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Réveil Communiste

30 avril 1975, victoire du Vietnam

30 Avril 2016 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Front historique, #lutte contre l'impérialisme, #Asie, #Viet-Nam

la fuite du personnel de l'ambassade des États-Unis à Saigon

la fuite du personnel de l'ambassade des États-Unis à Saigon

Lu sur PCF bassin, origine : la faute à Diderot

Vietnam, enfin la réunification…

Quelques rappels historiques de Nguyen Dac Nhu-Mai

Enfin la réunification après tant d’années de luttes de libération nationale et de sacrifices de tout un peuple. A l’occasion du 70ème anniversaire de la création du Vietnam (1945), du 40ème Anniversaire de la libération du Sud (1975) et de la réunification du Vietnam (1976) et du 125ème anniversaire de la naissance du Président Ho Chi Minh (né le 19 mai 1890), l’Association des Amis de Léo Figuères [1] (ALF) organisait en partenariat avec l’Ambassade du Vietnam et les Editeurs Le Temps des Cerises [2], le 11 avril 2015 à Malakoff une conférence sur « Vietnam, des luttes de libération nationale aux réalités d’aujourd’hui » [3].

Il nous semble intéressant de retracer les jalons historiques de ces luttes pour mieux appréhender les réalités contemporaines du Vietnam. En effet, beaucoup de livres, de publications et de films ont étalé au jour le jour le peuple vietnamien en luttes pendant les deux guerres de libération. La presse et les médias ont permis de vivre en direct en particulier les atrocités de la Guerre du Vietnam menée par les Etats Unis d’Amérique. A les croire, la « sale guerre » d’Indochine est presque surpassée pour faire jaillir les cruautés laissées par l’armada moderne américaine.

Dans cet exposé, nous voudrions souligner quelques éléments de réflexions susceptibles de nourrir le débat, de la « sale guerre » d’Indochine française à la guerre d’agression américaine pour arriver aux réalités contemporaines du Vietnam.

Impact de la « sale guerre d’Indochine »

Historiquement, le 20 juillet 1954, deux mois après la chute de Dien Bien Phu, les Accords de Genève, négociés côté français par Pierre Mendès-France, côté Vietminh par Pham Van Dong ont mis définitivement fin à la Guerre d’Indochine, qualifiée de "sale guerre" par nombre d’opposants. Ce traité, que n’ont signé ni les États-Unis ni la République du Sud Vietnam, a reconnu aux combattants d’Hô Chi Minh la moitié Nord du Vietnam, au dessus du 17ème parallèle, et prévoit le retrait des Français. Le pays a été divisé de part et d’autre du 17è parallèle en République Démocratique du Vietnam dirigé par Hô Chi Minh et République du Sud dirigé par Ngô Dinh Diêm. Le Laos et le Cambodge sont devenus indépendants et sont évacués par le Viêt Minh.

Pourquoi la France a-t-elle perdu son pari en Indochine ?

- A cause de la faiblesse de son dispositif militaire et la précarité de ses positions.

Selon M. Mendès France « Si la guerre devait durer, le corps expéditionnaire français qui, dans le nord de l’Indochine, se trouvait en situation difficile, serait mis en péril, à moins que ne lui soient envoyés, dans un délai très bref, des renforts importants. L’envoi du contingent devenait dès lors une nécessité impérieuse à moins qu’un armistice ne soit conclu très rapidement ». [4]

- Parce que la France ne croit pas dans les accords qu’elle a signés à Genève

M. Mendès France voudrait que personne ne se fasse d’illusions sur le contenu des accords qui ont été signés à Genève « Le texte en est parfois cruel, parce qu’il consacre des faits qui sont cruels. En effet, le 21 juillet, le Président de la délégation du gouvernement de la République démocratique du Vietnam a fait savoir par lettre que son gouvernement, en ce qui concernait les questions économiques et culturelles, observerait les principes suivants : Il n’entend opposer aucun obstacle de droit ou de fait au départ des personnes qui désireront sortir de la zone de regroupement. Dans les régions évacuées, les installations nécessaires au fonctionnement des services publics et industriels seront maintenues. La propriété des biens et des entreprises sera sauvegardée et respectée. Dans le domaine culturel, celui-ci affirme qu’il prendra toutes les mesures nécessaires pour que les établissements français puissent continuer à fonctionner ».

- Parce que la France a pris à témoin la réserve des Etats-Unis

Il y a eu une réserve formulée par la délégation des États-Unis. Le gouvernement américain a pris note des articles de la déclaration finale, à l’exclusion de celui qui a prévu des consultations entre les membres de la conférence. Il a déclaré qu’il va s’engager à respecter les accords sur la cessation des hostilités et qu’il considérera tout renouvellement de l’agression comme une grave menace dirigée contre la paix, dont il devrait tirer les conséquences. Or, selon M. Mendès France « Si un pas important a été franchi vers le rétablissement de la paix en Asie du Sud-Est, nous demeurons soucieux de voir consolider la sécurité dans cette région. [...] Si cet équilibre était menacé, il en résulterait un danger sérieux pour l’Asie du Sud-Est, et à travers elle pour le reste du monde. C’est pourquoi nous avons accueilli avec satisfaction la déclaration faite par le général Bedell Smith qui, après avoir donné l’assurance que le gouvernement des États-Unis ne troublerait pas l’application des accords de Genève, a précisé que tout renouvellement de l’agression, en violation desdits accords, serait considéré par les États-Unis comme une menace sérieuse à la paix internationale et à la sécurité. Cette déclaration consolide le système que nous avons édifié à Genève ».

Pourquoi faut-il poursuivre les souffrances du peuple vietnamien ?

- Parce que les élections générales au Vietnam n’ont pas été tenues.

Il a été prévu, dès le début de la conférence, par une décision unanime des neuf participants, que le règlement n’aurait qu’un caractère provisoire et que l’unité du pays serait rétablie le plus rapidement possible dans le cadre d’élections générales sous contrôle international. Après de longs débats, il a été décidé par la conférence que les élections auraient lieu en juillet 1956, c’est-à-dire deux ans après les Accords de Genève. Elles se dérouleront sous un contrôle international, c’est-à-dire sous le contrôle d’une Commission composée de représentants de l’Inde, du Canada et de la Pologne. Ces élections ont été refusées par la République du Sud qui a appelé à l’aide l’allié américain.

Enfin la victoire et la réunification

- Quand la nation est unie comme un seul homme et qu’elle n’a qu’une seule pensée, la victoire est assurée [5].

Aux lendemains des Accords de Genève, le président Hô Chi Minh a précisé dans son appel au peuple du Nord au Sud les raisons de la lutte pour la liberté et l’indépendance du pays. « 1) C’est pour défendre la paix, l’unité, l’indépendance et la démocratie que, durant neuf longues années, notre peuple, notre armée, nos cadres et notre Gouvernement ont, d’un même cœur, enduré de nombreuses souffrances, surmonté toutes les difficultés, mené avec acharnement la guerre de Résistance et remporté d’éclatantes victoires. 2) Pour rétablir la paix, les deux parties doivent, avant tout, observer le cessez-le-feu. 3) La lutte pour la consolidation de la paix, la réalisation de l’unité, de l’indépendance et de la démocratie sera également longue et dure. Il importe d’intensifier le travail de restauration et d’édification, de consolidation et de développement dans tous les domaines en vue de réaliser pleinement notre indépendance nationale. Nous devons également tendre nos efforts à réaliser les réformes sociales qui permettront de relever le niveau de vie du peuple et de promouvoir la véritable démocratie. Nous renforcerons davantage l’amitié fraternelle qui nous unit aux deux peuples khmer et laotien. Nous consoliderons la grande amitié qui nous unit à l’Union Soviétique, à la Chine et aux autres pays amis. Pour la cause de la paix, nous devons raffermir les liens qui nous unissent au peuple de France, aux peuples d’Asie et du monde entier ».

- La mise en déroute de l’armada américaine

Historiquement, les Américains ont voulu refouler les communistes comme lors de la guerre de Corée. Pour assurer leur autorité, ils ont favorisé les coups d’Etat par des militaires. Ngô Dinh Diêm a été chassé en 1963. Kennedy a multiplié l’envoi de “conseillers militaires”. Durant la présidence de Johnson, à partir de 1965, 550 000 soldats sont venus combattre contre les Viêt-Công. L’intervention des Etats-Unis est devenue directement médiatisée. La presse et les média l’ont nommé le “bourbier vietnamien” car la plus forte armada du monde n’est pas arrivée à réduire la résistance des combattants du Front de Libération du Sud (FLN). Les américains ont eu beau fortifier la frontière entre les deux Vietnam, les Nord-Vietnamiens ont continué à la contourner par la “piste Hô Chi Minh” pour aider le FLN au sud, revendiquant ainsi l’unification [6]. Dès lors, Johnson ordonne en 1965 le début des bombardements massifs sur le Nord (au total : 2 fois plus que lors de la Seconde Guerre mondiale, soit 7,8 millions de bombes). Le Nord a résisté. Les Etats-Unis sont montrés du doigt par l’opinion internationale. Surtout après le massacre de My Lai grâce aux reportages sur Kim Phuc la petite fille brûlée au napalm et le largage de l’Agent orange/dioxine au centre et au sud du pays de 1961 à 1971. L’impact laissé par ce produit chimique toxique sur la santé humaine et l’environnement au Vietnam est encore présent. Les dégâts, cinquante ans après de la guerre chimique menée par les Etats-Unis au Vietnam démontrent encore les supplices des habitants des villes mais aussi des campagnes, qui ont été mutilés. Leurs corps témoignent d’une souffrance sans limite (notamment malformations, amputations des jambes, des bras, perte de la vue, diverses maladies, cancers. Ces drames sont liés aux défoliants utilisés dans les opérations militaires qualifiées de la « plus grande guerre écologique de l’histoire de l’humanité ». Ces souffrances sont à l’origine de l’action chimique du défoliant, appelé Agent orange, parce que l’armée américaine l’avait stocké dans des tonneaux marqués à la couleur orange [7].

Aujourd’hui, le Vietnam est encore un pays brisé. Le paysage y est toujours défiguré par les cratères de bombes, et la population continue à vivre dans la pauvreté malgré les avancées économiques et technologiques du pays.

Les réalités contemporaines : réparer et avancer

Des luttes de libération nationale aux réalités d’aujourd’hui, les réalisations vietnamiennes s’imposent fortement concernant la réparation des plaies des guerres passées et la reconstruction du pays [8]. L’avancement vers l’ouverture sur le monde sur le plan politique, économique et culturel (notamment les arts, les sciences, la littérature, le cinéma, la linguistique) [9] sans oublier l’impact de l’amitié des Français (entre autres, Léo Figuères, Henri Martin, Raymond Aubrac, Madeleine Riffaud) et les associations d’amitié travaillant avec le Vietnam n’est pas négligeable [10].

Par ailleurs, conformément au plan d’action national, une plate-forme institutionnelle a été créée pour concevoir et mettre en œuvre de manière coordonnée des dispositions politiques de sécurité alimentaire et de nutrition susceptible d’avoir un impact durable sur la sécurité alimentaire nationale, la réduction de la pauvreté et le nouveau développement rural [11].

Conclusion

Sur les deux guerres de libération menées par le peuple vietnamien signalons que celle achevée en 1975 après deux décennies a eu de nombreuses interprétations. Washington a voulu faire du Vietnam le « bastion du monde libre » contre l’« expansion communiste » en Asie avec sa théorie des dominos. Pour d’autres, l’expérience vietnamienne était exemplaire de la révolution internationale contre les « forces réactionnaires ». Cependant, ces deux thèses pourraient se joindre sur deux points, la projection sur le Vietnam de leurs propres aspirations et l’attention sur la place de cette guerre contre les Etats-Unis d’Amérique, champions de la démocratie, dans les enjeux internationaux.

POUR LES ETATS-UNIS, LE PRIX DE LA VICTOIRE AU VIETNAM EST DEVENU FINALEMENT TROP LOURD A SUPPORTER EN VIES ET EN DOLLARS, ET ILS ONT LAISSE LES VIETNAMIENS PAYER L’ADDITION [12].

Malgré l’impact de la réunification, les victimes Vietnamiennes de l’Agent orange/dioxine continuent leur combat pour le droit à la justice avec le soutien de VAVA (Vietnam Association pour les victimes de l’Agent orange/dioxine) pour obtenir les indemnisations des Etats-Unis d’Amérique (responsabilités solidaires du gouvernement et entreprises chimiques américaines productrices des défoliants selon le verdict du Tribunal international d’opinion sur l’Agent orange/dioxine à Paris les 15-16/05/2009 organisé par l’Association Internationale des Juristes Démocrates).

Nguyen Dac Nhu-Mai est représentante permanente en France de VAVA (Vietnam Association pour les victimes de l’Agent orange/dioxine)

Notes :

[1] Amis de Léo Figuères - Hôtel de Ville 92240 MALAKOFF

[2] Le Temps des Cerises, Editeurs.

[3] Voir programme du 11/04/2015 Médiathèque Pablo Neruda - Malakoff Salle des conférences En présence de S.E. Monsieur Nguyen Ngoc Son, Ambassadeur du Vietnam en France. Projection du film « Bienvenue au Vietnam » ; Intervention de Monsieur l’Ambassadeur Nguyen Ngoc Son ; Conférence Débat avec l’historien Alain Ruscio « « les luttes pour l’indépendance, Léo Figuères, Henri Martin… » ; Présentation du livre de Léo Figuères ; Buffet vietnamien en début de soirée.

[4] Discours de Pierre Mendès France prononcé à l’Assemblée nationale française le 22 juillet 1954. In http://perspective.usherbrooke.ca/b... )

[5] Discours de Hô Chi Minh sur la fin de la guerre entre la France et le Viêt Nam du Nord, dirigé par les nationalistes-communistes. In Département de la Presse et de l’Information du Ministère des Affaires Etrangères de la RDV, Hanoi, 1956).

[6] Nguyen Dac Nhu-Mai : Mercatique relationnelle et prospective de Ceux du Nord. 01 03 2015 In http://www.lafauteadiderot.net/

[7] Sites de : Association Vietnam pour les victimes de l’Agent orange dioxine www.vava.org.vn Et du Fond d’alerte contre la dioxine www.faaod.fr

[8] Nguyen Van Rinh : Pas seulement dans le passé (Not only in the past) Maison des Editions de l’Armée. Hanoi 2014.

[9] Colloque scientifique international sur le Vietnam contemporain : (17-18-19 mars 2014) organisé par huit universités (INALCO, Université Paris-Diderot, Université Paris-Est Créteil, Université Aix-Marseille, Université Nationale du Vietnam, San Francisco State University, Tokyo University of Foreign Studies et Chulalongkorn University), est destiné à présenter l’état des lieux de la recherche en littérature, cinéma et linguistique du Vietnam contemporain.

[10] La 2e Journée - Forum des Associations de solidarité avec le Vietnam 6/06/2015 à Montreuil. Programme : La matinée sera réservée aux débats, discussions dans la Salle des Fêtes dans 3 ateliers simultanés sur les grands thèmes suivants :

1) Santé – Humanitaire ;

2) Education - Francophonie ;

3) Développement - Environnement - Climat.

Une séance plénière suivra avec deux thématiques :

1) Comment promouvoir l’image du Vietnam sur l’élan de l’Année croisée ;

2) Quelle structuration en réseau pour les associations : création d’une plate-forme de recensement et d’échanges d’expertises, un portail internet commun ? Rôle de l’Ambassade, des autorités vietnamiennes et françaises. Les intitulés et objectifs précis de chacun de ces temps de travail seront affinés et précisés dans les semaines qui viennent. L’après – midi, ouvert au public dans le « Village des Associations » (sur l’Esplanade de l’Hôtel de Ville) sera le moment festif autour des stands des associations, au rythme de la musique, des chants et des danses et aux saveurs de la gastronomie du Vietnam ;

3) Des groupes de travail (Contenu, Communication, Logistique – « Village ») seront constitués. Ambassade du Vietnam 61 rue de Miromesnil 75008.

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