrement intéressant est fait sur la fiscalité comme moyen de redistribution ne remettant nullement en cause les structures sociales profondes.

On regrettera que Frédéric Lordon n’évoque la mondialisation que sous l’angle financier, alors qu’elle concerne toute la vie des sociétés. C’est là une insuffisance qui prive l’action politique d’une forte argumentation progressiste.

De même, s’il accorde avec justesse beaucoup d’importance aux « transformations structurelles », il ne dit mot de celles qui devraient être retenues pour s’affranchir du capitalisme : quelles institutions, quelles relations internationales, quelles rapports à la nature. On notera tout particulièrement son silence absolu sur le régime de la propriété.

Il se réfère pourtant à Marx. Mais on a le sentiment d’une interprétation quelque peu simpliste, conséquence peut être d’une découverte assez récente.

Cela dit, c’est une analyse courageuse qui manquait face au concert de louanges qui a accompagné la promotion du livre de Piketty plein d’ambiguïtés. À l’instar des travaux de Terra Nova il s’inscrit dans une stratégie de justification de l’adhésion de la social-démocratie au libéralisme économique.

Commentaire B.T : A lire aussi « Le Capital au XXIème siècle », ouvrage de Thomas Piketty, commenté par Jean-Claude Delaunay. [Suite...]. Texte du 21 Aout 2014

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olivier imbert 08/04/2015 15:29

oui la critique de lepors est bien gentil de l'un comme de l'autre je trouve et celle de delaunay me paraît malheureusement partagé beaucoup trop de tendresse pour ce jeune paltoquet socio-demo et en fiat ultra libéral, du à mon avis à une absence de distinction entre la modernisation la mise en mouvement contemporain de la dernière théorie générale du capitalisme monopoliste d'Etat et de l'importance des services en terme empirique et constable comme de besoin socialisé plutôt que domestique et le caractère structurel et permanent ou durable au moins des concepts principaux et fondamentaux de la théorie marxiste susceptible d'usages objectifs et relativement quantitatif sans être aussi cons que les autres à utiliser des quantités en mesure et unité de compte ou mesure, en lieu et place des concepts, par exemple valeur d'usage, besoin, ou service, sans valeur d'échange et surtout indépendamment du distingo très nécessaire du productif et du non-productif même en période de révolution de la production avec informations et sciences et techniques...Je trouve que le monde diplo de ce mois d’avril permet de comprendre pourquoi j’ai une réserve sur tous ces économistes atterrés comme ces éconoclastes ou hérétiques robinsonniens ultras de la critique comme sur l’orientation, même issue de l’anticolonialisme des Halimi et consoeurs, ou de "l’humanité ou révolution" journaux du pcf anti-impérialiste et, eux, pas très pro-sioniste disons en faisant le lien avec l’article sur le virage à droite du PT brésilien.
Par exemple la critique de picketty soit! de l’opération pub soit!Mais marx parle de mode de production…vous les économistes dont la critique de l’économie qui n’est pas politique ou ne reconnaît pas la politique vous prétendez à des lois et donc lui lordon il ne se fatigue pas à dire que cette loi est fausse et réfuté et que Marx sur la base du mode de production propose lui des lois valides et vérifiables et une conceptualité relativement opératoire en distinguant des quantifications stupides et superficielles de quantification convenable et travaillant dans la mesure conceptuelle et donc l’unité de mesure et ses quanta.
Mais seulement que c’est politique et que lui il veut faire de la politique sans aubry et sans l’europe et la je suis d’accord. Mais comment lui fait-il pour parler des finances du socialisme ou du passage démocratique au socialisme? Comment lui compte-t-il? et fait-il une politique marxiste et guevariste y compris pour produire des armes de fusées du nucléaire avec edf et le ccas, de l’enseignement et du travail pour ceux qui en sortent ?
Or justement., on critique le brésil parce que il y a le mot finance et pace que il y a le climat, la forêt et le poumon., votre anomalie sauvage et votre autonomie prolétarienne et misère de nombres de chiffres, comme au tarot il y a des misère d’atout ou de tête ; mais présence de visiteurs .et mettez votre poncho et votre cagoule comme un zapatiste qui ne reconnaît pas la validité de l’exécution d ‘un camarade revenant trafiquant d’Angola par Fidel. Et il y a, comme en Inde ou en Chine, des barrages. Mais on ne dit pas que cette finance brésilienne, elle intègre la chine la russie et aussi l’argentine et cela contre les chicagos boys, donc elle repose sur des service publics d’origine ou d’avenir socialiste. Il n’est pas question du bolivarisme distinct qui serait un virage à gauche. Et les lois qui en ce moment peuvent être valable pour les sociétés de transition et non la transition écologique ou autre fadaise en exotisme, ni la politique quantitative de rupture possible en grèce avec le KKE et de nouvelles unités de mesure et des ruptures avec le FMI la BCE et l’union atlantiste européenne mais avec quelle politique monétaire et quelle monnaie. Allez, gratter tamiser filter, tel est ce que nous devons comprendre, de l’or et du diamant avec Sankara en Afrique du sud et en revenir comme Didier François est revenu des camps palestiniens et de la JCR et retourner avec clément catherine et quelques diplomate de la Mittérandie, sans chauffer trop de seringue, quittant avec lui le « matin de paris » pour aller chez Fabius rotschil-benny levy- Libé avec Revaut d’Alonne, en son jardin d'olivier, en s’autodétruisant face au social la nation et le travailleur comme Walter Benjamin?

Volod 06/04/2015 14:08

Il me semble que la critique de Frédéric Boccara mériterai sa place comme référence ici.
http://blogs.mediapart.fr/blog/frederic-boccara/260914/thomas-piketty-et-le-capital-au-21e-siecle-critique-sociale-superficielle-conservatisme-charla

olivier imbert 08/04/2015 15:48

oui en effet ce texte critique me va beaucoup mieux que les autres, comme d'ailleurs le conseil à propos des lettres sur le capital et des crises diverses y compris ce qui concerne l'articulation de la rente au profit en divers période et pour les divers solution miracle...seul chose peut-être l'aspect politique lié à l'usage d'équivalent général en même temps que des balances des paiements et des taux d'intérêts ne me conduirait pas d'en d'autres textes issu d'un secteur éco-po que cet atterré là connaît à croire qu'on peut intervenir dans la gestion de la BCE pour réorienter l'euro, mais plutôt d'affirmer que pour le rattrapage socialisme mondial, le pas en avant informatique avec travailleurs intellectuels et digitaux-manuels et le pas en avant financier socialiste de marché et coopération très récent sont plus conforme à notre marxisme professo-organique.