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Réveil Communiste

De quoi Poutine s’occupait-il pendant que les libéraux l’enterraient?

22 Mars 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #Impérialisme, #Economie, #Ukraine

Russie sujet géo politique , lu ssur PCF bassin

21 Mars 2015

Article paru le 19 mars 2015 sur le site Politrussia.com et repris par Ruskaia Cila.

Derrière son titre faisant allusion à la dimension anecdotique d’événements qui se sont déroulés voici quelques jours, il rassemble une série d’éléments qui pourraient être le signe d’une évolution significative de l’environnement conflictuel global et de la concrétisation du positionnement fort de la Russie dans ce contexte.

Il nous rappelle aussi certaines méthodes mises en œuvre par Moscou, voici un peu plus de soixante ans pour lutter contre les mesures économiques occidentales visant à détruire l’URSS.

La popularité de la conspirologie appliquée à la personne de notre Président m’a toujours surpris. Poutine est une homme politique unique. Il est extrêmement sincère, jusqu’au point où le dirigeant d’une superpuissance nucléaire peut être sincère.


De quoi donc s’occupait Poutine, pendant que les libéraux l’enterraient? Son mode de contact et de communication, son style, produit inévitablement une impression vigoureuse sur ceux qui sont amenés à travailler sous son autorité.


Partant de cela, lorsque Peskov déclare en direct sur la chaîne de l’Écho de Moscou, qu’« aujourd’hui, l’ordre du jour est très chargé, suite à certains phénomènes liés la crise, etc. Aujourd’hui, la communication est permanente avec le gouvernement, les compagnies d’État, et le milieu bancaire. Ce genre de choses prend naturellement beaucoup de temps ». Il convient sans doute de considérer cette version comme étant la plus proche de la réalité. La conspirologie perd son sens quand sur le front économique, en Russie et au-delà de ses frontières se déploient des changements tout simplement révolutionnaires. Pourquoi les médias accordent-ils si peu d’attention à ceux-ci? C’est une autre question sur laquelle il faudra revenir.


Que s’est-il donc passé sur le plan de l’économie internationale, et de la Russie, durant la période au cours de laquelle Poutine disparu des écrans TV? Énumérons quelques événements:


1. La Chine a annoncé la création de son propre système de paiements interbancaires, analogue à SWIFT, indiquant qu’il sera opérationnel fin 2015. C’est donc fin décembre 2015, début 2016 que nous pouvons maintenant considérer comme le moment où la guerre économique entre les États-Unis et le reste du monde entrera dans sa phase active.


2. Poutine a donné instruction au Ministère des Finances et à la Banque Centrale de préparer le plan de financement de la construction d’une centrale électrique en Crimée. Je cite le Ministre de l’Énergie, Novak : « Dans notre cas, la Banque Centrale nous aide à réaliser le financement de la transaction permettant de fournir suffisamment de liquidités à la banque-créditeur… La Banque Centrale et le Ministère des Finances ont été mandatés pour élaborer et présenter un plan de financement… Si l’on tient compte du remboursement des intérêts sur le crédit, le montant s’élève à 80 milliards de roubles ».
Je rappelle que selon notre Constitution, Poutine (ou Medvedev) n’ont pas le droit de donner d’instructions à la Banque Centrale. La Banque Centrale est indépendante. Mais, il semble que ce ne soit plus tout à fait le cas. Dans la mesure où l’instruction du Président sera effectivement exécutée dans le sens indiqué par Novak, (la Banque Centrale donne de l’argent à une banque, la banque donne l’argent à une entreprise russe pour la construction des centrales électriques en Crimée), alors nous arriverons à ce que réclament les patriotes de tous poils : la Banque Centrale commence à exécuter sa mission de financement du développement économique de notre pays. Il s’agit d’une révolution. Une révolution tranquille.
A propos, les taux hypothécaires et ceux des crédits à l’agriculture seront subsidiés ; il s’agit aussi là d’une belle réussite.


3. Après approbation par l’autorité de la Banque Centrale du Kazakhstan sera publié un plan de dédollarisation de l’économie de ce pays avant fin 2016.
L’objectif fondamental est d’échapper à l’instabilité macroéconomique créée par la monnaie américaine. Nazarbaev est un homme politique doté d’une intuition idéale et entretenant des liens sérieux tant avec Pékin que Moscou. La ratification finale du processus de dédollarisation constitue aujourd’hui un signal clair du positionnement du Kazakhstan dans le contexte de l’approche de la phase aiguë de la confrontation économique.


4. Mardi, le 10 mars, le Président Poutine a donné instruction à la Banque Centrale de la République Fédérale et au gouvernment de prendre la mesure, pour le 1er septembre 2015, de la création d’une monnaie propre à l’Union Économique Eurasienne. RIA Novosti a franchi le pas et annoncé que cette nouvelle monnaie, l’altyn (ou evraz) pourrait voir le jour déjà à la fin de l’année 2016.


5. Goldman Sachs, l’une des plus prestigieuses banques américaines, contrôleur dans l’ombre de la Réserve Fédérale des Etats-unis et porte-monnaie de l’élite mondiale, que Mikhaïl Khazine appelle « les Rotschilds sous conditions » a publié un bulletin d’analyse dans lequel est recommandé… l’achat d’obligations de l’État russe. Acheter des obligations de l’État russe ! La banque de prestige des États-Unis recommande d’acheter des obligations du pays dont l’économie serait, selon Obama, « réduite en lambeaux ».


6. La Grande Bretagne a annoncé son intention d’entrer dans le capital de la Banque Asiatique d’Investissements pour les Infrastructures [Volonté entre-temps également manifestée par Paris, Rome et Berlin N.d.T.]. Il s’agit d’une structure financière internationale fondée par la Chine et destinée à concurrencer et remplacer la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, contrôlée par les États-Unis. Sous les yeux du monde entier, Londres jette Washington. La réaction de Washington fait penser à celle du « redneck » qui trouve son épouse au lit avec un amant chinois. Cette réaction s’apparente à la fureur. Un haut fonctionnaire de l’administration Obama a indiqué au Financial Times que l’initiative britannique d’entrer dans le capital du projet chinois « n’était pas le meilleur moyen d’interagir avec une puissance en plein développement », cette dernière expression du cocu américain étant une allusion à la Chine. Le plus intéressant est que Londres n’a pas trouvé le temps de répondre au rappel à l’ordre de Washington.


Dans un tel contexte, il n’est guère malaisé de deviner de quoi Poutine s’est occupé. Il a dompté la Banque Centrale, multiplié les contacts internationaux et accompli tout ce qui était nécessaire pour que la Russie puisse émerger positivement de la phase chaude du conflit économique mondial qui s’annonce. Jusqu’ici, nous avons bien tenu. La victoire sera à nous.


Source

Crédit photo : Politirussia.com.

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