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Réveil Communiste

"Union nationale" en Tunisie entre islamistes et laïcs, sainte alliance de la bourgeoisie contre le mouvement populaire

5 Février 2015 , Rédigé par Réveil Communiste Publié dans #L'Internationale

"Union nationale" en Tunisie entre islamistes et laïcs, sainte alliance de la bourgeoisie contre le mouvement populaire

Lu sur Diablo :

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Nous l’annoncions il y a quelques jours, dénonçant les doubles discours du gouvernement tunisien élu par une volonté populaire choisissant par défaut Nidaa Tounes pour faire barrage aux islamistes d'Ennahdha. Le peuple a voulu le premier avec ses ambiguïtés, ils auront les deux sans plus aucune illusion.

La campagne électorale tunisienne s'était polarisée entre deux camps, celui islamiste libéral, et celui libéral séculier.

Ils étaient pourtant d'accord sur l'essentiel : la mise en place des « réformes structurelles » voulues par le FMI, la stabilisation du pays pour les investisseurs et contre la volonté populaire.

Le peuple a voté pour les « laics » de Nidaa Tounes, ils ont eu un Premier ministre indépendant, ou plutôt un technocrate. Qui plus est un tenant direct de l'appareil d’État de l'Ancien régime. Et en plus ils auront les islamistes au gouvernement.

Dans sa première mouture, Ennahdha n'avait pas été intégrée, même si certains proches du parti islamiste étaient incorporés tel le Ministre de l'Intérieur que nous avions évoqué dans un précédent article.

Dans sa version remaniée, c'est plus clair. Ennahdha hérite de quatre postes dont un ministère, celui de l'Emploi confié au porte-parole du mouvement, Ziad Ladhari, et trois secrétaires d'Etat aux finances, au développement et aux établissements sanitaires.

La participation des islamistes est plus symbolique, elle doit assurer au gouvernement un semblant d' « union nationale », voulue par le patronat, le FMI et les grandes puissances occidentales depuis trois ans, favorisant l'adoption des réformes libérales et le détricotage du processus révolutionnaire.

Ce n'est pas le seul remaniement. L'UPL (Union patriotique libre), ce parti populiste et néo-libéral, dirigé par le « Berlusconi tunisien » Slim Riahi conserve trois postes indépendants.

Mais surtout Afek Tounes, le parti le plus ouvertement libéral économiquement, se revendiquant ouvertement comme parti des hommes d'affaires, entre au gouvernement, avec trois postes dont celui stratégique du Développement et de l'investissement accordé à Yacine Brahim.

Par contre, le Ministre de l'Intérieur, très controversé, Najem Gharsalli ne bouge pas. Lui qui est pourtant proche des islamistes, qui a joué un rôle plus que trouble sous la dictature en harcelant les juges démocrates dans la région de Kasserine. Un dernier signe fort.

Cette « union sacrée » entre laïcs de Nidaa Tounes, islamistes d'Ennahdha, populistes néo-libéraux de l'UPL et d'Afek Tounes a le mérite de clarifier les choses, de simplifier une vie politique où seul le Front populaire peut apparaître comme une alternative politique, l'UGTT une force en mesure d'organiser les travailleurs tunisiens contre l'orage austéraire qui vient.

#Actualité internationale

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