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Réveil Communiste

Venezuela : en finir avec le « coup d’État continué »

12 Mars 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme

Venezuela : en finir avec le « coup d’État continué »

JÉRÔME SKALSKI

MERCREDI, 11 MARS, 2015

L'HUMANITÉ

Les représentants du Comité des victimes de la Guarimba, ONG créée au lendemain des troubles déclenchés par l’opposition à partir du mois de février 2014 au Venezuela, étaient hier à Paris. Un appel à la justice et à la reconnaissance de leurs droits.

La « Guarimba », ces troubles animés par la droite, qui ont agité le Venezuela entre février et juin 2014, a fait son lot de victimes. Leurs familles se sont réunies au sein du Comité des victimes de la Guarimba. C’est à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, qu’une délégation de cette ONG est intervenue au cours d’une conférence de presse, hier, pour alerter l’opinion publique française sur les événements tragiques survenus au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2013 et, après une accalmie relative de ce qu’elle dénonce comme un « coup d’État continué », à partir du mois de février 2014. À plusieurs reprises, des troubles civils ont été déclenchés à l’appel de représentants de l’opposition vénézuélienne, contestant les résultats d’élections reconnues comme légitimes par les observateurs internationaux. Ces exhortations à la violence, explicitement criminelle, se sont traduites par des barricades garnies de fil de fer barbelé, des câbles d’acier tendus au milieu des routes, des bâtiments civils et publics incendiés, des tirs, des explosions… Elles firent une cinquantaine de morts et près de 900 blessés du côté des civils et des forces de l’ordre visées par ces violences.

Après Madrid et Bruxelles et avant d’être reçue officiellement par le haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme à Genève en vue de faire connaître et reconnaître leurs démarches, il s’agissait, pour les représentants de cette ONG vénézuélienne de passage à Paris, de témoigner et de dénoncer. De dénoncer la manière dont les médias internationaux avaient, la plupart du temps, traité des événements, renvoyant dos à dos ceux qui contestaient l’ordre républicain et démocratique issu des urnes au Venezuela, fauteurs de coups de force présentés sous la rubrique générique d’« étudiants », et ceux qui, par leur action ou leur mobilisation, s’y opposaient ou, plus simplement en étaient les cibles. De témoigner aussi, car derrière les noms des victimes de ces troubles, civiles pour la plupart, autant de visages et de destins brisés. « Les événements violents qui ont eu lieu en avril 2013 sont arrivés à la suite de la victoire du président Nicolas Maduro et ont été commandités par le candidat de l’opposition, Henrique Capriles Radonski, qui a appelé ses partisans à faire éclater leur colère le soir des résultats », a rapporté Nairoby de Gonzalez. « Les manifestants sont allés dans la rue et s’en sont pris à une crèche où se trouvaient des enfants et, ce jour-là, neuf personnes sont mortes, dont deux enfants », a précisé celle dont le mari, fonctionnaire du ministère public, est décédé en février 2014, en tentant d’éviter une barricade érigée sur la chaussée. « L’objectif de notre Comité est de faire connaître la vérité au monde entier et de demander que les auteurs matériels et intellectuels de ces faits soient punis et que justice soit faite pour nos proches victimes dans ces événements », a-t-elle expliqué. Un objectif rendu difficile, sinon impossible, selon elle, dans un contexte où la pression faite sur le gouvernement du Venezuela fait obstacle à la mise en œuvre des procédures judiciaires nécessaires à l’établissement des responsabilités et à l’exécution des sanctions légales.

« Mon fils est mort le 21 janvier 2014 à Caracas, décapité par un fil de fer alors qu’il se rendait au travail en moto », a expliqué pour sa part Luis Duran de la Rosa. « Mon fils a perdu sa vie à cause de cette haine qui s’est manifestée dans les rues », a-t-il poursuivi en mettant en cause Leopoldo Lopez, le coordinateur national du parti Voluntad Popular, dans le déclenchement des événements de la Guaramba. « Nos proches sont à nouveau victimes car Leopoldo Lopez est présenté comme une victime alors qu’il est à l’origine de ce qui s’est passé », a-t-il insisté. « Nous exigeons la justice pour qu’il puisse y avoir la paix. » Carmen Labrador a conclu cette série de témoignages. « Mon frère Orlando a été assassiné par un sniper qui a tiré depuis un toit et a trouvé la mort » a-t-elle indiqué. « Les manifestations pacifiques, comme les forces de l’opposition les ont présentées, nous le savons aujourd’hui, n’étaient pas des manifestations pacifiques mais des manifestations violentes », a-t-elle souligné. « Ce que nous voulons, c’est la justice et que le cas des victimes ne soit pas oublié. » Au cours de son intervention, à nouveau, la mise en cause de Leopoldo Lopez, tenu pour responsable, avec Maria Corina Machado et Antonio Ledezma, de l’appel à l’insurrection du mois de février 2014. Arrêté le 18 de ce même mois et placé en détention provisoire sous la triple inculpation d’appel au crime, appel à la haine civile et d’appel à l’incendie, Leopoldo Lopez plaide non coupable, prétend être victime d’une répression politique et crie son innocence. Parsemé, par effort de style, des adjectifs « démocratique » et « constitutionnel », son appel à la « salida », c’est-à-dire, à la « sortie » de l’ordre républicain vénézuélien, au renversement du gouvernement Maduro par la « rue », au lendemain des élections municipales de décembre 2013, a été filmé et a eu des millions de témoins. Au Venezuela, comme dans tous les États démocratiques du monde, l’appel à l’insurrection armée et au renversement violent d’un gouvernement élu sont punis par la loi.

source:http://www.humanite.fr/venezuela-en-finir-avec-le-coup-detat-continue-568106

Publié dans amérique latine

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