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Réveil Communiste

L'Ukraine une tragédie au coeur de l'Europe, par Danielle Bleitrach, dans le magazine iHH

16 Mars 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Ukraine, #Impérialisme, #Ce que dit la presse

Sur le blog de Danielle Bleitrach

L'affaire ukrainienne est une tragédie parce qu'elle installe au coeur de l'Europe, qui va de Brest à l'Oural, une situation à la syrienne. En un an, il s'est créé là-bas une guerre civile menaçant de déboucher sur une guerre y compris nucléaire avec la Russie.

Cette situation nous est présentée comme relevant de la seule responsabilité du nouveau grand Satan, Poutine. L'occident multiplie les sanctions pour détruire l'économie de la Russie en espérant que son peuple excédé le chasse. Des sanctions pratiquement aussi nuisibles à la Russie qu’à l’Europe, en particulier à l’agroalimentaire. Un scénario rejoué bien des fois, en Amérique latine comme au Moyen Orient. Le sketch de la « civilisation » à l’assaut de la barbarie. Les USA et l ‘UE derrière se veulent les pourfendeurs des dictateurs et les blancs chevaliers de la démocratie, alors qu'ils ne défendent que leurs intérêts, enfin ceux de la poignée de trusts de l'armement, du pétrole qui ne vivent que de pillage. Comme d’habitude, leur intervention débouche sur l’horreur pour les peuples, au nom desquels ils prétendent agir, sans leur avoir demandé leur avis. Le tout en nous montant un spectacle concocté par les occidentaux, pour les occidentaux, visant à diaboliser celui qu’ils prétendent abattre. Peu leur importe que, comme Poutine, il jouisse d’un taux de popularité de plus de 80% chez les Russes. Il s’agit d’en faire, y compris, en dehors de toute vraisemblance un assassin de ses opposants. Poutine n’avait aucun intérêt à assassiner un opposant qui ne représentait plus rien et ce juste sous les murs du Kremlin. En fait tout est bon pour nous préparer à la guerre et c’est cela qui est inquiétant.

Pendant des années, celles après la chute de l’Union soviétique, la Russie a connu une situation catastrophique, les richesses ont été pillées, l’industrie réduite à néant en dehors de l’extraction des ressources naturelles. Un ivrogne à la tête du pays, Eltsine, a fait tirer sur la Douma (l’assemblée nationale) et provoqué sciemment la guerre en Tchétchénie, tout cela était « démocratique ». Mais quand son successeur, Poutine a prétendu adopter une attitude gaullienne de retour sur la scène internationale et surtout s’entendre avec la Chine pour mettre en cause la suprématie du dollar, les Etats-Unis et l’OTAN ont ouvert les hostilités. Ils ont installé missiles et troupes de l’OTAN, à ses frontières malgré les promesses faites à Gorbatchev. Endiguer la renaissance de la Russie est le premier but des USA, le second est d’empêcher que l’influence russe et chinoise d’étende en Europe occidentale, devenu un véritable protectorat des Etats-Unis.

Poutine est incontestablement le représentant du capital, des oligarques, mais il a aussi tenté de développer une politique d’intérêt national. Il est aujourd’hui confronté aux limites d’une politique d’indépendance dans le cadre d’une domination des oligarques. Le parti communiste de la Fédération de Russie, principale force d’opposition le proclame et réclame la démission du gouvernement de droite libéral qui sacrifie la population russe au lieu de la mobiliser.

L'affaire ukrainienne débute par une opération type révolution de couleur, une sorte de mai 68 au cours de laquelle une partie de la population dénonce, non sans raison, la corruption, les oligarques ukrainiens et leur pillage, autant qu’elle revendique des relations avec l’Europe. Une place au centre de Kiev, le Maïdan, devient un abcès de fixation peu à peu investie par d'inquiétants voyous d'extrême-droite. Les représentants des Etats-Unis, madame Nuland, déléguée aux intérêts américains en Europe, célèbre pour son « fuck l'Europe », l'ambassadeur des Etats-Unis à Kiev et le bien connu Soros, qui a installé ses ONG de déstabilisation bien avant la fin de l'Union soviétique, reconnaissent avoir dépensé plus de 5 milliard de dollars pour créer le gouvernement de leur choix.

Le 21 février 2014, alors que Laurent Fabius, flanqué de ses collègues allemands et polonais, vient de faire signer au président légalement élu un engagement de prochaines élections, les rebelles de la place, parfaitement encadrés, le chassent. Ce qui est nous est présenté comme une manifestation de démocratie du peuple ukrainien amoureux de l'Europe. Mais les représentants de trois pays européens, dont la France, ont accepté de renier leur signature et ont validé le coup d’Etat imposé par les Etats-Unis.

Le gouvernement qui s'installe est un ramassis d'oligarques véreux et de vrais nazis dont les premiers actes sont la fin du russe comme langue officielle et la fin du régime d'autonomie politique de la Crimée. Toute l’Ukraine parle le russe, mais les zones du sud-est ne parlent pas l’ukrainien et la Crimée cédée à l’Ukraine par Khroutchev en 1959, ce qui n’a pas alors grande importance puisqu’il s’agit d’un même pays, est russe depuis Catherine II au moins. Sa population ne se considère pas comme ukrainienne. Le parlement de Crimée, menacé de dissolution remet en cause la légalité du coup d’Etat, lance un référendum en faveur du rattachement à la Russie en profitant du vide constitutionnel. Il faut noter que sur la base navale russe de Sébastopol il y a officiellement 25.000 soldats russes qui occuperont les points stratégiques.

Il s'avère que nous sommes en mai, puis en octobre novembre parties Marianne Dunlop et moi, pour tenter de comprendre ce qui se passait d'abord en Crimée puis dans le sud-est de l'Ukraine pour interroger les gens, je suis sociologue, elle est professeur de Russe et de chinois.. Nous avons découvert la réalité de la Crimée, l’adhésion massive et presque unanime de sa population au rattachement à la Russie. Nous avons également observé ce qui a provoqué cette terrible guerre civile avec ses 6000 morts, ces centaines de milliers de blessés, ces enfants traumatisés à vie et ce million de réfugiés. L'euromaidan a provoqué une peur légitime dans tout le sud et le sud-est de l'Ukraine, parce que des bandes de voyous d'extrême-droite sont venus faire régner la terreur. Il y a eu le massacre dans la maison des syndicats à Odessa, le 2 mai, des gens considérés comme "séparatistes", en fait ils réclamaient un régime fédéral, ont été brulés vifs, officiellement 46 personnes et une centaine de blessés par des voyous d'extrême-droite. Leurs mères que nous avons fait venir en France n'ont jusqu'ici pas pu obtenir justice.

Il faudrait décrire la réalité de ce qu'est l'Ukraine, un pays en faillite, dans lequel des oligarques ont leur propre bataillon de "punisseurs" d'extrême-droite. Le Donbass qui a subi leur assaut, une région dans laquelle on ne parle que russe, un pays industriels dont les liens économiques et culturels sont depuis toujours avec la Russie, leur a fait face. Ils ont exigé par un referendum un statut fédéral et il leur a été répondu par l'envoi de l'armée avec des armes lourdes, des bombardements, des missiles tirés sur les populations civiles. Ils ont probablement reçu une aide, d'abord humanitaire de la Russie, des brigades internationales sont venus les soutenir, mais leur armée est pour la quasi totalité composée de mineurs, d'ouvriers, de techniciens locaux qui ont pris les armes et vaincu l'armée ukrainienne de plus en plus démoralisée. Ce qui a été présenté comme une invasion russe, mais dans un temps où les satellites peuvent suivre un enfant sur un tricycle sur une route de campagne, nul n’a jamais pu apporter la preuve de cette présence des Russes. Les armes lourdes des insurgées ont été prises à l’armée ukrainienne. En revanche il y a bel et bien des mercenaires américains et d’autres recrutés dans toute l’Europe. Pire encor, le Congrès des Etats-Unis vient de voter une véritable vietnamisation de l’Ukraine en acceptant de fournir officiellement des armes létales et des « conseillers ».

L’invasion russe est le prétexte par lequel est justifié le génocide de la population de l’est par son propre gouvernement. Le Donbass est en train de représenter pour notre époque ce que la guerre d'Espagne a représenté jadis comme signe avant coureur de la deuxième guerre mondiale et de la fascisation de l'Europe.

Il y a encore beaucoup de choses à dire, par exemple sur le regret unanime de ces populations de ce que fut l'Union soviétique, si cela vous intéresse je vous renvoie à notre livre: "URSS, vingt ans après, retour de l'Ukraine en Guerre." Delga éditeur, à paraître en avril 2015. Mais je voudrais terminer ce qui parait être la seule perspective possible, pour les Ukrainiens, les Russes et nous mêmes peuples d'Europe. Il faut négocier, obtenir que les armes s'arrêtent, en ce sens les récents accords de Minsk signés entre les belligérants et garantis par la France, l'Allemagne et la Russie vont dans le bon sens. Il est clair que les Etats-Unis ne veulent pas de cet accord et le gouvernement ukrainien est une marionnette des Etats-Unis. Des ministres étrangers, américains et géorgiens, ont été nommés aux postes clés. L’Ukraine, sous diktat du FMI, permet aux trusts étasuniens de s'emparer des ressources, le gaz pour le fils du vice président Biden, le port marchandise d'Odessa par un trust USA, les riches terres d’Ukraine pour Mosanto et les cultures transgéniques. L'argent que les contribuables des Etats-Unis, ceux d’Europe, insufflent pour encourager la guerre est détourné par les oligarques locaux. Un pays en faillite, en proie au chômage, au dépeçage des services publics, santé, éducation, dans lequel des oligarques épaulés par des voyous nazis vivent de la guerre et tirent du profit du sang versé est une poudrière au cœur de notre continent. Lors du match récent Kiev- Guingamp, les joueurs et supporters français ont découvert à qui ils avaient affaire, des malades criant des slogans nazis et assoiffés de meurtre, et notre presse, qui fait le silence sur ce péril fasciste, se conduit comme un système de propagande de guerre, porte une lourde responsabilité. Il faut imposer la paix. En outre l'Ukraine est au bord de l'implosion, si l'on veut conserver l'unité de ce pays, il faut accepter un statut de décentralisation. Enfin il faut arrêter d'encourager les bandes fascistes qui se répandent y compris en Europe, il faut protester contre la chasse aux sorcières menée dans ce pays, le procès en interdiction des communistes. Il faut empêcher la guerre avec la Russie vers laquelle on nous mène derrière les malheureux ukrainiens.

Danielle Bleitrach

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Christian (CCL) 17/03/2015 06:50

Oui, il faut la paix en Ukraine, pas la paix des hitleriens du Porc Oshenko, la paix des Republiques Populaires du Donbass qu'on laisse en paix!
Les marionettes hitleriennes des americaneuros ne laisseront jamais le Donbass en paix, meme s'il ne restait plus qu'une seule dent dans la gueule de la Bete Immonde elle ne pourra pas s'empecher de mordre ceux qui firent le choix des armes contre le fascisme. Le conflit pourra "geler" un certain nombre d'annees, mais le seul moyen d'y mettre fin sera de rendre a la Bete la monnaie de sa piece en lui taillant son propre Maidan et de l'enterrer a nouveau dans le tombeau ou l'avait place la glorieuse Armee Rouge il y a 70 ans.