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Réveil Communiste

Quelle réponse politique à la montée du FN?

9 Décembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Qu'est-ce que la "gauche", #Théorie immédiate, #classe ouvrière

Quelle réponse politique à la montée du FN?

Lu sur le site de l'Humanité, signalé par El Diablo (mis en ligne en mars 2015)

  • Une alternative aux replis communautaires par Stéphanie Roza, professeure de philosophie politique

L’heure n’est pas à hurler au fascisme : oui, le FN a changé, il a notoirement changé de stratégie. Avant de se précipiter pour faire tomber d’hypothétiques masques et dévoiler la face hideuse de la bête immonde aux yeux d’un peuple qui comprend de moins en moins bien un tel langage, la gauche radicale doit se pencher sur ces transformations, les analyser sans complaisance, mais sans l’hystérie qui trop souvent tient lieu de politique antifasciste. Le FN n’a pas seulement changé par un phénomène naturel de remplacement par lequel, aux nostalgiques de Vichy et aux tortionnaires de la guerre d’Algérie, se substitue peu à peu une génération de politiciens toujours réactionnaires, toujours nationalistes, mais également opportunistes, technocrates…, en un mot, plus « classiques ». Les crânes rasés, les croix gammées, les amateurs de ratonnades n’ont certes pas disparu, mais ils se sont faits plus discrets. Ils font même l’objet de mesures disciplinaires parfois radicales. Des mesures d’affichage ? Sans doute. Mais qui disent quelque chose d’essentiel, pour qui sait l’entendre, des objectifs actuels de ce parti qui, désormais, se rêve sous les ors de la République. Qui, une fois au pouvoir, appliquerait bien évidemment une politique rétrograde, xénophobe, mais ne mettrait personne dans des chambres à gaz. Ni même n’abolirait, vraisemblablement, le suffrage universel.

Le FN brigue le pouvoir dans une situation qui n’a pas grand-chose à voir avec celle des années 1930. Il ne dispose pas de centaines de milliers de partisans en uniforme prêts à saccager les permanences des partis de gauche, à en assassiner les militants, à en disperser les meetings. Il dispose, en revanche, d’une base de millions d’électeurs qui, pour la plupart, ne sont pas même prêts à se déplacer à une de ses réunions publiques, mais qui ne comprennent ni n’approuvent ce qu’est devenue la France d’aujourd’hui. Qui sont remplis de méfiance et de préjugés. Qui se sentent bafoués et trahis. Et qui se vengent de tous et de tout en glissant discrètement un bulletin dans l’urne. De ces électeurs, des petits Blancs, pour la plupart, mais aussi désormais des juifs, des Arabes, des Noirs (qui l’eût cru), on a tiré des portraits divers, et qui tous contiennent une part de vérité : petits employés barricadés dans des pavillons dont ils peinent à rembourser le crédit et qui n’ont de l’Autre que l’image renvoyée par un écran de télévision ou d’ordinateur ; chômeurs des territoires saccagés par la désindustrialisation, emplis d’un sentiment de relégation ; petits patrons néo-poujadistes et racistes. Aux opprimés parmi eux, la gauche radicale devrait avoir des choses à dire et à proposer : pour eux, elle devrait substituer à la confusion idéologique et aux stigmatisations une explication rationnelle des causes historiques et économiques de la désagrégation du tissu social, de l’agonie des solidarités, de la montée de l’individualisme consumériste ; proposer une alternative aux replis communautaires en promouvant une société basée sur l’égalité, le progrès culturel, la mixité ; mettre fin au désespoir en redessinant la perspective d’un avenir collectif meilleur. Mais, pour cela, encore faudrait-il être, face au FN, « en ordre de marche »… comme dirait Marine Le Pen. Or la gauche de la gauche est dans un état préoccupant. Déchirée par des dissensions d’appareils, incapable d’ouvrir un vrai et vaste débat sur des sujets brûlants comme la souveraineté nationale, la laïcité, l’école, la forme parti. Incapable de trancher ces questions, de dégager une majorité et de défendre un minimum de positions communes. Manquant d’unité, de contenu idéologique clair, et finalement de courage politique, la gauche de la gauche, depuis la chute du mur, n’en finit plus de se chercher. Trouvons-nous donc enfin, avant qu’il ne soit trop tard.

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BZDC 28/03/2015 15:53

." Aux opprimés parmi eux, la gauche radicale devrait avoir des choses à dire et à proposer : pour eux, elle devrait substituer à la confusion idéologique et aux stigmatisations une explication rationnelle des causes historiques et économiques de la désagrégation du tissu social, de l’agonie des solidarités, de la montée de l’individualisme consumériste ; proposer une alternative aux replis communautaires en promouvant une société basée sur l’égalité, le progrès culturel, la mixité" -

Tout ça n'est pas très babouviste. Les classes populaires connaissent ça par coeur - et les sociologues, philosophe et énièmes décortiqueurs intelligents de la situation sociale tournent en rond dans le marais de leur bonne volonté et de leur impuissance. (c'est presque de la poésie)

L'association ACLEFEU bien que réformiste avait pondu un beau travail à la suite des émeutes de 2005. En parcourant les banlieues ACLEFEU avaient rassemblés les doléances des populations des quartiers défavorisées. (tapez aclefeu + cahiers de doléance sur google). Ce document devrait être le livre de chevet de tous ceux que la transformation radicale de la société passionnent et qui veulent agir en conséquence.

Ce serait une manière de se situer dans la droite ligne de nos illustres prédécesseurs Marat ou Babeuf - mais aussi Marx ou Lénine.

GQ 30/03/2015 00:49

OK, mais les banlieues dont il s'agit dans cette démarche honorable sont habitées par environ 5 ou 6 millions de personnes, soit 8 à 9% de la population française, et le vrai problème est de trouver une forme de lutte qui ressoude le prolétariat en un bloc historique. exactement l'inverse de l'effet des émeutes de 2005, qui amenèrent Sarkozy au pouvoir dans un fauteuil.

Thoraise 26/03/2015 00:27

Mais c'est sans compter, (ce que je viens de réfléchir tout haut ci dessous) sans les arguments non moins cohérents de Georges Gastaud:
http://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/de-la-signification-antipatriotique-du-vote-fn-par-georges-gastaud/
Alors qu'est-ce qu'on fait dimanche prochain?
Et après le FN on le dédiabolise, on le rediabolise? ( l'essentiel sur lequel nous sommes tous d'accord c'est qu'il faut reconquérir les pans entiers du peuple qu'il a séduits, avec parfois NOS mots d'ordre) et ce faisant détacher les électeurs des vedettes qui les envoutent, comme Marine

Réveil Communiste 01/04/2015 18:54

En d'autres termes, en flattant les excès du lumpenprolétariat on se coupe irrémédiablement du prolétariat réel.

Réveil Communiste 01/04/2015 18:51

D'une certaine manière toute rupture violente de l'ordre public relève de la lutte des classes, mais incendier des bibliothèques ou des bus transportant des passagers manifestent le contraire de la prise de conscience. C'est quelque part entre pogroms et hooliganisme.

BZDC 30/03/2015 23:49

Je ne réduirais pas pour ma part les émeutes de 2005 à la réaction qui les a suivie. Des travaux ont été fait qui ont montré le caractère plus complexes de ses émeutes
De toute façon la réaction trouve et trouvera toujours des prétextes pour durcir sa politique si elles pense que les conditions l'exigent. S'il n'y en a pas, elle inventera ces prétextes ou les créera
Les émeutes sont malgré tout un épisode de la lutte de classe et touchent les classes populaires. Même si le degré de conscience de classe y est bas et qu'elles ne mettent pas en avant un programme politique révolutionnaire défini.
Mais que dire de l'apathie et de la peur ! est-ce mieux ?

Les revendications dans ces "cahiers de doléances" (je n'en fait pas une fin) touchaient beaucoup plus largement l'ensemble des problèmes concrets auquel est confronté la classe populaire -notamment les jeunes. (et pas seulement dans les quartiers les plus défavorisés) et donnaient aussi (à postériori ) du contenu à ses émeutes qui selon les média (bourgeois) n'en avait pas. Pour les médias bourgeois çà ne peut être qu'un ramassis de racailles dont la société des honnêtes gens doit se débarrasser à "coup de Karcher". (je ne suis pas naïfs, il y a aussi de purs bandits dans ce genre de mouvements)

Ma première intervention provenait du fait que je venais de visionner la vidéo sur le la vie de Babeuf présentée par l'auteur du papier ci dessus.
Ce qu'elle soulignait entre autre c'était la transformation de la pensée de Babeuf par la prise en compte de la réalité concrète des sans-culottes, de leur revendication et de leurs actions.
C'est en étant attentif aux revendications des plus pauvres et en y répondant concrètement que Babeuf (et Robespierre aussi) est devenu vraiment révolutionnaire.

Thoraise 26/03/2015 00:10

Chapeau! C'est courageux d'oser aller à l'encontre des hurlements des "antifas" pour lesquels le FN est l'alibi rêvé de tous leurs échecs, dus en réalité à ce qui est écrit:
"Déchirée par des dissensions d’appareils, incapable d’ouvrir un vrai et vaste débat sur des sujets brûlants comme la souveraineté nationale, la laïcité, l’école, la forme parti. Incapable de trancher ces questions, de dégager une majorité et de défendre un minimum de positions communes"
(et ou la direction du PCF ne donne pas sa part aux chiens).
Ce qui va nous concocter une beau mot d'ordre qu'adoreront les socialistes: "faire barrage au FN" en rejouant le front républicain, alors que l'ennemi du pays c'est l'UE, les USA et l'impérialisme et qu'a "droite" il y a des patriotes sincères qui le savent, et que le peuple le sait aussi, lui qui a répondu a une proportion écrasante à un sondage que le danger principal aujourd’hui c'est les USA.

GQ 25/03/2015 23:07

Mais comme il est suivi d'un article de Alain Hayot, on respire.

GQ 25/03/2015 23:06

Lire ça dans l'Huma ... qui l'eût cru?

olivier imbert 28/03/2015 11:09

pour qui connaît nicole grataloup, ou anick davisse, et se souveitn de la collaboration de paul, pierret, michel laurent avec georges marcais et roland leroy, ou le journaliste pierre levy, lire cela là où c'est n'est guère étonnant; le problème c'est l'appel au grand débat et l'affirmation professorale d'une analytique du dialogue à propos de la laïcité, que dans les stades et chez les colleurs d'affiches comme d'ailleurs les amis de cambadélis ou jospin; comme chez les commerçants du poujadisme en 1956, date du front républicain comme de l'américaine ou anglosaxonne solution à la torture sur felaga et allié du cominform au sein du pca par le canal de suez contre le Baas de nasser et pas de el assad il y a bien la même structure de classe mais en effet cette fois nous avons non pas un gauche pacifiste et radical comme celle des intello antifasciste devenant des collabo du chemin d'une honte assez relative comme celle de de gaulle et des gaulliste historique à propso du nucléaire rouge et de jean moulin; mais que les forces paramilitaire soit devenues sportive et le gfen privé dans le public des ministère qui les finaces associativement comme freinet ou la quatrième internationale entretient ainsi des ambiguités aussi et que la gauche composée donc de brigands de la mnef et mgen devenu servile service en club med aussi de prostitution populaire en la saumure de DD ou au dodo, des colonisés avec léger respect charitable et social, ne change rien au fait que les voyous des stades qui tuent avec aube dorée même en ukraine avec un rapide et vague costume appelé parfois costomisation et en effet les anti fa se pensant ainsi plus légers ques précédents des morts qu'il a fallu à harlem désir ou david assouline pour poursuivre leur carrière, sont capable d'être même venant de rconversion des trahison du mjs ou du chiche léglisation ds fumettes calmantes "mjcf" et des "autonomes" des negri en italie de redoutable promoteurs des invalidités vaguement hospitalet(isées).